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partie ; et quoique ces deux artistes se soient réunis pour les exécuter, M. Gosse y est pour la plus forte part.
Dans la petite pièce qui précédé les salles du musée Charles X, il y a deux grisailles de M. Fragonard : dans l’une on voit les différons génies des arts qui reçoivent des couronnes; dans l’autre, ces memes génies présentent au trône l’hommage de leurs couronnes.
Homère déifié, plafond de M. Ingres (t). — Rien ne convenait mieux à la première des salles consacrées aux antiquités grecques et romaines que l’hommage rendu au chantre divin de ï Iliade et de 1 Odyssée , au vaste génie duquel, depuis près de trois mille ans, la poésie et les beaux arts durent leurs plus heureuses inspirations, leurs plus riches compositions, et à qui l’antiquité éleva des temples et consacra des autels que la postérité a vénérés , et des palmes qui , malgré l’envie, s’élèvent encore au sommet du Parnasse.
n’y eut de ce peintre aux expositions du Louvre cpie des portraits; cette anne'e il y mit le vieux nocher Caron qui reçoit dans la barque fatale les trois âges de la vie. Parmi plusieurs portraits (|uc fit paraître M. Gosse en 1822, H y en avait un en pied; mais en 1824 il présenta un taldeau qui mérita d’être placé au Luxembourg et qui lui valut une médaille d’or : on y voit S. Vincent de Paul esclave chez les Turcs, convertissant son maître , qui avait renié ia foi de ses pères et qui se jette à ses pieds pour qu’il implore du ciel le pardon de son apostasie.
(1)M. Ingres, né à Montauban en 1781 , est de l’école de David. En 1803 il remporta le grand prix de peinture; à la promotion de 1824 il reçut la croix de la Légion d’honneur, et en 1825 il devint membre de l’académie royale des beaux arts. Aux expositions du Louvre de 1803 et de 1806 il n’y eut de M. Ingres que des portraits; et les tableaux qu’il lit dans les années suivantes restèrent pour la plupart en Italie, où il a jiassé de longues années. En 1814 on vit de lui au salon Don Pèdrc de Tolède, ambassadeur d’Espagne , baisant dans la galerie de Fontainebleau l’épée d’Henri IV. Un autre de ses tableaux représentait le pape Pie VII tenant chapelle Sixtine. Un des sujets qu’il fit paraître en 1819, offrait Philippe V donnant , après la bataille
d’Almanza, la toison d'or au maréchal de Bcnoick ; un autre était une Odalisque nue et couchée. Ce tableau fait partie de la précieuse collection de M. le comte de Pourtalès-Gorgier. Dans le troisième de ses ouvrages on voyait Roger, monté sur thippogrijfe et couvert d’une armure d’or , délivrant Angélique. Au salon de 1822 il n’y eut qu’un tableau de M. Ingres : c’était Charles V, qui, après l’expulsion du duc de Bourgogne, rentre à Paris et reçoit le prévôt et les échcvins de Paris, que Jean Pastourel et Jean Maillard lui présentent. Ce tableau appartient à M. le comte Amédée de Pastoret. Le Vœu de Louis XIII , que M. In grès mit au salon de 1824, est le plus grand tableau qu’on ait encore vu de lui à Paris; il est placé dans l’église de Montauban, à laquelle l’auteur en a fait hommage. Le Roi , revêtu de son manteau de cérémonie et à genoux sur le devant de la composition , lève les mains vers la Sainte- Vierge, qu’entourent et que soutiennent des chœurs d’anges au milieu d’un ciel éclatant de lumière. Outre plusieurs portraits, parmi lesquels on remarquait celui de M. de Norvins de Montbreton, il y eut à cette exposition deux tableaux de petite proportion de M. Ingres : François I.er recevant les derniers soupirs tic Léonard de Vinci; — Henri IV jouant avec ses en/ans au moment où /'ambassadeur d’Espagne est admis en sa présence.
ET LES TUILERIES
Au milieu de la composition de M. Ingres, et en avant d’un temple de marbre elevc sur le sommet de l’Helicon , Homère, assis sur un tronc, ainsi cpie les divinités, est couronne par la Gloire. Derrière lui paraissent dans le fond les poètes qui l’ont précédé. Il est dans le costume des héros qui recevaient les honneurs de l’apothéose. A ses pieds / Iliade et / Odyssée, personnifiées, et comme de nouvelles muses, rappellent par leurs expressions et par leurs attributs le courroux et le repos d’Achille, les voyages et les ruses d'Ulysse. La foule des grands hommes qu’ont illustres leurs chefsd’œuvre dans les beaux arts, s’empressent vers Homère comme vers leur père. C’est un hommage filial que lui rendent les anciens et les modernes. Chacun de ceux-ci a pour guide celui des personnages de l’antiquité avec lequel il a le plus de rapport. Sur la droite se font remarquer Phidias, Hérodote, Socrate, Platon, Périclès , Aristote et son élève Alexandre le Grand, à qui il apprit à admirer Homère, et qui tient à la main le coffre d’or où il renfermait les ouvrages du poète. Au côté opposé, Eschyle, Sophocle, Euripide, s’approchent avec respect d’Homère, et font brider l’encens en son honneur. Apelle amène vers lui Raphaël; Virgile conduit le Dante. Sur le devant de cette scène triomphale, d’un côté, l’on distingue Shakespeare, Corneille, le Poussin; de l’autre, près de Longin, qui, contemplant Homère, écrit sur le sublime, on voit Boileau, Racine, Molière. D’autres personnages illustres dans les lettres et dans les arts sont répandus dans les divers groupes de cette grande composition.
Les figures des voussures en sont la suite et la complètent. Ici, d’après les attributs consacrés par les médailles , on reconnaît sept villes qui se disputaient l’honneur d’avoir donné le jour à Homère; là Apollon élève au rang des muses l’Iliade et l’Odyssée , et le chœur des chastes sœurs s’unit à celui des génies des beaux arts et des sciences , qui rendent hommage au génie d’Homère. Ces grisailles et les ornemens ont été peints, d’après les dessins de M. Ingres, par MM. Moench fils, connus sous le nom de Munie (l).
(T) Ayant à parler, dans d’autres endroits, des travaux de décoration exe'cute's par M. Moench et ses fds , je réunirai ici ce que j’ai recueilli sur ces trois artistes.
M. Simon-Frédéric Moench (nom que l’on est habitué a prononcer Munic ), né à Stutgard le 28 mai 1746, est élève de l’académie de cette ville; il a étudié aussi à Paris sous Doyen. Après s’être exercé dans le genre historique , il s’est voué à la décoration non-seulement des maisons particulières, mais même des salles de spectacle et des palais. On a vu de lui une grande quantité de belles décorations à l’Opéra, aux Italiens, au Vauxhall d’été, à l’Ambigu comique, où l’on remarquait la vérité de «es paysages; à la Cité, où
il avait représenté le Pont- Neuf sur le rideau de l’avant-scène. Il a exécuté aussi en grande partie le décor de Saint-Cloud , de Fontainebleau, de Notre-Dame lors de grandes solennités, des Tuileries, ainsi que la voûte de la galerie du Louvre, et il a orné beaucoup de beaux hôtels d’après les compositions de MM. Percier et Fontaine.
M. Charles Moench, élève de Girodct, est né le 10 avril 1784, et son frère, M. Auguste Moench , le 25 septembre 1786. Us ont étudié sous MM. Percier et Fontaine. En 1811 leur père les associa à ses travaux; et lui ayant succédé dans scs entreprises depuis 1816, ils ont été chargés de restaurer les peintures des plafonds de la chapelle de Versailles et d’achever
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Grisailles. Honiere chantant scs poèmes, — Thètis consolant Achille, — I lictis lui apportant ses armes, — Venus blcssce par Diomède, — Minerve piotcgeant Ulysse, — Ulysse chez Ciree', — Ulysse reconnu, — Honneurs rendus à Homère.
Le Vésuve personnifié reçoit la foudre de Jupiter, par M. Heim (I). — Le ciel brille de tout son éclat; des nuages viennent de transporter la cour céleste de l’olympe vers ces rivages célèbres dont le Vésuve est a-la-fois le tyran et le bienfaiteur. Le génie turbulent du volcan , irrité sans doute de ce que les contrées ci it il domine lui adressent moins d’hommaaes qu aux vdles qui sont a ses pieds, demande à Jupiter de l’armer de son loudre vengeur. Les déesses protectrices de Pompéi , d’HcrcuIanum , de Stabies , prévoyant les malheurs qui menacent leurs villes et leurs
les ornemens de la galerie de Diane aux Tuileries , qu’avait commencés leur père.
Ces deux frères ont exe'eute' de grands travaux de décoration au Palais-royal , au ministère des finances, dans les salles de spectacle des Français, des Varie'te's , de la Porte Saint-Martin à Paris , ainsi que dans celles du Havre, de Metz et de Boulogne. Ce furent eux aussi qui, en 1823 , décorèrent la belle salle du Trône.
(1) M. François-Joseph IIeim , né à Belfort le IG janvier 1787, élève de M. Vincent, a remporté le grand prix de peinture en 1807, et, après avoir mérité une médaille d’or en 1812, il en obtint encore une de première classe en 1819, et la croix de la Légion d’honneur en 1824. Ses principaux ouvrages sont, en 1812, X Arrivée de Jacob en Mésopotamie , et un Chasseur, portrait en pied. En 1814, un petit S. Jean, et il reproduisit le tableau de Jacob. Au salon de 1817 on vit de M. Heim un grand tableau où il représenta Ptolémée Philopator repoussé par un pouvoir divin du temple de Jérusalem , où il voulait entrer au mépris de la loi ; — la Douleur de Jacob , à qui l'on apporte la robe ensanglantée de Joseph. En 1819, ce peintre fit paraître, à la demande de M le préfet de la Seine, le Martyre de S. Cyr et de SJ1’ Juliette sa mère. La maison du Roi eut de lui deux tableaux : Titus faisant distribuer des secours au peuple; — le même empereur pardonnant à des
conjurés. On vit aussi de M. IIeim à cette exposition la Résurrection de Lazare.
Le Rétablissement des sépultures royales de Saint-Denis en 1817 parut au salon de 1822. Ce tableau, dont la composition offre dans un grand nombre de figures les portraits des personnes qui assistèrent à cette touchante cérémonie expiatoire, a été placé à Saint-Denis par le ministre de l’intérieur. M. Heim mit au même salon un ouvrage de grande proportion, le Martyre de S. Hippolyte traîné par des chevaux fougueux . Ce tableau a été acquis par M. le préfet de la Seine. S. A. R. M.gr le duc d’Orléans a placé dans sa riche collection, S. Arnould lavant les pieds d’un pèlerin qui part pour la Terre-Sainte.
En 1824, M. Heim fut un des peintres auxquels M. le préfet de la Seine commanda des tableaux pour la fête de I’hôtel-de-ville; il représenta le moment où S. A. R. M.Sr le Duc d’Angoulèmc reçoit au Port Sainte-Marie le roi d’Espagne et sa famille. La vie de S.te Adélaïde lui fournit aussi le sujet d’un tableau dont S. A. R. M.Sr le duc d’Orléans a fait l’acquisition : un pécheur retire , des roseaux d’un étang, S.,e Adélaïde et sa jeune compagne qui étaient sur le point d’y périr. La même année, le Massacre des Juifs par les Romains dans une des cours du temple de Jérusalem fit partie des grands tableaux commandés par M. le ministre de la maison du Roi : il a été placé dans le musée du Luxembourg.