‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 3)Chapitre 75 sur 286 · I. E LOUVRE · texte numérisé non relu

I. E LOUVRE

Perrault les pierres les plus belles et de la plus grande dimension; tous les matériaux lurent choisis avec soin, et rien ne lui manqua pour l’execution de son plan. La nouvelle façade s’éleva avec une telle rapidité, que cinq ans suffirent, et qu’elle était terminée en 1670. Il serait superflu d entrer dans tous les details de la construction de la colonnade; ils intéresseraient peu de personnes, et il nous suffira de nous arrêter aux plus importans ( 1 ).

Une des parties (pii coûtèrent le plus de peine à Perrault, et oii il épuisa

”(Ie faire achever le royal bâtiment du «Louvre, commencé par François I.cr «et continué par les Rois suivans. Il fit « travailler quelque temps sur le même » plan ; mais , depuis, ayant conçu un des- «scin plus grand et plus magnifique, et «dans lequel ce qui avait été bâti ne put «entrer que pour une petite partie , il fit «poser ici les fondemens de ce superbe « édifice, l’an de grâce 1665, le 17 du mois « d’octobre.

<> Messire Jean-Baptiste Colbert, ini- «nistre secrétaire d’état et trésorier des «ordres de Sa Majesté, étant alors surin- « tendant de ses bâtimens. «

( 1 ) Comme il n’entre pas dans le plan de cet ouvrage de donner toutes les mesures du Louvre , je me bornerai à faire connaître les principales de celles de la colonnade , d’après les bases que m’offrent J. F. Blondel et Patte. Le premier assure qu’il ne s’en est pas rapporté aux plans de Perrault , qui peuvent avoir été modifiés dans l’exécution , mais qu’il a relevé ses mesures sur l’édifice même. Voyez Architecture &tc. de J. F. Blondel, t. IV, p. 42 et suivantes. Cependant il se trouve , dans les différons rapports qu’il établit , quelques petites erreurs de calcul, que j’ai rectifiées d’après ses propres données , et surtout d’après le module des colonnes , qui doit être exact.

Le diamètre des colonnes étant de 3 pi. 7 pouces 4 lignes, le module est de 21 pouces 8 lignes.

Blondel le divise en 18 parties , et la partie en 18 minutes.

La partie sera de 1 po. 9 li. 44 ; la minute , de U1' ,8022.

La proportion de la longueur totale de la façade , prise entre les extrémités du nu du mur du soubassement , est à sa

hauteur, mesurée du pied du soubassement jusqu’au-dessus de la balustrade qui termine la façade , comme 25 est à 4 ; cette hauteur totale étant de 87 pi. 7 po.

0 lig. 6, la longueur est de 547 pi. 10 po. 9 lig. 375.

La largeur de l’avant-corps du milieu est à la longueur totale comme 3 est à 1 9 ; ainsi elle est de 86 pi. 6 po. 3 lig. 9. Si les proportions données par Blondel sont exactes, il ne s’en faut que de 1 pi. 0 po.

8 lig. 7 que cette largeur soit égale à la hauteur totale de la façade. D’après la planche de Blondel , ces mesures seraient parfaitement égales. Le texte de cet auteur n’est pas toujours d'accord avec les planches de son grand ouvrage , ni avec celles de détails du Louvre, qu’il avait dédiées â M. de Marigny ; au reste, les différences sont très - légères , et tombent plutôt sur des mesures partielles que sur celles de l’ensemble.

La largeur des pavillons des extrémités est à la longueur totale comme

1 est à 7 : ainsi elle est de 78 pi. 3 po. 5 lig. 25. Il resterait donc pour chacun des péristyles, entre les pavillons, ou à partir des côtés extérieurs des socles des dernières colonnes, 152 pi. 5 po.

5 lig. 17.

Il y a sans doute quelque erreur dans les rapports des proportions établies par J. F. Blondel : car , en réunissant les différentes parties de la façade , on trouve 548 pieds 1 f pouces 1 1 lignes 95 pour la longueur totale , et par le rapport donné plus haut on n’a que 547 pieds 10 pouces

9 lig. 375.

Le socle des colonnes a 3 pieds de haut, ou f mod. 1 I part. 16 min. 40

Colonnes , v compris la base et le chapiteau, 21 mod. ou 37 pi. Il po.

ET LES TUILERIES

toutes les combinaisons que lui suggéra son génie, fut le sofïlte ou le plafond de la galerie de la colonnade. On sait qu’il est en grande partie compose de caissons de 12 pieds en carre , qui renferment une partie circulaire ornée d’une tetc de soleil et d’une seule pierre. Il s’agissait de donner de la solidité à ces caissons, et de les assujettir entre les plates-bandes du plafond de manière à ne pas le fatiguer. Perrault les tailla en (orme de claveaux , qui devinrent comme les ciels d’une suite de voûtes plates. Pour en diminuer le poids , on n’a donne que peu d’epaisseur a ces pierres ,

Elles sont renflées, au tiers inférieur, de 2 part. , ou de 2 po. 4 lig. 88.

Le haut du fût a de large 1 module 13 part. , ou 3 pi. 0 po. 8 lig. 643.

Hauteur du chapiteau , 2 mod. 1 1 part.

8 min. , ou 5 pi. 0 po. 10 lig. 98 | largeur, 1 mod. 13 part. Ceux des pilastres ont , de même que les pilastres , 2 mod. de large.

Les cannelures , au nombre de vingtquatre , ne sont séparées que par des listeaux unis, au lieu de l’être par des moulures, comme aux colonnes des Tuileries.

A cause de l’accouplement des colonnes et pour les rendre plus sveltes , on leur a donné 2 1 modules , tandis que dans l’ordre corinthien elles n’en ont ordinairement que 20.

La distance entre les colonnes accouplées est l module.

Les plus petits entre-colonnemens , ou ceux des péristyles, sont de 7 mod.

2 part. 1 min. 39 , ou de 12 pi. 11 po.

Les moyens entre-colonnemens, aux pavillons d’angle , ont 9 mod. 9 part.

17 mi. 51 , ou 17 pi. 3 po.

Le grand entre - colonnement de l’avant-corps du milieu a 13 mod. 12 part.

13 mi. 36 , ou 24 pi. 9 po. ; les colonnes de cette partie sont éloignées du mur de tond de 1 mod. , ou de 1 pi. 9 po. 8 lig.

La hauteur totale de l’entablement est de 5 mod. 5 part. 7 min., ou de 9 pi.

6 po. , ou à peu près le quart de la colonne plus 2 part. 10 min. Le quart exact de la colonne plus 2 part. 10 min. serait 9 pi. 8 po. 9 lig. On a tenu l'entablement un peu plus fort qu’à l’ordinaire , à cause de l’élévation de l’ordre et de la longueur de la façade. L’architrave et la frise ont chacune 1 mod. 10 part. 3 min., ou 2 pi. 9 po. 10 lig 8 , la corniche , 2 mod

3 part. 1 min., ou 3 pi. Il po. 0 lig. 12. Il y a ici deux légères inexactitudes dans Blondel : d’un côté , les 5 mod. 5 part.

7 min. donnent 9 pi. 6 po. 11 lig. 715, au lieu de 9 pi. 6 po. qu’il assigne il l’entablement; d’un autre côté , ses trois mesures partielles font 9 pi. 6 p. 9 lig. 7. Dans la grande planche 106 de Patte , l’entablement a juste 9 pi.; il est d’accord avec Blondel pour l’architrave et la frise, et la différence de six pouces en moins ne porte que sur les mesures partielles de la corniche.

La balustrade a de hauteur totale 3 mod. 13 part. 11 min. 56, ou 6 pi.

9 po. 5 lig., ou à peu près les deux tiers de l’entablement ; ou exactement le rapport est comme 1 est .à 0.709. Le socle de la balustrade a la moitié de la hauteur totale. Les balustrcs ont 1 mod. 7 part

8 min. 75 , ou 2 pi. 6 po. 8 lig. ; et la tablette , 7 part. 16 min. 22 , ou 9 po. 6 lig.

La hauteur totale de l’ordre, en y comprenant le socle des colonnes, l’entablement et la balustrade , est de 57 pi. 3 po. 2 lig. 7. Le soubassement qui supporte cet ordre en a les neuf dix-septièmes, ou 30 pi. 3 po. 9 lig. 9; il est un peu plus bas qu’on ne le fait ordinairement, et probablement c’est dans le but de donner plus de valeur à la colonnade. La hauteur totale de l’ordonnance est de 106 pi. 6 po. 1 1 lig. 16.

Le fronton a 92 pieds de base sur 19 de hauteur, ou à peu près le cinquième de sa longueur ; mais le rapport exact est de 1 ;i 4.8421 ii 0.0001 près. Batte ne donne au fronton que 18 pieds de haut sur 90 de large , et le rapport serait alors comme I est à 5.

Chacune des pierres de la cymaise du Irontou était originairement d'un seul moi

LE LOUVRE

<]ui ne supportent rien; on a ménage' au-dessus un vide voûté, et ces caissons forment comme un plancher au-dessous de cette voûte, à laquelle ils sont suspendus. Mais on avait à craindre les effets de ces masses trèslourdes qui pouvaient pousser au vide et nuire à l’aplomb des colonnes, maigre la résistance de l’entablement, appuyé aux pavillons des extrémités. On eut recours à de fortes armatures et à des tirans de fer qu’on disposa avec le plus grand soin , et qui , scellés très-avant dans le mur du fond, maintiennent toute la construction. On avait goudronné ces fers

eeau. Blondel et Patte 11e s’accordent pas sur les dimensions de ces énormes pierres, et le premier n’est pas même d’accord avec lui-même. Page 45 , il leur donne 51 pieds de long sur G de large, et 18 pouces d’épaisseur; et page 1 1, elles ont 52 pieds sur

8 de large. Patte , t. VI , pl. 10G , dit d’un côte 49 pieds ; de l’autre , près de 50 sur IG pouces d’épaisseur. On donne à ces pierres 52 pieds de long sur 8 de large et IG pouces d’épaisseur. La différence de cette dernière dimension dans Patte et dans Blondel pourrait venir de ce que l’un prend la pierre avant d’être travaillée , et l’autre, après quelle l’a été : mais cette supposition n’est pas admissible, puisque Blondel dit avoir pris ses mesures sur l’édifice même. Le fait , d’ailleurs , est peu important , et je suis obligé de m’en tenir à cet à-peu-près; car ces pierres sont recouvertes de feuilles de plomb qui ne permettent plus d’en prendre les mesures avec la dernière exactitude.

L’imposte des arcades , qui forme la plate-bande tout le long de la façade , à peu près au tiers supérieur des colonnes, a de hauteur 2 pi. 8 po. 6 Iig. , ou 1 mod.

9 part. 4 min. 98.

Les tètes de soleil qui , dans le plafond du portique , sont encastrées dans une bordure circulaire , inscrite dans des caissons carrés de 12 pieds de côté, ont 5 pi. 9 po.; ces pierres sont taillées en cône tronqué , de manière à servir de clefs à ces voûtes plates , et nous verrons qu’elles sont renforcées et soutenues par de puissantes armatures combinées de tous côtés pour soulager la voûte et s’opposer à la poussée au vide. Mais il existe un défaut dans le refouillement de ces tètes et des ornemens ; il s’approche trop des armatures, et peu s’en faut que, dans quelques en-

droits , il ne les mette à découvert : le peu d’épaisseur qu’on a laissée à la pierre dans ces parties y a nui , en favorisant la rouille des ferremens , qui a produit non-seulement des taches, mais qui même a fait éclater la pierre.

Les médaillons soutenus par des têtes de lion qui ornent les entre - colonnemens, ont 1 pi. 10 po. de haut sur G pi. de large.

De l’angle du mur extérieur de lu porte de la colonnade à l’angle correspondant de l’entrée du côté des Tuileries, le Louvre a 87 toises ; dans ce sens , la cour en a G3.

En prenant les mêmes mesures du côté de la Seine et de la rue du Coq , on a pour l’ensemble 89 toises , et pour la cour , G4.

Mes planches 10, 11, 12, ne donnent du Louvre que les parties occupées par le Musée royal des antiques et par la galerie d’Angoulême. Quoiqu’elles ne soient pas sur une grande échelle , je puis répondre de leur parfaite justesse. Les plans en ont été levés avec soin ; ils ont ensuite été revus avec scrupule sur le terrain par M. Clémence , qui les a gravés : les architectes savent l’exactitude et la conscience que cet architecte-graveur met dans ses mesures et dans tout ce qu’il grave. Quant aux différentes vues du Louvre , dessinées par M. Civeton , et gravées avec un soin particulier par M. Hibon , élève de M. Percier, je crois qu’il suffit d’y jeter un coup-d’œil pour être persuadé qu’il n’y manque rien sous le rapport du dessin, de la perspective et de la gravure , et que l’on y trouve tout 1 efiet qu’on peut raisonnablement attendre de simples traits, qui n’en reçoivent que de l’intelligence et de l’adresse que Ion met à faire mordre l’eau forte.

ET LES TUILERIES

pour les préserver de l’humidité' et de la rouille, Maigre' toutes ces précautions et ce travail immense, dont on peut voir les curieux details ou sur les lieux ou dans les mémoires de Patte, Perrault n’atteignit pas le but qu’il s’était propose'; et ces plafonds, dont les caissons ont une trop grande portée, loin d’avoir la solidité qu’il espérait leur donner pour toujours, se sont déjoints depuis long-temps , et c’est peut-être la partie du Louvre qui a donne le plus de peine aux architectes charges de son entretien. Si Perrault n’avait pas mis son amour-propre à faire la partie circulaire de ces immenses caissons d’un seul morceau , et qu’il les eut disposes, avec des pierres moins grandes, en voûtes plates, comme plusieurs de celles qu’il a faites à l’Observatoire, il aurait mieux réussi à les rendre très-solides, et aurait épargne' bien du travail à ses successeurs.

Le fronton de la colonnade éprouva aussi beaucoup de difficultés. Perrault tint à n’employer que deux pierres pour les deux côtés de la corniche rampante. La carrière deTrossy, àMeudon , lui en offrit deux qui remplissaient ses vues; elles avaient 54 pieds de long, plus de 8 de large et de 18 pouces d’épaisseur. Après les avoir amenées avec beaucoup de peine à Paris, on y tailla la corniche; mais, lorsqu’il fallut les enlever pour les mettre à leur place, à une élévation de plus de 100 pieds, on se trouva dans un grand embarras : la longueur, le peu d’épaisseur et le poids de ces pierres, faisaient craindre qu’elles ne fléchissent et ne se rompissent. Perrault, trèsversé dans la connaissance des auteurs anciens, quoiqu’il ne les étudiât que pour les rabaisser , dut se rappeler l’embarras de Chersiphron, architecte du temple d’Ephèse, qui, ne pouvant parvenir à placer une pierre du genre de celles du fronton du Louvre, eut recours à Diane, et la deesse, touchée du désespoir de son architecte, se fit un plaisir, pendant la nuit, d’enlever de ses divines mains et de placer le terrible bloc. Perrault n’eut pas besoin d’appeler le ciel à son secours; il fut secondé par un habile maître charpentier, nommé Quiclin , qui inventa une très-belle machine, au moyen de laquelle il éleva et mit en place les deux énormes corniches sans aucun accident. Ces pierres , d’après ce que rapporte Sauvai , ne lurent posées qu’en 1G74. II est probable que, n’étant pas assez sèches, et ayant été mises trop tôt en œuvre après avoir été extraites de la carrière, elles auront éprouvé les funestes effets de la gelée : peut-être aussi y avait-il quelque fil que l’on n’aura pas aperçu; car l’une des deux est cassée dans sa largeur , et l’on a été obligé d’en assurer la solidité au moyen de crampons et d’agrafes.

Si la critique et l’envie se déchaînèrent contre les projets d’un architecte aussi célèbre et aussi exercé aux grands travaux que l’était le Bernin , Perrault, qui de médecin s’était fait architecte , ne pouvait guère espérer d’être plus ménagé et de ne pas voir relever les défauts de ses plans. Quelqu’imposant et quelque nouveau que fut l’aspect de sa colonnade, elle pouvait donner matière à plus d’un reproche. Il était aisé de voir que Perrault y avait sacrifié tout le reste de son plan , et qu’il l’avait élevée sans se mettre en peine de l’accorder avec ce qui existait du palais construit par Lescot et continué par Le Mercier et par Le Vau. Aux yeux de bien des connaisseurs,

LE LOUVRE

ce n 'était qu’une magnifique décoration appliquée sans but et sans utilité au Louvre , et qui, beaucoup plus large que ce palais et débordant des deux cotes, ne répondait pas aux distributions et à l’ordonnance de l’intérieur de la cour, et devait forcer de changer le plan du Louvre, pour pouvoir, en le terminant, masquer ce delaut de rapport. Et au fait, quels changemens dans l'intérieur du Louvre n’a pas nécessites la trop grande élévation de cette colonnade !

D’api 'ès le grand principe reconnu en architecture , et dont ne s’écartaient pas les anciens , que dans les grandes dispositions tout doit être utile et même necessaire, on trouva que les colonnes accouplées étaient une innovation qui pouvait séduire au premier coup-d’œil , mais qui ne soutenait pas un examen réfléchi. L’entablement, pour avoir toute la solidité requise, ne demandait pas qu’on le fit porter sur ces doubles colonnes En les disposant une à une , comme à l’ordinaire , et en leur laissant des entre-colonnemens aussi larges que le réclamait l’élégance de l’ordre corinthien , les architraves n’auraient pas eu une portée assez grande pour inquiéter sur leur solidité; et l’on pensait qu’il y avait plus d’un moyen de l’assurer. Les colonnes placées isolément auraient aussi donné plus de jour au portique qu’elles décorent et aux grands appartemens auxquels il est adossé : car Perrault avait ouvert de grandes fenêtres dans le mur du fond du portique, et il faut que, dès le principe, il ait bien mal pris ses mesures, et qu’il n’ait pas combine sa colonnade avec les distributions intérieures, puisque, s’a percevant, mais trop tard, que ses jours ne correspondaient pas aux fenêtres de la partie opposée à la colonnade, il lut obligé de fermer celles qu’il avait pratiquées et de les remplacer par des niches. Lors des grandes restaurations de cette partie du Louvx-e, faites il y a quelques années par MM. Pcrcier et Fontaine, on a retrouvé les baies de ces fenêtres, qui avaient été masquées par des niches et des ornemens. Nous verrons bientôt que ce furent eux aussi qui, avec beaucoup de peine, remédièrent, autant que possible, à un vice important que l’on reprochait avec raison au portique de Perrault, et qui, étant inhérent à son plan, ne pouvait être que pallié. Il aurait du faire régner ce beau portique sans interruption tout le long île la façade entre les deux pavillons d’angle; et l’on est obligé d’avouer qu’il a eu grand tort non-seulement d’interrompre ce portique par le cintre de la grande porte, qui coupe la corniche du soubassement, mais encore doter à cette galerie une partie de son élégance et de son développement en interceptant la communication îles deux ailes par le pavillon du milieu, dont la masse pleine et en saillie arrête la vue et ne lui permet pas de parcourir le portique dans toute sa longueur. Les angles de ce pavillon, lorsqu’on se place en face de la grande porte d’entrée de la colonnade, ainsi que les colonnes du milieu, derrière lesquelles sont des pilastres, présentent 1 aspect de plusieurs colonnes accouplées, qui forment des masses beaucoup trop fortes et trop lourdes pour le fronton qu’elles supportent; on retrouve le même effet dans les pavillons des extrémités. Les rivaux de Perrault disaient sans doute alors, et ont fait répéter depuis, que la façade ne semblait avoir été faite que pour s placer autant de colonnes qu’elle pouvait

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