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cloute pour indiquer que la carrière des arts, avec les succès qu’on peut y recueillir, est ouverte à l’un et à l’autre sexe, que Prudhon a représente' ses Renies sous les figures de deux enfans ailés et des deux sexes , qui se tiennent embrasses et s’élèvent vers le ciel. On y retrouve le caractère que ce maître s’était approprié et qu’il donnait à tous ses ouvrages.
Génies de l’immortalité ( pl. 94), par M. Guérin (1). — L’un tient une couronne étoilée, celle de l’autre est de laurier, double emblème de la gloire qui attend le génie sur la terre, et qui le porte jusqu’aux cieux.
(1) M. Pierre-Narcisse Guérin, né à Paris en 1774, est élève de Brenet, «le Taraval , et de M. le chevalier Régnault, anciens académiciens. En 1797, il remporta le grand prix de peinture. Reçu à l’académie en 1814, il fut décoré de la croix delà Légion d’honneur, lors de l’institution de cet ordre; en 1819, il fut fait chevalier de Saint-Michel , et en 1823 il a été nommé directeur de l’école royale de France à Rome. Parmi les ouvrages de cet habile maître qui ont paru avec succès aux différentes expositions , on doit citer, en 1795, Géta assassiné par les ordres de Caracalla , et un grand dessin qui représentait la jeunesse romaine défendant Coriolan condamné à mort par un tribun. Ce fut au salon de 1799 que parut le Marcus Sextus de retour à Rome après un long exil et trouvant sa fille en pleurs auprès de sa femme expirante. Ce tableau fit un grand honneur a M. Guérin , et assura sa réputation. 11 y eut aussi de lui, cette année, un petit tableau qui offrait une scène de séduction. La belle composition de Phèdre et Hippolyte, qui fit partie de l’exposition de 1802, a reçu les honneurs du Luxembourg.
N’ayant pu, en 1797, par suite des circonstances politiques, profiter des avantages que lui offrait son grand prix et aller à Rome , M. Guérin fit ce voyage en 1803. Ce ne fut qu’à son retour que l’on vit de lui au Louvre de nouveaux ouvrages attendus avec impatience depuis long-temps par le public. En 1808 , il mit au salon le général en chef Bonaparte pardonnant aux récoltés du Caire , et un tableau intitulé Amyntas , qui représente deux bergers qui, à l’ombre d’un arbre ,
près d’un tombeau, écoutent une jeune fille. Vers la même époque, on vit de M. Guérin un Père et ses Enfans qui présentent des offrandes à Eseulape en action de grâces pour la santé qu’il a rendue à leur père. En 1810, M. G uérin prit pour sujet de sa composition Pyrrhus qui, cédant aux prières d’Andromaque , et malgré les menaces d’Hcrmione, refuse à Oresle de livrer Astyanax aux Grecs. Il y eut encore de lui, cette année, un autre grand tableau, l’Aurore et Céphale : la jeune déesse , éprise de Céphale, vient de l’enlever à son épouse Procris ; l’Amour et Zéphirc célèbrent son triomphe, et répandent des fleurs sur la terre. Ce tableau fait partie de la précieuse collection de M. de Sommariva. Les deux sujets que fit paraître, en 1817, M. Guérin, étaient de caractères bien différens. Dans l’un, Clytemnestre, incertaine, hors d’elle-même , excitée par Egisthe, est sur le point d’assassiner Agamemnon plongé dans le sommeil; c’est un effet de lampe et une scène d’horreur.
Dans l’autre, c’est le ciel brillant des côtes de Carthage et une scène de la plus douce volupté : Enée raconte à Didon ses aventures; Anna, sœur de Didon, et Cupidon sous les traits d’Ascagtie, les écoutent; la belle reine de Carthage est tout entière à l’intérêt que lui inspire le héros troyen , et l’ardente langueur de scs yeux décèle l’amour qui la dévore. Ces deux grandes compositions ont été placées au Luxembourg. En 1819, M. Guérin consacra son pinceau à deux héros de la Vendée , Henri de la Rochejaquelcin et le prince de Talmont : ces deux portraits historiques appartiennent à M.m« la princesse de Talmont.