LE I
lo caractère d uqc haute antiquité. Peut-être le peintre n’aurait-il pas du mettre la couronne sur la tête du roi; car, s’il l’avait eue et que son costume eut été très-différent de celui de son secrétaire, Scévola, qui depuis quelque temps était dans le camp étrusque, n’aurait pas pris l’un pour l’autre; et si l’on voyait emporter le corps du secrétaire, la scène s’expliquerait encore mieux.
Le sénat offre À Cincinnatus la pourpre de dictateur (pl. 87). — Les Volsques et les Equcs tenaient les Romains assiégés étroitement dans leur camp; le sénat, dans ce pressant besoin , nomma dictateur L. Q. Cin cinnatus, vieillard d’une probité, d’un courage et d’une fermeté à toute épreuve. Cette composition offre le moment où les envoyés du sénat trouvent Cincinnatus près de sa chaumière, occupé à bêcher son modeste jardin ; ils le pressent de se rendre aux vœux de Rome et de lui prêter le secours de son expérience : la femme de Cincinnatus paraît les écouter avec surprise. Cette scène est claire et bien rendue. On pourrait cependant trouver que la manière dont Romanelli a caractérisé Rome parla statue du Tibre, ne convient pas à cette époque; que Cincinnatus, l’homme le plus simple qu’il y eut, prend une attitude trop théâtrale, et que le costume manque d’exactitude; car on ne doit jamais, surtout dans ces temps reculés, représenter les Romains ni les Romaines avec des manches longues.
Enlèvement des Sabines (pl. 88). — Romanelli a développé du talent dans cette composition, dont le dessin soutenu ne manque ni de fermeté dans les figures des guerriers romains , ni d’élégance dans celles des Sabines qu’ils enlèvent. Si le peintre a trop étendu la scène, et si ses groupes dispersés ne se lient pas assez les uns aux autres, on peut croire qu’il a été en partie conduit à cette disposition par l’espace long et peu élevé qu’il avait à remplir, et il a voulu y mettre du mouvement sans y jeter de confusion. L’intérêt aussi, trop divisé, n’est pas appelé et fixé sur un groupe principal. Mais ce qui serait un défaut dans un tableau que l’on peut saisir d’un coup d’œil, est moins marquant dans une peinture que sa longueur ne permet pas devoir dans son ensemble, et qui offre, pour ainsi dire, successivement les differentes parties d’une grande scène aux regards du spectateur qui la parcourt. Quoique, sous le rapport du mouvement, de la chaleur et de l’énergie de l’expression , et sous celui de la pureté et de la sévérité du dessin, l’on ne puisse pas comparer cette fresque de Romanelli aux tableaux où le Poussin et David ont traité le même sujet , cependant elle mérite de fixer l’attention. Ï1 serait superflu de discourir sur le coloris, qui est très-altéré, et qui a perdu toute son harmonie; mais il ne sera pas hors de propos de consigner un fait que m’a rapporté un des peintres employés autrefois aux restaurations des anciennes peintures du Louvre, et ce fait donne une idée du soin que l’on avait mis dans leur exécution : on trouva sur les corniches des restes du bleu qui avait servi dans les draperies, dans les ciels et dans les fonds de ces peintures, et ce bleu n’était autre chose que de l’outremer et de la cendre bleue fl est probable que ces couleurs n’étaient pas alors aussi eheres
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quelles le sont aujourd’hui; il v a cependant lieu de s’étonner qu’on les ait ainsi prodiguées, et qu’on en ait rejeté, comme inutiles, des portions considérables qui pouvaient encore servir. L’emploi de cette couleur est, au reste, en partie cause du manque d’accord qui règne dans le coloris de ces fresques : les couleurs mêlées à l’outremer ont pâli et change' de ton; tandis que, résistant aux efforts du temps, il s’est conservé pur et se montre aujourd’hui avec trop de crudité.
Continence de Scipion (pl. 88). — Romanelli a représenté le moment où le jeune général romain, n’écoutant que la voix de la vertu et réprimant l’amour que lui avait inspiré une belle captive qui lui était échue en partage en Espagne , la rend intacte à sa famille et refuse les présens qu’elle lui offre. Quoique l’on put desirer plus d’expression dans les traits et dans le mouvement de Scipion , au moment où il renonce à l’objet de son amour, et plus de sensibilité dans la jeune fille, dont le coeur devrait être partagé entre la reconnaissance pour son généreux vainqueur et la joie de retrouver sa famille, cependant cette composition, dont les figures sont bien dessinées et bien disposées, se fait remarquer par sa simplicité et par la manière claire dont le sujet est rendu.
La Poésie et l’Histoire célèbrent les hauts faits de Rome ( pl. 89 ). — Porté sur des nuages au milieu d’un ciel brillant de lumière, un groupe de déesses occupe le milieu de la composition qui décore ce plafond. Appuvée sur sa Ivre, la Poésie se livre aux pensées élevées que lui inspirent les grandeurs de Rome; l’Histoire, en montrant au Temps le génie de l’immortalité, semble lui ordonner de respecter les chefs-d’œuvre et les souvenirs de la maîtresse du monde, que l’on reconnaît à son costume guerrier et que couronne le génie de la gloire. La Renommée , fidèle messagère de Rome , la contemple avec plaisir et va publier de nouveaux triomphes. Dans son attitude un peu maniérée, dans son costume et dans son expression, Rome n’a pas ce caractère de grandeur qui conviendrait à la cité conquérante; les autres figures, quoiqu’on puisse leur reprocher çà et là d’être lourdes et mal ajustées, sont mieux d’action et de dessin. Le Temps surtout, malgré quelques rondeurs, offre un dessin d’un beau sentiment, et la tête a du caractère et de l’expression. En somme, ce plafond, lorsqu’il était dans sa fraîcheur, devait être léger de ton et cl’un bel effet.
La salle du Centaure ( pl. 90), qui suit celle des Romains, terminait autrefois de ce côté les appartenions d’Anne d’Autriche ; mais elle était alors divisée en deux parties, que l’on voit indiquées dans le plan de J. F. Blondel , et dont les deux plafonds montrent les dispositions. Le premier, en entrant, était celui de la chambre à coucher de la Reine : le second n’existait pas autrefois; la pièce où il se trouve, et qui donne sur la rivière, était le grand cabinet d’Anne d’Autriche, dont il est souvent question dans les Mémoires de M.,nc de Motteville, et où elle travaillait avec ses ministres. Ces deux chambres étaient décorées avec beaucoup de goût et de richesse.
Les parquets, des bois les plus rares, offraient d’élégans dessins; les murailles, (pii n’etaient pas alors telles qu’on les voit aujourd’hui que les portes en ont été agrandies, étaient ornees d’arabesques très-variées et de peintures. Elles étaient de Romanelli : il avait représente" dans le plafond Minerve assise sur un trophée d’armes; les sujets des autres tableaux peints sur les murailles étaient Moïse sauve des eaux, le Passage de la mer Rouge, Moïse faisant aussi sortir l’eau du rocher, la Manne, le Veau d’or, les Filles de Je'thro, les Cailles tombant dans le camp des Israélites. Toutes ces peintures ont disparu, de même que de jolis paysages dont Patel et son fils avaient orne" les portes richement sculptées. Les volets et les embrasures des fenêtres étaient couverts de peintures soignées et rehaussées d’or, et. sur des portes étaient des portraits de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, de Louis XIV et de Marie-The'rèse.
Les figures de ronde-bosse ( pl. 91, 92) qui décorent les voussures du plafond, sont de Michel Anguier; d’Argenville, du moins, les lui attribue, quoique d’autres les aient données à Girardon. J’ai suivi l’opinion de cet écrivain; mais il est à croire que, lorsqu’on changea les dispositions de ces chambres et que l’on n’en fit qu’une seule salle , on ne put pas conserver les sculptures en plâtre placées dans les angles qui touchaient au mur de séparation, et celles que l’on a refaites dans les deux côtés et qui représentent la Force guerrière et la Renommée. Minerve et le génie de la gloire ( pl. 91, 92) sont de De Joux (1), un des sculpteurs qui ont fait le plus
(1) De Joux naquit en 1731, k Vadans , près d'Arbois, d'une famille pauvre, mais qui autrefois avait eu de l’illustration, et k laquelle avait appartenu l’ancien château de Joux en Franche-Comté. Destine' dans sa jeunesse k devenir ou menuisier, ou tourneur, ce ne fut qu’a vingt-cinq ans qu’ayant fait un voyage k Marseille , De Joux s’enflamma k la vue des ouvrages du Puget, et se sentit naître la noble ambition de devenir statuaire. Familiarise' avec le travail du bois, il s’exerça, de même que le Puget, qui d abord avait été sculpteur en bois , k façonner des figures de cette matière, dont le travail présente des difficultés et conduit aisément k celui du marbre. De Joux sculptait ou plutôt taillait du bois et de la pierre; mais les notions du dessin, les seules qui puissent produire des ouvrages dignes de la sculpture, lui manquaient presque entièrement. II voulut les acquérir. Étant parti pour Paris, il fut recommandé k Guillaume Coustou , habile sculpteur , qui l’admit dans son Atelier, où Julien tenait le premier rang parmi ses élèves. De Joux ne tarda pas k se
lier avec lui , k profiter de ses exemples et de ses conseils, et il trouva dans ce camarade, pour ainsi dire, un second maître, qui lui faisait retirer plus de profit des leçons de Coustou. Bientôt De Joux, par un travail opiniâtre, acquit assez de talent et de pratique pour pouvoir aider Julien dans ses ouvrages, et ils travaillèrent de concert. Celui-ci , ayant remporté le grand prix, devait aller k Rome : De Joux, n’ayant pas obtenu les mêmes succès, ne pouvait pas y suivre son ami comme pensionnaire du Roi ; mais il s’était préparé k ce voyage , et, employant toutes les ressources de la santé la plus robuste , il avait travaille' jour et nuit avec une telle assiduité, qu’il s’était mis en état de le faire k ses frais. Les six ans que De Joux passa k Rome furent employés sans relâche k l’étude, k laquelle il se livrait avec une ardeur et un courage infatigables. Assez heureux pour savoir sentir et apprécier les beautés et le génie des anciens, il fut un des premiers parmi nos sculpteurs qui cherchèrent k empreindre leurs ouvrages du noble caractère de l’antique. A son retour k Paris,
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d’honneur à notre école moderne : il a su accorder ses compositions élégantes avec celles de Michel Anguier.
Nous commencerons la suite des peintures de cette salle par celles de Romanelli.
Judith et Holoferne ( pi. 93 ) est le premier sujet au-dessus de la porte d’entrée : l'intrépide Israélite est sur le point d’immoler au salut de Uethulie le general ennemi, plonge dans le sommeil; sa servante, en prière, attend avec angoisse l’issue de cette terrible scène. Au pied du lit sont les armures d’Holoferne, et dans le fond du tableau on voit , à la clarté de la lune, les tentes du camp. La composition de ce tableau est froide et sans expression; je ne parlerai pas du style, qui est nul, et dont le caractère n’appartient à aucun pays.
Estheu et Assuerus ( pl. 93 ). — Le roi des rois se lève avec empressement de son trône et va toucher de son sceptre la timide Esther, que soutiennent deux de ses femmes, et qui se sent défaillir en paraissant devant le monarque persan. Le groupe de femmes a de la grâce, et c’est la meilleure partie du tableau.
La Tempérance et la Paix ( pl. 93 ). — Si ce n’est sa pose tranquille, rien dans cette femme armée ne caractérise la paix d’une manière particulière : mais cette figure qui assujettit un lion au frein , peut se faire recon-
on s’aperçut de l'avantage qu’il avait retire’ des leçons de ces grands maîtres : le morceau de réception qu'il présenta en 1779 a l’académie , frappa les connaisseurs par un style à la beauté duquel on n’était pas habitué, et qui était bien supérieur de caractère et de pureté a ce que produisait alors la sculpture ; c était un S. Sébastien mourant. Cette figure , en marbre , était petite et n’avait que deux pieds et demi de proportion ; mais De Joux était porté vers les grandes conceptions, et il eut aimé a s’exercer sur des figures colos-
sales. Rarement satisfait de ses productions , il travaillait avec lenteur etréflexion, et mettait le plus grand soin à tout ce qu’il exécutait : aussi avait-il projeté beaucoup de grands ouvrages qu’il n’eut pas le temps de terminer. On vit de De Joux, au salon de 1781, le modèle de la belle statue de Catinat , dont il produisit, en 1783, le marbre, qui est aujourd'hui au Louvre dans la salle des généraux français. Ce fut au même salon qu’il mit un Achille de sept pieds de proportion. Pkilopwmcn buvant
la ciguë parut en 1785 , et le groupe d’Ajax et de Cassandre fit partie de l’exposition de 1787; c’est le plus bel ouvrage de De Joux , qui s’y distingua par la noblesse de la composition , la correction du dessin , la grandeur du style. Cette même année, il y eut encore de lui un bas-relief de six pieds de proportion qui représentait Phryxus monté sur le belier à toison d’or. Cet habile sculpteur fit aussi un assez grand nombre de beaux bustes. En 1795, il prit place à l’Institut; en 1802, il fut décoré de l’ordre de la Légion d’honueur, et en 1 816 il fut de l’académie des beaux arts. Doué d’une santé à toute épreuve, et d’un caractère aussi sévère et aussi inflexible que l’était sa probité, ce vénérable vieillard se livra , presque jusqu’à ses derniers momens , aux occupations de son art et aux soins qu’il donnaitàses élèves. La mort le surprit à quatre-vingt-cinq ans, en 181G,aumilieu de ses travaux. M. Quatremère de Quincy, dans la séance du 30 octobre 1818, prononça son éloge, qui m’a fourni la plus grande partie de cet article.
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naître pour lu déesse de lu tempérance; d’un bon mouvement et d’un dessin soutenu, elle est mieux que lu Paix dans son ensemble et dans ses details.
La Justice et l’Abondance ( pl. 93 ). — Lu première de ces deux divinités allégoriques s’appuie sur le code «les lois, et tient une règle et une epée, emblèmes de ses devoirs et de su puissance; la branche d’olivier et la corne d’abondance qui servent d’attributs à lu seconde de ces déesses , annoncent assez que c’est à la paix qu’elle doit ses richesses. Au reste, cette composition est froide et manque de liaison , et les draperies sont en général lourdes et sans souplesse.
La Continence ( pl. 87 ). — Romanelli a développé ici plus de talent et a répandu plus d’intérêt dans cette scène, à laquelle concourent tous les personnages qui la composent. L’Amour s’était approché de la Continence, qui parait effrayée du danger qu’elle vient de courir, et au secours de qui arrive la Vertu, qui, un lis à la main, emblème de sa candeur, éloigne le dieu malin. Ces figures , vraies et simples d’attitude, sont bien conçues , et l’ajustement en est beaucoup meilleur que dans celles que nous venons devoir.
La Prudence ( pl. 87). — La Prévoyance présente un miroir à la Prudence, que fait reconnaître le serpent qu’elle tient à la main. Auprès d’elles est une lampe, qui rappelle qu’elles doivent veiller sans cesse. Ces figures, surtout la Prudence, sont drapées avec goût, et la pose et le dessin de celle-ci ont beaucoup de naturel. Il n’est pas hors de propos de faire remarquer que Romanelli ne s’est pas mis en frais d’imagination pour les fonds de ces différens tableaux, et qu’il a toujours eu recours à de grands rideaux pour détacher les personnages.
Le plafond qui se présente à l’entrée de la salle , est aussi de Romanelli.
La Religion ( pl. 95 ). — Tenant en main le serpent, symbole de l’éternité, dans un costume grave, et la tête couverte d’un voile, la Religion est assise sur des nuées au milieu du ciel, qu’elle éclaire de sa splendeur. Près d’elle sont groupées la Foi, dont le faisceau annonce la force, et la couronne, les récompenses; l’Espérance, et la Charité, qui presse de jeunes enfans sur son sein. Ce dernier groupe , plein de grâce, donne du charme à toute cette partie de la composition.
Aux deux extrémités de la salle, Michel Anguier a représenté, dans des bas-reliefs qui imitent le bronze, l’Etude et la Méditation, et le génie de la gloire (pl. 82).
Les autres peintures de cette salle sont dues à des peintres de notre école moderne.
L’Hercule français (pl. 95) , par M. Hennequin (1). — C’est un Hercule
(1) M. Philippe-Auguste IIennequin, ue à Lyon en 17G5, est élève de Taraval, de Gois, de Brenet et de David. On a vu
de fui, au salon du Louvre, en 1796, Paris s'arrachant des bras d’Hélène pour aller combattre Alénélas ; un por-
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paisible : sa massue est entourée de branches d’olivier; il se repose après avoir terrasse' la Discorde et l’Envie; les génies des sciences et des arts s’empressent autour de l’autel de l’immortalité ; le génie de l’abondance répand ses richesses sur la terre, et la Gloire lui présente le symbole de la paix.
L’Etude et la Renommée (pl. 89), par Perron (l). — Tenant à la main un (lambeau, symbole de ses veilles, l’Etude se livre dans le calme de la nuit à de savantes recherches : une palette, un bas-relief, un globe et un livre indiquent qu’elles ont pour objet les sciences et les arts; près d’elle, la Renommée promet à ses travaux une couronne de laurier et une palme, nobles récompenses du mérité. Le coq doit être ici l’emblème de la vigilance , et peut aussi faire allusion à la France. On pourrait trouver que la figure delà Renommée n’est pas assez grandement pensée, et que son costume manque de dignité.
La Victoire et les Génies des arts (pl. 89 ), par M. Lethière (2). —
trait du general de brigade Marmont se distinguant à l’attaque de Malte; en 1799, le Dix Août , tableau allégorique , et les Remords d'Orestc ; en 1804, la bataille de Quibcron ; en 1 80G , la bataille des Pyramides , et la Distribution des croix de la Légion d’honneur à l'armée de f Ouest.
(1) Jean-François-Pierre Peyron, ne' à Aix en Provence en 1744, fut e'iève de Lagrenée l’aîné; agréé à l’académie en 1785, il y fut reçu en 1787. Cette même année il était inspecteur des Gobelins. Il est mort le 20 janvier 1815 à Paris. N’ayant pu me procurer des renseignemens particuliers sur la vie et les études de ce peintre de mérite, je me bornerai à indiquer les principaux ouvrages qu’on a vus de lui aux diverses expositions du Louvre. En 1785, il parut de lui deux tableaux : l’un, de 10 pieds carrés, commandé par le Roi, représentait la Mort d’Alceste au milieu de toute sa famille ; l’autre , plus petit, offrait Socrate arrachant Alcibiade aux charmes de la Volupté. Les sujets que Peyron traita en 1787 furent Curtius refusant les présens des Samnites, et la Mort de Socrate, esquisse dont le tableau, de 13 pieds sur 10, pour le Roi, ne fut exposé qu’au salon de 1789. En 1791 il n’y eut de lui que des dessins, des figures académiques peintes, et une es-
quisse, Ulysse demandant i hospitalité à Nausicaa. Il peignit ce tableau sur bois, et le mitau salon de 1798, ainsi que de beaux dessins : les jeunes Athéniens tirant au sort pour être livrés au Minotaure ; Catilina faisant prêter serment aux conjurés. A l’exposition de 1799, on vit de Peyron le Temps , Minerve et le génie de i lus toire décernant V immortalité aux grands hommes. En 1800 , il n’y eut de ce peintre que des dessins. Pendant plusieurs années il ne mit rien au salon : il n’y reparut qu’en 1804, avec un grand tableau qui représentait Paul-Emile , vainqueur de Po sée roi de Macédoine , cherchant à relever le courage de ce prince. Le sujet qu’il traita en 1806, fut Œdipe à Colone, soutenu par Antigone, et maudissant Polynice, tandis qu’Ismène implore son père en faveur de son frère. La mort du général Valliubert fournit en 1808 une composition intéressante à Peyron, qui mit au salon pour la dernière fois en 1812 deux tableaux : l’un , l’Ecole de Pythagore , l’autre , l' Entretien de Dèmocrite et d’Hippocrate.
(2) M. Guillaume-Guillon LethiÈre, né à la Guadeloupe en 1760, fut d’abord élève de M. Descamps à Rouen, jusqu’en 1777, époque vers laquelle il entra dans l’atelier de M. Doyen. Quoiqu’on 1785 il n’eût obtenu que le second grand prix , on
LE LOUVRE
Ce trophée d’armes, ce caclucee, cette branche d’olivier, que le peintre a introduits dans sa composition , indiquent assez que, dans la guerre comme dans la paix, la France a vu fleurir dans son sein ces beaux arts qui ont tant contribue à sa gloire , et qui sont les plus brillans fruits de la victoire et de la paix.
Des jolis groupes de génies qui remplissent six médaillons du plafond de cette salle, quatre sont de Romanelli (pl. 94). — Les Génies des eaux. — Les Génies du temps. — Les Génies de la justice. — Les Génies de la gloire. — Ils sont en general dessines avec grâce; le ton de couleur en est leger, et l’effet agréable. Les deux autres médaillons sont de Prudhon et de M. Guérin.
Génies des arts ( pl. 94), par Prudhon ( voij. p. 505). — C’est sans
jugea que son tableau et ses tafens fe rendaient digne d’aller à Rome , et M. le comte de Montmorin , par une faveur spéciale du Roi, lui fit accorder la pension. M. Lethière partit alors pour Rome avec MM. Percier, Baltard, Bernier et Auguste Beudot, tous quatre architectes. Ce fut pendant son se'jour it l’e'cole de France à Rome , qu’il s’occupa de la grande composition de la mort des fds de Brutus , tableau qu’il n’exe'cuta que long-temps après. De retour à Paris , dans des temps de troubles peu favorables aux beaux arts , M. Lethière fut pendant plusieurs anne'es sans pouvoir travailler et mettre il profit les e'tudes auxquelles il s’e'tait livre' il Rome ; cependant, en 1794, il repre'senta dans un grand tableau Virginius qui tue sa fille pour sauver son honneur. On vit aussi de lui, cette année-là, Ilerminie chez les bergers , et les Grâces dérobant la ceititurc de Vénus. Lorsque le calme reparut et que les artistes purent reprendre leurs travaux d’une manière utile , son tableau de Philoctète, qui est au palais des Députés, lui mérita en 1798, sous le ministère de M. François de Neufehâteau , l’honneur de partager avec Girodet le grand prix qu’on décernait aux ouvrages les plus remarquables. En 1807, M. Lethière fut nommé directeur de l’école de France à Rome , et il exerça cette place aussi importante qu’honorable jusqu’en 1816. En 1818 , il fut reçu à l’académie des
beaux arts. Parmi les productions de ce maître , on cite, comme les principales, en 1812, la Mort des fils de Brutus, tableau qui lui fit obtenir la décoration de la Légion d’honneur, et qui a été placé au musée du Luxembourg; en 1 797, le Sommeil de Vénus, deux jeunes Femmes au bain jouant avec un cygne ; en 1 806 , les Préliminaires de la paix de Léoben, le Passage du pont de Vienne , le Jugement de Paris sur le mont Ida, Homère chantant ses poèmes. Ces deux derniers tableaux ont passé en Angleterre. Le Départ et la Mort d‘ Adonis ont fourni les sujets de deux tableaux de chevalet, acquis par M. le duc de Berwick d’Albe, ainsi qu’une Prédication dans les catacombes. Ne pouvant pas indiquer toutes les productions de M. Lethière, j’ajouterai à celles que j’ai nommées, Caton d’ U tique, Archimède méditant , Jésus-Christ dans le jardin des Oliviers; en 1822, S. Louis visitant et touchant les pestiférés , Esculape nourri par une chèvre , Romulus et Rémus allaités par une louve et trouvés par le berger Faustulus ; en 1824, François I.er, entouré des savons qu’il protégeait, institue le collège royal. M. Lethière a aussi traité avec succès le paysage dans le style héroïque, et, entre autres sujets , il a représenté la Tempête qui force Fnée et Didon à sc réfugier dans une grotte, et qui fut si favorable à leurs amours.