LE J
au point ou se croisent ccs axes, on elevcra une lontainc dont le bassin aura 8 toises de diamètre. Elle sera directement en face du milieu de l’arc de triomphe et de la grande porte des I uileries, et par sa position, soit qu’on vienne de ce palais, soit qu’on arrive du Louvre, elle ue permettra pas de voir au premier coup d’œil (pie leurs milieux ne sont pas sur la même ligne. L’arc de triomphe gagnera aussi à cette disposition : étant mieux encadre', dans un espace moins vaste et près d’un monument plus petit, il paraîtra plus grand, et les grilles qui doivent diviser la cour des Tuileries en trois parties contribueront encore à le faire paraître dans de plus justes proportions; il semblera moins dépendre de tout l’ensemble du château que de la portion des anciennes Tuileries comprise entre les grilles.
Le dessous de la galerie transversale sera à jour et ouvert à la circulation publique; il y aura même plus d’un rang de portiques : car on voit par le plan qu’une des extrémités de cet édifice est beaucoup plus large que l’autre; ce qui a été adroitement combiné pour l’établir du coté du Louvre parallèlement à sa façade et perpendiculairement à la première partie de la grande galerie. Cette différence dans les largeurs de ce bâtiment ne nuira pas à la régularité des portiques, qui sera maintenue au moyen de distributions cachées et du plus ou moins d’épaisseur des murailles et des pilastres. La décoration de cette façade se raccordera avec celle du Louvre. Ainsi, outre les avantages que présente cette galerie transversale, on y trouve encore celui de remédier au manque d’accord qui existe dans l’architecture des deux parties de la galerie du Louvre; ce que n’avaient pas pris en considération la plupart des auteurs des différens projets. Par son extrémité au sud elle communiquera avec le Musée royal, et elle est, dit-on, destinée à recevoir la bibliothèque royale. De ses entresols on passerait dans la bibliothèque particulière du Roi, et de là dans les archives du conseil d’état.
Nous avons dit que cette galerie aurait une façade du coté du Louvre; elle donnera sur une grande place carrée, dont les trois autres cotés seront formés au midi et au nord par deux corps de logis de la même hauteur que la galerie, et dont les faces seront dans l’alignement de celles du Musée royal et de l’église : des avant-corps de peu de saillie, ornés de colonnes indiquées dans le plan, annoncent qu’on déploierait dans ces bâtimens une grande richesse d’architecture.
A l’est il n’y aura qu’un portique qui s’élèvera seulement jusqu’au premier étage et sera terminé par une terrasse de 18 pieds de large, qui, eu avant des autres ailes, régnera tout autour de la place, et sur laquelle seront des sorties pour les appartemens du premier. Ces terrasses élevées , garnies de statues, de vases et d’orangers, ajouteront à l’agrément et à la beauté de tout cet ensemble; ce seront des espèces de jardins suspendus : les bàtimens qui entoureront cette place feront partie de la bibliothèque et pourront contenir diverses collections.
En dehors et répondant au milieu de l’aile de gauche serait placée la salle de l’Opéra, dont l’architecture se raccorderait avec celle du bâtiment dont ce théâtre ferait, pour ainsi dire, partie. Cette salle très-grande, par ses dimensions et sa beauté, serait digne de figurer près du Louvre. Entourée,
ET LES TUILE IU ES
ilu moins de trois cotes, par une grande place qui en rendrait les abords faciles, elle s’étendrait jusqu’au château d’eau actuel, que l’on transporterait ailleurs, et elle ferait face à l’entrée du Palais-Royal, qui , par celle disposition , se rattacherait au Louvre et aux 1 uilcries. Mais peut-être, dans l’ensemble des projets conçus pour ces palais, la salle de l’Opera est-elle la partie qui, sous le rapport de son emplacement, mérite le plus de devenir le sujet de discussions approfondies. On prendra sans doute en considération la proximité où elle serait de la bibliothèque royale, qui, si on la plaçait au Louvre, aurait beaucoup à redouter d’un si dangereux voisinage.
Derrière la nouvelle aile de droite du Louvre seront les écuries et les remises du Roi, qui renfermeront une vaste cour ornée de fontaines et d’abreuvoirs. Ces établissemens auront des dégageinens sur le quai, et ne communiqueront ni avec la place, ni avec les autres parties du Louvre. En les plaçant ainsi, on a trouvé le moyen de parer, et d’une manière utile, à l’inconvénient des différences de niveau, et l’on rétablit la régularité.
L’intervalle qui restera entre le portique dont il vient d’être question et le Louvre formera une cour d’honneur, qui , fermée à gauche par l’église du Louvre, le sera à droite par les bàtimens du Musée royal, à l’entrée duquel on ajoutera un vestibule à jour pour que les voitures y puissent arriver à couvert; on pratiquera aussi sous le portique, pour les personnes à pied , une entrée qui donnera sur une nouvelle volée de l’escalier.
L’eglise du Louvre sera d’une belle dimension : à partir de son vestibule circulaire, elle aura environ 230 pieds de long en oeuvre sur 120 de large; ollrant dans sa première moitié une nef qui s’élèvera au milieu d’un double rang de bas côtés, dans la seconde elle sera surmontée d’une coupole aussi spacieuse que celle de Sainte-Geneviève. La peinture et la sculpture contribueront à faire de cette église un monument digne du Louvre, et nos beaux marbres entreront sans doute pour une grande partie dans la richesse de sa décoration. On arrivera à la tribune du Roi, au premier étage, par un magnifique escalier qui établira une communication entre les nouveaux bàtimens de cette partie et le Louvre : le dessus du vestibule de l’église sera occupé par une grande salle destinée à des cérémonies royales.
Nous avons suivi l’histoire du Louvre et de ses accroissemens successifs depuis l’origine de ce palais jusqu’à nos jours. Heureux qui pourra la terminer et décrire les beaux travaux qui restent à faire et qui auront complété ce vaste et magnifique ensemble! Rs sont , il est vrai, considérables; mais quelques millions et quelques années suffiraient pour voir se réaliser ce grand projet, et pour que le monarque qui l’entreprendrait, bienfaiteur de l’architecture, de la peinture et de la sculpture, léguât à la France et à la postérité le palais le plus splendide de l’Europe. Les arts, dont ce pompeux édifice deviendrait le temple , célébreraient à jamais la gloire du prince qui, couronnant ainsi les efforts de tant de siècles , répondrait aux vœux et à l’espoir si souvent déçus de la capitale. Mais déjà en peu d’années , à la voix de Louis XVIII, l’intérieur du Louvre a pris une nouvelle face : la partie décorative de la cour a été terminée; toutes les salles des quatre ailes au premier étage ont été préparées à recevoir les ornemens qu’on leur des-
LE LOUVRE
t i liait. Charles X, y appelant tous les arts, vient d’v déployer une richesse de peinture et de sculpture à laquelle depuis long-temps le Louvre n’était plus habitue et qui rappellera celle dont quelques-unes de ses parties brillaient autrefois. De tels travaux ont rendu l’ensemble du Louvre plus pompeux et plus complet qu’il ne l’a jamais été, et l’on parcourt à présent avec plaisir, «l’une extrémité à l’autre de ce palais, ces nombreuses salles que l’on ne pouvait, il y a vingt ans, explorer sans danger, et où l’on ne se hasardait qu’à travers des ruines et comme à la decouverte. Tout ce que nous avons vu s’exécuter en peu de temps nous est un sur garant, n’en doutons pas , que les hautes pensées «lu Roi se porteront à l’extérieur aussi bien «pie sur l'intérieur du Louvre , et qu’un jour viendra (puisse-t-il être prochain ! ) où il se plaira à promener ses regards sur le nouveau palais qu’il elevera entre les Tuileries et le Louvre, et à voir des milliers d’ouvriers animes par ses bienfaits et empresses de seconder ses nobles projets. Que de souvenirs présentera cette suite longue et imposante de monumens de diverses époques qui, embrassant toute l’histoire de la France, ses prospérités comme ses malheurs, s’étend du Louvre, berceau de la monarchie, jusqu’à cet arc de triomphe dont la masse colossale, terminant ce vaste ensemble, célébrera la gloire récente de nos armes et la consacrera sur le marbre et sur le bronze! Les armes, les lois, le commerce, sont beaucoup pour la gloire : mais celle que laissent après eux les monumens n’est ni moins durable ni moins brillante; ils font vivre avec éclat la mémoire du prince à qui on les doit, et ce ne sont pas les pages les moins intéressantes de son histoire. Que de rois dans la haute antiquité seraient oublies , si d’âge en âge leurs monumens n’avaient pas réclamé pour eux les souvenirs de la postérité! Elle est peut-être plus frappee des chefs-d’œuvre qu’on transmet à son admiration , que des hauts faits, qui, à mesure qu’ils s’éloignent, perdent pour elle de leur intérêt et bien souvent de leur authenticité : les monumens parlent, et leur témoignage n’est pas suspect. Dans les siècles les plus féconds en grands souvenirs et qui ont eu le plus d'influence sur les destinées du monde, l’histoire, à coté des trophées de Périclès, d’Alexandre, d’Auguste, de Vespasien , des Antonins, des Medicis, de François I.er, de Louis XIV, place le Parthénon , les merveilles d Alexandrie , le Panthéon , le Colisée , le mausolée d’Adrien , Saint-Pierre, le Louvre, Fontainebleau , les Invalides et Versailles. II y aura sans doute plus de difficultés, mais aussi plus de gloire, à terminer le Louvre «pi il n’y en a eu a le commencer; et il est aussi flatteur d’inscrire son nom sur le fronton d’un temple auquel en le terminant on a donné toute sa valeur, que de le mettre sur la première pierre de ses fondations. Ces grands travaux , qui donneraient à ce palais un tout autre aspect, seraient comme une nouvelle création, et feraient, pour ainsi dire, oublier ceux qui les auraient précédés. La renommée, les beaux arts, n’auraient pas assez de voix pour célébrer le monarque qui , émule de scs augustes ancêtres, mettra la dernière main à ce qu’ont entrepris Philippe-Auguste, Charles V, François I.er, Henri IV et Louis XIV.
ET LES TUILERIES
Tableau CHRONOLOGIQUE de l’ Histoire du Louvre, des Tuileries et de quelques autres Maisons royales de France.
Les rois de France de la première et de la seconde race avaient dans leurs domaines des maisons de campagne ou de plaisance et des châteaux forts qui leur servaient de résidence , plus souvent même
que Paris» Metz et Soissons, capitales des dilTercns royaumes entre lesquels la France était alors partagée. On ne connaît pas d’une manière positive l’origine de 1 édifice romain connu a Paris sous le nom de palais des Thermes , et dont il existe» rue de la Harpe» des restes qui annoncent qui! était considérable. Julien y apprit la nouvelle de son élévation a l’empire en 350; mais il n est pas certain qu’il n’était pas bûti avant qu’il vînt l’habiter comme proconsul des Gaules* C’était le séjour ordinaire des rois de Paris : Clovis I.er y mourut.
J’ai conservé les noms auxquels on est habitue' et dont les aspirations germaniques et très-rudes ont disparu à mesure que le langage s’est adouci. Que gagne d’ailleurs l’histoire et qu’a-t-elle de plus piquant lorsqu’on dit les Franks (ce devrait même être les Frank en) au lieu des Francs; Hlodewig ou Clodaivcch , Lodicig , pour Clovis, Louis ; Hlodemer pour Clodomir; Hlodchcr pour Clotaire; RadhiilT pour Raoul; Thiodcvik pour Thierri? Ce retour aux anciens noms changerait sans utilité, dans tous les pays, les noms adoptés par l’histoire; et encore ne serait-on pas certain de les remplacer d’une manière positive par les véritables noms francs de nos premiers rois.
ANISEES.
ROIS
Clovis 1/
Childebert l.Cf,G.e roi.
Clotaire l.*r, 7.* roi.
Ce roi et plusieurs de ses successeurs habitèrent souvent un palais près de Sainte-Geneviève, ou le prieuré de Saint-Martin des Champs (depuis l’abbaye Saint-Martin), qui ne furent enfermés dans Paris, le premier, qui en touchait l’enceinte, que sous Philippe-Auguste ; et le second , que sous Charles V et Charles VI , de 1367 à 1383. Clovis avait une maison à Chelles, où Clotilde, sa femme, fonda un petit monastère. Cette reine avait un château à Tours.
H paraît que ce prince eut une maison de plaisance au Roule [ Rotolajcnsis villa ], quoique plusieurs auteurs pensent que c’était à Ruel ( Sauvai, t. II , p. 288). Suivant quelques écrivains de peu de crédit, la fondation du Louvre remonterait au règne de Childebert I.cr (voy. p. 245). Thierri I. f (de 511 à 534) , roi de Metz, frère de Childebert I.er, résidait, soit à Nogent-sOits-Couci , sur l’Ellette , près de Laon, dont le territoire comprenait plusieurs maisons royales, soit àQuiERsi, ou Chiersi [Carisiacum], sur l’Oise, entre Chaulny et Noyon. Ce château célèbre avait plusieurs noms sur lesquels on n’est pas d’accord (Sauvai, t. II, p. 296-297, et Adrien de Valois, Notitia Galliarum ). Childebert avait aussi line maison de plaisance à Compïègne [Compendium], dans la forêt de Cuise, dont on retrouve le nom dans celui de Causia silva. Entre 534 et 558, Childebert fonda l’abbaye de Saint-Vincent , nommée de Saint - Germain des Prés, lorsqu’un 576 S. Germain, évêque de Paris, y eut été enterré. De 539 à 560, Clodoalde ou S. Cloud, fils de Clodomir, fils de Clovis I.er et, de Clotilde, échappé au massacre que firent de ses frères ses oncles Childebert 1/' et Clotaire l.er, fonde sur les bords de la Seine la maison et le couvent de Nogent, depuis nommé Saint-Cloud.
Frère de Childebert I.er et roi de Soissons (de 51 1 à 558 ) , il avait plusieurs maisons de plaisance: à Pontoise ; à Braine , sur la Vesle, en Champagne, où il avait ses trésors ; à Compïègne, où, en 534 , il lit la paix avec Théodebert l.er, son neveu, roi de Metz (de 534 à 548). Ce fut dans ce château qu’en 562 mourut Clotaire I/', qui fut inhumé à Saint-Médard de Soissons qu’il avait fondé. Sainte Radegonde, la quatrième des six femmes de Clotaire I.cr, avait un château à Athies , sur la Somme, dans le Vermandois; elle fonda le monastère de Sainte-Croix à Poitiers.
LE LOUVRE
A S’ N ÉES.
ROIS
Cariuert
ou ChleÉuert, 8." roi.
Il hérita sans doute* des maisons de* |daisancc de scs prédécesseurs; il n’est pas dit qu’il en ait bâti d’autres. Il avait ses trésors à Paris.
Chilpéric I.#f, 9/ roi.
Ce roi, frère de Caribert, tandis qu’il régnait en Austrnsie (562 à 566 ) , habitait souvent , ainsi que sa femme Fre'de'gonde , le rhûteau de Braine, où il tint les états en 574, et où était une partie de scs trésors. Il avait des maisons à Chelles , où il conservait une grande quantité' de meubles et d’objets précieux , d’or et d’argent monnayes. H y fut tué par Landri , amant de Frédégonde. Ses autres maisons de plaisance étaient à Compïègne , à Nogent-sur-Marne , où il avait un trésor; à Ville rs— Cost er et z , dont la foret, appelée Cotia ou Cotta par Gre'goire de Tours, semble réunir, par une double acception, dans son nouveau nom l’ancien et celui de la foret de Retz, à cote de laquelle est Villers-Côtcrcts ; à Noisy [IVocetum J sur la Marne : Clovis, (ils de Chilpéric, faussement accusé par sa belle-mère Frédégonde , y fut renfermé, tué, jeté dans la rivière (Sauvai, t. II , p. 292 ) ; à Vit R Y [Fïctoriaccnsis villa. ] sur la Scarpe, entre Arras et Douai; Sigebert, frère de Chilpéric et roi d’Austrasie (562 à 575 ), y fut tué par ordre de Frédégonde. Cette reine avait une maison de plaisance au Roule en Normandie , au confluent de l’Eure et de la Seine. En 586 elle fut exilée au Vaudreuil, château près de Rouen. Brunchaut, femme de Sigebert (556, m. 613), fonda un grand nombre d’hôpitaux, de monastères, fit faire de grandes routes. Elle fut inhumée dans l’église de Saint-Martin d’Autun , qu’elle avait bâtie. Contran, roi de Bourgogne (562 à 593 ) , (ils de Clotaire I.* ', fut enterré dans le monastère de Saint-Marcel près de Châlons-sur-Saone , qu’il avait fondé.
Clotaire II, 10.* roi. Roi de Soissons ( 562 à 584 ), il avait à C ROISSY une maison de plaisance qu’il consacra à S. Médard. Ses trésors étaient à Braine. En 603, Clotaire fit au château de Compïègne la paix avec son petit-neveu Théodebert II, roi d’Austrasie (596 à 612 ). Thicrri II , roi de Bourgogne ( 596 à 613 ), frère de Théodebert, fut élevé au beau château de Marlem en Alsace, nommé aussi Marley [ Marilegium]. En 616, Clotaire tint ses états ou son parlement, ses placita , au château de BONNEUIL sur la Marne [ Bonogillus villa, Bonogilus, Bonoïlus, Boni gu lus]. Dans la meme année, il y eut une autre cour de justice à Marlem; et en 617, on parle de celle qui eut lieu au château royal de MassOi.ac en Bourgogne. Mais je ne trouve ce château cité que dans un très-bon ouvrage publié sans nom d’auteur, en 1S16, sur les Mérovingiens et lesCarlovingiens. En 623, il est question d’ATTic.NY [Attiniacum] sur l’Aisne, en Champagne , comme d’une maison royale [ voyez Chilpéric II ). En 624 , Clotaire maria son Sis Dagobert avec Gomatrude, au château de Clichy [Clippiacum ] , qui prit le nom de Saint Ouen, archevêque de Rouen, qui y mourut et y fut enterré. Cette maison passa à Dagobert I.*r et à Clovis II. Nos premiers historiens, tels que Grégoire de Tours, mort en 595, et Fre'degaire , son continuateur, mort vers 668, ne font pas mention du Louvre ( voy, p. 238 à 246 ).
Dagobert I/r, 11/ roi. Ce prince, et Nanthildc ou Nantchildc, sa femme, qu’il avait épousée au château de Clichy en 625, avaient des maisons de plaisance à Cheil [ Crioïlum ]; à Rûmilly, mais on ne sait lequel des quatre endroits de ce nom; à Espinai [ Spinagilus villa ] sur la Seine, à une lieue de Saint-Denis; à
ET LES TUILERIES
annkes.
ROIS
Clovis II, 12.* roi.
Clotaire III, 13.' roi.
Chi ld éric R , 14.' roi. , Thierri III, 13.' roi. 1
Clovis III , IG.' roi.
ChildebeiitII, 17.c roi.
Dagobert III , 18.' roi.
Chilpéric II, 10.' roi.
Thierri IV, ou
de Chelles, 20.* roi.
Interrègne.
Childéric III, 21.* roi.
Pépin , 22.* roi.
RiGargium , Gorges , sur le Crou [ C rodoltlus ] , entre Saint- Denis et Arnouville [ Ermcnovilla], D’après une cliarle «le ce roi , «le 033, mais qui n’est pas regardée comme authentique, le Louvre eut déjà existé comme maison de chasse (voyez p. 245). Dagobert mourut à l’abbaye de Saint-Denis , dans une maison qu’il s’y était fait bâtir.
Ce roi et Sigebcrt II , son frère, roi d’Austrasic (038 a 65G), ainsi que S.'1 Mathilde, femme de Clovis, no mm de S." Maudour par Sauvai , habitaient souvent Compiegne. Ce lut la que se lit, au sort, entre les (ils de Dagobert, en bas âge, le partage de ses états. S.,e Mathilde agrandit et embellit Chelles. Lors de sa régence, sous Clotaire III, elle changea cette maison royale en un monastère de femmes, et celle de Corbie en un couvent d’hommes. Elle résidait aussi quelquefois, probablement au printemps , 11 Vf.rnon [ Jrcrnum palatiuni] ou au petit palais de Palaiseau [Palatioluni], Elle mourut à Chelles en G80. Sous les règnes de Clovis II et de Sigebcrt, furent fondés beaucoup de beaux monastères; Fontenilles, depuis Saint-Wandrille, près de Rouen, par S. Wandrégésile , cousin germain de Pépin d’iléristal ; Moissac , sur le Tarn, par S. Arnaud, de la famille des ducs d’Aquitaine; Saint-Amand en Quercy, par S. Didier, évoque de Cahors; Fleuri, par Léopold, abbé de Saint-Aignan d’Orléans; Saint-Martin des Champs à Metz, par Sigcbert II, qui y fut enterré. — Pépin de Landen, ou le Vieux, maire du palais de Sigebcrt, mourut en G40.
On ne cite ni châteaux ni maisons de plaisance bâtis par ces trois princes, fds de Clovis II, et l’on ne dit pas quels étaient les endroits qu’ils habitaient de préférence.
II n’en est pas non plus question sous les règnes de leurs trois successeurs.
Il avait des maisons de plaisance à Vassi [ Vassiacus ] sur la Biaise; à Moustier on Monstier-en-Der [ Monasternim Dcrvensc ) sur la Voîte [Puteolus ] ; à Attigny, où il mourut ( voyP Clotaire II, à l’année G23).
Ainsi nommé du long séjour qu’il fit à Chelles. Charles-Martel, maire du palais, mort en 7^1 1 , avait des maisons à Verrerie [ Vermcria ] sur l’Oise, entre Compiègne et Scnlis; on y tint quatre conciles, ainsi qu’au château de Quicrsi , où l’on frappa monnaie.il y avait alors d’autres maisons royales: à Gentili/y sur la Bièvre; à Pontoise [ U riva Isarœ ] ; à Pontion [ Pontico ou Pons If agonis] sur la Sauly, près de Vitry-Ie-Brulc ; a Samoucy ou Chamoucy [Sulmontiacus ou Sa Imonicum]^ près de Laon. Ces maisons de Charles-Martel passèrent à ses fils Carloman et Pépin.
Ce prince habita ces difierens châteaux, ainsi que Braine et Compiègne; il en avait à Vienne, à Bourges, à Worms. 754, le pape Etienne 111 vient à Quiersi. 757, assemblée générale à Compiègne ; Pépin y reçoit les présens de l’empereur Constantin Copronyme, entre autres des orgues. 759, Noël célébré au château de Glare, Pâques à Jupii. [Jobii villa] sur la Meuse. 7G0, 7G1 , Pépin passe l’hiver à Quiersi. 7G5, assemblée générale à Attigny; hiver à Aix-la-Chapelle, Noël à Samoucy, Pâques à Chantilly. 776, assemblée à Gentilly.
LE LOUVRE
ANNÉES
ItOlS.
Charlemagne, 23.“ rui.
Car i.o man , frère de Charles , meurt à Samo uc y.
Le Roi passe l’hiver à Thion VILLE.
Hiver à Quiersi.
Pâques à Chasseneuil.
Voyage à Compïègne.
Hiver à Quiersi.
Hiver à Thionville.
Hiver à Attigny; chefs saxons baptisés.
Noël et Pâques à Ingelhf.im; assemblée generale àWORMS.
Hiver, Noël, Pâques et assemble'e ge'ne'rale à Aix-la-Chapelle.
Hiver à Ratiseonne.
Assemblée générale à Kuffenstein.
Hiver et Noël à Quiersi ; le pape Léon III y vint.
Louis le Débonnaire, 24/ roi.
Charles le Chauve, 25/ roi.
Louis II, le Bègue, 26.“ roi.
Louis III ( et Carloman ) , 27/ roi.
Outre son magnifique palais d’Aix-Ia-ChapcIIe , dont parlentsans cesse Lg.nliard, le moine de Saint-Gall, l’Astronome, lhegan, Nithard , ce monarque avait un grand nombre de maisons de plaisance. Hermoldus Nigellus ou le Noiraud (voy. la coll. des Mém. de M. Guizot), dans le iv/ chant de son poème adresse à Charles le Chauve, fait la plus pompeuse description du superbe palais d’iNGELHEiM près de Mayence: d était orne de marbres rares et de plus de cent colonnes jl’or et l’argent y brillaient de toutes parts, et l’on y voyait peints, en grande quantité' , des traits de la Rible , de l’histoire de France, et de celle des Perses, des Grecs et des Romains. A ce château était jointe une église dont la porte d’airain était chargée d’ornemens en or. Les autres châteaux cités sont I hionville [ T/icodonis villa ], où se tinrent quatre conciles; HÉristal, berceau de la famille, et ou Charlemagne passait ordinairement l’hiver et célébrait Noël et Pâques; depuis 799 il fut presque toujours à Aix-la-Chapelle; Pistkes [Pistiœ , Pistæ]y au confluent de la Seine et de l’Andelle ; Andriacum ou Andiacum [ Odrcia villa ], entre Amiens et Arras; Duren, où il y eut assemblée générale en 775, 779; Carbone, peut-être le même lieu que Corbigny[ Carbanacum ], entre Reims et Laon; Casseneuil [Casinogiliim , Cassioni/um]9 aujourd’hui Cassignol ou Chassignoles , près du confluent de la Garonne et du Caudrot, entre la Réole et Saint- Macaire : c’était un fort beau palais ; Ildegarde , seconde femme de Charlemagne, y accoucha de Louis le Débonnaire. Il y avait d’autres maisons royales à Kuffenstein sur le Mein ; à Seltz. sur la Sale , bridé l’hiver de 790, et à Jupil, qui avait appartenu au roi Pépin. D. Duplessis, à l’année 788 de ses Annales , dit que Charlemagne établit alors dans le Louvre Alcuin et d’autres savans; ce qui fonda les écoles et l’université de Paris. Ce fait , très-contesté, n’est pas rapporté paries auteurs contemporains de Charlemagne [voy. p. 245 ).
Ce roi , outre les maisons de plaisance et les palais que lui avait laissés Charlemagne, en avait à Jocundiacum ou Jogeniacum, nommé aussi Andiacum , et qui paraît être Joac dans le Limousin. Il y passait l’hiver tous les quatre ans, et les autres hivers se partageaient de même entre Theoduadum, nommé Théodad par Eginhard, et Tethwat par Hermoldus, aujourd’hui Doué en Anjou, près de la Loire; Euregilum et Andiacum, qui, cependant, paraissent être le même château que Jocundiacum , nommé par corruption Andiacum, Scs autres maisons étaient à Vernon, à SaulvOy [«Si/vacum] près de Laon. Louis le Débonnaire mourut à Ingelheim. L’impératrice Judith, sa femme, avait une maison de plaisance à Tours, probablement la même que celle de Clotilde.
Maisons de plaisance à Pouilly \ Bellus Pauliacus ] sur la Loire, entre Gien et la Charité; à Corbigny, qu’avait probablement fait bâtir Charlemagne. Charles le Chauve reconstruisit l’ancien château de Compïègne, qu’on nomma alors Carlopolis et Çamoon . Il avait aussi une maison à Saint-Denis, et à COUCI [ Codifiât um , Coceium , Cociacum ] un château qui paraît avoir existé avant ce prince [voy. du Cerceau, t. I/r ).
Louis III agrandit la maison que les rois avaient à Saint-Denis, et il y fit bâtir un petit château dans l’enclos du monastère.
ET LES TUILERIES. 6.3 5
années.
ROIS
Chaui.es le Gros ou i.e Gras, 28/ roi, à l’exclusion de Charles le Simple.
Eudes, 29.” roi.
Abbon , dans son poème latin sur le siégé de Paris en 889, ne parle pas du Louvre j il paraît cependant que vers cette époque et au x.f siècle il y avait déjà sur les bords de la Seine, dans les bois remplis de bêtes fauves et de loups, une maison de plaisance ou de chasse nommée dans de très-anciennes chartes Castellum de Lu para, d’où viendrait le nom de Louvre; à moins qu’on ne le tire du mot saxon leower, tour, ou de roboretwm , forêt de chênes , d’où seraient venus rouvre et louvrc [voy, p. 245 à 248 ).I1 est assez, probable que le premier Louvre devait être à l’extrémité vers l’ouest marquée V S P, &c. dans le plan 8 B. 11 paraît qu’il y a toujours eu des fossés dans cette partie , et l’on y retrouve l’ensemble d’un petit château dont la position près de la Seine convenait à une habitation qui , hors de Paris, servait de maison de campagne et de château fort.
Charles le Simple, 30.* roi.
Raoul, 31.” roi.
Louis d’Outremer, 32.” roi.
Lothaire, 33/ roi.
Louis V, 34/ roi.
Hugues Capet, 35/roi.
On croit que le Palais (Palais de justice de Paris), qu’habitèrent plusieurs rois de la troisième race, appartenait à Hugues le Grand , père de Hugues Capet. ÏI aimait aussi le château de Braine. (Sauvai, p. 314.)
Robert, 36/ roi.
Ce roi et la reine Constance, sa femme, avaient des maisons de
En Tan 1000, ce roi, qui
plaisance à Melun [Meldunum , Meledunum , Melodunense
habitait ordinairement
castrum ] : le château de la reine était situé à la pointe de
au Palais, fit bâtir le châ-
l’île ; Robert y mourut. La première année de son règne, il
teau de Vauvert , dans
donna à l’abbaye de Saint-Denis le château qu’y avait fait
l’emplacement où depuis
bâtir Louis III. Ce roi avait d’autres résidences : à Etampes,
ont été les Chartreux , à
le palais de la reine était très-beau $ il y en a encore des restes ; ;
l’extrémité du jardin du
à Poissy [ Pixcdunum , Pisciacus , Pinusicum ] j à Saint- !
Luxembourg.
Germain en Laie. Robert habita aussi Compïègne, où il fit couronner son fils aîné Hugues, qui y mourut et y fut enterré en 1026 ; et il fit tenir un synode à Chelles. Selon du Chesne, qui ne cite aucune autorité, ce roi aurait agrandi le château du Louvre, et il y aurait fait des murs et des fossés [voy. p.239 à 247 ). Fulbert, évêque de Chartres, architecte vers 1020.
Henri I.", 37/ roi
Philippe 1/', 38/ roi.
Habitait souvent le château de Melun, où il mourut.
Louis le Gros, 39.* roi.
Passa les premières années de sa vie dans la maison de plaisance
Ce roi habitait quel-
de Saint-Denis ; il résida souvent à Etampes. La reine Adélaïde,
quefois le Louvre; car
sa veuve , habitait une maison de l’abbaye de Montmartre
il se faisait prêter ser-
qu’elle avait fondée. On ignore les noms des architectes qui
ment de fidelité dans ce
purent être employés dans ces temps reculés à bâtir et à orner
château , regardé déjà
les résidences de nos rois. Pendant long-temps d’ailleurs on ne
comme une forteresse
distingua pas les architectes et les sculpteurs des maçons et des
importante.
tailleurs de pierres. Le grand nombre de sculptures qui existent
Ministres :
dans les églises de Chartres, d’Amiens, de Beauvais , d’Auch ,
Etienne de Senlis, e'vêq.
de Vienne , de Reims , d’Autun, de Notre-Dame , de Saint-
de Paris, mort en 1 1 40.
Denis, dont plusieurs remontent au x.* siècle, prouvent que
Sucer.
de tout temps il y eut eu France beaucoup de sculpteurs.
LE LOUVRE
ANNÉES