‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 3)Chapitre 69 sur 286 · I.E (.OUVRE · texte numérisé non relu

I.E (.OUVRE

>1 édifices ainsi que je l’ai fait clans mon plan , je ne prétends pas que la disposition n en puisse pas être autrement combinée ; mais il suflit que celle cjue je donne ne soit pas improbable, et l’on trouve à placer, sans que rien s’y oppose , les basses-cours vers la rivière, e, celles de Saint-Thomas, f, de la rue Froidmanteau , g, et celle qu’on nommait basse-cour de Saint-Thomas du Louvre et de la rue Froidmantel. C’était dans l’arsenal de l’artillerie que l’on fabriquait et que l’on conservait des armes de toute espèce, telles que sajettes, virctons, gai rots , arbalètes à tour, et les grands et petits engins, ou machines de guerre, dont on trouve le detail dans Sauvai, qui cite plusieurs actes, dans un desquels on voit que , parmi les personnes attachées à l’arsenal et qui y logeaient, il y avait une empenneresse , ou femme char geo d’empenner ou de garnir de plumes les (lèches des arcs et des arbalètes. Depuis l’invention ou l’usage habituel de la poudre, on en fabriqua et l’on fondit des pièces dans cet arsenal, ou François l.c,‘ en réunit une grande quantité.

Sauvai, parmi les tours du Louvre, en nomme deux qui étaient faites en fer de cher al. Il y en avait une qui donnait dans l’artillerie, et l’autre vers le grand jardin ; mais il n’en indique pas la place. TI est à croire que ces tours devaient leurs noms à leur forme allongée , circulaire d’un côté, carrée de l’autre. On en voit une de ce genre dans le plan du château de Couci. Vers le dehors, elles pouvaient probablement servir de défense; et vers l’intérieur, par leurs formes et ayant plus de développement qu’une tour ronde , elles offraient plus de commodité pour le logement. Quoique nous n’ayons pas de données positives pour placer ces tours, je crois pouvoir en mettre une dans la basse-cour de l’artillerie en 1 ; rien ne s’y oppose, et elle s’ajusterait meme assez bien avec le reste des édifices. Quant aux tours de l’Orgueil et de l’Estang, rien ne m’offrant de conjectures sur leur situation et sur leur destination , je me borne simplement à les nommer. Près de l’artillerie, deux autres tours, d’après leur position, se nommaient, l’une, la tour de la basse-cour près Saint-Nicolas, et l’autre, la tour du coin vers Saint-Thomas, et pouvaient être où je les ai placées, en k et en I. Toutes ces tours, qui formaient les fortifications avancées du Louvre , avaient leurs capitaines particuliers, dont l’importance dépendait de la grandeur du terrain qu’ils commandaient et du poste qu’ils avaient à défendre.

A l’extrémité nord du fossé, vers la rue Froidmanteau, on avait, dès 1333, placé entre cette rue et le grand jardin une ménagerie ou maison des bêtes ou des lions, m; depuis elle fut entretenue , et existait encore sous Henri 111. Ces établissemens firent toujours partie du luxe des maisons royales. Des animaux rares, amenés à grands frais des pays lointains, servaient de spectacle par leur beauté et par leurs combats. Ou sait que Charles V avait encore une autre maison des grands et des petits lions dans son hôtel de Saint-Paul , et que c’est sur l’emplacement de cette ménagerie qu’a été percée la rue des Lions. On ne peut être étonné que , de tout temps et dans tous les pays, on ait trouvé quelque plaisir à voir combattre et s’entredétruire des animaux féroces, qui, n’inspirant que la terreur, semblent nés pour la destruction et pour être les ennemis du genre humain , lorsqu’on

ET LES TU ILE III ES

voit la passion que, chez les anciens et les modernes, on a toujours eue poulies combats de coqs, de cailles, de ces héros de la basse-cour, qui , des triomphes ou des défaites de l’arène, passent sur nos tables, dernier terme de leur gloire.

Après avoir cherche’ à fixer les idées que l’on peut se faire des dehors du Louvre sous Charles V, nous pouvons passer au corps du château et essayer d’en déterminer le plan. Cette tâche n’est pas sans difficulté; cependant elle ne me paraît pas impossible à remplir, et nous trouverons, je crois, pour y parvenir, assez de données dans Sauvai, le seul auteur qui puisse nous servir de guide dans ce labyrinthe. Quoique le Louvre offrit de tous cotés un ensemble très-irrégulier, il est très-possible, il est meme à croire, qu’il l’était moins dans son plan que dans ses élévations, dont les masses sévères, comme on le voit dans le tableau de Saint-Gennain-des-Prés ( voj. pi. 8A), devaient, sous Philippe-Auguste, être disposées avec assez de simplicité et d’uniformité. Il est très-probable que ce château dut sa grande irrégularité à Charles V, qui, se laissant aller à son goût pour l’architecture et la magnificence , voulut l’embellir en y ajoutant avec profusion des tours et des tourelles, dont plusieurs, ne partant pas du sol, et étant en trompe ou attachées, à différentes hauteurs, aux anciens murs de l’édifice, avaient l’air d’y être suspendues; et si elles jetaient beaucoup de variété et même un riche désordre dans l’architecture, elles ne peuvent pas cependant, ne descendant pas jusqu’à terre, être rapportées dans le plan.

Nous connaissons déjà les dimensions des fossés; pour avoir celles du château, nous commencerons par la cour. Elle avait 34 toises j de long sur 32 toises 5 pieds de large ( 1 ) , et les quatre cotés étaient entourés de bâtimens irréguliers, où les fenêtres, percées sans ordre, pressées dans certaines parties, plus espacées dans d’autres, n’avaient en général que 4 pieds de haut sur 3 de large; et il devait être très-rare que celles du dedans du château répondissent à celles des façades extérieures. Il paraîtrait qu’à ces époques, où l’architecture avait oublié les principes qu’elle avait suivis avec tant de succès chez les Grecs et les Romains, on s’occupait plus des détails que des masses; et, traitant séparément chaque partie d’un édifice selon la destination qu’elle y devait avoir , on ne s’embarrassait guère de l’ensemble. Aussi dans ces anciens châteaux, ainsi qu’au donjon deVincennes, de petites fenêtres, des ouvertures longues et trèsetroites en ogive , qui doivent donner du jour à un petit escalier , se trouvent-elles a côté de grandes croisées carrées ou arrondies destinées a éclairer de grandes salles ; des fenêtres même qui donnent dans des chambres d’une architecture soignée, ressemblent à des meurtrières, et n ont pas plus de 5 à 6 pouces de large sur près de 4 pieds de haut. Il en était, sans doute, ainsi des fenêtres du Louvre, et, quel que fut le talent de Raimond du Temple, maître des œuvres de Charles V, il n’avait

( 1 ) Pour que i on puisse établir des comparaisons entre le Louvre de Charles V et celui d’aujourd’hui, j’ai indique , dans le plan de la planche 8 B , le centre de la cour actuelle et ses dimensions.

LE l. O U VUE

pas cru pouvoir remédier à tous les defauts de l’antique manoir de Philippe-Auguste. Peut-être même n’avait-il pas pense que ce fut necessaire: ce (pii est probable; car il est fort possible qu’il ait été aussi charge" de terminer les derniers étages du donjon île Vincennes, ou qu’il en ait dirigé les travaux ; et ce château , qu’alfcctionnait beaucoup Charles V, qui v était né, ainsi que Jeanne de Bourbon , et qu’il habitait encore ordinairement en 1368 et 1369, avait alors une grande réputation de beauté, et vraisemblablement on ne pensait pas pouvoir faire mieux. Raimond du Temple suivait les idées de son temps, et l’on n’en était pas encore arrivé à reconnaître la régularité et la symétrie comme un des principaux mérites d’un édifice. Il n’y avait pas d’ordres, ni rien qui put déterminer les règles que l’on devait suivre; on faisait de l’architecture comme on écrivait des vers, sans s’assujettir à aucun système, et en s’abandonnant à ses caprices. Lorsqu’on lit le roman de la Rose, le poème sur la bataille de Créci, le récit en vers du combat des Trente, la déposition de Richard II, des poésies de Froissait, des canchons [ chansons], et d’autres pièces de vers de ces époques, l’irrégularité qui règne dans ces poésies et qui en est comme l’essence, fait aisément concevoir qu’elles ne devaient pas rendre difficile sur celle des productions de l’architecture, et qu’elle plaisait autant dans les édifices que dans les compositions de l’esprit. Les arts se tiennent, et, dans cette sorte d’alliance, leurs progrès suivent à peu près la même marche; et l’on devait encore pendant bien des années, en France, élever des monumens, exercer la sculpture et la peinture, se livrer à la poésie, avant qu’il parut, presque à-Ia-fois, un Cousin, un Jean Juste, un Lescot, un Jean Goujon, un Malherbe, qui eussent assez de talent et d’influence pour réduire le génie des arts aux règles du devoir.

Si les anciens auteurs qui ont parlé du Louvre de Charles V, après nous avoir donné la grandeur de la cour, nous avaient laissé les mesures que chacun des corps de logis avait en profondeur, ils nous auraient, pour fa détermination du plan, épargné bien des difficultés. Malheureusement ils ne nous apprennent sur ce point rien de satisfaisant ; mais , à l’aide de quelques détails conservés par Sauvai, on peut espérer de suppléer à leur silence. En comparant, le compas à la main, ces mesures avec ce qui existe aujourd’hui , j’ose me flatter que ce que j’avancerai ne présentera peut-être pas de simples hypothèses, ou du moins je crois pouvoir leur donner, jusqu’il un certain point, le caractère d’une probabilité assez grande pour approcher de la certitude; fussent-elles quelquefois un peu vagues, elles ne le seront pas plus que celles auxquelles on a recours tous les jours en restituant les monumens de l’antiquité, qui, malgré leur intérêt, ne doivent pas en avoir à nos yeux autant que ceux des anciens temps de notre monarchie et du premier âge de nos arts.

Afin que l’on puisse me suivre dans les détails de mes plans et discuter leur justesse, il est nécessaire de ne pas perdre de vue les mesures generales du Louvre prises entre les bords des fossés, et je rappellerai que la longueur totale du côté de la Seine était de 61 toises \ , et la largeur de là vers la rue de Beauvais, de 38 toises que ce fossé du midi avait ."> toises -f ;

El LES TUILERIES.

celui île l’ouest, 7 toises; celui du nord, S toises 2 pieds; et le lusse de l’est, 7 toises. C’est donc entre ces limites que nous devons nous maintenir et retrouver les mesures et le plan du corps du château du Louvre. Vouez planche 8 B.

Pour établir mes mesures et partir d’une base certaine qui justifie l’emplacement que j’ai assigne’ aux differentes parties du Louvre, il est indispensable de prouver que quelques portions des anciennes constructions de Philippe-Auguste et de Charles V existent encore dans celles du palais actuel. Nous avons déjà avance, p. 25 1 , qu’il y a des raisons très-fortes d’admettre comme positif qu’une partie des murailles de la salle des Caryatides , du cote des Tuileries, avait appartenu au château de Philippe-Auguste. Si l’on conservait quelques doutes sur ce point, ce que l’on trouve dans plusieurs endroits de Sauvai, et qui est tire de manuscrits qui remontaient au roi Jean , les ferait disparaître , et viendrait à l’appui des observations faites par MM. Percier, Fontaine et Bernier, sur l'ancienneté de cette muraille. Elle est prouvée par la qualité de la pierre, qui n’existe plus depuis long-temps aux environs de Paris, et qui diffère même de celle des constructions de François I.cr et de Louis XIV. Charles V, en réparant et en embellissant le Louvre, s’etait borné à y ajouter deux étages; mais il paraît certain qu’il ne changea rien, ou qu’il changea peu de chose, au plan des murs fondés par Philippe- Auguste : ainsi l’on peut croire qu’il les laissa, quant à la masse, à peu près tels qu’il les avait trouvés. Ses successeurs s’occupèrent peu du Louvre jusqu’à François I.01', ou ce qu’ils y firent ne regardait que des details insignifians. Ces murailles semblèrent si bonnes et si solides à Pierre Lescot, dit Sauvai, que, par économie et pour être logé plus tôt, il les respecta et s’en servit comme de la meilleure base qu’il put donner à son nouveau palais. Ce témoignage, puisé dans les Œuvres royaux , est positif. D’ailleurs cet énorme mur ( voy . pi. 10) qui, à l’intérieur de la salle, et sur la façade, présente un appareil si régulier, n’était pas tel autrefois, quoiqu’il eut pu l’être, si l’on jugeait des premières constructions du Louvre parcelles de la Bastille, et par les belles murailles de Vincennes, où l’appareil des pierrés ne laisse rien à desirer. Mais ce mur datait de Philippe-Auguste ; il devait d’ailleurs avoir été endommagé au Louvre par les travaux successifs et les ragrémens qui y ont eu lieu, et j’ai appris de M. Fontaine que l’antique muraille existait encore , avec son caractère de rudesse et d’ancienneté , sous le parement de belles pierres dont on l’a revêtue sous Lescot et à des époques plus rapprochées. Ainsi l’on peut regarder comme positif que la masse de ce mur du rez-de-chaussée et du premier etage est un reste des constructions de Philippe- Auguste réparées par Charles V.

J’irai plus loin ; je crois que le mur de la salle des Caryatides qui donne sur la cour, faisait partie de l’ancien édifice. Étant tourné vers l’intérieur , il était inutile qu’il lut aussi fort que celui du dehors, qui, en cas de siège , devait résister aux secousses des machines de guerre. Et d’ailleurs ce qui me confirme dans l’opinion que ce mur est en partie du temps de Philippe- Auguste, ou du moins de Charles V, c’est que l’on retrouve aisément dans

LE LOI VUE

la salle des Caryatides les dimensions que Sauvai donne aux grands appartenions de la reine Jeanne de Bourbon. Il est donc à croire que Leseot se sera servi de ce mur de face aussi-bien que de l’autre, et qu’il n’aura lait que le ragreer pour y adapter son architecture ; l’eu t-i I même abattu en grande partie, il suffirait, pour appuyer mon hypothèse, qu’il eut pu élever sa nouvelle façade intérieure sur les anciennes fondations , et tout parle en laveur de cette supposition.

Elle se trouverait encore appuyée , je crois, par la manière irrégulière dont les fenêtres sont distribuées du coté de la place; ce serait un indice de la disposition de celles de l’ancien château : elles étaient, en général, petites sous Charles V; Leseot n’eut probablement qu’à les agrandir et à leur donner une autre forme sans en percer de nouvelles. S’il y en a moins de ce coté que sur la cour , c’est probablement parce que, la façade du dehors étant exposée à être attaquée, il était à propos, lorsque ce château servait de forteresse, qu’il y eut moins d’ouvertures dans cette partie que dans l’autre. Pour éviter de grands travaux et pour ménager de forts supports à la voûte doivt il couvrait toutes ces salles, Leseot n’ouvrit pas de fenêtres dans les énormes trumeaux des extrémités de la façade extérieure ( voy. pl. 9 et 11); il se contenta des deux croisées des deux angles, et il porta tous ses soins à mettre de la régularité dans la distribution de celles qui avaient vue sur la cour : car certainement, si l’on eut refait toute cette partie du Louvre sous François I.er, Leseot n’aurait pas eu de raisons, étant maître de bâtir à son gré , pour ne pas espacer également les fenêtres des deux côtés de la salle. En entrant dans ces détails, j’ai été obligé d’anticiper sur les temps pour prouver que l’aile occidentale du Louvre a la même profondeur, à peu près, que celle du château de Charles V, et qu’elle occupe le même emplacement.

Si de cette aile nous passons à celle qui s’y joint du côté de la rivière, nous verrons qu’elle peut subir une pareille épreuve avec le même succès. H est d’autant plus probable que les anciens murs, ou leurs fondations, ont servi d’appui aux murailles qui existent aujourd’hui, que les petites salles du Musée royal sur la cour ont en œuvre la largeur que Sauvai donne aux petits appartemens de la reine Jeanne de Bourbon. 11 serait difficile que cette concordance dans les mesures ne fut due qu’au hasard, ou que Leseot, s’il eût reconstruit cette partie entièrement à neuf, les eût conservées avec tant de soin. 11 est donc plus que vraisemblable qu’en réparant cette aile et en faisant des changemens à la distribution , il s’est maintenu entre les anciens murs. 11 est presque inutile de faire remarquer que par ces murs j’entends le mur sur la cour et le mur de refend qui sépare les petites salles du Musée ( pl. I 1 ), <1 - U , des grandes , P - N , qui regardent la Seine; car personne n’ignore que la façade sur la rivière est postérieure de trois siècles à l’époque dont nous nous occupons, et même de plus de cent vingt ans à la restauration du Louvre sous François I.cl' : mais cette façade et ces grandes salles servent, je crois, à prouver d’une manière incontestable que la profondeur que je donne à cette aile du Louvre de Charles V, est bien celle qu’elle devait avoir. Si, à partir du mur de refend

El LUS TU1LE1UES.

«.le ces salles, ou mesure leur largeur en y comprenant l’epaisseur <lu mm île la façade, on trouvera G toises; et c’est, à une demi-toise près, la largeur qu’avait de ce cote, en dedans de son revêtement, qui devait être de 2 à 3 pieds, le fosse du Louvre sous Charles V. Il est évident que, lorsque cette façade a été élevée sous Louis XIV, on aura profité de ce fossé pour en établir les fondations; ce qui facilitait les travaux : il est même à croire que cette considération est entrée pour quelque chose dans le développement que Perrault a donné à sa colonnade, dont le pavillon d’angle sur la Seine est, à très-peu de chose près, sur l’alignement prolongé de cet an cien fossé. Si l’on se rappelle aussi que j’ai fait observer qu’il y a toujours eu un jardin à l’endroit où est celui de l’Infante, on conviendra que tout concourt à démontrer la concordance du plan que je donne de cette partie du Louvre de Charles V avec ce qui existe encore, et à prouver l’inlluence que le château de ce sage roi et de Philippe-Auguste a exercée sur le magnifique palais de François l.cr et de Louis XIV.

Ce que j’ai dit sur le fossé de ce coté, me reporte à celui qui longeait la façade occidentale. J’ai avancé, p. 273, qu’à l’extromité où nous nous trouvons il faisait un détour, en conservant toujours sa largeur de 7 toises. Qu’on prenne sur la planche 10 , et sur le plan de du Cerceau ( l ) , que je donne pl. 9 , la distance de l’angle rentrant du mur de face, qui touche la petite galerie E, à la face interne du mur de gauche de la grande galerie F; on trouvera qu’elle est aussi de 7 toises : ce qui prouverait que lorsqu’on bâtit cette grande aile qui va vers la Seine, comme rien n’exigeait qu’on la mil exactement à cette distance du Louvre, le terrain étant libre, on y fut détermine par la largeur du fossé, qui offrait en même temps une excavation toute faite pour les fondations, et dans son revêtement un appui solide pour les constructions. Ainsi l’on voit que ce n’est pas sans des motifs plausibles que j’ai donné, dans mon plan, à ce fossé, une direction différente de celle des autres. J’ajouterai à ce que j’en ai dit, que leurs bords extérieurs étaient munis d’une balustrade à claire voie en pierre, à hauteur d’appui, qui est indiquée dans le plan.

11 nous reste encore à déterminer la profondeur des deux corps de logis au nord et à l’est de la cour. Quoique les auteurs ne nous offrent sur ce point rien qui puisse nous servir de document, cependant ces mesures ne sont pas difficiles à établir, et elles se présentent, pour ainsi dire, d’ellesmemes, et comme une conséquence nécessaire des premières, dont elles prouvent même la justesse. On sait par Sauvai qu’il y avait, dans l’aile du nord , des appartenions qui donnaient sur le grand jardin vers la rue de Beauvais, et qui, destinés au Roi , à la Reine et aux princes de la famille royale ,

(I) Ce plan du Louvre, par Androuet du Cerceau, célèbre architecte, <pii travailla à ce château sous Charles IX Henri Hl et Henri IV', est le plus ancien que l’on ait; il repre'scnte le Louvre tel qu’il était sous Henri II , et est tiré du grand ouvrage de du Cerceau sur les prin-

cipaux châteaux de France. Quoique cet auteur soit souvent très-inexact dans ses mesures, et que ses planches soient médiocrement gravées, il n’y en a pas qui soit plus utile et où l’on puisse trouver de meilleurs renseignemens sm l’ancien I .ouvre.

LE LOUVRE

avaient assez d’importance pour que l’on admette que ce corps de logis ne devait pas, pour la grandeur, différer beaucoup de celui du côte' de la Seine, que son exposition au midi et la beauté des rives du lleuve faisaient préférer pour l’habitation aux autres ailes du Louvre, lie bien, après avoir établi sur mon plan le fosse et le corps de logis du midi, la largeur de la cour et celle du fosse du nord, il m’est reste' pour la profondeur de l’aile de ce côte', sans que j’eusse songe' à la trouver par ce moyen , exactement la meme mesure que celle que, d’après ce qui existe aujourd’hui, j’avais donnée à l’aile du midi; et en réunissant toutes ces mesures partielles et sans avoir cherche' à les ajuster, on retrouve les 5 8 toises f que Sauvai donne pour la largeur du Louvre, prise entre les murs de revêtement des fossés du midi et du nord.

Si nous nous transportons au corps de logis de l’est, nous obtiendrons des résultats aussi satisfaisans. Ici Sauvai ne nous est, pour ainsi dire, d’aucun secours, à moins que l’on ne s’autorise de son silence pour croire que cette aile avait beaucoup moins d’importance que les autres , qu’il appelle les principales. Destinée aux dilférens services de la demeure royale , et communiquant avec les basses-cours qui y étaient attachées, il était dans les convenances qu’elle eut moins de profondeur, non-seulement que le corps de logis qui lui était opposé, où étaient les appartenions de représentation, mais même que ceux qui servaient d’habitation à la famille royale : aussi mon plan remplit-il toutes ces données. Après y avoir déterminé, sur ma ligne de Cl toises j , la largeur des fossés de l’ouest et de l’est et celle de la grande aile, il reste pour les communs une profondeur moindre que celle des trois autres corps de logis , et qui cependant est plus que suffisante pour des Iogemens assez grands et assez commodes, vu leur destination et proportion gardée avec les appartenions de la famille royale.

Après avoir ainsi disposé la masse carrée du corps du Louvre, il s’agit de le flanquer de ses tours. Sauvai, en nous apprenant qu’elles étaient placées sans ordre, à l’exception de celles des angles et des port aux , nous laisse toute la latitude que nous pouvons desirer; mais, en en profitant, on peut cependant la restreindre, et trouver, par la discussion de quelques-uns de ses passages, l’emplacement probable de plusieurs de ces tours. Celles des angles ne présentent aucune difficulté; leurs noms de tours du coin vers Saint- Nicolas, V, vers la Seine, X , vers le grand jardin , Y, &c. , indiquent assez leur situation. On verra , lorsque je décrirai l’intérieur du Louvre de Charles V, que j’ai eu des raisons particulières pour placer la tour du coin vers Saint-Nicolas, et pour lui assigner la grandeur que je lui ai donnée et qui m’a dirigé pour celle des autres tours principales : car il n’est pas douteux, quand Sauvai ne le dirait pas, qu’il y en avait de formes et de dimensions différentes ; et il suffit d’avoir vu quelques châteaux, Vin cennes même et les plans de du Cerceau , pour savoir qu’à côté d’une tour d’un fort diamètre, il y en avait de très-petites et qui ne portaient pas plus de sept à huit pieds en œuvre. On le voit aux anciennes tours de l’hôtel de Soubise,où logeait le connétable de Clisson sous Charles V, et à celles du Palais sur le quai de l’Horloge; elles sont très-rapproehe'es l’une

ET LES TUILERIES

de l’autre, et leur intérieur est très-resserré. La tour du coin, Y, devers le grand jardin, nous est donnée par le plan de Quesnel ( voy . pl. 8 D) , et l’on y voit aussi celle de l’autre extrémité, W, vers la rue d’Osteriche. Dans un dessin d’un manuscrit du xvi.c siècle ( 1 ) , lorsque la partie occidentale du Louvre de Cliarles V avait déjà fait place a celui de François I.er, il reste encore à l’extrémité orientale une ancienne tour, X, «pii, étant celle du coin vers la Seine, justifie la disposition de cette partie de mon plan.

Nous trouverons de meme à placer les tours des portaux. H paraît qu il V en avait deux à chaque portail, mais que le portail sur la Seine , Z, étant la principale entrée, était flanqué de plus fortes tours. Aussi le roman de la Rose ( voyez ci-dessus , p. 252 ) dit-il , vers 3833:

Et si a quatre portaux Dont fi mur sunt espès et haus.

Une en i a ou front devant Bien dcfifcnsablc par convant.

Il est probable que l’on conserva les tours de Philippe-Auguste que nous offre la vue de la planche 8 A , et qu’on se contenta sans doute de leur donner plus de hauteur et de les orner; il en sera question , sous ce rapport, lorsque je parlerai des élévations de cet ancien Louvre. En examinant le plan de du Cerceau, pl. 9, on ne peut douter que le passage courbe qui, partant d’une fenêtre de la salle D, conduit à la petite galerie E, ne soit l’indication positive de l’entrée d’une tour. Lescot la trouva faite et s’en servit, car sans cela il n’y aurait pas eu de raison pour lui donner cette direction circulaire; il eut été plus simple de la faire en droite ligne, vis-à-vis de l’extrémité de la galerie. La même remarque s’applique au couloir arrondi qui est dans l’angle de la dernière chambre F, à gauche : il me semble offrir la trace certaine de l’entrée d’une tour; et c’est ce qui m’a confirmé dans l’idée de placer à ces endroits la tour du coin , V, et une des tours du grand portail. Il est aussi à remarquer que les courbes de ces passages circulaires donnent des cercles égaux, dont la grandeur convient à celle du vide des tours qui devaient être dans ces deux endroits; et le portail se trouve exactement à la place que semble indiquer l’ancien tableau, cité plusieurs fois, où l’on voit que le milieu de l’entrée du Louvre, dans cette façade, ne la partage pas en deux parties égales ; ce qui m’a autorisé et même engagé à ne pas m’astreindre à mettre les portails du Louvre juste au milieu des façades des divers corps de logis. Je croirais volontiers qu’entre ces deux tours de l’entrée s’élevait celle de l'horloge. Il y a tout lieu de penser, ainsi qu il a été dit p. 251 , que ce qu’on aperçoit au-dessus de la porte, est un cadran qui dut y être placé par Charles V vers 1370, et lorsque les horloges publiques venaient d’être récemment introduites à Paris. Ce prince éclairé dut être un des premiers à accueillir cette précieuse nouveauté; l’horloge

1 *) Singularités i/r / architecture, , par Merlin, Bibliothèque royale , Mss. supplément. 153.

LE LOU VUE

qu il avait lait mettre au palais par Henri de Vie, et celle (pie, dans l’ancien tableau cite plus liant., on voit sur une des tours de Saint-Germain des l’res, autorisent à admettre qu’il ne négligea pas d’en placer une au Louvre, des que cette invention fut connue, et que, pour une chose qui intéressait le public, il n’aurait pas voulu se laisser donner l’exemple par une abbaye. Il n’avait pas encore fait à son château tous les changemcns qu’il projetait , et il est probable que, lorsqu’il les exécuta, entre les tours du grand portail on en éleva une autre étroite et probablement en trompe, pour y replacer l’horloge : à moins cependant, ce que je ne pense pas, qu’on ne prétendît que le cartel qu’oIFre ce tableau était celui d’un cadran solaire qui aurait pu exister du temps de Philippe-Auguste; ce qui du reste ne ferait que fortifier ma supposition; et il eut etc très-simple que Charles V mît son horloge audessus du cadran solaire et du même cote.

J’ai cru devoir placer en & la tour de la librairie, et les motifs en seront exposes lorsque je décrirai les appartenions du Louvre; on verra aussi les raisons qui m’ont porté à disposer , ainsi que mon plan les offre, en a et en b , les tours de la grande et de la petite chapelle.

D’après ce que rapporte Sauvai, il paraît qu’il y avait deux tours, b , c , au portail du corps de logis de l’ouest : elles n’existaient plus en t (309 , lorsque Quesnel fit son plan, et elles avaient été remplacées par les constructions de François l.ur et d’Henri î! ; je les ai rétablies aux endroits qu’elles devaient occuper. Je ferai remarquer que, d’après la place où se trouvent situées les tours de ce portail , les ouvertures qui menaient à leurs escaliers ou dans leur intérieur , durent donner à Lescot des facilités pour y substituer des fenêtres qui se trouvaient en partie faites, et c’est sans que j’y aie songé qu’en rapportant sur mon plan les fenêtres qui existent encore , quoique plus grandes , elles se sont trouvées distribuées de façon à avoir pu être les portes ou les vides de ces anciennes tours : aussi ai -je indiqué les axes des croisées actuelles, qui tombent dans les ouvertures des anciennes.

A l’époque où le plan de Quesnel fut dressé, le corps de logis du Louvre de Charles V, du côté de la rue de Beauvais, existait encore, et il ne fut détruit que sous Louis XIII, lorsque l’on étendit le château dans cette partie. On voit d’après ce plan que cette façade n’avait pas de portail comme les autres, et qu’au lieu de deux tours il n’y en avait qu’une, d , que l’on appelait la tour du milieu devers le jardin. Cette désignation m’a confirmé dans l’idée qu’il devait y avoir une autre tour du milieu tournée vers quelque autre endroit, et que ce pouvait être celle de l’horloge, qui occupe le milieu de la façade sur la Seine. Celle devers le jardin ne devait pas servir d’entrée au château, et il n’y avait, sans doute, qu’un petit pont pour aller dans les jardins, tandis qu’aux portau.r qui servaient au publie, il y avait des ponts plus grands et qui rentraient dans le système de fortification employé pour le reste du château. La place que je donne à cette tour du milieu, est d’ailleurs justifiée par celle qui lui est opposée sur la cour, (‘t dans laquelle se trouvait le grand escalier, dont nous nous occuperons bientôt. Je crois pouvoir aussi placer de ce coté, d d , celle des tours en fer de cheval qui , selon Sauvai, avait vue sur le grand jardin; non-seule-

ET I

ment, par Iji position que je lui donne, elle se lie bien avec lu distribution île l'intérieur de eetle façade, niais elle établit meme dans le plan une sorte de conformité’ entre eette aile et celle à l’autre extrémité, tournée vers la rivière. Cette tour peut être une de celles que Charles V avait ajoutées au château de Philippe-Auguste; et il n’est pas étonnant qu’on ne la voie pas dans le plan de Quesncl ( pl. 8 1)), une partie des tours du Louvre ayant alors été déjà détruite.

Nous avons vu que les façades anciennes de l’ouest et du midi ne subsistaient plus en partie du temps de Sauvai , qui écrivait cette portion de son ouvrage sous Louis XIV, et avant qu’on s’occupât de la colonnade. Ainsi, lorsqu’il dit que la seconde entrée du Louvre existait encore et quelle était étroite et flanquée de deux tours, on ne peut l’entendre que de la façade vers Saint-Germain-l’Auxerrois : aussi n’ai-je pas hésité à y placer les deux tours, ce, que l’on voit dans leplan ,et que j’ai d’ailleurs vues indiquées dans un ancien tableau qui appartient à un amateur, que j’aurai bientôt occasion de citer encore. Si j’ai donné une forme carrée à la tour, y, qui leur correspond sur la cour, ce n’est pas que j’eusse des raisons particulières pour m’y décider; mais la variété dans les constructions caractérise le goût de cette epoque, et l’on se rappellera que Sauvai dit que le Louvre de Charles V était irrégulièrement hérissé d’une foule de tours rondes , carrées et de toutes les formes. Et d’ailleurs, dans leplan de Quesncl, il y a une sorte d’indication d’un corps de logis avancé et carré.

Pour terminer ce qui a rapport au plan général du Louvre , il ne me reste qu’à ajouter quelques mots à ce que j’ai dit sur la grosse tour de Philippe-Auguste. Quoique beaucoup moins considérable que celle de Couei , qui avait 15 toises de diamètre et 21 toises 4 pieds de hauteur, et dont les ruines énormes semblent braver les efforts du temps, elle devait lui ressembler par son plan et sa distribution. On voit dans le plan d’Androuet du Cerceau les places qu’occupaient, dans la tour de Couci , l’escalier pris dans l’épaisseur de ses fortes murailles, le puits et le retrait : c’étaient, à ce qu’il paraît, des parties obligées dans ces grosses tours; aussi se trouvaient-elles dans celle du Louvre, oii rien n’empêche de les placer comme dans la tour de Couci, aux n.',s 1,2,3. Celle du Louvre tenait à la cour par un pont, B, d’une seule arche, et par un pont-levis; ils devaient être au midi , puisqu’on sait quelle était jointe au château par une galerie qui venait aboutir an grand escalier de la façade du nord. Cette galerie, sans doute très-étroite, devait ressembler à celle qui , au donjon de Vineennes, fait le tour du bord intérieur du fossé, et qui n’a que 5 à 6 pieds île large.

Près du bord du fossé et du pont, d’un coté, il y avait une fontaine, F, dans un petit édifice couvert en tuiles : ceci semblerait être indiqué par Sauvai comme une particularité, et autoriserait à croire que les autres toits étaient en ardoise, et quelques-uns en plomb ; ce fut ainsi qu’en 1373 Charles V fit couvrir la tour du château de Beauté, et l’on sait qu’il y avait aussi des toits en tuiles vernissées de différentes couleurs et disposées par compartimcns. On voit des toitures de ce genre aux édifices représentes dans les peintures des manuscrits du temps de Charles V, et , dans le tableau

LE LO U VUE

de Saint-Germain des Près, plusieurs toits sont en ardoise: ceux des bassescours étaient, en general, en chaume. Vis-à-vis delà fontaine, et probablement a la même distance du pont, s’élevait un pavillon carre, G, qui fut détruit en 1377, parce qu’il embarrassait la cour; ce qui prouve, d’une part, qu’il était assez grand , et, de l’autre, que le fosse , dont on ne nous donne pas la largeur, était assez large pour diminuer considérablement la grandeur de la cour. On ne nous a pas appris quelle était la profondeur de ce fosse et de ceux de l’enceinte du Louvre; on se borne à dire qu’ils étaient profonds et revêtus de petites pierres de taille. Mais, comme le sol de la cour a peu change , et que depuis Charles V il n’a peut-être été relevé, de même que celui du jardin de l’Infante, que de deux ou trois pieds, on peut estimer approximativement la profondeur de ces fossés d’après la différence qui existe entre le niveau de la cour et celui de la hauteur moyenne des eaux de la Seine : car il fallait que les fossés fussent creusés de manière qu’elles [Hissent les remplir en tout temps , et qu’on eut la facilité de les mettre à sec; ce qui avait lieu quelquefois, soit pour les nettoyer, soit pour en retirer, lors de grandes pêches, le poisson dont ils étaient remplis et qui était d’un assez bon rapport. La différence des niveaux de la cour et des basses-cours est de 29 pieds 9 pouces; on devrait en retrancher les deux ou trois pieds dont a été relevé celui de la cour, s’il n’était pas à croire que le sol du lit de la Seine a pris encore un plus grand accroissement : ainsi, en rapprochant ces différentes mesures , on peut donner entre 2ü et 25 pieds de profondeur aux fossés du Louvre; ce qui s’accorderait avec les localités et la profondeur des fossés de plusieurs anciens châteaux.

Ce n’est pas sans dessein que j’ai terminé mon plan du Louvre par celui de la grosse tour, quoique, par son ancienneté, par sa grandeur et par ses privilèges, ce fut une des parties les plus importantes de la demeure de nos rois, et peut-être celle qui méritât de fixer la première notre attention: mais elle se rattachait à des portions du château sur lesquelles on nous a laissé assez de détails pour pouvoir y trouver une sorte de données sur ses élévations et sur le genre de décoration qui y avait été employé; et par le rapprochement de plusieurs mesures consignées dans Sauvai , elle nous servira de transition pour entrer sur ce sujet dans quelques développemens. S’il existait encore le moindre des châteaux ou des hôtels construits par Charles V, il nous serait très-utile , et rendrait notre tâche beaucoup plus facile en nous offrant des moyens de comparaison : mais ils ont disparu depuis long-temps; plusieurs églises ont subi le même sort; d’autres, ayant été réparées, même entièrement refaites au xv.u et sur-tout au xvi.e siècle, sous François I.cr, n’ont, pour ainsi dire, rien conservé de l’architecture du temps de Charles V. Nous ne sommes pas cependant entièrement dénués de secours, et quelques parties de l’église de Saint-Denis, de celle de Chartres, de la Sainte-Chapelle de Paris, du donjon de Vincennes, et surtout les peintures des manuscrits, pourront , en nous servant de guides, nous ollrir çà cl là quelques modèles.

Nous savons que fa grosse tour du Louvre avait 9(’> pieds do hauteur jusqu’au bord du toit; mais on ne nous dit pas si cette mesure était prise

ET LES TUILERIES

♦lu pied do la tour dans le fond du lusse , ou si c’était à partir du pont au niveau de la cour. Tout porte à croire que c’est cette seconde donnée qu’il faut suivre. Si nous voyons des tours de cette epoque qui n’ont pas de fosses, et auxquelles on donnait en hauteur le double de leur diamètre , il est probable que, voulant garder les mêmes proportions et produire le même effet, on n’aura compte la hauteur de celles qui étaient entourées de fossés, qu’à partir de la crête de leur revêtement, la partie inférieure de ces tours étant perdue pour la vue. II y a même ici une observation qui sc présente pour appuyer cette manière de mesurer. La grosse tour du Louvre dominait toutes celles dont le château était hérissé, et tous les bâtimens qui l’entouraient. Charles V, en élevant le Louvre de deux étages ou d’environ 25 à 30 pieds , diminua bien les rapports qui , sous Philippe-Auguste , existaient entre ces différentes élévations; mais certainement il ne voulut pas les faire disparaître, et c’est ce qui serait arrivé si l’on mesurait les 9G pieds de la tour du fond du fossé. Nous avons annoncé, plus haut, qu’une galerie établissait entre la tour et l’aile du château tournée vers le nord une communication qui venait rejoindre la grande vis. C’était ainsi qu’on appelait l’escalier principal, qui, scion l’usage d’alors, était tournant, à limon ou à noyau plein, et tel qu’on en voit encore dans beaucoup d’anciens édifices. Dans une maison très-ancienne de la rue des Bourdonnais, n.° 1 1 , et qui, au xiv.e siècle, a appartenu à des princes de la famille royale, il y a un grand escalier dont le limon est chargé de sculptures, et qui doit donner une idée de celui que Raimond du Temple avait construit au Louvre et que l’on regardait alors comme une merveille. II l’avait mis en dehors du bâtiment, dans une tour,E, dont on ne nous donne pas la forme, et où l’on avait répandu une grande richesse d’ornemens. Nous nous en occuperons; mais, dans ce moment-ci, nous ne considérons cet escalier que sous le rapport de ses mesures, qui doivent nous aider à déterminer d’une manière plausible les hauteurs du Louvre. Cette vis avait en totalité Cl pieds ~ de haut; et la tour qui la renfermait, était terminée par une terrasse qui probablement était au niveau du dernier étage du château : peut-être traversait-elle tout ce corps de logis pour se rattacher à la tour du milieu devers le jardin. On sait que Charles V, pour donner plus d’agrément aux logemens du Louvre, y avait multiplie les terrasses, qui étaient entourées de balustrades à claire-voie , à hauteur d’appui. Il est très- probable que le quatrième étage du Louvre n était pas au-dessous du bord du toit, mais qu’il faisait partie du comble, qui devait être très-élevé, ainsi que c’était alors l’usage. On ne trouve dans les peintures des manuscrits ou dans les anciens édifices de ces époques aucun batiment, excepté les tours, qui ait quatre étages comme on les entend aujourd’hui, et l’on voit aussi dans Sauvai que ce qu’il appelle le premier étage, est notre rez-de-chaussée. Le Louvre devait donc , jusqu’au plancher du quatrième étage ou jusqu’au bord du toit, avoir, d’après la hauteur de l’escalier, environ 00 pieds d’élévation; ce qui s’accorde avec la hauteur du Louvre de Lescot, qui, jusqu’à la corniche, a 02 pieds de haut : on ne peut donner au toit guère moins de 20 pieds. Si à présent, des 90 pieds de la grosse tour, on en retranchait 24 pour la profon-

1, F, LOI' Vil R

«lotir «lu lusse , il ne lui resterait au-dessus du soi de la cour que 72 pieds jusqu’au toit, et non-seulement elle n’eut pas assez domine les bàtimens, mais meme elle eut etc moins liante que les autres tours , que l’on voit, d’après un dessin que j’ai déjà cité, p. 281 , avoir cinq étages au-dessous de leur toit; ce qui, avec l’élévation de cette partie, leur donne de 90 à 100 pieds «le haut. En admettant «|ue le comble de la grosse tour eut 25 pieds, elle n’en aurait que 97 pour hauteur totale au-dessus de la cour; ce qui ne serait pas conforme à l’idée qu’on nous a laissée «le cette tour, qui, de même que le donjon de Vinccnnes, était considérablement plus grande «pie les bàtimens qui l’environnaient, et qu’elle écrasait de sa masse. Tout induit «lonc à croire que les 90 pieds que lui assigne Sauvai, doivent sc mesurer à partir du niveau «le la crête du fossé. De cette manière tout s’arrange et s’explique sans difficulté : en la couronnant d’un toit de 24 pieds «le liant, elle en avait alors 120 en totalité, et offrait une masse assez imposante pour justifier le nom qu’on lui avait donné, et l’éloge qu’en fait Guillaume de Lorris dans le roman de la Rase [voyez p. 253 ) , vers 3843 ctsuivans.

Sauvai, après nous avoir appris la hauteur de la grosse tour, n’entre dans aucun détail sur les divisions de cette élévation: il nous laisse même ignorer le nombre d’étages qu’elle contenait; les Œuvres royaux n’en parlaient probablement pas. Mais, en admettant que, de même que dans d’autres grosses tours, et en prenant pour exemple celle de Lillebonne, ies étages inférieurs fussent plus élevés que les autres, en donnant 18 pieds au rez-de-chaussée à partir du niveau du pont, 15 pieds au premier et au second, et 12 aux autres étages, on en place sept dans les 90 pieds jusqu’au toit, sous le comble duquel il devait y en avoir encore un ; car à la plupart «les fortes tours qu’offrent les peintures des manuscrits, et même à plusieurs de celles «lu Louvre dans le tableau de Saint-Germain des Prés, on voit sur le toit de grandes lucarnes ou même des fenêtres ornées de sculptures. 11 est à croire aussi qu’ au-dessous du rez-de-chaussée et jusqu’au fond du fosse il devait v avoir au moins deux étages , où pouvaient être des prisons. Ainsi il est probable que cette grosse tour avait huit étages visibles. Ils étaient occupés par plusieurs chambres, des cabinets, et par une chapelle. Les chambres du donjon de Vinccnnes servent à donner une idée de celles de la tour du Louvre , qui devaient aussi être voûtées et avoir des cheminées. Mais, quoique Guillaume de Lorris dise dans sa description poétique,

Nulc plus bcle ne pot estre.

Il n’ot si riche en tout le monde ,

Ne par détiens miex ordcnec.

l’architecture devait en être plus rude et moins soignée dans ses «Ictails qu’à Vinccnnes, château d’une époque plus avancée en architecture que celle du règne de Philippe-Auguste, qui, du reste, en élevant la grosse tour, songeait plus à en faire une prison d’état qu’une demeure royale. Il est cependant probable que Charles V et Charles VI , qui aimaient beaucoup le séjour de Vinccnnes, où ils se trouvaient si bien logés, qu’ils mon-

ET LES TUILE El ES.

traient avec complaisance les details et les richesses de leur donjon aux princes qu’ils y recevaient; il est probable que, venant souvent au Louvre, et logeant, sans doute quelquefois tandis qu’on y travaillait, dans la grosse tour , ils auront cherche à en rendre l’habitation plus agréable et plus commode qu’elle ne l’était sous Philippe-Auguste. Il laut neanmoins (pôles appartenons de cette demeure royale aient etc assez négligés ; car on apprenait , par les registres des Œuvres royaux , qui entraient dans les moindres details des réparations, que Charles VI , en 1398, lut oblige de faire mettre à ses fenêtres des grillages en Id d’archal , pour se garantir des pigeons et d’autres oiseaux qui venaient faire leurs nids et leurs ordures dans sa chambre. Ces registres allaient jusqu’à rapporter qu’il y avait cent quatrevingt-deux mailles à chaque grillage ; et comme ces fenêtres avaient quatre pieds sur trois, nous savons que ces grillages n 'étaient pas fins, et que les mailles avaient trois pouces en carré; et si l’appartement du Roi était un peu plus à l’abri des visites des pigeons, il était encore exposé aux insultes des petits oiseaux.

Je ne me hasarderai pas à déterminer la manière dont devait être la corniche de la grosse tour sous Philippe-Auguste, quoique celle des tours du tableau de Saint-Germain des Prés puisse nous en donner une idée; mais si, comme il est vraisemblable , existant depuis plus de cent soixante ans lorsque Charles V entreprit la restauration du Louvre, elle eut besoin d’être réparée, il est à croire que ce prince, qui se plaisait aux travaux d’architecture , y aura fait des changemens qui étaient dans le gmit de son temps, et qui la mettaient plus d’accord avec les autres tours qu’il ajoutait à son château. On y fit probablement une corniche très-saillante, ornee de larges feuillages très-découpés et profondément refouillés, tels que ceux du couronnement du donjon de Vincennes, qui sont d’un beau caractère et produisent un bon effet à la grande élévation où ils sont placés. On peut aussi ajouter en dehors du dernier étage de la tour une de ces galeries qui en faisaient le tour et servaient de chemin de ronde, et dont l’appui était à jour et orné de sculptures. On avait, sans doute, ménagé entre les consoles très-saillantes qui la supportaient, des ouvertures ou des mâchicoulis, à travers lesquels on lançait ou on laissait tomber des pierres ou des poutres sur les assaillans qui seraient parvenus jusqu’au pied de la tour. De distance en distance, de même qu’au bord des toits, des animaux fantastiques, de formes et d’attitudes bizarres , servaient de gouttières, et de leurs gueules entr’ouvertes rejetaient l’eau à une grande distance des murailles. C’était encore une pratique des anciens, car il faut toujours y revenir; et dans presque tous les genres, bons ou même mauvais, comme dans le cas présent, ils nous ont laissé des exemples, et cette espèce de gouttières était très-employée à Pompéi : mais il est vrai aussi que , si l’inconvénient en était le même, les formes en étaient du moins plus agréables et l’ajustement mieux combiné que dans l’architecture gothique.

Il parait du reste que la grosse tour était de la construction la plus simple et la plus sévère; il n’y eut d’ornemens que lorsque Charles VI eut décoré par un pignon et une sorte de petit portail la porte basse qui y donnait entrée

LE LOUVRE

<Iu cote du pont-levis, et qui était en bois recouvert de lames et de forts barreaux de fer. U plaça sur ce pignon une statue haute de quatre pieds, représentant Charles V tenant son sceptre, faite par Jean de Saint-Romain , l’un des meilleurs imagiers ou sculpteurs de cette époque. Elle était en pierre, et lui avait été payée 6 livres 8 sous parisis; ce qui ne ferait à présent que 02 francs 32 centimes (l).En parcourant la note au bas de la page, on verra, d’après le prix des journées des ouvriers, que la sculpture était alors bien peu payée. II est vrai que, longtemps encore après l’époque où nous nous trouvons, dans le siècle le plus brillant de la peinture et de la sculpture en Italie, on voit, dans Vasari, que les peintres et les sculpteurs d’un grand mérite avaient la table, ou peut-être un seul modeste plat, il piatto , dans les maisons où ils étaient employés à produire souvent des chefs-d’œuvre , et qu’ils ne recevaient, pour des ouvrages qui font aujourd’hui notre admiration , que de très-modiques appointemens. Ainsi, quoique la statue de Saint-Romain et celles d’autres sculpteurs en réputation, sous Charles V, ne leur fussent payées, à peu près, que ce que gagnait par mois un tailleur de pierres, ce ne serait pas une raison pour qu’elles ne fussent pas ce qu’on faisait de mieux alors. On ne regardait pas encore la sculpture comme fort au-dessus des métiers qui concouraient aux travaux de l’architecture ; c’était tout simplement une manière particulière et plus soignée de tailler la pierre, et on calculait, on payait, à tant par jour, pour une statue, le temps qu’elle avait employé. Plus tard , et du temps même de notre Jean Goujon, il ne fallait pas qu’on attachât à la sculpture ces idées relevées , ce travail de l’imagination, qui en font l’un des arts les plus merveilleux ; car nous verrons que

( 1 ) On ne sait pas positivement à quelle époque cette statue fut faite; mais dans les premières années du règne de Charles VI , en prenant une moyenne proportionnelle, le marc d’argent valait, à trèspeu de chose près, 5 fr. 15 sous , et le sou d’alors vaudrait aujourd’hui 48 centimes.

— Je profiterai de cette occasion pour donner les prix qu’avaient les différons travaux vers le milieu du xtv.L‘ siècle. Je les tire dut. I.er des Mémoires intéressans sur tes maisons royales , par Poncet de la Grave, qui, dans les deux premiers volumes , donne sur l’histoire de Vincennes des détails très-abondans et fort curieux.

— En 1361, sous le roi Jean, un trésorier chargé de faire construire le donjon de Vincennes avait 10 sous de traitement par jour : le marc d’argent valant alors 5 francs, le sou serait 54 centimes d’à présent ; les 10 sous feraient aujourd’hui 5 fr. 40 ccnt.

— En 1362, les maîtres tailleurs de pierres gagnaient 4 sous par jour, 2 fr. 16 cent.; les maçons , 3 sons, 1 franc 62 centimes ;

les compagnons , 2 sous , 1 franc 8 centimes ; les varlcts ou manœuvres , 8 deniers, 36 centimes. — En 1363, on employa à la tour de Vincennes 80 tailleurs de pierres, 200 maçons , 200 compagnons , 100 varlets, 300 voitures. Les tailleurs de pierres avaient par jour 4 sous 6 deniers, 2 francs 43 centimes; les varlets, 8 deniers, 36 centimes. — En hiver, les tailleurs de pierres n’avaient que 4 sous , 2 francs 16 centimes; les chefs de charpentiers, 9 sous, 4 francs 86 centimes; les compagnons charpentiers , 8 sous, 4 fr.

32 cent.; le varlet, 8 deniers; le maçon , 3 sous, 1 fr. 62 cent. Le chef des tailleurs de pierres de Vincennes se nommait Guillaume d’Arondel. — En 1373 , la toise de mur pour les basses-cours coûtait , tout compris , 60 sous , 32 fr. 40 cent. Le marc d’areent valait alors 5 fr. 16 sous, et le sou vaudrait 45 cent. 46. — Les maîtres maçons recevaient 6 sous, 2 fr.

79 eent. — La menuiserie de chaque croisée coûtait 40 sous, 18 IV. 58 centimes

El LES TUILERIES.

les magnifiques productions de notre grand sculpteur ne furent payées que de bien faibles sommes. Il fallait qu’alors leur réputation, et l’amour de leur art, qui était le seul objet de leur vie, entrassent pour beaucoup dans les avantages que les artistes comptaient retirer de leurs ouvrages et dans les prix qu’ils en demandaient.

Nous avons vu que la grosse tour du Louvre , quoique nos rois l’aient habitée souvent, avait etc d’abord principalement destinée à servir de prison d’état; c’était aussi dans cette redoutable forteresse que l’on mettait en depot les archives de l’état et le trésor de la couronne. Philippe y renfermait le sien, qu’il gardait aussi quelquefois au Temple; Louis VIII, d’après son testament fait en 1225 , et rapporte par Guillaume le Breton ( 1 ) , avait aussi réuni au Louvre les fruits de ses épargnes. Pendant plus de trois cents ans, cette tour conserva ce privilège; il ne finit qu’avec elle, et elle le légua, pour ainsi dire, au Louvre, qui, après qu’elle eut été détruite, en jouit encore long-temps. Le Roi avait les clefs des coffres forts, qu’on n’ouvrait qu’en présence du premier et du second président de la chambre des comptes, d’un maître des comptes et du trésorier de l’épargne. Comme pour réunir en un seul lieu tout ce qui contribue à la force des états, l’or et les armes, la grosse tour, pendant les deux premiers siècles de son existence, fut aussi l’arsenal de nos rois, et sous Philippe-Auguste non-seulement on y conservait les grands et les petits engins, les armures, ainsi que les nerfs, les cuirs de bœuf et le bois qui servaient à les faire, mais on y avait même établi une fabrique de toute sorte d’ustensiles de guerre. En 1391 , on retira de la grosse tour une partie des armes qu’elle contenait, et on les remplaça par des livres. Nous verrons que Charles V en avait donné et favorisé le goût : les sciences et les lettres étaient déjà en honneur; le savant recevait un accueil aussi flatteur que le guerrier, et les productions de l’esprit partageaient au Louvre des privilèges que, dans des temps moins éclairés, on n’accordait qu’aux armes.

U paraît que le grand escalier, E, fut une des parties du Louvre auxquelles le maçon ordinaire du Roi, Raimond du Temple, donna le plus de soin et où il prodigua toutes les ressources de l’architecture et de la sculpture. Cet architecte, certainement très-habile pour son temps, fut chargé de la plupart des grands édifices que fit élever Charles V; et il est singulier que , parmi les architectes du xiv. e siècle, il n’en soit fait aucune mention par Milizia, qui cependant, de son aveu, rapporte les noms et les ouvrages d’une quantité d’architectes sans talens et qui ont eu moins de réputation que Raimond du Temple. Sa grande vis, ainsi que nous l’avons déjà dit, communiquait a la grosse tour par une galerie, D. II n’est pas dit si elle aboutissait au rezde-chaussée ou au premier étage : mais il est à croire que c’était au premier, et qu’il y avait, ainsi qu’au donjon de Vincennes ,un pont-levis; ce qu’on reconnaît très-facilement dans ce dernier château , où l’on voit dans les murailles, en partie refaites , les traces de la porte d’entrée au premier, et de longues ouvertures pour faire jouer les bras et les chaînes du pont-levis.

(1) Voyez cet auteur, t. X de ta Collection des anciens mémoires de l' histoire de France , par M. Guizot.

LE LOUVRE

J’avouerai cependant que, bien que ce soit dans les idées de cette époque et dans les dispositions des châteaux forts , je ne tiens pas à ce pont-levis de la galerie de la grosse tour, que je ne vois pas pouvoir se rattacher à la cage légère tle l’escalier. Mais il est vrai qu’on peut le placer plus convenablement du côte de la tour , où, pour la sûreté, il produirait le meme effet : ce serait toujours tle même du premier étage que partait la communication de la galerie , dont le dessous pouvait être à jour et supporté par des arcades.

Les détails donnés par Sauvai sur le grand escalier sont assez circonstanciés ; ils nous font connaître qu’il était divisé en deux parties. La première, qui montait sans doute jusqu’au second étage, avait 83 marches de G pouces de haut, ou en totalité 41 pieds Les marches étaient de 7 pieds de long, et elles avaient 2 pieds j de giron près de la coquille ou des murs de la tour qui les renfermait. La seconde partie de l’escalier, ou la petite vis qui allait au dernier étage, était beaucoup plus étroite; les marches n’en avaient que 3 pieds de long et 1 -j de giron. Comme, du haut de la grande vis jusqu’à la terrasse qui terminait cette tour, il restait 20 pieds, et qu’il y avait 41 marches, chacune avait 5 pouces -j de haut. La voûte qui soutenait la terrasse était formée par des nervures rondes, et que Sauvai appelle des tuyaux d’orgues. Sur la clef de la voûte , ornée d’un cartel , se voyaient sculptées les armes du Roi et de la Reine; dans les intervalles des tuyaux d’orgues étaient celles des princes de la famille royale. Ces ornemens, ouvrage de Gui de Dampmartin et de Jean de Saint-Romain, leur avaient été payés 32 livres parisis ; ce qui ferait aujourd’hui 329 francs 9 centimes ( t ). On trouvait dans les Œuvres royaux (2) que, pour achever une partie des marches et le palier dont on avait chargé les maîtres tailleurs de pierres Jean Colombel et Pierre Enguerrand, Raimond du Temple avait acheté, le 27 septembre 1365 , de Thibault de la Nasse, marguillier de l’église des Innocens, vingt tombes de terres dans le cimetière, et qu’elles avaient coûté chacune 14 sous parisis, 7 francs 20 centimes d’à présent. Aux côtés de la porte du rez-de-chaussée étaient placées, probablement dans des niches , des statues de sergens d’armes de trois pieds de haut, de la main de Jean de Saint-Romain. C’était aussi lui qui avait sculpté celles du premier étage; mais il paraît qu’il n’y en avait qu’une à chacune des portes qui, de cet escalier, conduisaient dans les appartemens que le Roi et la Reine avaient dans cette aile. Les peintures des manuscrits offrent des statues de ce genre auprès des portes; et, parmi les monumens du xiv.e siècle, M. Willemin a donné les figures de plusieurs sergens d’armes, tels qu’ils sont représentés sur un monument de (314 que l’on voit dans les caveaux de Saint-Denis. Les uns, en habit civil, ont la toque ou la tète nue, un manteau dont les côtes tombent en pointe par-dessus une tunique courte, à franges ou tailladée, serrée par une ceinture; des pantalons justes, et des bottines ornées de broderie. D’autres , en costume militaire, sont armes de

(1) En 13G5 le marc d’argent valait 5 francs 5 sous; la livre parisis vaudrait 10 francs 28 centimes , et le sou, 42 centimes 51 .

( 2 ) Sauvai , Il , p 23.

ET LES TUILERIES

toutes pièces ; niais, au lieu <Ie casques , ils n’ont qu’un bonnet ou un morceau d’étoffe ajuste autour de la tète. Les uns et les autres ont au cote une grande épée , et ils tiennent à la main, comme insigne de leurs fonctions, une masse d’armes semée de fleurs de lis. Un de ces sergens porte au cou un collier; et ses cheveux, relevés par une espèce de bandeau, sont assujettis sur le front par un ornement rond ou une boucle surmontée de trois pointes, comme une très-petite aigrette : celui qui a la toque se fait rc marquer par le même ornement, mais il n’a pas de collier. Il y avait plusieurs grades parmi les sergens d’armes, et ceux qui sont en costume civil semblent d’un ordre plus relevé que les autres.

Il paraît que c’était surtout à l’extérieur que Raimond du Temple avait le plus employé la sculpture dans la décoration de son grand escalier : percé de plusieurs fenêtres , sans doute longues, étroites, ses ogives et leurs trèfles devaient être ornés avec toute la recherche que l’architecture de ces temps mettait dans ses découpures. Le travail de la chapelle Saint-Piat, dans la cathédrale de Chartres, est à peu près de la même époque, et peut donner une idée de ce qu’avait du faire Raimond du Temple pour embellir son escalier, les portails et les autres parties du Louvre susceptibles d’ornemens. On peut croire qu’ils y étaient à profusion. De côté et d’autre, sans régularité, mais peut-être en se conformant à la disposition des fenêtres, qui devaient suivre , en tournant , la montée en spirale de l’escalier , il y avait des niches surmontées de dais pointus très-ornés , et telles qu’on en voit à Saint- Denis et dans un grand nombre d’édifices gothiques. Rien n’était moins favorable à la sculpture que ces niches resserrées, ou, de même que dans les caisses de momies ou sur les cercueils, on ne pouvait placer que des figures droites, raides et sans mouvement. L’ajustement symétrique auquel on était forcé, ne se prêtait pas au développement que la sculpture peut donner à ses attitudes; et la sécheresse, la minutie, l’incohérence des formes de l’architecture gothique , devaient exercer une funeste influence sur la sculpture , qui , obligée de se mettre en harmonie avec l’architecture, doit nécessairement se ressentir de ses beautés et de ses vices lorsqu’elles associent leurs travaux. Il était impossible que des édifices qui , dans leur ensemble et dans leurs différentes parties, n’offraient que des pignons élevés en triangles pointus ou tout au plus équilatéraux, où les espaces, resserrés, découpés, sans repos , étaient encombrés de colonneltes grêles, permissent à la sculpture de s’étendre, et lui fussent aussi propices que ces belles frises grecques, que ces vastes frontons, dont l’heureuse proportion admettait les plus grandes compositions, telles que celles qu’on admirait dans les édifices de la Grèce. Jadis la sculpture y naquit dans les temples : ce fut aussi dans nos églises que ce bel art retrouva une nouvelle vie; mais il ne ressaisit son ciseau que pour de froides représentations de la mort , peu propres à ranimer la langueur qui l’avait si long-temps accablé. Ce n’étaient plus ces idées riantes qui, dans la poétique Grèce, avaient entouré le berceau de la sculpture des plus agréables images, et qui l’invitaient avoir, à etudier, à rendre la plus belle nature sous les formes les plus séduisantes : chez nous tout lui dut paraître triste et sans charme à son réveil; elle

vivait au milieu des tombeaux, et ce n’étaient pas ceux des Grecs, qui savaient entourer de gracieuses images leur dernier asile.

De la loi du chrétien les mystères terribles

D’ornemcns égayes ne sont point susceptibles.

Cependant notre religion, maigre sa gravite, a été, plus qu’aucune autre chez les modernes, favorable à la sculpture; et c’est plutôt l’architecture, gothique qui en a retarde les progrès. Il n’est pas étonnant que sa maigreur , à laquelle un art adulte et forme eut eu de la peine à résister, ait mis pendant long-temps des entraves au développement et aux progrès de la sculpture, et qu’elle ait prolongé son enfance chez un peuple sensible aux arts, et qui, depuis qu’il a concouru avec l’Italie à les relever et à leur rendre un grand éclat, les a souvent cultivés , et surtout la sculpture, avec autant de succès que sa rivale.

Rien n’est moins clair que la manière dont s’exprime Sauvai sur le nombre de statues dont Raimond du Temple orna l’extérieur de la cage de l’escalier, qu’il avait enrichie de toute sorte d’ornemens en bas-relief. Il dit d’abord qu’il y avait dix grandes statues en pierre dans des niches et posées sur des piédestaux, ou plutôt sur des espèces de consoles en cul-delampe , chargées de moulures et de feuillages ; et il ajoute qu’autour de la cage furent répandues sans ordre les figures du Roi, de la Reine, de leurs enfans males , et de plusieurs princes de leur famille : ce cpii ferait encore huit statues. On avait placé, en outre, dans la partie la plus élevée, celle de la Sainte Vierge et de S. Jean ; ce qui portait à vingt le nombre de ces statues. Chacune avait coûté 16 livres parisis , ou 164 francs 54 centimes. Celles qui représentaient Charles V et Jeanne de Bourbon, étaient de la main de Jean du Liège; la statue de Louis duc d’Orléans, second fils du Roi , et celle du duc d’Anjou son frère, furent faites par Jean de Launay et par Jean de Saint-Romain. II est singulier qu’on ne nomme pas Charles VI, alors dauphin, et qui, de même que son frère le duc d’Orléans, était en bas âge: car il était né à la fin de l’année 1367, et il n’était que dans la première enfance lorsque cet escalier, commencé en 1365 , et dont l’exécution dut être poussée avec activité , comme tous les travaux entrepris par Charles V, en fut au point d’être décoré de statues. Il serait curieux de savoir le parti que prirent les sculpteurs pour celles de ces princes enfans. Mais la statue du petit roi Jean I.tr, qui ne vécut que quelques jours et qui est à Saint-Denis, peut en donner une idée : il a été représenté dans un âge beaucoup plus formé, à trois ou quatre ans, et vêtu comme les autres rois; et il a de même son petit lion sous les pieds. Les figures du duc de Berri et du duc de Bourgogne, frères de Charles V, furent confiées à Gui de Dampmartin et à Jacques de Chartres. Il paraît que Jean de Saint-Romain eut la plus grande part dans l’embellissement de cette grande \ is , car c’était encore à lui qu’on devait les statues de la Sainte Vierge et de S. Jean; et il est probable qu’ayant décoré l’intérieur de l’escalier, il fut aussi chargé d’orner le fronton ou le pignon de la dernière croisée. Il y avait placé les armes de France, entourées de lambrequins et supportées par deux anges; deux

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autres soutenaient le casque qui couronnait le tout et était couvert d’un timbre charge' de (leurs de lis par dedans. Il est à remarquer quelles étaient sans nombre dans les armes : cela prouverait que cet escalier avait etc termine avant que Charles V les eut réduites à trois; ce qui n’eut lieu , à ce qu’il paraît d’après le president Henault, que sur la (in de son règne. Ce bel escalier , qu’on regardait alors comme une merveille, a subsiste jusqu’aux changemcns survenus au Louvre sous Louis XIII, et il est à regretter qu’il ne nous soit reste aucun dessin qui retrace un ouvrage exécute parles meilleurs artistes du temps de Charles V, et qui devait être très-remarquable pour cette époque.

On avait aussi orné de statues les divers portails du Louvre, et Charles V n’avait pas surtout négligé l’entrée principale du côté de la Seine ; mais il paraît qu’elle ne fut pas terminée sous son règne, et ce ne fut que sous Charles VII qu’on plaça des deux côtés de la porte la statue de ce roi et celle de Charles V : elles avaient été faites par Guillaume Jasse et Philippe de Foncières, les meilleurs sculpteurs d’alors. On ne nomme pas ceux de qui, dans la seconde entrée , du côté de Saint-Germain l’Auxerrois , étaient les statues de Charles V et de Jeanne de Bourbon; mais il est à croire que c’était l’ouvrage de Jean de Saint - Romain , qui semble avoir été, sous Charles V, le sculpteur le plus en réputation. Au sujet de ce second portail, on dit que sous le chef, ou la clef, de sa première voûte, il y «avait des (leurs de lis sans nombre; ce qui rendrait probable que ce portail n’avait été que restauré par Charles V, et qu’il avait été fait avant lui. A la manière d’ailleurs dont on parle des tours de ce côté, elles eussent été plus écrasées que celles du temps de Charles V, et auraient appartenu à celui de Philippe-Auguste. On peut aussi (aire remarquer qu’il est question d’une première voûte ; ce qui , en indiquant qu’il y en avait plus d’une, vient à l’appui de ce que nous avons déjà dit, que ces portails, pour plus de sûreté et pour être de meilleure defense, avaient plusieurs portes. D’après ce que rapporte Sauvai ( 1 ) , une grande terrasse de 9 toises sur 8, du côté de la grande entrée, eût été placée immédiatement au-dessus du grand portail. Mais cette disposition ne serait pas possible, et ne s’accorderait ni avec le batiment, qu’elle aurait coupé en deux , ni avec le peu de largeur du fossé, qu’elle aurait encore diminue; et il faut que cette terrasse, tout en étant au-dessus du portail, qui , ainsi que je l’ai indiqué dans les plans pl. 8 B et 8 C, avait une grande saillie sur cette aile, ait terminé les deux tours, qui étaient celles que l’on voit dans le Louvre de Philippe-Auguste ( pl. 8 A), et que Charles Y dut conserver en leur donnant plus d’élévation. La terrasse s’y trouve bien placée, et elle a les dimensions que lui donne Sauvai. Cet auteur, au reste, n’est pas toujours d’accord avec lui-même : il varie souvent dans les mesures ou dans les dénominations des mêmes pièces ; et après les avoir discutées , d doit être permis de s’arrêter à celles qui paraissent le plus conformes au plan général et a re que l’examen des localités donne lieu de supposer.

D’après ces données, je inc suis hasardé à représenter , pl. 8 I*], une vu<

( 1 ) Tome II , |». 21.

LE LOUVRE

cavalière, une espèce de restitution de l’ensemble du Louvre, tel cju’il pouvait être a la lin du xiv.c siècle. Comme il me serait difficile de citer ou défaire graver tous les monumens gothiques de cette époque qui m’ont servi à appuyer mes hypothèses, on pourra voir, dans les pi. 8 A et 8 D,une sorte de résumé’ des secours que m’ont prêtes des ouvrages contemporains du Louvre de Charles V, pour me former une idée des élévations et du caractère de son château. Je suis loin de prétendre que , s’il reparaissait tout-àcoup , mon dessin en fut une vue très-exacte, et que je n’ai oublié aucune de ses tours et de ses tourelles. Mais si, d’un côté, l’irrégularité de son architecture ne permet pas de deviner tous les caprices auxquels elle a pu se livrer, d’un autre elle autorise aussi bien des libertés, soit dans les élévations, soit dans la forme des différentes parties de ses constructions; et tout ce que permet d’espercr une semblable tentative , se réduit à ne pas se trouver en contradiction avec les édifices de la même époque, et que le Louvre que j’ai rétabli d’après les indications des manuscrits et de Sauvai, puisse, au premier coup d’œil , être d’accord avec l’idée que l’on peut se faire du château élevé par Charles V et par Raimond du Temple. Cette vue est censée prise sur l’angle gauche du Louvre du côté de la Seine. En combinant la distance, nous avons cherché, M. Civeton et moi , à saisir le point de vue le plus favorable, et à embrasser tout l’ensemble du château et de ses dépendances; et il sera facile de retrouver sur le plan , pl. 8 B , les ernplacemens de toutes nos élévations : ce que j’en ai déjà dit doit servir ou à les justifier ou à les combattre.

Après avoir établi l’extérieur du Louvre de Charles V sous le double rapport du plan et des élévations, nous pouvons porter nos recherches dans l’interieur. Quoique nous n’ayons que des documens très-incomplets sur les différens changemens qu’ont éprouvés les salles et les appartemens du Louvre depuis leur origine, et qu’ils soient insuffisans pour faire retrouver d’une manière incontestable leur ancienne distribution, on peut cependant, je crois, s’en former une idée d’après les localités qui subsistent encore, en partie, avec les mêmes mesures qu’elles avaient autrefois. On sait par Sauvai, qui suivait comme ses guides des ouvrages consacrés aux détails des bâtimens royaux, que les appartemens d’apparat tle Charles V et de Jeanne de Bourbon, et les grandes salles de réception, occupaient le rezde-chaussée et le premier étage de toute l’aile du Louvre où se trouve la salle des Caryatides : cette aile , d’après ce que je crois avoir prouvé , se terminait alors au mur de refend qui séparé la salle de Jean Cousin de celle de Jean Goujon ( voj/ez pl. 8 B, 9, 11, 12). Ce serait trop se flatter que de croire que l’on put indiquer avec une entière précision la distribution des appartemens dont Sauvai fait l’énumération sans marquer leurs positions respectives , quoique cependant il ait l’air quelquefois de s’attacher à suivre un certain ordre. Mais il suffira, ce me semble , pour remplir le programme que je me suis donné, de montrer qu’en conservant à ces pièces leur grandeur , surtout en longueur, elles auraient facilement trouve place dans l’étendue de cette aile. Il faut aussi ne pas perdre de vue que Sauvai a sans doute omis bien des détails; que d’autres n’élaient pas consignés dans

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les registres qu’il consultait ; et que d’ailleurs dans un édifice il y en a toujours une foule que les descriptions les plus circonstanciées passent sous silence. Souvent aussi l’on peut n’avoir pas pris les mesures au nu des murs, et n’avoir pas tenu compte de boiseries ou d’autres applicages dont ils étaient revêtus. Du temps de Charles V, et plus tard, les boiseries étaient fort en usage, et il y en eut, sans doute, qui furent plus ou moins éloignées des murailles , ainsi qu’on le voyait encore il y a quelques années dans des salles de Fontainebleau , dans la chambre d’Henri IV au Louvre , où les boiseries, chargées de sculptures très-saillantes, étaient à plus d’un pied des murs. D’ailleurs , quoique la masse de ceux du premier Louvre ait été conservée, ils ont subi bien des modifications qui ont du en apporter d’autres dans les mesures primitives; et si celles qu’on prendrait entre les murs n’avaient pas aujourd’hui exactement la largeur que Sauvai donne aux différentes pièces, ce ne serait pas une raison de les rejeter. Le point principal consiste dans les rapports entre les longueurs : lorsqu’elles tombent sur des divisions du nouveau Louvre qui permettent de croire que Lescot, Le Mercier et leurs successeurs se sont appuyés sur d’anciennes fondations pour établir leurs murs de refend ou leurs colonnes , c’en est assez, je pense , pour motiver l’espèce de restitution que je vais tenter , en retraçant la distribution des deux ailes occidentale et méridionale, qui, sous Charles V, étaient principalement occupées par les appartemens du Roi et de la Reine; et , sous tous les rapports, ce sont les plus intéressans, du moins à cette époque.

Pour fixer les idées sur cette distribution , il est nécessaire d’avoir recours à la nomenclature des pièces indiquées par Sauvai, qui parait avoir, d’après les registres des Œuvres royaux , suivi l’ordre dans lequel étaient rangés ces appartemens. Les salles de cérémonie et de réception , les grands appartemens du Roi, étaient tournés vers la rue Froidmanteau ; ils occupaient le rez-de-chaussée et le premier étage. La partie habitée ordinairement par le Roi et par la Reine donnait sur la rivière. L’appartement de Jeanne de Bourbon, au rez-de-chaussée, relevé de quatre marches au-dessus de la cour, se composait d’une grande chambre de parade, g, pl. 8 B, d’une, autre grande chambre, h, et de quelques garde-robes et de cabinets, i. Ii n’y manquait rien de ce qui pouvait en rendre l’habitation commode; il y avait un oratoire , k , et des bains , l , que j’ai disposés de manière à leur donner une grandeur convenable. Il sera question des oratoires dans un autre endroit. Quant aux bains, on sait que les baignoires étaient en bois, garnies de bossettes dorées et de cercles de cuivre fixés par des clous à tête dorée. D’après les mesures données à ces appartemens par Sauvai, on trouve aisément à les placer dans la partie occupée aujourd’hui par la salle d’Isis et par le vestibule d’entrée sur la Seine. Cet auteur fait aussi remarquer qu’ils étaient sur la rivière, quoique de ce côté fut aussi la principale entrée du Louvre, dont les deux tours étaient réunies dans le haut par la terrasse de 9 toises de long dont il a déjà été question. On peut croire que cette grande entrée donnait dans un vestibule , m , qui précédait l’appartement de la Reine, et qui pouvait occuper en partie l’emplacement de la salle de la Psyché et de celle de l’Aruspice.

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