‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 3)Chapitre 85 sur 286 · INTÉRIEUR DU LOUVRE · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR DU LOUVRE

La salle des Caryatides , nommée d’abord salle des Gardes , ensuite des Cent-Suisses , et à laquelle les superbes caryatides de Jean Goujon ont fait donner le nom qu’elle porte aujourd’hui, fut aussi appelée le Tribunal, ainsi qu’on le voit dans les plans de du Cerceau. A tous égards, soit par sa beauté , soit par son ancienneté , elle mérite d’attirer la première les Regards dans une description de l’intérieur du Louvre. Nous avons vu que, fondé sur plusieurs motifs, on pouvait en faire remonter l’origine à Charles V et même à Philippe-Auguste, et qu’elle a conservé des traces non-seulement de sa première construction, mais même de son ancienne distribution. Nous nous sommes trop occupés de la chapelle basse de Jeanne de Bourbon, qui était dans l’emplacement de la première partie de la salle des Caryatides, de la salle basse de cette reine, et d’une autre chapelle, que la salle proprement dite des Caryatides , ou sa seconde partie, a remplacées, pour qu’il ne fut pas superflu de revenir sur ce sujet.

Il paraît que la salle dont nous allons donner la description fut une des parties du Louvre vers lesquelles se dirigèrent les premiers travaux, lorsque François I.er et Henri II entreprirent l’entière restauration de ce palais, et qu’elle devint alors la salle des Gardes qui précédait l’appartement de

sur son cœur , aussi en ronde-bosse , fit partie de l’exposition de 181G, et Sa Majesté Louis XVIII en agréa l’hommage.

Psyché abandonnée parut au salon de 1818, et mérita une médaille. Parmi les autres ouvrages de M. Matte , on peut citer le buste de Van Dyek en marbre , placé dans la grande galerie du Musée royal, et celui de M. Poivre, commandé

par le ministre de la marine. Ce sculpteur a aussi rétabli pour l’église de Charnp- Motcux , entre Etainpes et Fontainebleau, la statue du chancelier de l’Hôpital, en grande partie mutilée, et il a exécuté en marbre pour l’église de Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand deux monumens consacrés l’un à la mémoire de Louis X\ I , et l’autre à celle de Pie VI.

Catherine de Médicis. Formant , par un vestibule qui était sous l’escalier d’Henri II, la principale entrée dans l’inteïieur du Louvre , elle devait , par la richesse de son architecture, annoncer la magnificence du palais : aussi Pierre Lescot, aide des talens de Jean Goujon et de Paul Ponce, y depIoya-t-il un grand luxe d’ornemens ; cependant il n’y prodigua ni le marbre, ni la dorure, qui brillaient avec profusion dans d’autres pièces du château destinées aux appartenions de la famille royale. L’architecture et la sculpture n’eurent à s’exercer que sur de la pierre, très- belle il est vrai , et qui s’est si bien prêtée à toute la délicatesse du ciseau, qu’elle est travaillée avec une recherche et une linesse qui ne le cèdent pas à ce que Goujon et Paul Ponce auraient pu obtenir du marbre. Mais, avant d’entrer dans de plus grands détails sur les différentes parties de cette salle, je crois qu’il est à propos de prévenir que l’on se tromperait étrangement, si l’on pensait qu’elle ait été entièrement décorée par les habiles artistes qui en commencèrent les travaux. Loin de les avoir terminés , ils n’en exécutèrent qu’une très-petite partie , et l’on verra tout-à-l’heure que Paul Ponce, qui s’était chargé des ornemens, et de la mort de qui l’on ne connaît pas l’époque, ne dut probablement pas les continuer longtemps' après la mort de Lescot (en 1578) et celle de Goujon (en 1572). A cette époque, s’il vivait encore , il devait être très-âgé, étant venu en Fiance vers 1530. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’y eut rien d’ajouté à ce que ces sculpteurs avaient laissé d’incomplet dans cette salle , et que sous Charles IX , Henri III , Henri IV et Louis XIII , on n’y travailla pas , du moins pour la terminer. Sous Louis XIV , Perrault fut trop occupé de sa colonnade et des bouleversemens qu’il exécutait au Louvre, pour achever une salle projetée par d’autres et qui n’entrait pas dans ses plans. Il y eut une epoque du règne de Louis XV où l’on fut loin d’y songer, puisque le cardinal de Fleury, effrayé des dépenses qu’occasionneraient l’achèvement et même l’entretien du Louvre , avait proposé de l’abattre et d’en vendre les matériaux; et lorsque M. de Marigny, dont la mémoire doit être chère à ceux qui s’intéressent aux arts et aux monumens, fit reprendre des travaux depuis si long-temps délaissés, cet heureux mouvement qu’il avait imprimé fut de trop courte durée et il y eut trop de désastres à réparer, pour qu’on put pensera compléter l’ornement d’un palais dont le premier besoin était d’être sauvé d’une ruine totale. L’abandon où il retomba pendant plusieurs années, malgré le désir qu’avait Louis XVI de le terminer et à l’accomplissement duquel tant de tristes circonstances s’opposèrent, frappa presque toutes les parties du Louvre, et la salle des Caryatides dut, comme les autres, être victime de cet oubli général. Enfin , il faut le dire ou l’avouer, quelqu’étrange qu’un pareil aveu puisse paraître, il y avait au moins deux cent vingt ans que l’on ne s’était occupé, si ce n’est pour la dégrader, de la belle salle des Caryatides, lorsqu’en 1806 MM. Percier et Fontaine lurent chargés de la terminer.

Il est bon de constater ici, ce que l’on ignore généralement, qu’il n’y avait alors de terminé en sculpture que les caryatides, une très-petite partie de la tribune quelles soutiennent, quelques pieds de l’entablement dans

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cette partie de la salle, et deux chapiteaux ; les autres, ainsi que les ares doubleaux, n étaient encore qu’en pierres d’attente, et les cannelures des colonnes n’existaient pas. Le peu do sculpture ornementale exécutée par Paul Ponce put servir de modèle pour les parties analogues; mais il y en avait beaucoup où ces ornemens, qui demandaient à être varies, ne devaient pas être répétés. Aucun dessin n’avait transmis les projets des premiers artistes, et ce ne fut qu’en se réglant sur le style d’autres ouvrages de Jean Goujon et de Paul Ponce épars dans le Louvre et ailleurs, et d’après leurs propres idées, que MM. Per cier et Fontaine firent exécuter les immenses et magnifiques détails de l’architecture et des ornemens de cette salle , avec une perfection qui tromperait certainement les yeux de Lescot, de Goujon et de Paul Ponce, au point de leur faire croire qu’ils sont sortis de leurs mains. Mais, en offrant les détails de cette salle , plus remarquable encore sous le point de vue de la décoration et du travail que sous celui de sa disposition architectonique , il sera facile de prouver qu’elle a presque autant d’obligations à nos architectes et à nos sculpteurs actuels qu’à ceux qui l’avaient conçue.

C’était proprement la première partie de la salle des Caryatides, ou ancienne chapelle de Charles V, qui s’appelait le Tribunal ; du Cerceau, dans les plans de qui l’on trouve ce nom, ne dit pas ce qui l’avait fait donner à cette salle. De son temps , comme aujourd’hui , il y avait une grande cheminée; mais on voit par les dessins donnés par cet architecte, qu’alors elle était très-simple, sans ornemens, et que dans la partie supérieure elle était terminée parles armes de France. La cheminée actuelle, d’une grande beauté dans l’ensemble et dans les détails ( voy . pi. 41, 42), a été ajustée avec un goût exquis par MM. Percier et Fontaine, qui ont réuni des fragmens de sculptures du temps de François I.er et d’Henri II pour en former cette riche et élégante composition. Les morceaux qui manquaient ont ete remplacés avec une adresse qui ne permet pas de distinguer ce qui a ete refait et ajouté aux parties anciennes , et il est difficile de trouver une réunion d’ornemens de tout genre combinée avec plus d’art et d’une execution plus achevée. La cheminée elle-même, entièrement moderne, a ete exécutée dans les ateliers de M. Belloni, habile mosaïquiste du Musée royal, et on lui a donné tout le caractère de celles du xvi.c siècle. Les deux statues de Bacchus et de Cérès {voy. pl. 42, 46) accompagnent bien cette riche composition , et l’on dirait qu’elles ont été faites pour occuper la place qu’on leur a donnée. Il n’en est pourtant rien, et l’on ne sait même pas l’endroit où elles étaient autrefois , ni la manière dont elles y étaient disposées. II paraîtrait cependant, par l’analogie de leurs poses, qu’elles ont été destinées à se servir de pendant, et qu’en les restaurant, car elles étaient très-mutilées, dans toutes leurs parties, lorsqu’on les trouva à terre dans cette salle au milieu de débris, on a saisi la pose qu’elles devaient avoir lorsqu’elles étaient dans leur intégrité. 11 serait trop long et inutile de détailler toutes les difficultés que l’on a rencontrées lorsqu’on a voulu faire entrer ces statues dans la composition de ccttc cheminée, et il a lallu que les combinaisons des architectes aient été bien secondées par l’adresse

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