ET LES TU 1 LE H I E S
en contenir, et que le reste de l’edifice n’en était plus (pie l’accessoire. A toutes ces critiques, assez fondées, on ajoutait que l’otage du rez-de-chaussee, qui forme comme le soubassement de la façade, était trop nu auprès de la richesse d’ornemens prodiguée dans la colonnade. D’ailleurs les fenêtres ne produisent pas un bon elFct dans cette partie.
Maigre’ les défauts que les architectes ne manquèrent pas de reprocher à Perrault, son monument frappe d’admiration au premier abord. La noble élégance de l’ensemble, la beauté des profils, la pureté du galbe des colonnes, la magnificence des chapiteaux, la richesse et le fini des détails, plaisent et retiennent; et l’on ne pense à la critique que lorsqu’on n’a plus la colonnade sous les yeux, ou lorsque l’habitude de la voir permet de la considérer de sang-froid.
Le plan qu’avait suivi Perrault pour sa façade, le contraignit à faire dans celui du Louvre des changemens très-considérables, et qui ont eu dans la suite la plus grande influence sur l’ensemble de ce palais, qui, j’ose le dire, aurait eu plus d’harmonie dans toutes ses parties si Perrault ne se fut pas fait architecte, ou si l’on eut mieux calculé toutes les conséquences qui devaient résulter de son projet. Tout désormais dépendait de la colonnade. On éprouva mille difficultés lorsqu’il voulut terminer l’intérieur de la cour, pour lequel on avait suivi, en l’étendant, le plan de Lescot, et dont les travaux , parvenus au premier étage dans quelques parties , étaient moins avancés dans d’autres. L’élévation de la colonnade ne permettait plus de se régler sur la hauteur que Lescot avait donnée à son palais; et d’ailleurs la toiture ne pouvait plus s’accorder avec la toiture en terrasse adoptée par Perrault pour sa façade. Pour continuer celle qui y était adossée dans l’intérieur de la cour, et pour en porter l’entablement au niveau de celui de la colonnade , il fut obligé d’avoir recours à des moyens que n’avoue pas la saine architecture. Après en avoir imaginé plusieurs dont on reconnut les inconvéniens , if pensa à un nouvel ordre, à un ordre français, qui devait être plus léger que le corinthien et qui aurait pu lui être superposé. On fut tenté de continuer tout autour de la cour les caryatides de Sarrazin ; mais on vit bientôt que cette longue suite de figures gigantesques ne produirait pas un bon effet et écraserait les ordres inférieurs. Enfin Perrault, pour arriver à la hauteur qu’il voulait atteindre, se contenta de remplacer l’attique de Lescot par un second ordre corinthien très-élevé et qui amortit moins bien l’édifice. Le composite du rez-dechaussée se trouva donc alors supporter deux étages d’un ordre moins léger, tandis qu’il y en aurait eu déjà trop d’un seul. Cette nouvelle ordonnance ne se joignait pas encore à celle de Lescot, et l’on ne sentit peutêtre pas toute la difficulté que l’on aurait à les accorder; et il est à croire que Perrault se souciait peu de préparer des tortures à scs successeurs.
II s’agissait aussi de continuer, en retour de la colonnade, du côté de la rue du Coq , la façade dont Le Mercier avait fait une grande partie. Perrault respecta ses travaux; il se contenta donc de répéter en pilastres, mais sans les accoupler , l’ordonnance de la colonnade dans un grand pa villon, dont la saillie dépasse de beauconp l’alignement de celui de l’autre
LE LO U VUE
extrémité. Cette disparate ne fut pas sauvée par le corps avance qu’il éleva au milieu de cette façade, et dont il subordonna l’entablement et tous les profils a ceux de la colonnade. Il y fit un magnifique vestibule, où toutes les parties sont bien coordonnées et qui forme une belle entrée à ce cote du Louvre. Quoique cette partie ne manque pas de caractère , elle ne répond pas en beauté aux façades tournées vers Saint-Germain I’Auxerrois et vers la Seine.
Ce fut de ce dernier coté que Perrault tailla le plus dans le vif. L’extrémité de sa façade dépassait considérablement celle qu’avait élevée Le Vau, et il ne voulait pas la terminer par un grand pavillon en retour sur la Seine , ainsi qu’il l’avait pratiqué vers la rue du Coq. La partie du Louvre tournée vers la rivière était d’une trop grande importance pour que Perrault ne tint pas à lui donner un développement en accord avec la colonnade. Il pensait probablement, d’ailleurs, que, ce palais étant quatre lois plus grand qu’il ne l’eut été d’après le plan de Lescot , il convenait de donner plus d’étendue aux appartenions, qui n’offraient, dans l’ancien château, qu’une suite de pièces très-étroites. En établissant une façade sur l’alignement de l’extrémité de la colonnade, on doublait l’épaisseur du Louvre , ce qui offrait le moyen d’y placer de grandes salles de représentation ; et cela n’était pas praticable dans l’état où était cette aile , qui avait encore moins de profondeur que celle de la rue du Coq, dont les pièces n’ont pas la grandeur convenable à un palais. II est vrai qu’en doublant l’aile du côté de la Seine, on rendait inhabitables les appartemens de laReine, auxquels on l’adossait, et à qui on ne laissait plus d’autre exposition que celle du nord; mais ces considérations ne pouvaient arrêter Perrault dans l’exécution de son grand plan , et la façade de Le Vau lut sacrifiée. Bien des architectes , la trouvant disposée avec sagesse dans son ensemble et très-riche dans ses détails , l’ont regrettée. On a déjà fait remarquer que Perrault donna à cette partie qu’il ajoutait, exactement la largeur du fossé de Charles V; ce qui , jusque vers le milieu de cette aile , lui servit a établir les fondations. Ce fut alors qu’on fit disparaître ce qui existait encore de l’ancien château par-delà le fossé, et dont on voyait encore des traces sous le règne de Louis XIII, ainsi que le témoignent des vues d’Israël Silvestre et d’autres, prises vers le milieu du xvn.0 siècle. Il suffira de dire un mot des reproches que l’on faisait à cette façade de Le Vau , et des beautés qu’on y trouvait.
Le pavillon du milieu avait de la grandeur et de l’aspect, et, sous quelques rapports, il convenait peut-être mieux que celui de Perrault à un palais tel que le Louvre. II est vrai que , par les dessins de cet architecte, on voit que son intention avait été, au lieu de pilastres, d’y employer des colonnes, et de donner plus de saillie à son avant-corps , pour qu’il l’emportât en richesse et en importance sur les arrière-corps et sur les pavillons d’angle : le projet n’eut pas lieu , quoiqu’on eut commencé à l’executer. Le pavillon de; Le Vau était décoré d’un ordre colossal, compose de six colonnes qui comprenaient deux otages : cet ordre était séparé de celui qui terminait ce pavillon, par un grand attique plein, et qui, entre les six
et les tuileries.
piédestaux surmontes de statues au droit des colonnes, était orne de grands bas-reliels. On reprochait à Le Vau la petitesse de son fronton ; ses entrecolonncmens inégaux, qui l’avaient force de taire des lenêtres de differentes largeurs, et de surbaisser le cintre de celles du milieu du dernier e'tage, tandis que celles de cote étaient à plein cintre : cette arcade pénétrait le gorgerin charge d’ornemens de la corniche, et ce delaut se retrouvait dans les fenêtres de l’attique de ses arrière-corps ; celles des autres étages étaient très-riches de détails , mais trop petites pour un palais. La corniche, la balustrade et les combles, trop élevés, écrasaient le tout; et les combles, interrompus, au lien d’offrir un seul palais, lui donnaient l’aspect de plusieurs édifices mis à côté l’un de l’autre. Dans les pavillons d’angle , les frontons , mesquins, ne portaient pas sur un avant-corps assez en saillie, et les fenêtres du troisième étage, de la même grandeur et sur la même ligne que celles de l’attique, produisaient un mauvais effet. C’est ce que l’on reprochait, et avec plus de raison encore, à la façade projetée par le Bernin, où quatre étages de fenêtres donnaient au palais du Roi l’aspect d’un édifice public où l’on aurait tenu à mettre à profit l’espace et à y faire entrer autant de logeinens qu’il pouvait en contenir. Le troisième rang de fenêtres de l’architecte romain n’était même que des mezzanines ou des ouvertures en carré parfait, qui, par leur petitesse, faisaient un contraste désagréable entre les grandes et superbes fenêtres à colonnes du second et du quatrième étage. Le Bernin avait négligé de bien caractériser, ainsi que l’avait fait Lescot, la différence d’importance des divers étages, et rien n’indiquait celui que sa grandeur et sa beauté au-dessus des autres devaient faire reconnaître pour la demeure particulière du souverain. Les pavillons du Bernin étaient aussi trop petits, irrégulièrement disposés, et, en tout, son génie était resté bien au-dessous de la grandeur de ses conceptions ordinaires , lorsqu’il composa cette façade du Louvre sur la Seine, qu’on ne peut, d’après les dessins de J. F. Blondel et de Marot, s’empêcher de trouver la moins bien pensée de toutes celles que l’on avait proposées. II est vrai que, n’ayant pas été exécutée, on n’eut pas besoin de l’abattre, comme celle de Le Vau, qui cependant , ainsi que nous l’avons déjà vu, exista encore long-temps comme mur de refend, derrière celui de Perrault : en 1755 le dôme du grand pavillon du milieu s’élevait encore derrière les constructions qui l’avaient remplacé.
Ce n’est pas que la façade de Perrault , quoiqu’elle eut été préférée à toutes celles qui avaient été présentées, fut ou soit encore à l’abri des critiques , et que le blâme ne puisse se placer à côté des éloges qu’elle mérite dans son ensemble et dans ses détails. Si son ordre colossal présente dans cette longue suite de pilastres un beau développement et un aspect imposant , il aurait , disait-on , produit encore plus d’effet si le pavillon du milieu , qui , par sa position , semble destiné à contenir les plus beaux appartemens , eut été plus grand, eu égard aux deux autres avant-corps, et si, de même que ceux-ci, il l’eut emporté sur le reste en magnificence; ce qui, indiquant mieux les divisions dans une aussi longue étendue , aurait donné plus de mouvement et de caractère à cette façade. Il aurait été bien aussi
LE LOUVRE
que, suivant son projet, Perrault eût substitue aux pilastres, dans ers parties, des colonnes, véritable richesse d’un grand édifice, et qui à leur pompe architecturale ajoutent l’avantage de recevoir la lumière d’une manière plus pittoresque que des surfaces planes. On aurait aussi desire (pie ces grands médaillons, qui n’o firent qu’une décoration inutile, et où le bon goût peut trouver à reprendre, eussent etc' remplacés par des fenêtres, qui se seraient trouvées [tins en rapport avec les distributions intérieures et avec celles des dehors. Les ouvertures des pavillons du milieu auraient été mieux, si elles eussent offert entre elles moins de disparité dans leurs dimensions. Il aurait été de même à souhaiter, pour ne pas nuire à la grandeur de l’ordre, qu’on eut supprimé le large bandeau qui sépare les deux derniers étages, et qui, venant s’appuyer sur les pilastres, forme trop de divisions pour être imposant et frapper l’imagination. Il ne suffit pas qu’un palais soit grand, il faut qu’il le paraisse dans toutes ses dispositions; et, selon la remarque de J. F. Blondel, si ce bandeau n’existait pas, et n’indiquait pas le plancher qui sépare les deux étages, on pourrait croire que toute leur capacité , surtout dans le milieu de la façade , est occupée par des salles immenses de représentation , éclairées par deux rangs de fenêtres , et garnies de tribunes. Le bandeau n’empêcherait certainement pas cette distribution d’avoir lieu; mais il ne l’annonce pas à l’extérieur, et n’invite pas à la supposer. II paraît que Perrault avait eu l’intention de surmonter d’un attique ses pavillons des extrémités, et de les terminer par des combles appareils, et qu’il voulait aussi, comme dans la façade de Le Vau, couronner d’un dôme élevé l’avant-corps du milieu. Il est probable (pie le peu de saillie de cette partie et des pavillons des ailes l’aura détourné de cette idée, qui ne se serait pas accordée avec son ordonnance en pilastres.
Comme le point le plus intéressant pour Perrault était la partie extérieure de la façade, il en poussa les travaux avec vigueur, et s’occupa très-peu d’exécuter les distributions intérieures : aussi pendant un grand nombre d’années n’y en eut-il pas; et, lorsque cette partie du Louvre fut reprise presque en entier par MM. Percier et Fontaine, il existait encore, de la façade de Le Vau, de très-grandes parties qui avaient conservé de beaux bas-reliefs et de très-riches ornemens. Les murailles de cette façade forment encore aujourd’hui en partie, ainsi que je l’ai fait observer, les murs de refend qui séparent, dans le Musée royal, les salles du côté de la cour d’avec celles qui regardent la Seine. Il faut qu’après avoir terminé la façade de Saint - Germain l’Auxerrois, on se soit peu occupé de celles du côté de la rivière et de l’intérieur de la cour, puisque Perrault, qui vécut jusqu’en 1688, ne les vit pas achever à l’extérieur, et qu’il n’exécuta aucune des distributions qu’il avait projetées. Ce fut sans doute ce qui porta Louis XIV à préférer d’autres palais au Louvre, encombré par les travaux, et dont l’habitation n’était pas commode. Il donnait d’ailleurs tous ses soins à Versailles, qui était entièrement de sa création, à Marly, à Trianon ; et les trésors que coûtaient ces immenses et somptueuses constructions, ou l’on s’efforcait non -seulement d’élever de splendides palais , mais encore de vaincre les obstacles qu’opposait la nature du terrain , ne permet-
ET LES TUILERIES
t ai c n t pas d’employer au Louvre les sommes necessaires pour en pousser l'achèvement avec activité. Louis XIV, à mesure que sa gloire et sa puissance s’accroissaient, devait aussi se trouver trop resserre dans un palais, quelque beau qu’il fut, situe’ au milieu de Paris : il lui fallait un plus libre espace pour développer la magnificence de ses vastes projets; et il était difficile qu’un prince qui avait à sa disposition et autour de ses palais les parcs et les bois de Versailles, de Marly, de Saint-Germain, ne se trouvât pas bien à l’étroit dans le parterre du jardin de l’Infante, et meme dans celui des Tuileries.
Perrault n’avait pas pu , à beaucoup près , exécuter au Louvre tous les projets qu’il avait formés ( I ); ce «pii fut peut-être très-heureux pour ce palais. La cour devait être partagée en cinq parties ou cinq cours entourées de bâtimens. Celle du milieu eut été circulaire, et les quatre autres, qui s’y seraient rejointes, auraient eu cinq cotes, dont un aurait formé un arc de cercle ; chacune de ces quatre cours eut eu 26 toises de longueur : les bâtimens qui les auraient renfermées, et qui seraient partis des pavillons du milieu des quatre façades, auraient été de la largeur de ces corps avancés. Par ces changemens , le Louvre , ainsi encombré d’édifices , n’aurait rien conservé des dispositions de Pierre Lescot et de Le Mercier; c’eut été refaire un autre palais.
Il avait aussi été question d’établir autour de la cour, dans l’intérieur , de grandes galeries de communication, qui auraient donné sur un trottoir de dix-huit pieds de large, élevé de trois marches au-dessus du reste de la cour. Cette nouvelle disposition eut considérablement diminué la largeur des salles du rez-de-chaussée, et celle des Caryatides eut été détruite par ce portique intérieur. Mais il parait que l’on n’avait pas donné suite à ce projet; et la planche 5 de Blondel, qui offre le tracé des cours, n’indique pas celui des galeries.
Perrault avait aussi conçu le dessein de supprimer les escaliers d’Henri II et d’Henri IV, ou du moins de n’en faire que des escaliers secondaires ; pour les remplacer, il en aurait construit un immense dans un bâtiment qu’il ajoutait au pavillon du milieu de la façade du Louvre tournée vers les Tuileries. Blondel donne deux projets de cet escalier. Dans l’un il est circulaire , et la cage , en y comprenant des galeries qui en occupent le circuit, a vingt toises de diamètre; les repos entre les courses sont triangulaires , et la disposition n’en est pas heureuse. D’après l’autre projet, laçage de I escalier eut été carrée, et, en y faisant entrer les péristyles, elle aurait eu, selon les plans de Blondel, dix-neuf toises de long sur quinze de large; elle eut été décorée de colonnes avec toute la richesse de l’ordre corinthien.
J’ajouterai encore ici que l’intention de Perrault était de couvrir le Louvre avec des feuilles de cuivre, au lieu d’ardoises, et qu’il voulait y adapter le système de toiture et de charpente de Philibert de Lorme ; ce qui eut été très-avantageux pour la légèreté et la solidité.
11 est probable que pendant la vie de Perrault on respecta son ouvrage;
(t) Voyez J. F. Blondel , tom. IV, pag. 24, pi. 5.
LE L O U V H F
mais, apres sa mort, ce monument, n’etant plus l’objet d’un interet aussi direct, dut cire néglige (l): il le lut en effet, et de l’abandon où on le laissait on passa a la dégradation et a l’outrage ; car on ne peut guère qualifier autrement la manière dont on traita le Louvre. Ce palais, qui rappelait tant de souvenirs, et qui, pendant plusieurs siècles, agrandi, embelli par nos rois, avait etc ve'ne'rê comme un témoin des temps reculés de la monarchie, maintenant abandonné par la cour, semblait une proie dont on se disputait le partage. 11 était loin d’étre terminé : quelques parties en étaient encore brillantes de fraîcheur, d’autres attendaient la dernière main du sculpteur; et il semblait déjà qu’on ne les avait élevées que pour en faire de pompeuses ruines. Pendant les dernières années de son règne, Louis XIV, qui, dans les premières, avait attaché un grand honneur à compléter l’ouvrage de ses ancêtres , avait fini par le négliger. Cet exemple ne fut que trop suivi. Tel est le sort de ces vastes monumens où l’on n’a pas suivi un seul plan bien combiné, et auxquels concourent plusieurs générations de souverains et d’artistes : il est bien difficile que l’un ne change pas ce que l’autre a fait , et que , les idées, le goût et les convenances, ayant pris d’autres directions, on ne puisse
(1) Un état dressé année par année nous apprend quelles furent les sommes employées, de 1G64 à 1G90, aux palais et aux grands ouvrages de Louis XIV.
Cet état curieux est tiré d’un manuscrit authentique, dressé et signé par Mansard , et présenté par lui au surintendant des bâtimens. II est probable que ce compte rendu faisait partie de ceux du cabinet du Roi; il était refié en maroquin rouge et portait les armes de France. L’extrait suivant en a été fait pour servir à un rapport au gouvernement, par M. le comte d’Hauterive , conseiller d’état , chancelier et garde des archives du ministère des affaires étrangères. La copie qu’il a bien voulu m’en communiquer , est revêtue de sa signature , et cette pièce officielle me paraît assez intéressante pour être publiée, et ajoutée a ce que j’avais écrit, avant de la connaître, sur le Louvre et les Tuileries.
Mansard donne une liste de toutes les maisons royales et des édifices appartenant à Louis XIV.
Le château de Versailles et ses dépendances, cpii sont , Trianon , Clagny, Saint- Cyr, les églises de Versailles;
La machine de la Seine (de Marly) , l’aqueduc de la rivière d’Eure ( à Maintenon), Noisy, Moulineaux;
Le château de Marly ;
Le château de Saint-Germain en Laie , et le Val ;
Le château de Fontainebleau ;
Le château de Chambord ;
Le Louvre et les Tuileries ;
L’Arc de triomphe de Paris ( à la porte Saint-Antoine , par Perrault) ;
L’Observatoire (par Perrault) ;
Le bâtiment et l’église des Invalides (par Mansard) ;
La place royale de l’hôtel de Vendôme, et le couvent des Capucines ;
Le Val de Grâce, à Paris;
Le couvent de l’Annonciadc de Meulan ;
Le canal de communication des mers ;
La manufacture des Gobelins et celle de la Savonnerie ;
Les manufactures établies en plusieurs villes de France ;
Les académies de Paris et telle de Rome ;
Le Palais-Royal : Sa Majesté (Louis XIV) l’a donné en propre a M.Sr le Duc de Chartres , pour partie de la dot de Madame la Duchesse de Chartres;
La Bastille;
L’Arsenal ;
L’enclos du Palais ;
Le Châtelet ;
La Monnaie;
La Bibliothèque;
Le Jardin royal;
ET LES TUILERIES
s’appuyer de très-bonnes raisons pour autoriser ces changcmcns. En general, ce n’ètait pas ainsi qu’en agissaient les anciens, et, parmi tant d’autres
Le Collège de France;
L’hôtel des Ambassadeurs ;
La pompe du Pont-neuf;
La Tournelle ;
L’aqueduc d’Arcueil ;
L’hôpital ge'nèral;
La pépinière du Roule ;
Le château de Madrid;
La Meule de Boulogne (la Mnct(c) ;
Le château de Vincennes ;
Le château de Saint-Le'ger;
Le château de Limours;
Le château de Monceaux ;
Le château de Compiègne ;
Le château d’Amboise ;
Le château de Marimont;
Le jardin du Roi à Toulon.
Le château et domaine de Villers-Cotterets a etc donne' à Monsieur, en augmentation d’apanage ;
Château-Thierri , engage' à M. le duc de Bouillon ;
Le palais du Luxembourg , que le Roi a acquis depuis la mort de Mademoiselle ;
Le château de Meudon avec scs dépendances , qui appartient à Monseigneur ( Louis , Dauphin , mort à Meudon en 1711), au moyen de l’échange qu’il en a fait avec le château de Choisy, qui lui avait été légué par Mademoiselle.
Ces e'tablissemens , construits , agrandis ou réparés dans une période de vingt-six ans, à dater de 1G64 jusqu’en 1G90, ont coûté à l’état une somme de 153,282,827 livres 10 sous 5 deniers.