‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 3)Chapitre 40 sur 286 · MARBRES OU PIERRES DONT IL EST OUESTION DANS LES AUTEURS ANCIENS · texte numérisé non relu

MARBRES OU PIERRES DONT IL EST OUESTION DANS LES AUTEURS ANCIENS

On comprenait sous la même dénomination de marmaron en grec , de marmor en latin , mot dont l’étymologie grecque , marmarein [ briller ] , indique l’éclat et le brillant, toutes les pierres plus ou moins dures, susceptibles d’un beau poli , et propres ou à la décoration de l’architecture ou à la sculpture, telles que le marbre, l’albàtre, le porphyre , les granits et d’autres pierres qui, cependant, sont de natures très-differentes. Comme il n’est pas de notre ressort d’en détailler tous les caractères minéralogiques, nous nous bornerons à indiquer ce qui peut aider les amateurs à distinguer à la simple inspection le genre de ces pierres.

Le porphyre. — Le nom de cette pierre prouverait que les premières auxquelles on le donna étaient d’un fond couleur de pourpre [ porplujra en grec] ou rouge amarante foncé. Aussi dans une inscription latine gravée sur du porphyre, et qui date du règne d’Antonin Pic, trouve-t-on que l’on a traduit le nom de poiphyreticœ , qui vient du grec, et que l’on donnait aux colonnes de porphyre, en celui de purpureticæ , qui exprime la même idée en latin et qui rappelait la pourpre [ purpura ]. Le porphyre est très-dur, et ne se laisse pas rayer par le fer; il est plus froid au toucher que le marbre, qui, de son côté, l’est plus que la pierre ou que le stuc; il n’est pas attaqué par l’acide nitrique [eau forte], fait feu au briquet, et est seme de petites taches claires, anguleuses, dans une pâte ou ciment ordinairement d’une couleur foncée uniforme , et qui , leur servant de fond , décide celle du porphyre. Il n’y a pas dans le porphyre, comme dans le granit , de ces parties quartzeuses qui ont une demi-transparence : aussi le porphyre paraît-il à l’œil plus compacte et plus dur que le granit.

Le granit, presque aussi dur que le porphyre, et résistant aux acides, est compose de grains plus ou moins grands, à contours irréguliers, souvent arrondis , de natures differentes , agglomérés l’un contre l’autre sans intermediaire , et dont une partie offre un aspect cristallin , lamelieux ou chatoyant, que n’ont pas les taches du porphyre.

Le marbre fait effervescence avec les acides, est raye par le fer, fait rarement feu avec le briquet; sa contexture, moins serrée que celle du porphyre et du granit, est sans mélangé de pierres d’une autre nature; il n’est translucide qu’en feuilles très-minces , et il se distingue souvent par la variété de ses nuances et leur irrégularité'. ,

L’albÂtre a souvent assez de rapport avec le marbre pour qu’on puisse les confondre : cependant le véritable albâtre oriental , ou albâtre calcaire , de quelque pays qu’il soit , est plus dur que le marbre blanc, le raie, est translucide, même en grande masse; sa cassure est cristalline. 11 offTi ■e , soit blanc, soit coloré, des ondulations, des rubans, des festons, des tourbillons, plus suivis et plus réguliers que ceux du marbre. — L 'albâtre gypseux , tel que celui de Voltcrra, est très-tendre, d’un blanc laiteux, transparent, ne fait pas effervescence avec l’acide nitrique; sa cassure est grenue. — Les brèches sont composées de fragmens de marbres ou de pierres dures , anguleux , plus ou moins grands , liés par un ciment qui forme des veines. — Les brocatelles sont des brèches à petites taches, ressemblant aux étoffes nommées autrefois brocarts; elles renferment souvent des coquilles. — Les poudingucs diffèrent des brèches en ce que leurs fragmens , soit en marbre , soit en pierres dures , sont arrondis; ce sont souvent des cailloux ou silex de diverses espèces, réunis par un ciment de même nature. — Les lumachclles sont formées par un amas de coquilles. — Les marbres coquillicrs , tels que les brocatelles , ne les offrent qu’éparses. — Les marbres madreporiques renferment des débris de madrépores. — Les marbres cipollins sont d’un blanc sale rayé de veines et d’ondulations de talc verdâtre : ces bandes dépendent beaucoup de la manière dont les marbres sont sciés ou débités; on les appelle sciés en passe lorsqu’ils le sont dans le sens de ces bandes , et en contrepasse lorsque c’est perpendiculairement ou obliquement à ces ondulations.

La manière peu précise dont les auteurs anciens décrivent les marbres et les pierres , ne permet que rarement de les reconnaître parmi ceux que nous offrent les monumens : pour plus de facilité, nous les rangerons d’apres les couleurs qu’on semble avoir indiquées , tout en reconnaissant que cette méthode est sujette à bien des méprises.

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