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Ce fut probablement à ce prodigieux palais, qui cependant ne se termina pas , qu’il destinait les belles statues qu’il enleva à Olympie et dont Pausanias indique quelques-unes comme jdes chefs-d’œuvre d’anciens grands maîtres, et les cinq cents statues de bronze , entre autres le superbe Apollon dont il dépouilla le temple de Delphes. II est bien à regretter que Pausanias se contente de nous donner le nombre de ces statues sans entrer dans aucun détail. II est vrai que ce ne seraient que des pertes de plus à ajouter à celles que nous avons faites des productions de l’antiquité , car il est très-probable qu’il ne reste plus une seule des cinq cents statues que la piété du monde grec et romain , et la reconnaissance des vainqueurs aux jeux pythiques et autres grands jeux de la Grèce , avaient consacrées à Delphes. Parmi toutes les prétentions de Néron celle à laquelle il tenait le plus était d’être le meilleur des chanteurs et le plus habile des auriges ; il lui était du moins facile de s’en donner l’apparence et d’acheter des succès : aussi l’argent qu’il répandait à profusion et encore plus la crainte qu’inspirait un pareil amateur lui avaient-ils fait remporter un grand nombre de couronnes aux jeux sacrés de la Grèce , il eût été dangereux de les refuser à un concurrent aussi redoutable. Jaloux de toute espèce de gloire et surtout de celle des vainqueurs aux courses des quadriges aux grands jeux , il faisait impitoyablement briser ou mutiler leurs statues ; peut-être fut-ce pour les anéantir d’une manière plus sûre qu’il les avait fait venir à Rome , et ce dut être la perte d’un grand nombre de beaux ouvrages grecs. Les auteurs ne le disent pas positivement, mais il ne serait pas impossible qu’il eût employé le bronze des statues qu’on sait qu’il détruisit, à son colosse de cent dix pieds de haut dont il avait chargé le statuaire Zénodore. L’histoire nous a conservé pour les déshonorer les noms des vils agents que Néron mettait en œuvre pour ses déprédations sacrilèges en Grèce : Acratus et Secundus Carinas, de Cybire. II est assez singulier que cette ville de Phrygie eût aussi fourni à Verrès , TIépoIème et Hiéron, qui extorquaient par tous les moyens pour cet odieux maître les statues et les objets d’art précieux qui avaient eu le malheur de lui plaire. Ne dirait-on pas que Néron pensait que cette habileté de rapine s’était perpétuée à Cybire, puisque, voulant enchérir sur Verrès, qui ne volait qu’en amateur tandis que lui c’était en maître du monde , il y avait choisi les exécuteurs de ses effrayantes déprédations?