‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 3)Chapitre 93 sur 286 · LE L 0 U V R E · texte numérisé non relu

LE L 0 U V R E

La salle qui suit, en retour sur la Seine, celle du Centaure, très-simple aujourd hui d’architecture et sans ornement , était autrefois très-riche ; Anne d Autriche l’avait divisée en plusieurs pièces qui avaient diverses destinations ( voy. pag. 3G3 et la note de la page 394). Une de ces pièces avait ete ornée de statues antiques; ce qui lui avait fait donner le nom de salle des antiques. Cette partie communiquait avec des chambres qui donnaient sur la cour, et avec un escalier qui occupait une partie du local du secrétariat actuel du Musée royal. C’était là qu’était il y a vingtcinq ans la salle des Muses. 11 paraît, d’après les dispositions que l’on peut combiner en lisant les Mémoires de M.me de Motteville, que cet escalier servait de communication des appartemens d’Anne d’Autriche avec une partie de ceux de Louis XIII et des princesses. Cette salle des antiques était ornée de marbres rares, de colonnes, et de niches où étaient placées les statues. Il y avait aussi de très-riches boiseries, et ce qu’on appelait alors des cabinets, qui étaient ou en laque de la Chine ou en panneaux vernis et décorés. Les peintures, sur lesquelles nous n’avons aucun détail, étaient de Bunel, dont il a déjà été question page 49ü. Parmi les statues, Sauvai cite un nègre, un très-joli joueur de flûte, une Vénus d’après l’antique, par Baccio Bandinelli, et cette meme belle Diane à la biche qui fait aujourd’hui, comme autrefois, l’ornement de cette salle, à laquelle elle a donné son nom, et que François I.er avait laissée à ses successeurs comme une des plus précieuses conquêtes que son amour éclairé pour les arts lui avait lait faire sur l’Italie.

Lorsque Louis XIV eut abandonné le Louvre pour habiter Versailles, Marly et les autres palais, on y transporta les objets rares ou curieux qu’on avait rassemblés dans la salle des antiques; elle subit le sort du reste du Louvre, et fut délaissée, dépouillée. Dans des temps très-postérieurs à cette epoque, ces salles devinrent celles du parquet du procureur général du grand conseil , et il y eut une chapelle pour le grand conseil , probablement dans la partie qui auparavant avait servi d’oratoire et qui était dans la dernière arcade à droite.

Après avoir vu en détail les salles d’une grande partie du rez-de-ehaussee du Louvre, nous sommes obligés de revenir sur nos pas pour jeter un coup d’œil sur celles dont nous avait écartés la marche que nous avons suivie. Le grand escalier du Musée royal attirera d’abord notre attention : il serait inutile de la détourner sur celui qui y conduisait autrefois, et qui ne sert plus aujourd’hui que d’escalier de dégagement; il a été fait par Brébion , et n’offre rien de remarquable. II n’en est pas de même de celui qui, du vestibule du musée des antiques, conduit à la galerie des tableaux et au musée Charles X: c’est, sous tous les rapports, une des parties du Louvre les plus riches et les plus belles; et si, par la grandeur de ses proportions et la magnificence de son architecture et de sa décoration, il frappe d’admiration au premier coup d’œil, il paraît encore plus digne d’éloges lorsque l’on connaît les difficultés sans nombre qu’il a fallu surmonter poulie construire.

ET LES TUILERIES

Ce grand escalier occupe, ainsi qu’il a été «lit pag. 3G3-395, une grande partie de la salle de spectacle de Catherine de Medicis et d’Henri IV, dont il n’existait plus rien, lorsque, dans ces derniers temps, on songea à construire un vaste escalier dans cet emplacement, dont toutes les distributions avaient été changées sous Louis XV, et qui contenait plusieurs salles dépendantes de l’academie de peinture. Lorsqu’on eut dégage cet espace et mis à nu les gros murs qui le renferment, il parut très-grand et très-propre à la construction d’un escalier qui devait servir deux parties opposées du palais. Cependant, lorsqu’on en vint à s’assurer des mesures et à étudier le plan sur le terrain, on sévit assailli par une foule de diflicultes qu’il ne sullisait pas d’avoir reconnues, mais dont il fallait triompher. Cette grande cage n’avait pas dans toutes ses parties des dimensions uniformes. L’espace consacré à cet escalier se divisait en deux portions inégales : l’axe de la première, qui était la plus considérable, ne passant pas par le milieu de la seconde, la divisait en deux parties, dont l’une, étant beaucoup plus petite que l’autre , n’admettait pas les mêmes dispositions. L’escalier se partageait en plusieurs volées qui devaient arriver à la même hauteur. D’un coté l’on avait G toises et demie pour le développer, et de l’autre on ne pouvait disposer que de 4 toises. D’après cet exposé, où je ne me suis pas hasardé à entrer dans des détails qui ne conviendraient qu’à des architectes, et qu’eux seuls d’ailleurs sont appelés à rendre d’une manière convenable, on peut se faire une idée des obstacles qu’ont opposés des données aussi irrégulières; et l’on conçoit que MM. Percier et Fontaine ont du, dans le trace de cet escalier, essayer dans tous les sens toute sorte de combinaisons pour parvenir à des résultats aussi réguliers, et faire disparaître dans la beauté de l’ensemble les peines qu’il leur en a coûté pour remplir avec autant de succès leur programme. Tout ce qu’il y a de beau et de bien dans cet ouvrage leur appartient; les inconvéniens que l’on peut y trouver ont été, pour ainsi dire, commandés par des difficultés insurmontables que présentaient les localités. Si la partie inférieure de l’escalier est resserrée entre des massifs élevés; si l’entrée est de côté, et si l’on ne jouit du développement et de la beauté de l’ensemble que lorsqu’on est arrivé au haut de l’escalier, ce n’est qu’à l’inégalité du terrain qu’il faut s’en prendre, et il ne reste que des éloges à adresser aux architectes. Toute la partie décorative est conçue et traitée avec une dignité et une élégance clignes d un somptueux palais ; et ces colonnes de marbre qui soutiennent de riches arcades, les peintures, les sculptures qui ornent les plafonds, ces va»es de belles matières disposés avec goût, tout concourt à déployer dans ce bel escalier une magnificence dont peu de palais offrent un emploi aussi noble et aussi bien entendu; et si dans un édifice l’escalier est la partie la plus importante et la plus difficile à combiner, ceux de la colonnade du Louvre et du Musee royal ont prouvé que nos architectes étaient à la hauteur des plus grandes conceptions.

La décoration de cet escalier n’etant pas encore terminée, je ne puis que 1 indiquer et qu’exprimer mes regrets «le n’étre pas à portée de faire connaître, du moins pour ce moment, par la gravure, les bas-reliefs qui

MO

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