‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 3)Chapitre 98 sur 286 · LES TUILE1UES · texte numérisé non relu

LES TUILE1UES

ET I

campagnes chéries, implorent en leur faveur le père des dieux; la déesse des arts, Minerve, à leurs prières joint les siennes. Elles sont repoussees. Eolc et ses fougueux enfans bouleversent les airs et rassemblent les tempètes. Neptune effraye s’élance au-dessus des flots, et c’est en vain qu’il s’efforcera de calmer le trouble que le Vésuve furieux va répandre jusqu’au fond de ses ondes.

Les tableaux des voussures retracent les scènes de désolation qu’amènent à leur suite les éruptions du Vésuve. Ici un jeune homme engage son amie à prendre la fuite, — une mère serre ses enfans contre son sein, — une jeune femme meurt suffoquée; — là Pline l’ancien trouve la mort au milieu de ses observations; — Pline le jeune écrit les siennes à la lueur des flammes du volcan. Dans les médaillons, des génies emportent des vases, des bronzes, qu’ils sauvent du bouleversement général. De distance en distance, des thermes complètent cette composition ornementale, et rappellent les beaux bronzes que l’on doit à Herculanum, à Pompéi et au Vésuve.

Grisailles. Triomphe de Bacchus et de Cérès, — Sacrifice à Bacchus,

— Sacrifice à Cérès, — l’Agriculture, — Bergers et troupeaux, — jeune Fille qui trait une chèvre, — Vendange, — Chasse, — Repas, — Bains,

— Bacchanale.

Minerve console Parthénope et les nymphes de ses rivages, par M. Meynier. — Les nymphes de l’antique et belle Parthénope ( c’est le premier nom de Naples , Neapolis , ville nouvelle ) ont quitté les bords rians du golfe où, au milieu des chefs-d’œuvre des arts, elles goûtaient les plus doux loisirs. Conduites par Minerve, elles sont arrivées sur les bords de la Seine, qui, développant son Louvre et ses autres richesses, jette des regards satisfaits sur les déités étrangères. Elles lui apportent leurs dieux et ces belles productions des arts qui ont illustré la grande Grèce. Le génie de la France accueille les belles nymphes; et le portrait de Charles X, qu’il tient, dit assez que c’est à sa munificence que l’on doit l’avantage de les voir embellir le Louvre de leurs chefsd’œuvre.

Les bas-reliefs figurés dans les voussures représentent d’un côté Parthénope; de l’autre, cette nymphe supplie en vain Neptune et Pluton de la soustraire aux malheurs dont la menacent et la mer et les feux du Vésuve. Les figures groupées avec des marbres et des bronzes auxquels ceux d Herculanum ont servi de modèles, offrent des philosophes et les villes personnifiées de Pompéi, d’Herculanum, de Stabies, dont les désastres nous ont conservé les chefs-d’œuvre et ont enrichi Portici, Naples, et tous les musées de l’Europe.

Grisailles. Pline observant le Vésuve, — Prêtre emportant les instrumens sacrés, — Habitans se sauvant, — le Vésuve ensevelissant les villes de la Campanie, — jeune fille consultant une magicienne, — jeune Fille se parfumant, — Anacréon composant ses odes, — Philosophe cvnique et son chien.

LE LOUVRE

François I.cr reçoit les statues qu’il avait fait venir en France et les tableaux de Raphaël, j)«ar M. Fragonard (l). — Le Roi, suivi des personnes de sa cour, donne la main à sa sœur la reine Marguerite de Navarre. Il monte l’escalier de son palais, et découvre avec admiration les chefs-d’œuvre antiques et les belles productions de Raphaël que, par ses ordres, le Primatice a apportées d’Italie. Après les avoir disposées dans les salles du Louvre, il va développer aux regards du prince tontes les merveilles antiques et modernes dont son goût pour les arts a enrichi la France.

Dans les voussures de cette salle, des bustes entourés de génies rappellent les grands artistes italiens et français qui ont rendu si célèbre l’école de Fontainebleau : mais on ne peut se flatter d’y retrouver leurs traits; les portraits de la plupart d’entre eux ne nous sont pas parvenus : M. Fragonard a du se borner à donner à ces têtes le style de leurs époques.

Les grisailles de cette salle offrent les génies des sciences et des arts qui illustrèrent le règne de François I.er et d’Henri II.

Les génies des armes marchent vers l’autel de Mars, — les génies des sciences entourent l’autel de Minerve, — les génies des arts industriels déposent leurs offrandes sur l’autel de Mercure, — le génie de la peinture consacre dans ses ouvrages les traits du prince protecteur des arts, — le genie de la sculpture les perpétue sur ses monumens, — le génie de l’architecture soumet ses plans au génie qui fait fleurir les arts. Un autre

(1) M. Alexandre-Évariste Fragonard, ne à Grasse en Provence en 1783, est e'iève de son père et de David. En 1812 et en 1819 il obtint des médailles d’or de première classe, et en 1822 il fut de'core' de l’ordre de fa Légion d’honneur. Pendant plusieurs années, s’occupant plus à dessiner qu’a peindre, M. Fragonard fit une immensité de dessins , dont une grande partie a été reproduite par la gravure. Ii s’est aussi livré à la sculpture, et de fui sont les figures de haut-refief qui décorent le fronton du palais de la Chambre des Députés, du côté de la Seine. Ce n’est qu’au salon de 1819 que M. Fragonard a paru comme peintre d’histoire, et il est entré en lice avec trois grands tableaux, dont l’un représentait François I.er armé chevalier par Bayard; l’autre, Gabriellc d’Estrées près de s’évanouir de dépit des reproches qu’ Henri IV lui adresse devant Sully ; dans le troisième tableau on voyait Fénelon secourant et pansant les blessés après la bataille de Malplaquet. Au salon de 1822 on vit de M. Fragonard le Dévouement des bourgeois de Calais et

d’ Eus tache de Saint-Pierre , qui viennent en chemise , pieds nus, la corde au cou , se livrer àEdouard, que la reine implore pour leur sauver la vie ; la scène de 1 ' Iléraclius de Corneille, Devine, si tu peux, et choisis, si tu l’oses ; — l’ Entrée de Jeanne d’Arc dans Orléans ; — Marie-Thérèse présentant son fils aux Hongrois (le dessin de ce tableau, qui est au Luxembourg, fait partie de la collection de S. A. R. Madame, Duchesse de Berry); — un Turc montant à l’assaut. Les tableaux que fit paraître M. Fragonard au salon de 1824, avaient pour sujets , la reine Blanche délivrant les prisonniers de Châtenay , et la Naissance de S. A. R. 3I.gr le Duc de Bordeaux : c’est le moment où S. M. Louis XVIII I ui fait boire du vin de Jurançon, comme Henri d’Albret, roi de Navarre, en avait fait boire à Henri IV. M. Fragonard a fourni un grand nombre de compositions de tout genre, de dessins de vases et dornemens très-variés et du meilleur goût, a la manufacture royale de Sèvres, et beaucoup de modèles de costumes aux théâtres de Paris.

ET LES TUILERIES

de ces bas-reliefs figures offre les génies de la gravure en (aille douce et de la gravure en médaillé, qui travaillent de concert. La dernière «le ces grisailles présente le génie de l’histoire gravant sur un bouclier les noms qui se sont rendus célèbres sous les règnes de François I.cr et d’Henri IL

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