‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 3)Chapitre 42 sur 286 · P A R T 1 E T ECU N I Q U E · texte numérisé non relu

P A R T 1 E T ECU N I Q U E

en Phrygie. — D Lginc. — De Gnbies. — D'Hcraclcc en Carie. — D'Hiéro polis; c’était peut-être un porphyre ou un granit, ainsi que la pierre de Memphis. — De Milet. — Des Molosses en Epire, veine' de differentes couleurs. — De Scyros , de même. — De Syrncuses ; on le tirait des latomies, qui étaient des carrières avant que Denys en eut fait des prisons. Il paraît que ce marbre ou cette pierre renfermait des empreintes de poissons. — De Tauromenium en Sicile, de plusieurs couleurs. — De Tibur ou Tivoli. — De Tragurinm ou Salone en Dalmatie.

BASALTES, PORPHYRES , GRANITS , <Xc.

Basalte. — D’après quelques auteurs, le nom de cette pierre devrait être barzaltÈs , d’un mot hébreu qui signifie fer , dont elle a la couleur et la dureté. 11 paraît que le bnsanites ou le basaltitcs de Pline est la même pierre, le basalte; et cette identité a été prouvée par M. Bruckmann , et surtout par M. Buttman ( I ). Selon Pline , on le tirait de l’Arabie et de l’Ethiopie; et il cite comme le plus grand bloc qui eut été employé à Rome, la statue du Nil consacrée dans le temple de la Paix par Vcspa sien. II dit aussi un mot de la statue de Memnon qui était à Thèbes dans le temple de Sérapis. Cette pierre , d’une grande dureté, est ordinairement grise, d’un noir ferrugineux; mais le basalte le plus estimé est le vert, tel que celui du lion du Musée, n.° 533, qui est de la plus belle espèce : il a quelquefois l’apparence , la couleur du beau bronze auquel le temps a donné une teinte verdâtre , égale de ton ; c’est ce qui, ajoute à sa solidité et à la finesse de son grain , engagea sans doute les anciens à l’employer en statues, malgré la difficulté qu’il oppose au travail. Pausa nias dit qu’on faisait en basalte les statues du Nil, parce que ce fleuve venait de l’Ethiopie. II y a aussi un porphyre à grains très-petits, et même microscopiques , que les anciens ont pu prendre pour du basalte.

Le porphyre ne fut employé à Rome en statues que du temps de Claude; les premières avaient été envoyées d’Égypte par Vitrasius Pollion et n’eurent pas un grand succès (2). Cette belle matière, très-recherchée dans la suite, servit souvent à faire des sarcophages et des urnes cinéraires pour les empereurs et les personnages de leur famille. Ce fut, à ce qu’il paraît, sous Constantin, qui déploya une grande magnificence dans ses édifices, qu’on travailla le plus le porphyre. Les tombeaux où il lut déposé, ainsi que sa mère Hélène l.rc et sa fille Constance, étaient de porphyre, et on les voit aujourd’hui au musée du Vatican (3). — Lcucostictos ou lep/opsephos , porphyre où le blanc dominait; on le tirait de l’Arabie ou de la I hebaïde. — obsidienne fut ainsi nommée , parce que du temps d Auguste elle lut découverte en Ethiopie et employée par un certain Obsidius,qui en lit laire une statue de cet empereur. Selon Xénocrate , on en trouvait

( 3 ) Voy. Mus. Pio-Clem. t. I, pl. 11. t 2 .

( ( ) Amalthca , i I , 23 1 .

( 2 ) Plia. Iiv. xxxvi , ch. xi ,

■aussi aux Indes, dans le Samnium , et en Espagne; et Pline croit qu’elle était connue très-anciennement. C’est une production volcanique très-dure, noire, et translucide, lorsqu’elle est en petits morceaux ou en lames; elle est alors d’un noir brun. Comme elle peut se fondre au leu, on s’en servait, selon Pline (1 ). pour imiter les pierres précieuses et pour travailler les moins dures. Les vases de cette matière, à laquelle on laisait prendre toute sorte de couleurs, étaient d’un très-grand prix: cependant l’obsidienne claire et très-transparente , qui se rapprochait du cristal , était la plus estimée ; on s’en servait pour faire des miroirs. 11 ne reste pas, àcequ’il parait, demonumensde ce verre volcanique. Les chapitres lv , lvi, lvii, du xxxvi.0 livre de Pline , sur le verre et sur l’obsidienne, sont très-curieux, et la suite de cet ouvrage nous offrira l’occasion d’y revenir. — Ophite ou serpentin. On donnait, chez les anciens, le premier nom aux porphyres verts , à cause de leur couleur et de leurs taches qui ont du rapport avec la peau de quelques serpens [ ophis ] ; on ne trouvait pas l’ophite en grandes masses , et on ne l’employait que pour des vases et des colonnes. Pline ( 2 ) en distingue deux : la noirâtre , qui était dure ; et la blanchâtre , qui était tendre. Il confond probablement le serpentin avec la serpentine, pierre tendre, et qui, à l’œil , a du rapport avec le serpentin. On donnait aussi à l’ophite le nom de memphites, parce qu’on la trouvait près de Memphis. — L’ophite d’Eléphantine se nommait tephria , à cause de sa couleur cendrée [ tephra , cendre]. Il y avait une ophite presque noire ; une autre était semée de taches blanches. On n’en faisait que de petites colonnes. 11 se trouve beaucoup d’ophites dans le pavé de Rome et à Ostie , ainsi qu’à Vienne en Dauphiné. — Psaron, porphyre de Lycie, ainsi nommé de ses taches , qui ressemblaient à celles de l’étourneau [psar], — Syénite , porphyre rose, nomm épyrrhopœcile , à cause de sa couleur [ pyr, feu ; poikilos , varié ] ; on le nommait aussi psaronion : ce pouvait être aussi le granit rose. — Porphyre (le Thehes; il était noir , à taches jaunes. Ce que l’on trouve chez les anciens au sujet du porphyre est très-obscur. Ne faisant attention ni à sa nature siliceuse, ni a la variété de ses espèces , ils l’ont souvent confondu avec d’autres pierres, et l’on a de la peine à démêler s’il s’agit de simple marbre, de granit ou de porphyre; mais il paraît, par Pline, que les Egyptiens, chez qui on le trouvait, l’ont très-anciennement employé, et qu’il y en avait des colonnes et des statues dans le Labyrinthe.

D après une inscription trouvée par MM. Belzoni et Cailliaud ( 3 ) , et expliquée par M. Letronne ( 4 ), on voit qu’entre les années 205 et 209 de Jesus-Christ , sous le règne de Caracalla, des carrières de granit furent trouvées et exploitées près de Philæ, par le préfet de l’Égypte , Subatianus Aquila. On tirait de ces carrières de très-grandes colonnes et des pilastres | 7mpa.çu,Jiç, columnœ parastaticœ\ Cette curieuse inscription fait voir que les Romains ne s étaient pas occupés de ces carrières pendant les deux

( 1 ) Liv. xxxvi , ch. i.vii.

2) Liv. xxxvi. ch. ii.

( 3 ) Recherches sur l’Egypte , |>. 360 (4 ) Journal tics suçons, 1820, |>.207

premiers siècles de leur domination en Egypte, et que ce ne lut qu’au commencement du ni.0 siècle de notre ère qu’elles furent decouvertes et exploitées. M. Letronne pense, avec raison, que la colonne en granit thebaïque nommée de Pompcc , et qui , au fait, avait été élevée en l’honneur de Dioclétien , avait été tirée de ces carrières.

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