‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 3)Chapitre 94 sur 286 · L E L O II V R E · texte numérisé non relu

L E L O II V R E

doivent orner les faces latérales : on doit y placer à droite , en allant au Musée, l’Architecture, par M. Caillouettc (i); — la Gravure, par i\l. Guillois ( 2 ) ; — et sur la gauche, la Sculpture, par M. Guersant (3); — et la Peinture, par M. Laitie ( voyez |>tig. 451 ).

Les sculptures qui régnent autour de la cage de l’escalier et qui ornent les arcades, sont de M. Taunay ( voyez pag. 414 et pl. 98 et 98 bis ). Elles sont remarquables par le bon goût de leur composition et par la pure te' de leur exécution. Le sculpteur a mis toute la variété que comportaient ses sujets et que l’on peut désirer, dans la manière dont il a disposé scs trophées d’armes et les génies qui les couronnent : ceux des arts du dessin, qui déposent leurs offrandes sur les autels de Minerve, de Jupiter, d’Hcrcule et de Mars, forment de jolis tableaux, et il est difficile de réunir plus de richesse et d’élégance que cette suite de sculptures ornementales. Les peintures qui doivent remplir les voussures de ce plafond, en compléteront la magnifique décoration: le dessin qu’en offre la planche 97, donnera une

de celles que l’on a projetées : je le à l’extrême obligeance de M. Percier.

Le grand tableau qui remplit le p

(1) M. Louis-Denis Caillouette, né ii Paris en 1791, est élève de M. Carteilier; en 1818 il obtint le second grand prix de sculpture. On vit de lui, au salon de 1822 , une statue d’un jeune pêcheur , le buste en marbre de Jacques Ruisdael, et le modèle d'un bas-relief destiné à la fontaine de la Bastille et représentant les mathématiques. En 1824 , on vit de lui une statue de la Sainte-Vierge , au moment de la conception : cette figure a été placée dans l’église de Saint-Ambroise; une figure de la Foi pour la même église. M. Caillouette a fait pour le grand escalier du Louvre un bas-relief dont le sujet est l’Architecture , et pour la Bourse , la Justice , l’Asie et l’Europe. Il mit aussi à ce salon une Psyché abandonnée , en marbre , qui a été acquise par la société des Amis des arts.

(2) M. François-Pierre Guillois est né à Paris en 1765. On vit de ce sculpteur, au salon de 1817, un jeune Berger en repos éprouvant l’amour pour la première fois ; cette figure reparut en marbre en 1819; et cette même année M. Guillois mit au Louvre le buste en marbre de Pierre Corneille et un jeune enfant couché qui donne à manger à un serpent : cette figure lui fut commandée en marbre par le ministre de la maison du Boi , et lit partie de l’cxpo-

dois, ainsi que celui des Renommées,

Iafond termine bien ce bel ensemble;

sition de 1822. Il y eut encore du même sculpteur, cette année , une Nymphe considérant un papillon, et la Candeur, tête d’expression.

(3) M. Pierre-Sébastien Guersant, né à Déols près de Châteauroux en 1786 , est élève de M. Carteilier. Il parut au salon de 1814 avec deux bas-reliefs : l’un , S. 31. Louis XVIII accordant la grâce d’un homme condamné aux fers ; l’autre, le Retour de l’enfant prodigue dans sa famille. En 1817 il n’y eut de ce sculpteur que des figures allégoriques et des ornemens en arabesques. Il mit au salon de 1819 un bas-relief commandé par M. le ministre de l’intérieur pour la fontaine de la Bastille , et qui représente Homère couronné par les génies de la poésie lyrique et de la poésie pastorale. La colère d’Achille lui fournit aussi celte année le sujet d’un autre basrelief. On vit de lui au salon de 1822 une statue de la Sainte-Vierge qu’il exécuta en pierre pour un monument du cimetière du P. La Chaise ; et le buste en marbre de Jeanne Hachette pour le ministère de l’intérieur. Il y eut en 1824 une autre Sainte-Vierge de M. Guersant , commandée par le préfet de la Seine , et le buste en marbre de Germain Pilon pour la maison du Boi

ET LES TUILERIES

il est tle M. Abel de Pujol (1). Au milieu d’un ciel éclatant de lumière, le (renie des beaux arts, son (lambeau à la main, les fait sortir des ténèbres où les retenaient le Fanatisme et l’Ignorance; la Peinture, la Sculpture, l’Architecture et la Gravure, que l’on reconnaît a leurs attributs, se tenant comme des sœurs par la main, s’élèvent vers le céleste séjour; la Vérité, le Commerce, la Liberté et la Paix, les encouragent et prennent part à leurs

succès.

Le plafond qui orne le palier de l’escalier du côté du musée des tableaux est de AI. Meynier ( voyez p. 517 ) , et représente

La France protégeant les beaux arts. — Elle est sous les traits de Minerve; près d’elle s’élève l’olivier, qui lui dut la naissance et qui est consacré à rappeler les bienfaits de la paix ; le génie sert de guide aux beaux arts et dirige leur essor vers le ciel.

Aux deux côtés du plafond les lunettes sont décorées de bas-reliefs de la main de M. Petitot fds. ( Voy. p. 451 et pl. 108.)

Apollon reçoit les hommages des beaux arts.

Minerve préside aux récompenses accordées aux arts.

Des génies que leurs attributs font reconnaître pour ceux des arts

(1) M. Abel de Pujol est ne' à Valenciennes (e 3 janvier 1785. Son père, le baron de la Grave, e'tait chevalier de Saint- Louis, et il remplit les places de commissaire des guerres, de pre'vôt et de chef du magistrat de Valenciennes. M. Abel de Pujol fit ses premières e'tudes à l’acade'mie de peinture de cette ville sous la direction de M. Momal, qui en e'tait professeur. A l'âge de vingt ans il vint à Paris, entra dans l’atelier de David , et remporta le grand prix de peinture en 1811. En 1814, il exposa au salon la Mort de Britannicus , et son beau tableau de la Prédication de S. Etienne lui fit partager le grand prix décerne' lors du salon de 1817. La Sainte- Vierge mise au tombeau par les apôtres fit partie de l’exposition de 1819. On y vit aussi Sisyphe aux enfers ; — César allant au sénat le jour des ides de mars : Calpurnie ne peut le retenir, et Albinus, entoure' de conjure's, l’entraîne. Ce tableau appartient à S. A. R. M.gr le duc d’Orléans. La même année , M. de Pujol orna de son grand plafond l’escalier du Musée royal. La chapelle de S. Roch il Saint-

Sulpicc, décorée par lui de belles fresques en 1821, jointe à ses autres travaux, lui mérita la croix d’honneur qu’il reçut en 1822. Cette entreprise considérable, dans un genre de peinture nouveau pour lui, ne l’empêcha pas de faire pour le musée de Lille , Joseph expliquant les songes de deux prisonniers. C’est de M. Abel de Pujol que sont les peintures de la chapelle des dames du Sacré-Cœur à Paris , dont l’architecture élégante est due àM. Achille

Le Clcre, l’un des élèves les plus distingués de M. Percier et ancien pensionnaire de Rome. Au salon de 1824 on vit de M. de Pujol une grande composition de 22 pieds de long, dont le sujet était Germanicus recueillant les débris des légions de Varus. En 1825, ce peintre a terminé une suite de vingt-deux tableaux de la galerie de Diane à Fontainebleau. De sa main sont aussi huit des grandes et belles grisailles qui décorent les voûtes de la Bourse. Pour compléter la liste de ses principaux ouvrages, je citerai encore la Prise du Trocadero ; le baptême de Clovis , tableau de 17 pieds de long, pour la cathédrale de Reims.

LE LOUVRE

auxquels ils president, présentent d’un côte leurs inslrumens, et de l’autre offrent des couronnes aux bustes d’Apollon et de Minerve.

L’escalier qui donne sur ce palier et qui conduit au Musée lorsque l’entrée n’en est pas publique, a etc' construit par M. Bre'bion, architecte du Louvre de 1780 à 1790. On se rappelle qu’autrefois cet escalier, beaucoup plus large qu’il ne l’est à présent, était le seul qui menât au salon d’exposition ; la cage en était carrée et vaste, et le milieu vide ( pl. 10, G ). Nous y avons vu placer des tableaux lorsque le nombre de ceux qu’on avait admis se trouvait trop considérable pour pouvoir entrer au salon. De cet escalier nous passerons dans la cour, où MM. Percier et Fontaine, pour mettre à prolit des bas-reliefs antiques dont plusieurs n’étaient peut-être pas assez beaux pour figurer dans les salles du Musée, ont adopté un genre de décoration fréquemment employé en Italie dans les musées et dans les palais ( voy . pl. 99). Ce mélange pittoresque de bas-reliefs et de fragmens de différens styles et de mérites divers sert , pour ainsi dire, d’annonce aux ouvrages variés que renferment les grandes collections ; avant de parvenir aux chefs-d’œuvre , on reçoit un avant-goût du plaisir qu’on éprouvera, et l’on respire un certain air d’antiquité. Mais malheureusement le climat de Paris n’est pas aussi conservateur que celui de Rome et de Naples, et l’architecture du Louvre et ses convenances ou ses exigences ne sont pas avec les monumens antiques aussi en harmonie que l’architecture de palais qui leur ont été destinés dès le principe, ou qu’on leur a consacrés en sacrifiant tout à leurs intérêts. Dans quelques années peut-être, se repentant, trop tard, d’avoir exposé à l’inconstance de nos saisons et à la funeste influence de l’humidité et de la gelée des bas-reliefs antiques en marbres nés sous le ciel de la Grèce ou de l’Italie , on aura à regretter bien des ouvrages qui, à plus d’un titre, méritaient d’être conservés. L’exécution n’en est pas en général, il est vrai, d’un mérite remarquable; mais la plupart offrent de l’intérêt, soit par la composition, où l’on retrouve la pensée d’anciens originaux meilleurs que leurs copies, soit par les dissertations curieuses et savantes qu’ont inspirées aux Winckehnann , aux Zoëga , aux Visconti, ces monumens, que détruira l’intempérie de notre atmosphère et qui disparaîtront sous les sombres lichens qui les dévorent. Cette petite cour servait autrefois d’entrée aux appartenions d’Anne d’Autriche et formait une sorte de terrasse. Quoique depuis cette époque elle ait éprouvé plus d’un changement et qu’on l’ait dégagée et embellie, elle n’est pas encore terminée : elle doit être pavee de dalles dans son entier; et lorsque l’on aura ragre'é cette aile du palais, on complétera la décoration de la cour de la même manière qu’on l’a commencée, en plaçant des statues devant les pilastres. Il y a sous les portiques des Tuileries plusieurs figures antiques mutilées qui ne conviennent pas à ce palais, et parmi lesquelles on peut en trouver qui seraient mieux dans la cour du Musée royal.

Nous avons annoncé ci-dessus qu’en poursuivant nos excursions dans le Louvre nous serions obligés de quitter la partie où nous nous trouvons, et

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de reporter nos pas vers des salles de l’aile occidentale de iacourqlii n’oni été qu’indiquées p. 392, et que la marche que nous avons suivie ne nous a pas permis d’explorer. Après les avoir vues, nous monterons de là au premier étage, qui, par une suite non interrompue de grands appartemens , nous mènera jusqu’aux Tuileries. Nous sommes dans la cour du Louvre, et nous entrons dans la galerie d’Angoulême par le vestibule qui est au pied de l’escalier d’Henri IV (pl. 12, A). Cet escalier n’offre rien qui puisse nous arrêter : la disposition en est la même que celle de l’escalier d’Henri II; mais il n’a pas été' terminé, et n’est pas enrichi de sculptures comme celui-ci. II est inutile de rappeler que les salles où nous nous trouvons 11e faisaient pas partie de l’ancien Louvre; qu’elles y ont été ajoutées par Louis XIII , et que ce fut alors que disparurent les jardins de Charles V et de François I.cr du coté des rues du Champ-Fleuri, du Coq, et des autres qui donnent dans la rue Saint-Honoré. Ces salles, qui étaient en dehors des grands appartemens de représentation au rez-de-chaussée et qui en étaient séparées par le grand vestibule du pavillon de l’Horloge ( pl. 12, Y) , furent, à ce qu’il paraît, longtemps sans destination particulière. Enfin , lorsque les académies furent établies au Louvre par Louis XIV, il les donna à l’académie française et à celle des inscriptions pour y tenir leurs séances. Ces salles , décorées alors d’une manière analogue à leur nouvel objet et digne des sociétés savantes qu’elles devaient recevoir, se sont conservées ainsi jusqu’à l’époque ouïes académies les ont quittées pour occuper d’autres emplacemens. On peut voir, p. 392, la distribution qui avait été faite de ces salles entre les deux académies. La pièce qui appartenait à l’académie des inscriptions (salle de Jean Cousin , B, et première fenêtre de celle de Jean Goujon , C) , avait été ornée de bustes et de tableaux : l’un de ceux-ci représentait Louis XIV dans un grand médaillon soutenu par Mercure; il était du célèbre Rigaud : des deux côtés du tableau s’élevaient sur de riches consoles les bustes de Clio et de Mercure. Ceux d’Apollon et de Minerve flanquaient un autre grand tableau qui avait pour sujet le Temps qui découvre la Vérité et met en fuite l’Ignorance. La composition qu’on avait placée en face des croisées offrait l’éducation de Louis XIV confiée à Minerve, qui le conduit au temple de la Gloire. Les bustes de Colbert et du régent servaient d’accompagnement à ce tableau. L’académie française occupait deux salles : les grandes assemblées se tenaient dans la première (formant deux tiers de celle de Jean Goujon); on y avait établi des tribunes pour les spectateurs, et elle était décorée de tapisseries des Gobelins qui représentaient Louis XIV, Louis XV, et les reines Marie-Thérèse d’Autriche et Marie Leczinska. La seconde salle (salle de Francheville, D) servait aux séances ordinaires de l’académie. On voyait encore dans ces deux salles en 1787, et quelques années après, les portraits de Louis XVI et de la reine Marie- Antoinette, de la reine Christine de Suède, des rois de Danemarck et de Suède, du cardinal de Richelieu, fondateur de l’académie française, et les bustes de Molière, de Boileau, de La Fontaine, de Quinault, de Racine, de Rotrou, de Thomas Corneille, de La Chaussée, d’Helvétius, de Crébillon , de Voltaire; tous ces bustes étaient de la main de

LE LO U Vil F.

( affieri (l), qui en avait fait hommage à l'academie française; maison 11e dit pas de qtti était une petite statue de Corneille assis dans un fauteuil.

Ici se terminent les recherches et les observations auxquelles nous nous sommes livres en parcourant le rey.-de-chaussec du Louvre; les pièces que nous pourrions encore y visiter, abandonnées pendant long-temps à des habitations particulières, n’offriraient aucun intérêt, et l’on peut voir, p. 392, ce qui est dit sur l’état où se trouvait cette partie du Louvre en 1755, et qui depuis n’avait éprouvé (pie des changemens ou des améliorations partielles et insignifiantes. Mais depuis plusieurs années on s’occupait de mettre le Louvre en état d’être habité; on rétablissait ou même on faisait tous les plafonds et les parquets du premier étage où un grand nombre de pièces n’en avaient jamais eu, et l’on y mettait des croisées. Enfin en 1818 il fut décidé que ces salles serviraient à l’exposition des produits de l’industrie; et ces travaux considérables furent poussés avec tant d’activité, qu’elle put y avoir lieu en 1 819. Jusqu’alors il n’avait été question que des premières dispositions et de ce qui était indispensable pour que ces grandes salles pussent recevoir d’une manière convenable les objets auxquels on les destinait : mais en 1825 le Roi consacra, dans les ailes au nord et au couchant, un quart du premier étage du Louvre aux salles et aux bureaux du Conseil d’état, et ce fut un grand pas vers l’achèvement si désiré de ce palais. Plusieurs vastes salles furent mises à la disposition des architectes du Louvre , et bientôt le Conseil d’état put y tenir ses séances. Ces pièces n’avaient pas encore reçu la décoration qui convenait à leur nouvelle destination , et ce ne fut qu’à la fin de 1 826 que le Roi ordonna les travaux

(1) Jean-Jacques Caffieri e'tait d’une famille napolitaine qui s’était distinguée dans les armes sous Charles-Quint , sous Philippe II, et qui finit par quitter cette carrière pour celle des beaux arts.

Philippe, grand-père de Jacques, né à Rome en 1634, fut en 1658 attiré en France par le cardinal Mazarin ; quelques années après, Colbert lui donna un logement aux Gobelins et employa ses talons pour la sculpture dans plusieurs maisons royales. Il mourut en 1716. De ses quatre fils, François-Charles et Jacques se vouèrent à la sculpture. Ce dernier, né aux Gobelins en 1678, fut sculpteur et fondeur, et travailla pour les palais du Roi. II est mort en 1755. Jean-Jacques Caffieri , son second (ils , qui fit les bustes dont il est question ici , naquit en 1723 et fut élève de Jean-Louis Lcmoyne. Reçu à l’académie en 1759, il en fut nommé professeur en 1773. Il était aussi des académies de Rouen et de Dijon. Parmi les ouvrages de Caffieri, on citait les bustes de

Lulli, de Quinault, de Rameau, qu’il fit pour l’Opéra; ceux de Piron et de Corneille, pour la Comédie Française; l’Amitié surprise par F Amour, groupe qui eut du succès au salon de 1773; les statues en marbre et de six pieds de proportion de Corneille et de Molière qu’il fit pour le Roi en 1779 et en 1787; les bustes de La Fontaine, de Molière, de Rotrou, de Thomas Corneille, de Boileau, de J. B. Rousseau, de du Belloy, que lui demanda la Comédie Française.

Le buste de Marivaux fut placé aux Italiens. On voit que Caffieri ne fit que peu de statues, et dans les cinq expositions du Louvre qui eurent lieu de 1779 «à 1789 , dernière année où il mit au salon , je ne trouve de lui que deux compositions : en 1789, l’Amitic pleurant sur les cendres d’un ami à l’ombre d'un cyprès, et une Naïade. 11 paraît que cc n’étaient que des terres cuites et de petite proportion. PI usieurs sculpteurs habiles sont sortis de l’école de Caffieri , qui mourut en 1792.

F. T LFS TUILERIES.

qui doivent embellir et compléter cette partie de son palais. Un grand nombre de peintres furent appelés pour l’orner de leurs ouvrages; M. le vicomte de la Rochefoucauld, charge du departement des beaux arts, et M. le comte de Forbin, directeur general des musées royaux, indiquèrent les sujets des plafonds et des tableaux, qui feront le plus riche ornement de ces vastes salles, et dont les compositions retraceront les législateurs de l’antiquité, des magistrats dont s’honore la France, ou les hauts laits de l’histoire de nos Rois. Au moment où j’écris, ces peintures ne sont pas encore assez avancées pour se prêter à une description complète, et je dois me borner à en indiquer les sujets. Je commencerai par celle de ces salles qui est la seconde dans l’aile du nord, ou la quatrième en arrivant au Conseil d’êtat par l’escalier d’Henri IV.

La Sagesse donne ses lois, plafond par M. Mauzaisse (1). — Du haut de son trône place dans le ciel, ayant pour conseil de sa cour céleste la Prudence, l’Equité, la Clémence et toutes les autres vertus, la Sagesse promulgue ses lois; elle transmet à Moïse celles qui doivent régir le peuple de Dieu. Le Génie, conduit par IeTemps, indique que ce n’est qu’une longue expérience qui mène vers la perfection. Derrière Moïse sont groupés les législateurs des différentes nations; parmi eux on remarque Sémiramis, Numa, Romulus, Confucius, Mahomet, Charlemagne, Alfred. Dans le haut du tableau à partir du fond on voit les Rois de France qui se sont distingués par leurs lois, Clovis, Louis le Gros, S. Louis, Charles V, Henri IV, Louis XIV et Louis XVIII. A la droite de la composition, des

(1) M. Jean-Baptiste Mauzaisse , ne' à Corbeil en 1784, est élève de M. Vincent et de M. Gue'rin. En 1824 il reçut la décoration de la Légion d’honneur. Au salon de 1808, le premier où aient paru des ouvrages de M. Mauzaisse, il n’y eut de lui que des portraits; en 1812 il y mit un Arabe qui pleure son coursier étendu mort sur le sable du désert. Ce tableau, qui a me'rite: a son auteur une mc'daille d’or, est au muse'e d’Angers. On vit de lui en 1817 Clorinde baptisée au moment de mourir (musée de Bordeaux); — V Arioste respecté par des brigands qui l'avaient arrêté, et qui, en apprenant son nom, tombent à ses pieds (ce tableau est au muse'e du Luxembourg); le portrait en pied du général vendéen comte de Susannet (il avait e'te' commande' pour le cabinet du Roi). Le sujet principal traite' par M. Mauzaisse en 1 8 1 0 représentait I Murent de Médicis réunissant auprès de lui les savans et les artistes les plus célèbres de son temps ; S. A. B. M.gr le due d’Orléans en a

fait l’acquisition. La mythologie lui fournit trois autres compositions : un groupe de Danaïdes au milieu des flammes des enfers, — Prométhée déchiré par le vautour, — et Tantale dévoré de soif au milieu des eaux ; ces ouvrages sont a Versailles. Il fit aussi, cette même anne'e , le portrait de M. le comte de Pradel. En 1822, M. Ma uzaisse orna d’un plafond et de grisailles deux salles du Muse'e royal dont il sera question dans un autre endroit. II y eut trois tableaux de ce peintre au salon de 1824 : le portrait équestre d’Henri IV, place à Fontainebleau parle ministre de la maison du Roi; — l’Entrée de S. A. R. M.Sr le Duc d’ Angoulèmc à Madrid , pour le préfet de la Seine ; — et le Martyre de S. Etienne, qui lui avait e'te' commande' par le ministre de l’intérieur pour la cathédrale de Bourges. On cite de M. Mauzaisse trois Evangélistes de très-grande proportion qu’il fit pour une église de Lyon , et il y a de lui au musée de Grenoble un Hercule, qui jette Lic/tas dans la mer.

T, K LOUVRE

génies bienfaisans repoussent et dispersent l’Ignorance, la Fraude et toutes les passions haineuses qui s’opposent à l’execution des lois.

Dans les voussures, sont placées, de distance en distance, des maximes célébrés qui servent de base a la morale, et les figures enchaînées représentent les vices et les crimes que réprimé une législation sage.

La Justice, l’Industrie et l’Abondance, tableau par M. Maux (l). — Le groupe de ces trois deesses , qui se tiennent par la main et se portent un mutuel appui, retrace les bienfaits des lois, qui, en favorisant l’industrie permettent à l’Abondance de répandre ses fleurs et ses fruits sans craindre les attaques de l’envie, que le peintre a caractérisée par un serpent qui poursuit les deesses.

La Justice veille sur le repos du monde, par le même. — Dans le silence de la nuit, une femme, son enfant entre ses bras, et son mari, sur lequel elle s’appuie, se livrent sans crainte aux douceurs du sommeil : à leurs cotes la Justice veille à leur tranquillité; son lion, à ses pieds, caractérise la force de la sévère déesse. Ce tableau, conçu par M. Alaux, a été exécuté par M. Pierre Franque (2).

La Guerre, par M. Dejuinne (3). — Tenant d’une main son redoutable

(1) M. Jean-Baptiste Alaux, ne' à Bordeaux en 1784, a eu pour maître M. Vincent. En 1816 if obtint le grand prix. On vit de fui au salon de 1824, un Christ au tombeau; — une scène du combat des Centaures et des Lapithes (ce tableau est au Luxembourg ) ; — Pandore portée par Mercure, et descendant sur la terre (cet ouvrage a e'te' acquis parle ministre de la maison du Roi) ; une scène de brigands.

(2) Quoique M. Pierre Franque soit le seul des deux frères jumeaux de ce nom qui ait travaille' au Louvre , comme ils se sont presque toujours re'unis dans l’cxécution de leurs ouvrages, on ne peut guère les séparer. MM. Pierre et Joseph Franque, ne's en 1774 au Buis, de'partement de la Drôme, sont l’un et l’autre élèves de David. En 1806, M. Pierre Franque fit paraître au salon le Songe d'amour par l’influence de l’harmonie, et en 1808, Daphnis montrant à jouer de la flûte à Chloé. Conjointement avec son frère, il représenta en 1812 la fin de la bataille de Zurich, ou le moment où l’on amène les prisonniers et l’on apporte les drapeaux enlevés à l’ennemi. Ce fut aussi avec son

frère qu’il exposa, en 1814, Hercule délivrant Alceste, tableau qui avait déjà paru en 1806. Ce fut vers cette époque que M. Joseph Franque alla s’établir à Naples. En 1817 il y eut de M. Pierre au salon , Josabcth dérobant Joas aux fureurs d’Athalie. La Conversion de S. Paul, qu’il fit paraître en 1819, fut exécutée en tapisserie aux Gobelins et envoyée à Dijon par le ministre de l’intérieur, qui fit aussi en 1812 l’acquisition d’un tableau du même peintre qui représente Angélique pansant les blessures de Médor et le rendant à la vie. II y eut de lui au même salon, l’archange S. Michel terrassant le démon, — une Bergère effrayée par l’orage. En 1810, on vit de M. Joseph Franque au salon une allégorie sur l 'état de la France avant le retour d’Egypte, et le portrait de /'ambassadeur persan Askcr-kan ; — en 1812, plusieurs autres portraits, et Jupiter endormi dans les bras de Junon. Ce dernier tableau a été acquis par le ministre de la maison du Roi.

(3) M. François-Louis Dejuinne, né à Paris en 1784, est élève de Girodet. En 1808 il remporta le second grand prix, et

ET LES TUILERIES

glaive, tic l’autre «levant des palmes, des lauriers, une couronne, noble récompense de la victoire, la deesse des combats, au milieu du fracas des armes, s’élance triomphante sur des fortifications <jui ont croule sous ses attaques.

Le Génie de la guerre, dessus de porte, par le même. — Ce génie tient une epee et un casque , et semble s’élancer sur la terre pour y porter la fureur des combats.

Minerve accepte le code que lui présente le Génie des lois, par M. Colson (l). — Les génies des beaux arts accompagnent la Sagesse et descendent avec elle sur la terre.

Le Génie des lois, par le même. — Une flamme divine e'mane de son front. Il est assis et tient en main les lois, sur lesquelles il médite.

La Justice protège l’Innocence, par M. Steuben (2). — Une jeune fille se jette dans les bras de l’auguste déesse, qui, l’accueillant avec douceur et dignité , met en fuite le génie malfaisant qui la persécutait.

en 1 824 il reçut la décoration de la Légion d’honneur. On vit de lui au salon de 1 819, Jcsus-Christ guérissant des boiteux et des aveugles ; — S. Fiacre , fils d’Eugène IV, roi d’Ecosse, refusant la couronne; — l’Eté , représenté par une moisson où Cérès ordonne à Triptolème d’enseigner la culture du blé; — l’Automne : le sujet de ce tableau est une vendange à laquelle préside Bacehus ; — la maison de Michel-Ange à Rome. A l’exposition de 1822 M. Dejuinne fit paraître Girodct travaillant à sa Galatéc en présence d’un de ses élèves et de M. de Sommariva ; — l’Hiver, ou Borée enlevant Orithye.

Le sujet que ce peintre traita en 1824 offrait , dans une grande composition de plusieurs figures, la famille de Priant pleurant la mort d’Hector ; Paris jure de le venger. Ce tableau , acquis par le ministre de la maison du Roi , a été placé au musée du Luxembourg. La maison du Tasse à Sorrente fit aussi partie de cette exposition.

(1) M. Guillaume-François Colson est né à Paris le l.er mai 1782, et a eu pour maîtres Vincent et David. En 1812 il mit au salon un tableau qui retraçait la Clémence de Ronaparle envers une fa-

mille arabe. On ne vit de lui en 1814 que des portraits. Il fit paraître en 1817 Agamemnon sur le point d’e'tre assassiné par Egisthe et par Ch/temnestre. En 1819 il représenta S. Charles Borromée donnant la communion à des mourans pendant la peste de Milan. Ce tableau avait été commandé par M. le préfet de la Seine. Celui que l’on vit au salon de 1824 et qui était pour le ministère de l’intérieur, avait pour sujet A gamemnon méprisant les prédictions de Cassandre.

(2) M. Charles Steuben, né à Manheim en 1799, est élève de M. le baron Gérard. U n’avait que treize ans lorsqu’en 1812 il débuta au salon par un tableau considérable , Pierre le Grand sur une barque rassurant les matelots au fort dune tempête. Cet ouvrage a été reproduit en tapisserie aux Gobelins. En 1819 , ce jeune peintre fit paraître une autre grande composition d’un caractère différent ; c’était S. Germain qui , après avoir dépensé tous ses biens en aumônes, reçoit de Childebert sa vaisselle pour le meme usage. A l’exposition de 1822, M. Steuben se présenta avec deux tableaux : la mythologie avait fourni l’un des sujets , Mercure qui endort Argus; et l’histoire de Suisse, l’autre,

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La Force, par le même. — Un jeune liomrne clans la force de l’âge repose sur la peau de lion (l’Hercule, et tient à la main sa terrible massue.

Les bienfaits de la Paix, par M. Lancrenon (l). — D’une main la Paix tient le sceptre de la justice, symbole de celle qu’elle va faire régner sur la terre; de l’autre elle répand les trésors de l’abondance. Les combats ont cessé; et le guerrier, qui les a livrés avec gloire, va goûter dans scs foyers les douceurs d’un honorable repos.

Le Génie de la paix, par le même. — II a pour attributs une palme et la corne d’abondance.

Dans la salle qui suit celle que nous quittons, le plafond est de M. Drolling (2)

Le Triomphe de la Justice. — Montées sur un char triomphal, que dirige la déesse de la paix, la Sagesse et la divinité qui inspire les lois parcourent le monde; un génie les précède et chasse devant lui l’Ignorance : elles ont pour cortège le Commerce sous l’emblème de Mercure, les beaux

Guillaume Tell s’élançant de la barque oh il se trouve avec Gessler et qu’il repousse avec force du rivage. Le salon de 1824 offrit la suite de cet e've'nement : les trois Suisses TVerner Staujfachcr , Walther Furst et Arnold de Melchthal font le serment de rendre la liberté à leur patrie. La scène se passe au bord d’un lac, et la lune l’éclaire d’une lumière douce et mystérieuse. Ce tableau est de moyenne proportion ; les figures des autres sont de grandeur naturelle. II y eut cette même année au Louvre plusieurs grands portraits de la main de M. Steuben.

(1) M. Joseph-Ferdinand Lancrenon, né à Lod , département du Doubs , le 17 mars 1794, est élève de Girodet; il obtint en 1816 le second grand prix de peinture et en 1817 une médaille d’or. Il a paru de lui au salon de 1819, Tubie rendant la vue à son père; en 1822, Borée enlevant Orithye. En 1824 le ministère de la maison du Roi acquit pour le musée du Luxembourg le tableau que M. Lancrenon mit cette année au salon , et qui représentait un c jeune Fille venant trouver le fleuve Scamandrc.

(2) M. Michel-Martin Droeling, né à

Paris en 1786, a eu pour maître David.

En 1810 il remporta le premier grand prix de peinture. Le premier tableau de lui qui parut au salon fut, en 1817, la Mort d’Abel. On avait annoncé pour cette année une grande composition dont le sujet était Orphée qui perd Eurydice ; mais elle ne parut qu’en 1819. Au moment où Orphée , oubliant l’arrêt des dieux, se retourne pour voir sa chère Eurydice que Pluton avait rendue à ses prières, elle meurt ; Mercure la soutient, et la reporte au sombre séjour. La société des Amis des arts de Paris a fait graver ce tableau. Outre plusieurs portraits, il y eut encore de M. Drolling au salon de 1819 une composition allégorique , la Force.

Ce tableau fut acheté par le ministre de la maison du Roi. Le bon Samaritain parut avec succès en 1822 ; et en 1824 on vit la jeune et belle Pohjxène arrachée des bras de sa mère Hécubc par les Grecs, qui vont l'immoler aux mânes d’Achille. Ce grand ouvrage , dont le Roi a fait acquisition , a reçu les honneurs du Luxembourg. C’est à cette même exposition que M. Droliing a reçu de la main du Roi la croix de la Légion d’honneur.

ET LES TUILERIES

arts, l’Agriculture, et l’Abondance , qui sème sur leurs pas toutes les richesses qu’elle leur doit et quelle sc plaît à répandre.

La Vigilance, — la Force, tableaux par M. Dassy (1).

Numa donnant des lois aux Romains, par M. Cogniet (2). — Debout et appuyé sur un rocher dans la grotte de la nymphe Egerie, le législateur de Rome médite les sages lois qui doivent assurer le bonheur et la gloire de son peuple.

Les Pandectes de Justinien, par M. Delacroix (3). — Sous un des portiques de son palais, l’empereur, assis sur son trône, dicte à un secrétaire le recueil de ses lois, que semble lui inspirer un génie que l’on voit à ses côtés et qui est sans doute celui de la justice et de la sagesse.

Moïse donne des lois aux Hébreux, par M. Marigny (4). — Le législateur divin, que troublent encore et qu’inspirent les merveilles dont il a

(1) M. Dassy est ne à Marseille en 1793; il est c'ièvc de Girodet, et a remporte' en 1824 une médaille d’or. II y eut de lui au salon de 1819 le Sacrifice offert par Noé au sortir de l’arche. Le ministre de la maison du Roi en a fait l’acquisition. En 1824 on vit de M. Dassy une Madelène pénitente.

(2) M. Le'on Cogniet, né à Paris en 1794, a étudié sous M. Guérin; il a remporté en 1 8 1 7 le grand prix de peinture. Pendant son séjour à Rome, on a vu de lui , au salon de 1819, une jeune Chasseresse qui déplore la mort d'un faon , innocente victime de son adresse; en 1822, un grand tableau où il a représenté M établis, roi des Volsques , poursuivi par ses ennemis et lançant au-delà d’un torrent sa fille encore enfant, qu’il avait attachée à un javelot. A l’exposition de 1824, M. Cogniet fit paraître plusieurs tableaux, dont deux, dans le style historique , avaient leurs personnages de grandeur naturelle. Dans l’un, qui a été placé au Luxembourg , il représenta Marius assis sur les ruines de Carthage et répondant avec fierté à l’envoijé du proconsul romain : dans l’autre , une jeune Mère retirée dans un endroit écarté porte avec effroi sa main sur la bouche de son enfant; elle cherche à étouffer ses cris et h le sauver du massacre dont

les horribles scènes sc passent à quelque distance ; des soldats avides de carnage s’approchent du réduit où elle se tient cachée. Dans un troisième tableau, de petite proportion, M. Cogniet avait retracé pour l'hôtel-cle-villc de Paris l’action courageuse du jeune tambour Matrau à la prise de Logrono. II y avait aussi de lui au salon de cette année deux portraits : celui de son père, et celui de M. Thévenin , ancien directeur de l’académie de France à Rome , et une tète d’étude d’après une jeune paysanne de la campagne romaine.

(3) M. Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix , né à Charenton Saint-Maurice en mars 1798, est élève de M. Guérin. En 1824 il a obtenu une médaille d’or. On a vu de lui au salon de 1 8 1 7 une Prêtresse de Pesta surprise au moment où le Jeu sacré vient de s' éteindre ; — les habitans de Bordeaux accourant au-devant de S. A. R. M.gr le Duc d’Angoulême au 10 mars 1815; — en 1819, un S. Jean-Baptiste et un S. Jean l’Evangéliste. En 1822 , M. Delacroix mit au salon un tableau qui de là a passé dans le musée du Luxembourg, et qui représente le Dante et Virgile conduits aux enfers par Phlégtjas ; et en 1824 le sujet que traita ce peintre lut le Massacre des habitans de Scio.

(4) M. Michel Marigny, né a Paris en

LE LO IJ VUE

été témoin, est descendu des hauteurs du tables sacrées où Dieu vient de tracer ses peuple des Hébreux.

redoutable Sinaï; il tient les lois, qu’attend avec respect le

Les capitulaires de Charlemagne, par M. Schelfer (i). — Lu des conseillers de l’empereur recueille les lois et les ordonnances que médité ce grand homme pour ses vastes états.

Les dessus de porte de cette salle sont de M. Caminade (2).

Génies de Moïse. — Au milieu des nuages et des éclats de la foudre, ils embouchent la trompette et proclament les lois du législateur des Hébreux. Dans le fond on aperçoit l’arche d’alliance.

Génies de Nüma. — Un de ces génies se préparé à faire des libations sur un autel, auprès duquel sont un gouvernail et l’olivier symbole de l’esprit pacifique de Nimia. L’autre génie porte un ancile , ou bouclier sacré.

Génies de Justinien. — Assis et recueilli, un de ces génies compare les lois des prédécesseurs de Justinien, dont il va composer le recueil qu’il dicte

1797 et élève de M. le baron Gros, a eu en 1822 une médaille d’or. Il a mis au salon de 1824 un Christ au piecl de la croix, tableau commandé par M. le préfet de la Seine, et Henri IV buvant dans un festin à la santé des Suisses en renouvelant avec eux en 1G02 le traité d'alliance entre la France et la Suisse.

(1) M. Ary Scheffer , né eu 1795 à Dordrecht dans les Pays-Bas, est élève de M. G uérin.En 1817 il obtint une médaille d’or. Parmi scs tableaux, on cite au salon de 1812 Abel et sa femme chantant les louanges du Seigneur au lever du soleil ; — en 1814, Eurydice mourant dans les bras d’Orphée; — en 1817, la Mort de S. Louis. Des deux tableaux d’histoire qu’il exposa en 1819, l’un représentait Socrate défendant Alcibiade à ta bataille de Potidée ; l’autre , le Dévouement d'Eustache de Saint-Pierre et de six bourgeois de Calais en 1342. En 1822 les sujets que traita M. Schelfer furent S. Louis accompagné de son fils Philippe le Hardi et visitant ses soldats malades de la peste dont il est lui-même atteint ; — les Ombres de Françoise de Rimini et de

son amant apparaissant au Dante et à Virgile. Au salon de 1 824 il n’y eut de M. Scheffer qu’un grand tableau , Jésus- C'hrist sur les genoux de sa mère, et quatre tableaux de chevalet : une jeune Fille soignant sa mère malade, — le Lendemain de l’enterrement, — des pareils qui pleurent la mort de leur enfant, et une jeune Fille à genoux près d'un tombeau.

(2) M. Alexandre- François -Maurice Caminade, né à Paris en 1784 et élève de David, obtint en 1807 le second grand prix de peinture. II n’y eut de ce peintre aux salons de 1812 et de 1814 que des portraits; mais en 1817 on y vit de lui un Repos de la Sainte Famille en Egypte. Ce tableau , commandé par M. le préfet de la Seine , a été placé à Saint-Nicolas des Champs. Les expositions de 1819 et de 1820 n’offrirent de M. Caminade que des portraits. En 1824 il peignit pour l'hôtelde-vilie de Paris l’Arrivée de S. A. R. Madame, Duchesse d’ Angoulème , à Bordeaux, le 7 avril 1823. — Le Mariage de la Sainte-Vierge, qu'il mit aussi cette année au salon , lui avait été demandé par M. le préfet de la Seine.

ET LES TUILE III ES

à un autre ge'nie. La couronne et la croix grecque rappellent l’empire de

Constantinople.

Génies de Charlemagne. — L’un tient une epec ; l’autre, le globe surmonte d’une croix, symbole de l’empire; il déroule les capitulaires ou le recueil des ordonnances établies par Charlemagne.

Le tableau place’ entre les fenêtres au couchant est de M. Coutan (l).

Apollon appuyé sur un cippe. — Le dieu de l’harmonie tient à la main sa lyre d’or; à ses pieds sont reunis les attributs des arts, les masques de la tragédie et de la comédie, ainsi que le buste d’Homère.

La salle du Conseil d’êtat, où nous entrons, est la plus grande de celles que nous visitons dans ce moment, et c’est aussi la pièce oii l’on a déployé’ le plus de richesse dans la décoration. Le plafond est de M. Blondel (2) , qui

(1) M. Amable-Paul Coutan , ne k Paris te 13 décembre 1792, est élève de M. le baron Gros. U eut le premier grand prix en 1820. On a vu de lui au salon de 1824 Cey. r et Alcyone qui recueille sur le rivage le corps de son mari. Ce tableau a été placé au Luxembourg. L’histoire fabuleuse d 'Arion et celle d'Erysichthon fournirent aussi à M. Coutan les sujets de deux compositions.

(2) M. Marie-Joseph Blondel , né à Paris le 25 juillet 1781, devint en 1798 élève de M. Régnault, ancien académicien, dont les conseils et les exemples ont fait sortir de son atelier depuis longues années plusieurs peintres distingués par leur talent. En 1802 M. Blondel remporta le premier grand prix; mais ce ne fut qu’en 1808 qu’il put profiter des avantages de ce succès et aller a Rome. Pendant les trois ans qu’il y séjourna, il envoya les tableaux d’usage, entre autres Prométhéc sur le Caucase. A son retour, il exposa au salon de 1812 Zénobie trouvée mourante sur les bords de l’Araxe (ce tableau, de 13 pieds de haut sur 10 de large, a mérité d’être place' au musée du Luxembourg); — Homère à Athènes demandant l'hospitalité. — En 1814, Hécubc qui s’évanouit au moment où Ulysse vient lui arracher sa fille Polyxène (12 pieds de haut sur 10 de large). Le Roi a donné ce tableau au

musée de Dijon. — 1817, Louis Xll dans ses derniers tnomens bénit son successeur François I.er ( 1 1 pieds de haut, 12 pieds de large). Ce tableau a été placé dans le musée de Toulouse. — L’ Assomption de la Sainte- Vierge , que M. Blondel avait mise au salon de 1819 , avait été commandée par M. le préfet de la Seine (17 pieds de haut, 13 pieds de large). On y vit aussi un Christ au tombeau, destiné pour Bordeaux ( 9 pieds et demi de large , 9 pieds de haut) , et un tableau de chevalet qui représente Philippe - Auguste recevant avant la bataille de Bouvines les sermens des chevaliers français. Ce tableau fait partie de la galerie de S. A. R. M.gr le duc d’Orléans. Ce fut en 1820 que M. Blondel peignit dans la salle ronde du Louvre les compartimens que nous décrirons plus loin, et en 1822 les trois tableaux du plafond de la chambre d’Henri IL II y eut de lui au salon de cette année une Femme grecque qui pleure sur l'urne qui renferme les cendres de son époux. Ce fut après cette exposition du Louvre que M. Blondel reçut la décoration de la Légion d’honneur. En 1824 le préfet de la Seine fit faire k ce peintre, pour l’église de Sainte-Élisabeth, un tableau qui représente cette sainte reine déposant , avant d'entrer t/ans une église , sa couronne au pied d’un crucifix ( 10 pieds de haut, 12 pieds de large), et

LE LOU V H E

u peint non-seulement le grand tableau qui eu forme le milieu, mais tous les sujets varies des voussures, qui comportent 1 80 pieds de développement; les ornemens des caissons figures sont aussi de lui, ainsi que les peintures qui décorent les dessus de porte.

Louis XVIll donne la charte, plafond. — Au milieu des rois législateurs et de jurisconsultes français, la France reçoit de Louis XVIll , assis sur le trône de S. Louis, la charte, que protège de son égide la déesse de la sagesse, qui tient à la main la branche d’olivier, symbole de la paix qu’elle ramène. La Prudence et la Justice sont près du Roi. Plus bas, la Loi soutient des tables où sont graves ces mots, in legibus salus ; un enfant endormi sur les codes indique la securité qu’ils inspirent. La droite du tableau est occupée par un groupe qui présente Louis le Gros, S. Louis, Henri IV, et les grands magistrats qui ont illustré leurs règnes, Suger, Sully, l’Hôpital, Molé, Séguier; la partie gauche est remplie par Louis XIV, Colbert, d’Aguesseau, Montesquieu et Malesherbes. Dans le fond de cette grande composition l’on aperçoit une partie du Louvre.

Les peintures qui ornent les voussures offrent des bas-reliefs en carré long qui imitent le bronze et sont séparés par des groupes de figures allégoriques colorées. Dans les angles sont les armes de France soutenues par Mars, Vulcain , Neptune, Hercule, Apollon, Mercure, la Constance et le Silence.

Voici la suite des bas-reliefs et des groupes en commençant par le basrelief qui est au-dessus du tableau qui représente Achille de Harlayr : — Louis le Gros accorde aux communes leurs premières franchises; — groupe, la Charité; — Louis le Gros affranchit les serfs; — S. Louis donne au clergé la pragmatique sanction; — groupe, l’Abondance; — S. Louis établit à Paris la cour des comptes; — création de la chambre des Pairs et de celle des Députés par Louis XVIII; — groupe, l’Espérance et la Foi; — Louis XVIII admet la liberté des cultes ; — Philippe le Bel établit les parlemens; — groupe , la Piété et la Fidélité; — création du Conseil d’état par Louis XIV. Les peintures des dessus de porte représentent Moïse, Lycurgue, Solon et Numa.

Les sujets des tableaux qui décorent cette salle sont tirés de l’histoire de France.

Mort de Mazarin , par M. Schnetz (l). — Au moment de rendre le dernier soupir, le cardinal tient d’une main défaillante celle de Colbert, qu’il

ie ministre Je l’intérieur lui ordonna pour la ville de Rodés une Assomption de la Sainte Vierge enlevée par des anges ( 13 pieds de haut , 9 pieds de large).

A ces grands et nombreux ouvrages de M. Blondel, il faut ajouter quarante-un panneaux qu’il a peints en sept ans pour la galerie de Diane à Fontainebleau, et qui

offrent en fleures de grandeur naturelle l’ii is toire de la chaste déesse de la chasse. A la Bourse, on lui doit un plafond colorié et six grisailles qui rendent à s y méprendre la saillie et l’effet du bas-relief.

(1) M. Jean-Victor Schnetz, né à Versailles en 1786, a successivement étudié sous MM. Daviil , Régnault, et sous M. le

ET LES TUILERIES

présente à Louis XIV, qui, assis dans un fauteuil, est profondément touche de la perte qu’il va faire.

Boece, par le même peintre. — L’ancien favori, le vertueux ministre de Thêodoric , sous le poids de l’accusation la plus grave, et faussement accuse d’avoir attente à l’honneur de l'impératrice Justine, a long-temps langui dans un cachot. Ce fut même là qu’il écrivit son ouvrage sur la consolation que procure la philosophie. Des soldats viennent chercher lîoèce pour le conduire au supplice. Sa femme éplorée s’élance vers la grille de la prison , et lui présente un de ses enfans, auquel il s’efforce, à travers les barreaux, de do nner un dernier baiser. Sur le devant de cette scène de douleur, une vieille esclave maure, nourrice des enfans de Boèce, est accablée de chagrin et déplore la triste fin de son maître.

Achille de Harlay. — Cet illustre premier président du parlement de Paris sous Henri III refuse d’enregistrer l’ordre que lui donne Bussy le Clerc, chef fougueux des Seize, de ne plus reconnaître la maison royale. Ce tableau, de M. Thomas (t) , a fait partie du salon de 1824.

Le president Mole À la journée des barricades, par le même. — Au

baron Gros. En 1816 il remporta le second grand prix , et au salon de 1819 il me'rita une médaillé d’or de première classe. Mais il s’e'tait déjà fait connaître aux expositions du Louvre par plusieurs ouvrages.

On vit de lui en 1808 un Soldat français défendant son drapeau contre deux Calabrais. — La mort du général Colbert lui fournit un beau sujet pour le salon de 1810. En 1812 il y eut de lui un Christ en croix , et l'Amitié secourant l’homme près de succomber sous le poids du malheur. Trois tableaux de caractères différens firent honneur à M. Schnetzau salon de 1819 -.Jérémie versant des pleurs sur les ruines de Jérusalem ; — le bon Samaritain pansant les blessures d’un Juif de Jéricho. — Le troisième ouvrage e'tait uu petit Voleur de raisin. En 1822 M. Schnetz parut avec des sujets tirés de l’histoire de Prance : il ofirit la douce et bienfaisante S. ,e Geneviève distribuant des vivres pendant le siège de Paris; — l’impétueux grand Condé à la bataille de Senef. En 1 824 le même peintre retraça ce héros à la bataille de Rocroi. Ce tableau fut acquis pour la galerie de Diane par Sa Majesté, et on l’a placé au Luxembourg. — La

Diseuse de bonne aventure qui prédit au berger Montalte sa grandeur future, et qui semble deviner qu’il sera un jour Sixte- Quint. — S. Martin qui coupe son manteau pour en donner la moitié à un pauvre a fait partie des acquisitions du ministre de l’intérieur. Deux tableaux de chevalet ont accru la belle collection de S. A. R. M.gr le duc d’Orléans : un Pâtre de la campagne de Rome , et une Femme de brigand qui fuit avec son enfant. La même exposition offrit plusieurs autres compositions du même genre de la main de M. Schnetz : un Pèlerin et son fils, — une Femme assassinée, — une Femme de brigand endormie , — un Ermite confessant une jeune fille.

A la fin du salon , il reçut de Sa Majesté la décoration de la Légion d’honneur.

(1) M. Antoine Thomas, né à Paris en 1791, a eu pour maître M. Vincent, et il remporta le grand prix en 1816. On vit de lui au salon de 1819 les Vendeurs chassés du Temple, grande esquisse dont le tableau parut en 1822. II y mit aussi cette année la Procession de S. Janvier il Naples pendant une éruption du Vésuve; en 1824, une jeune Fille indiquant un abri il un vieil ermite surpris par l’orage.

LE L OU VUE

milieu des barricades (1648), une troupe de factieux arrête le president M“<e; I epee et le pistolet a la main , ils exigent qu’on leur rende les conseillers du parlement que l’on a mis en prison, ou qu’on leur livre Mazarin en otage. Un capitaine de quartier saisit par le bras le courageux Mole', et, le pistolet sur la poitrine, menace de le tuer s’il ne rebrousse chemin. De tous côtes sa vie est menacée par des furieux : un frondeur lui barre le passage avec sa hallebarde; rien n’émeut l’impassible president : Eh bien, quand vous m’aurez tué, dit-il sans se déranger, sans écarter l’arme, il ne me faudra que six pieds de terre. Son sang-froid, et quelque chose, dit le cardinal de Retz, de surnaturel et de plus grand que la fermeté, imposa a ceux qui I attaquaient : on le laissa passer, et il continua sa marche, au petit pas, dans le leu des exécrations, des injures et des blasphèmes.

Utienne Duranti, par M. de la Roche (1). — Pendant les troubles de la ligue sous Henri 111, Duranti, premier président du parlement de Toulouse, pousuivi par des furieux armés, s’est retiré dans un couvent. En vain les religieux s'efforcent d’arrêter les Ilots de la populace qui veut violer cet asile, et se pressent autour de l’intrépide magistrat, qui serre entre ses bras sa jeune femme éplorée et un de ses enfans encore à la mamelle; un autre se précipite aux pieds des assassins et leur adresse d’inutiles prières. Les factieux accablent d’outrages Duranti; un d’eux lève sur lui un pistolet dont a quelques pas de la il lui fracassera la tète. Le courageux président jette sur les brigands un regard de mépris.

Le president Brisson, par M. Gassies (2). — Des furieux, par mille mauvais traitemens, ont forcé le courageux et vertueux magistrat à s’age-

(1) M. Paul DE LA Roche, ne' à Paris en 1797 et e'ièvc de M. le baron Gros, a obtenu en 1824 une me'daille d’or. Le tableau qu’il exposa au salon de 1819 avait pour sujet Nephthali dans le désert; et celui de 1822, Joas sauvé par Josabeth. Il y eut aussi un Christ déposé de la croix. Ce tableau appartient à S. A. R. M.me la duchesse d’Orle'ans. On vit de M. de la Roche, au salon de 1824, Filippo Lippi qui , peignant dans un couvent, devient amoureux de la religieuse qui lui sert de modèle ; — le cardinal de Winchester adressant des menaces à Jeanne d’Arc , qu’il interroge dans sa prison ; — S. Sébastien secouru par Irène, et un tableau que lui avait commande' S. A. R. Madame, Duchesse de Berry, et qui oll’re S. Vincent de Paul prêchant devant la cour de Louis XIII pour les enfans trouvés.

(2) M. Jean - Baptiste Gassies, ne à Bordeaux le 25 octobre 1780, y a e'tudie' sous M. Lacour, et à Paris sous Vincent et David. En 1810 il reçut une me'daille d’or, et en 1822 la de'coration de la Le'gion d’honneur. On vit de lui au salon de 1 810 Homère abandonné sur un rivage par des pêcheurs , — une Famille naufragée , — un Laboureur tenant d'une main une tête de mort , et de l’autre une épée rouillée ; — en 1814, Virgile lisant son Enéide devant Auguste; — en 1817, Horace au tombeau de Virgile. A l’exposition de 18 19, M. Gassies fit paraître Jésus- Christ et S. Pierre marchant sur la mer; — la dernière Communion de S. Louis, tableau acquis par le ministre de la maison du Roi ; — Homère abandonné sur un rivage; — un autre tableau de chevalet offrait ce poète chantant ses poèmes devant des bergers. En 1822 on remarqua de

ET LES T U 1 L K It ILS.

uouilier, dans son grand costume, aux pieds du séditieux Bussy le Clerc; un greffier qu’on trouva au petit Châtelet, où se passe cette horrible scène, lui lit sa sentence de mort. Brisson , que rien n’intimide, l’écoute avec calme, et semble lui dire : Où sont mes juges? où sont les preuves? Un religieux l’exhorte à la mort, dont on fait les apprêts dans le fond de la salle.

S. Louis rendant la justice sous un ciikne du bois de Vincennes, par M. Rouget (l). — Ce grand roi, revêtu de son costume royal , pour donner plus d’appareil aux fonctions de juge qu’il exerce au pied d’un chêne, a près de lui sa mère, quelques personnes de sa cour, et des gens du peuple qui le prennent pour arbitre. Il juge un différend qui s’était élevé entre son frère et un particulier, auquel il donne gain de cause, et qui, se jetant à ses pieds, lui rend grâces de sa justice.

S Louis repousse l’odieuse proposition d’Octaï, assassin du sultan

M. Gassies au salon S. Louis visitant scs soldats malades de la peste; — le Combat des Trente; — le Martyre de S. Appicn sauvé des flots , tableau acheté' par le ministre de la maison du Roi. Un Grand tableau de la Transfiguration , queM. Gassies avait fait pour le ministère de l’intérieur, fit partie de l’exposition de 1 824. On y vit aussi de lui S.,e Marguerite, reine d’Ecosse, lavant les pieds des pauvres, — la Clémence de Louis XII, — la Prise de Santi-Pietri. Ce tableau , de petite proportion, faisait partie de ceux que M. le pre'let de la Seine plaça à {’liôtel-de-ville de Paris lors de la fête brillante offerte à S. A. R. M.gr le Dauphin au retour de sa glorieuse campagne d’Espagne. M. Gassies ne s’en est pas tenu à la peinture historique : il s’est aussi exerce' dans le genre et dans le paysage; et l’on connaît de lui un assez grand nombre de productions de cette espèce, telles que l’Entrée du port de Boulogne , — l’Intérieur de l'église de Saint-Pierre de Calais, et d’autres églises; — la Vue du rocher de Shakespeare à Douvres, tableau appartenant à M. le vicomte d’Houdetot, pair de France, connaisseur et amateur distingué ; des vues de lacs d’Ecosse, — des effets de brouillard et des marines.

(1) M. George Rouget, né à Paris le 2 mai 1 784, est élève de David. En 1 803 il

remporta le deuxième grand prix; en 1814 il reçut une médaille d’or, et en 1822 la croix d’honneur. En 1812, il mit au salon plusieurs portraits; Œdipe et Antigone y furent exposés en 1814, ainsi qu’un grand tableau qui représentait la Mort de S. Louis , et qui a été place' au Luxembourg. En 1817 on vit de lui un portrait en pied de S. M. Louis XVIII et celui du maréchal duc de Coigny. II fit paraître en 1819 un Eeee Homo, — Œdipe et Antigone sur le mont Cithéron, — et S. Louis recevant les envoyés du Vieux de la Montagne. Au salon de 1 822 il y eut trois grands tableaux de M. Rouget : S. Louis qui s’offre comme médiateur entre le roi d‘ Angleterre et ses barons , — François I.er pardonnant aux révoltés de la Rochelle , — et François I.er refusant l’offre des Gantois, qui voulaient se soustraire à l’autorité de Charles-Quint. En 1 824 le ministre de la maison du Roi donna pour sujet à M. Rouget Henri IV pardonnant et donnant de l’argent à des paysans qui avaient fait entrer des vivres dans Paris. Il peignit pour le préfet de la Seine S. A. R. Madame , Duchesse d’Angouléme, se rendant à Pouillac près de Bordeaux dans un bateau à vapeur.

On vit aussi de M. Rouoet, au salon de cette même année, Jésus-Christ au jardin des Oliviers.

LF. LOUVRE

Moadan, par M. Lethière [voyez p. 535). — Les mains teintes de sang, le larouche assassin tient encore le poignard dont il vient de frapper le sultan son maître. L’approchant de la poitrine du Roi, il le menace de 1 y enfoncer si, pour prix du service ipi’il lui a rendu en le délivrant de son ennemi qui avait jure sa mort, il ne le créé à l’instant chevalier. S. Louis, incapable de crainte, écartant de sa poitrine son manteau royal comme pour frayer le chemin au fer d’Octaï, refuse d’accorder à un infidèle, à un meurtrier, un honneur que la religion et les lois de la chevalerie lui défendent de souiller; en vain ceux qui l’entourent, et qui croient que le Roi et eux touchent à leur dernière heure, le supplient de céder. Sur la di ■oite , près d’un autel, est un moine en prière; dans le fond on aperçoit des gardes et le camp des Sarrasins.

Philippe-Auguste au moment de donner la bataille de Bouvines, par M. Horace Vernet (l). — Le Roi n’a pas encore revêtu son armure. Ayant à ses côtés Garin , élu ou évêque de Senlis, habile général, il vient d adresser des prières au ciel pour en obtenir la victoire, et il va bénir son armée. Auprès de lui se pressent ses barons et ses chevaliers, qui inclinent devant leur prince leurs bannières et leurs épées. Dans la foule, d’après le

(1) M. Émile-Horace Vernet, d’une famille avignonnaise qui compte déjà une succession de trois habiles peintres, est ne' au Louvre en 1789. Il se livra, pour ainsi dire, dès sa naissance, au dessin et à la peinture sous les yeux et d’après les exemples de son père M. Carie Vernet, et devint ensuite èlève de M. Vincent. En 1 8 1 4 il reçut la croix de la Légion d’honneur, dont il fut fait officier en 1822 ; et en 182G il fut nomme' membre de l’académie des beaux arts. Le nombre des productions sorties du facile pinceau de M. Horace Vernet est trop conside'rable pour que je puisse en offrir ici une liste complète ; je me bornerai à citer les principaux de ceux de ses ouvrages qui ont paru aux divers salons. Ce fut en 1812 qu’il exposa pour la première fois au Louvre; il n’y fit son entrée qu’avec des tableaux de chevalet, des intérieurs d'écuries de Cosaques , de Polonais : mais la Prise du camp retranché de Glalz, en Silésie l’annonça comme peintre de batailles et de scènes où le paysage et les chevaux joueraient un grand rôle , et l’on vit qu’il marcherait sur les traces de son père. Aspirant dans ce genre aux grandes compositions historiques, il mit au salon de 1817, à la de-

mande du ministre de la maison du Roi, un tableau considérable et où les figures étaient de grande proportion, ce lut la Bataille de Tolosa, donnée en 12/2 par les rois d‘ Aragon , de Castille et de Navarre, contre les Maures. Don Sanche de Navarre, dit le Fort, brise les énormes chaînes dont Mohamed el Nazir avait entouré ses retranchemens; il renverse tous les obstacles et le force à la fuite. Les autres tableaux que M. Horace Vernet joignit à celui-ci, furent la Mort du prince Poniatowski; blessé, suivi de quelques-uns des siens, il est près de se jeter dans 1 Elster ; — une Surprise d'avant-poste — et la Bataille de Sommo-Sierra. En 1819, M. Horace Vernet se présenta encore au salon avec deux grands tableaux : le Massacre des Mamelucks ; Mohamed-Ali pacha les tient renfermés dans une cour du château du Caire; assis sur une terrasse, entouré de quelques officiers et d’esclaves, il regarde de sang-froid le massacre: — Ismayl et Maryam ; au milieu des tourbillons de sable brûlant qu’élève lardent semoum, vent impétueux du désert , le jeune Arabe veut encore voir un instant celle qu il aimait et qui a fui avec lui ; il cherche a dégager son corps inanimé du sable qui la

ET LES TUILERIES

récit de Guillaume le Breton dans sa Philippide, livre n, et dans la Vie de Philippe- Auguste , se distinguaient Mathieu 11 de Montmorency, Gaucher comte de Saint-Paul, Guillaume des Barres, qui par leur valeur contribuèrent tant à la victoire; le vicomte de Melun, Eudes de Bourgogne, Pierre de Courtenai , Robert de Dreux, les comtes de Pontbicu , de Sancerre, et ce Galon de Montigny qui vendit son champ pour acheter un cheval de bataille, et à qui Philippe-Auguste confia l’oriflamme. Dans le fond du tableau, on aperçoit les armées prêtes à combattre; tous attendent avec impatience le signal, et brûlent de voler à la victoire sur les pas de Philippe, qui semble proclamer que nul de ses chevaliers ne se place entre lui et l’ennemi.

Les voussures du plafond de la salle qui suit celle du Conseil d’état, sont ornées de peintures de M. Gassies. Des figures académiques d’hommes en grisailles soutiennent des guirlandes bronze et or. Au milieu de deux des côtés il a représenté, dans des compartimens carrés, la Paix

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