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met que la trompeuse apparence tic la richesse. Autant vaudrait, fausseté pour fausseté» se contenter de celle qui est meilleur marche', et dans les endroits qui sont hors des atteintes de la loule, se rappelant que les premières sculptures de Rome lurent en terre cuite frottée de minium et d’or, on pourrait avoir recours à la modeste et souple argile, ou au complaisant carton-pierre; et, en les pénétrant d huile, de bitume, les colorant, les dorant, on leur donnerait assez de solidité pour leur faire jouer, comme à la lonte de fer, le rôle de l’or et du bronze de toutes les couleurs. Mais, parlant plus sérieusement, nous répéterons que le bon et beau bronze porte en luiméme sa propre richesse, et toutes ses solides qualités lui ont fait, depuis longtemps, décerner l’honneur d’étre le seul métal monumental, et celui qui convient le mieux aux grandes productions de la statuaire. Il est vrai que son prix a été bien souvent funeste aux chefs-d’œuvre qu’il avait produits, et que ses dieux, ses héros, sortis brillans du feu pour embellir le monde et l’attirer à leurs pieds, se sont vus précipités en foule dans la fournaise pour devenir des armes, des ustensiles, du billon et des cloches. C’est ainsi que nous ne connaissons plus que par les écrits de Cellini les chefsd’œuvre en or et en argent que lui avaient fait créer la libéralité et le goût de François Ier et d’Henri II; leur valeur intrinsèque les a fait périr, et ils eurent le même sort que ceux qui brillaient à Rome, lorsqu’elle fut prise et pillée sous le pape Clement VII. Mais cette crainte de l’avenir pour leurs monumens en bronze n’arrêta pas les Grecs et les Romains, et ils en avaient couvert et enrichi la terre. Espérons que nous conserverons mieux les nôtres, et n’imitons pas ces rudes Spartiates, qui n’avaient fait leur monnaie qu’en fer cassant, trempé, dit-on, dans du vinaigre, de peur que si elle eût été en bronze et en argent, on l’eût employée à d’autres usages; et comptons bien que nos armes de fer protégeront toujours nos chefs-d’œuvre de bronze. Le temps même est en leur faveur quand il est abandonné à sa seule action et que ses effets ne sont pas multipliés par les guerres et les révolutions. Sans crainte de l’avenir, respectons la beauté sévère qui convient aux monumens, et que seul leur assure le bronze sans le secours de l’or. Comparez avec nos statues en fonte celles en bronze, si belles et si nombreuses, de» deux grands bassins carrés devant le château de Versailles; voyez, au Jardin des Tuileries, le Laocoon, l’Apollon du Belvedère, la Venus du Vatican, la Zingarella, l’Ariane endormie, l’Hercule et le Télèphe, que le Primatice fit fondre par ordre de François Ie1' : quelle différence d’effet, à part même le talent, avec des statues en fonte de fer! Quelle riche ef pompeuse décoration! Si François Ier, Louis XIV et Colbert avaient eu la malencontreuse pensée de couler ces statues en fonte de fer, depuis longtemps elles n’existeraient plus; ou bien, altérées par les couches successives d’enduits qui ne les auraient préservées qu’en les masquant et en les empâtant, elles seraient méconnaissables, et de belles productions des arts ne seraient plus que des produits défigurés de l’industrie.
Je crois devoir ajouter ici quelques mots sur le moulage et la Ionie en bronze des grandes statues et sur les progrès qu’ont fait faire à cet art monumental les nombreux essais de M. Soyer et les heureux résultats qu’il
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en a obtenus. En parcourant ce que j’ai offert sur ce sujet dans ce volume-ci, p. 55 et suivantes, on y verra une partie des procédés du moulage et de la fonte, auxquels diverses améliorations ont fait prendre une marche plus facile et plus sure. Des notes que M. Soyer a eu la complaisance de me fournir me serviront souvent de guide, et en le suivant je ne cours pas le risque de m’égarer.
Autrefois, et il n’y a même que quelques années, lorsqu’on voulait mouler ou obtenir, pour la fonte, le creux d’une statue seulement de quinze pieds de hauteur, on employait, pour la solidité du moule et pour le succès de la fonte, beaucoup plus de moyens et de précations qu’il n’était peutêtre nécessaire. C’était un effrayant appareil d’armatures en fer, d’une immense quantité de barres, de tringles, de fils de fer, pour le noyau de la statue , pour le moule et pour sa chape. L’enterrage du moule dans la fosse précédait la fonte et le déterrage la suivait : pour être bien faites, ces opérations demandaient un grand travail , et d’elles dépendaient la réussite de la fonte et l’espoir d’éviter les accidens. Toutes ces précautions n’étaient pas toujours, à beaucoup près, des garanties sures du succès, et bien des fontes, pour une cause ou pour une autre, venaient mal ou manquaient tout à fait. Quelque soin que l’on prît dans l’enterrage, on n’était pas certain qu’il résistât aux premières secousses du moule lorsque le métal en fusion s’y précipitait. L’immense pression (15 livres par pouce carré, 2100 par pied) qu’il exerçait contre les parois des pièces, pouvait les refouler, les repousser ou les déplacer. La terre, n’étant pas toujours assez fortement et assez également foulée dans l’enterrage, cédait, et il s’établissait un peu de vide entre elle et le moule. Ce vide, en cas de fuite du métal à travers les joints des pièces en sable du creux et des nombreuses chapes en plâtre qui l’entouraient, était d’autant plus à redouter, que le métal qui s’échappait augmentait le vide en dégradant les parois du moule et de la chape, et facilitait à la matière restée liquide dans le moule le moyen d’en sortir et de causer de grands ravages, dus en partie à la dilatation de l’air embrasé ou en vapeur qui s’échappait du moule avec tracas. Les procédés employés par M. Soyer préviennent presque tous ces dangers ou diminuent beaucoup leur gravité.
Qn sait que l’on opérait ordinairement le moulage en sable par parties de quatre pieds en carré, en commençant par le bas d’une statue, que nous supposerons de quinze pieds de haut sur huit pieds de base. Après avoir ainsi recouvert en entier la statue, on retirait ces pièces et l’on reconstruisait l’ensemble de ces morceaux qui formaient son creux ou son moule. Il fallait ensuite envelopper le tout d’une grande et forte chape, composée de grosses pièces ou de blocs en plâtre moulés sur l’extérieur du moule, et qui, en en saisissant toutes les assises sans y adhérer, consolidait tous ces morceaux pour n’en faire qu’une seule masse, que maintenaient de puissantes ceintures de bandes de 1er munies de gros boulons et d’ecrous, et rendues plus solides encore par les bandes verticales qui venaient s’y agrafer : c’était un vaste réseau de fer dont on entourait l’ensemble du moule. Celle chape était ordinairement composée de vingt-
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quatre blocs ou chapes partielles, sans y compte)- une pièce qui, dans le haut, formait comme la ciel de voûte de toute cette masse. Maigre son apparence de solidité, cet énorme appareil présentait plusieurs inconvéniens : la multiplicité’ des pièces multipliait les coutures ou les traces des joints des morceaux du moule en sable sur la statue moulée; il en résultait plus de chances pour les luites du métal et un travail de plus pour le réparage. On courait aussi plus de risques d’avoir des pièces renfoncées ou ressorties, très-grave inconvénient qui provenait de ce que les pièces du moule, ne pouvant pas être toutes au meme degré de dureté ou de dessiccation, n’offraient pas, dans toutes leurs parties, une égale résistance à l’impétuosité du métal en fusion et aux elforts de l’air intérieur dilaté par la puissance de la chaleur. Les fondeurs ne peuvent connaître qu’à peu près la force du métal en fusion; et, quant à celle de l’air dilaté, il est peut-être encore plus difficile de l’apprécier avec quelque exactitude. L’expérience est insuffisante; des cas imprévus se présentent, et les plus habiles s’y trompent. Ne pouvant pas s’opposer assez énergiquement à la puissance de ces forces désorganisatrices si peu connues, M. Soyer s’est proposé d’en prévenir ou d’en détourner les attaques. Voici par quels moyens il y est, en général, parvenu, et les procédés nouveaux qui ont perfectionné le moulage et la fonte des grandes productions de la statuaire.
Au lieu de former le creux ou le moule en sable par pièces de quatre pieds en carré, il ne le fait que de deux parties, ou, si l’on peut s’exprimer ainsi, de deux coques qui se réunissent, pour ainsi dire, comme les deux valves d’une coquille posée sur sa tranche, et que l’on réunirait après les avoir séparées entièrement l’une de l’autre. La statue, ou tel autre grand morceau, se place sur un massif qui laisse tout autour un espace vide entre le sol de la fosse et la base de la statue. En procédant de bas en haut, soit en prenant par devant et par derrière, soit en opérant sur les cotés, on la couvre , dans la moitié de son épaisseur et dans toute sa hauteur, de sable de Fontenay que l’on bat fortement. Ainsi que dans le moulage ordinaire et par pièces carrées , on donne à cette couche de sable une épaisseur convenable, en général de trois à six pouces, en rapport avec la hauteur et l’épaisseur de la statue, et avec la grandeur que doit avoir le moule. 11 est très-important que le tout soit bien de dépouille, c’est-à-dire qu’on puisse aisément le détacher de la statue en tirant à soi en ligne droite ou suivant une direction qui lui soit perpendiculaire. Mais souvent des parties ne remplissent pas ces conditions, et leurs diverses faces rentrées ne permettraient pas au sable qui les couvrirait ou au creux de se dégager, et en s’arrachant elles emporteraient avec elles les parties qui leur sont contiguës. Il s’agit donc de parer à cet inconvénient majeur et de rendre tout le creux de dépouille. C’est ce que l’on obtient au moyen de pièces mobiles, que l’on peut à volonté placer dans le moule ou en enlever après l’avoir dégagé de la statue. Les pièces qui ne sont pas de dépouille se moulent séparément et a l’aide de repères on les remet à leurs places dans le creux qu’elles complètent. On obtient donc un moule divisé en deux parties, dont le joint ou l’endroit où elles se réunissent est vertical. Nous avons cl i t que notre statue
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avait li ii it pieds de large par le lias. A sa base, et dans le vide dont nous avons parle, et qu’on a ménagé autour du massif, on place en contre-bas, et de manière à toucher le dessous de la plinthe, un chariot très-bas et trèsfort, en 1er, portant sur des rails où les roues sont disposées de façon à ne pouvoir dévier, ni en avançant ni en reculant dans une direction perpendiculaire au plan de la coupe ou de la réunion des deux parties du moule. Ce chariot, qui peut être poussé sous la base qu’il arrase, est formé de fortes barres de fer, et il n’a pas plus d’un pied ou quinze pouces fie hauteur au-dessus de terre. Il est garni dans sa longueur de deux puissans essieus parallèles munis l’un et l’autre de roues en fer, dont le nombre varie et se règle d’après la forme que doit prendre la masse du moule. Ce nombre peut n’être pas à l’arrière le même qu’à l’avant du char, et on le règle, pour chacun des deux essieux, d’après le poids qu’il a à supporter, et de manière à en conserver toute la force, à laquelle ajoutent encore les traverses et les diverses pièces par lesquelles on lie les essieux l’un à l’autre, pour les garantir de tout écartement qui paralyserait le mouvement du chariot et les opérations qui en dépendent. Selon la résistance et la place dont on a besoin, la longueur de cette machine déborde de deux pieds, plus ou moins, la base ou la plinthe de la statue : la largeur d’ailleurs ne peut en être déterminée que par la saillie la plus forte de l’objet à mouler, et par exemple pour un chapiteau colossal , par celle des volutes et des teuilles d’acanthe. La superficie du chariot doit alors dépasser de plus de deux pieds la ligne à-plomb, tombant du bord extérieur de la partie la plus saillante du haut du chapiteau.
C’est sur ce chariot que l’on élève carrément la bâtisse de la chape, dont les deux parties ou les deux coques ne peuvent se construire que l’une après l’autre. Occupons-nous de la première, et supposons qu’il s’agit du moule d’une grande statue équestre que nous avons moulée en deux parties. L’une de ces parties recouvre à droite, dans sa longueur et dans sa hauteur, la moitié de la statue, à partir du milieu du poitrail jusqu’au milieu de la croupe. Tout le coté gauche, en partant des mêmes points, est enveloppe par la seconde partie du moule. On voit que chacune des deux pièces de la chape ou de l’enveloppe du moule en sable recevra la moitié de ce moule. Elle formera sur le coté une longue muraille droite, et en avant, ainsi qu’en arrière, deux plus courtes qui devront se réunir aux deux petits côtés fie la seconde partie de la chape, et compléter cette grande masse qui aura à peu près la forme d’un dé. Au reste, c’est tout à fait une chambre en carré long, dont on scierait perpendiculairement les deux murs des petits côtés à moitié de leur longueur, et dont on pourrait, à volonté, ecarter ou rapprocher les deux parties pour en réunir ou séparer les tranches ou les deux murs sciés. A environ un pied de l’objet moulé, on ménage horizontalement dans les petits côtés, à peu près à moitié de l’épaisseur fie la chape, un conduit dans toute leur longueur. A mesure qu’elle s’élève, on pratique, de dix-huit pouces en dix-huit pouces, de pareils conduits parallèles au premier. Ces conduits carrés de quinze lignes serviront à faire passer île forts boulons carrés en fer garnis de vis et d’ecrous à leurs extre-
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mites, et a» moyen desquels, lorsque les deux parties de la chape seront reunies, on pourra les serrer fortement l’une contre l’autre. Dans l’e'paisseur de la tranche perpendiculaire de ce (pie l’on pourrait appeler les demimurs de la chape, à moitié de l’espace qui reste du moule de la statue aux conduits des boulons, on pratique une rainure perpendiculaire d’un pouce de large sur un pouce de profondeur, et l’on répétera la meme operation de meme que la continuation des conduits des boulons, lorsqu’on construira I autre partie de la chape, qui sera entièrement la contre- partie exacte de la première. Quand la chape est terminée, les demi -rainures pratiquées dans les joints de ses deux pièces juxta-posées n’en forment qu’une ou un conduit vertical d’un pouce de large sur deux de long, traversé au milieu par le joint des deux pièces du moule, qui d’ailleurs s’adaptent parfaitement bien l’une sur l’autre. Cette rainure ou ce conduit est la partie la plus importante de ce procédé de moulage, puisque nous verrons qu’elle sert à fermer hermétiquement le moule, et à ne faire qu’une seule masse compacte de ses deux pièces. Eu bâtissant la chape, on a le soin de ménager, dans l’extérieur du moule en sable, des repères qui, se répétant dans le plâtre de la chape, serviront à y fixer le moule. Afin que son sable ne se mêle pas au plâtre, ou n’y adhère pas, on le couvre d’un encollage et de feuilles de papier joseph, ce qui n’empêche pas la chape de se joindre au moule, mais qui ne lui permet pas de tenir trop au sable. On conçoit aisément que lorsque l’on veut séparer du modèle, renfermé dans le moule, l’une ou l’autre des deux parties de celui-ci ou toutes les deux à la fois, pour dégager entièrement la figure, l’opération consiste à faire glisser sur les rails le chariot qui supporte le moule et la chape : ce qui se pratique au moyen de longs et forts leviers engagés dans des trous carrés ménagés sur la circonférence des roues en fer du chariot. Ce mouvement s’exécute avec aisance et sans à-coup; des masses pesant chacune plus de deux cents milliers se meuvent ainsi sur les rails avec une étonnante facilite.
Par cette méthode de moulage, supérieure peut-être à celle de la cire perdue, on peut toujours, en déplaçant son moule, en visiter l’intérieur et remédier à ce qui pourrait se déranger. Il est fort avantageux de n’y avoir qu’une couture, que l’on place où l’on veut, à l’endroit ou elle est presque sans inconvénient. 11 n’y a pas de couture, il est vrai, au moule a cire perdue, mais la haute température (500 degrés) à laquelle, pour tondre les cires et pour cuire le moule, on est oblige de pousser la chaleur, occasionne souvent dans le moule des gerçures beaucoup plus lâcheuses que la couture de M. Soyer, (pii, par la disposition de son moule, n’eprouve presque jamais de ces mouvemens généraux qui portent partout le désordre, et que produit la dilatation subite et violente des fers de l’armature du moule à cire perdue, ou formé par les procédés ordinaires du moulage au sable. Les deux pièces de son moule étant indépendantes l’une de l’autre, sèchent isolément ci sont vérifiées l’une sur l’autre; ce sont des garanties pour la justesse et la solidité. Il n’a besoin, pour sécher son creux et sa chape, (pie d’une chaleur d’environ 90 degrés; s’il ht portait jusqu à 100, elle serait trop forte cl le plâtre perdrait sa force de cohésion. Ce
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moulage demande considérablement moins de temps que celui qui se fait au sable, mais par les méthodes ordinaires. De cette manière, une statue equestre, sans parler du modèle, et en ne comptant que le moulage, la lonte, le reparage et le bronze à la charge du fondeur, reviendrait à plus de deux tiers de moins que telles ou telles statues que je ne citerai pas et qui ont été d’une cherté excessive. Ce genre de moulage n’en exige pas meme un complet pour le noyau, que l’on peut opérer partiellement et au moyen de faux moules qui se font très-promptement. Pour faire les moules de ce noyau par parties, on bouche les endroits trop creux, les noirs de la statue; on met de dépouille les portions qui n’en sont pas, et l’on obtient ainsi des morceaux séparés; il est facile ensuite de réunir et de rajuster le tout et de disposer le noyau de manière à ce que, dans toutes ses parties, il laisse entre lui et le creux du moule l’espace qu’on désire et qui donne au métal l’épaisseur qui convient. On en juge aisément en mettant de tous cotés sur le noyau ce qu’on appelle des mouches , petites pincées de sable frais légèrement humide ( voy. p. 122 ) : en rapprochant du noyau le moule et en le retirant on voit si les mouches ont été trop ou trop peu pressées, et alors on ajoute ou l’on enlève ce qui est nécessaire. On met meme des pièces qui se fixent au moyen de longues et minces aiguilles de fd de fer, dont on larde tout le noyau; elles se rouillent, retiennent le sable, le rendent compacte et lui donnent une grande solidité. Quant aux parties de la statue ou très-minces, telles que des plis légers et très-refouillés, ou à forte saillie, qui courraient risque de ne pas bien venir au moulage du creux du moule, et qui ne pourraient pas, faute de dépouille, en sortir, on les moule séparément, et faisant, ainsi que nous l’avons déjà indiqué, leur place dans le moule, on les y fixe ou on les en enlève à volonté.
Quand il s’agit de couler la pièce on ferme le moule, on le serre par le moyen des boulons garnis d’écrous qui traversent ses deux parties. La rainure ou le conduit perpendiculaire dont nous avons parlé reste vide; on y introduit deux lames de tôle mince qui en occupent toute la largeur, et dont une s’appuie sur le côté intérieur du conduit et l’autre sur le côté opposé. Ce conduit ainsi préparé, on le charge de sable frais, que l’on bourre fortement avec une tige de fer de la même forme que cette espèce de canal, et qui y entre exactement. Cette précaution a pour objet de remédier à quelque fissure que le premier choc et la chaleur du métal en fusion pourraient occasionner dans le sable du creux par l’élasticité du fer de l’armature de la chape. L’air qui chercherait à s’échapper par le joint des deux parties du moule trouve un obstacle dans le sable compacte de la rainure, qui, des deux pièces, n’en fait plus qu’une; ses efforts contre les parois latérales sont sans effet; il s’élève dans la partie supérieure du moule et sort par les évents. On voit qu’ainsi disposé, ce moule est de la construction la plus solide cl en meme temps la plus simple : il est hermétiquement fermé et ne peut fuir. C’est à peu près, en grand, la méthode du moule en deux parties pour les cuillers d’étain; à la différence près cependant que celui-ci n’est pas tout à lait lerme, tandis que notre grand moule l’est complètement. Ces fuites de métal, si redoutées et si nuisibles à la netteté de la foute, et