‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 27 sur 436 · CXL1I · texte numérisé non relu

CXL1I

de la ville, tandis que le Strategium e'tait dans Constantinople. On disait qu’avant de partir pour la guerre de Perse, Alexandre le Grand y avait passe' en revue son arme'e. Septime-Se'vère imita cet exemple. D’après la carte de Banduri cet emplacement aurait, dans la cinquième re'gion, e'tè contigu à la partie sud du forum de Thèodose; il e'tait peu éloigne' du Neorium ou petit port de Sophie. C’était là que l’on proclamait les chefs des troupes et que l’on distribuait les récompenses. Près du Strategium, ou dans une de ses parties, se voyaient les bains et les autels d’AcmLLE et d’AjAX, le trepied d’HECATE. Il y avait aussi un obélisque monolithe en pierre de la Thébaïde, espèce de granit, ainsi que les statues de

Constantin le Grand portant la croix; Fortune de la ville (La) tenant une

statue e'questre. corne d’abondance.

On n’indique pas l’emplacement du petit Strategium, sans doute lieu des exercices ordinaires et des petites revues. Il y avait une statue de Leon le Grand.

Xenodochium. — D’après son nom, c’était un édifice où l’on donnait l’hospitalité aux étrangers, une sorte d’hospice ou probablement des hôtelleries ou des bazars , dans le genre de ceux d’aujourd’hui : il y en avait plusieurs de ce genre à Constantinople, et le plan de Banduri en indique dans presque tous les quartiers. Celui dont parle l’Anonyme paraît avoir été bâti par un Théophile, dont il portait le nom; mais, au fait, c’était moins un hospice ou une hôtellerie que le rendez-vous des jeunes gens dissipés et des femmes de mauvaise vie, un lieu de débauche, le seul qu’il y eut à Constantinople : aussi y avait-t-on consacré une statue de Vénus cornue. (Voy. aux statues.)

Deuteron. — Cet endroit, qui acquit de la célébrité à Constantinople, fut d’abord à deux milles, à l’O. des murs de l’antique Byzance, ce qui lui fit donner son nom, qu’il conserva lorsqu’il fut renfermé dans le mur occidental de Constantinople et qu’il fit partie de la onzième région, très-près de la douzième. A peu de distance de la porte d’Or, il joignait presque la muraille de la ville. Ce fut un quartier où Justinien le Grand fit élever plusieurs églises, entre autres une très-belle à sainte Anne (l). II passait au Deutéron un très-grand aqueduc construit, selon quelques auteurs, par l’empereur Valens, qui y employa les pierres des murs de Chalce'doine qu’il avait abattus pour la punir de lui avoir été contraire. Suivant d’autres, c’était à l’empereur Valentinien que l’on devait ce bel aqueduc, qui, venant de la quatrième colline de la ville à la troisième, et porté par de hautes arcades, distribuait abondamment de l’eau à Constantinople et y alimentait de nombreuses et vastes citernes entre autres probablement celles d’Ae'tius et d’Aspar, qui avaient une grande célébrité. La première fut construite par l’habile général Aétius en 421, sous Théodose le Jeune; l’autre le fut par

(1) Procop. de Æd. 1. I , c. ni.

INTRODUCTION

le general Aspar, la deuxième année du règne de Léon le Grand, et ce fut là qu’ayant conspiré, il fut misa mort avec son fils Adarbure. Cet aqueduc fournissait aussi une grande quantité de bains publics et particuliers; il traversait la quatorzième région au N. de la onzième , à peu de distance du palais des Blachernes, partie la plus N. O. de Constantinople. Il paraîtrait que ce monument, attribué à Valens ou à Valentinien, avait été commencé par Constantin le Grand et terminé par l’un ou l’autre de ces princes, et il est à présumer qu’ils y avaient tous deux coopéré. II ne s’arrêtait pas à la onzième région, et il entrait dans la neuvième et la dixième. Ce fut par cet aqueduc, ou peut-être par quelque conduit souterrain qui en dépendait, que Justinien II le Tyran ou Rhinotmète, au nez coupé (685, détrôné sept. C95, rétabli déc. 705-déc. 711), après avoir échoué dans une première tentative, s’empara de Constantinople; il s’y était fait élever une statue qui fut renversée par Léon Bardas César. (Socrate le Schol. 1. IV, c. 8; Banduri, v. II, p. 656, 691.)

Blachernes. — Selon quelques auteurs, cet endroit, qui existait sous cette dénomination avant Constantin le Grand, était ainsi nommé des cailloux, blachna, qui l’encombraient avant que l’empereur Marcien et sa femme Pulchérie l’eussent déblayé, et y eussent bâti, des plus beaux marbres, une église, un superbe palais et des bains magnifiques. Les Blachernes, si souvent citées dans l’histoire byzantine, et qui, parieur position près du port, se voyaient, dans les sièges, exposées aux attaques par mer et par terre, étaient à quelque distance au N. O. de l’ancienne Byzance. Lorsque Constantin le Grand fonda sa nouvelle cité, le tracé de ses murailles, laissa à peu de distance, les Blachernes hors de la ville, mais près des murs comme autrefois était notre Louvre par rapport à Paris. Ce ne fut qu’en 625, lors du siège de Constantinople par les Avares, qu’Héraclius construisit au delà des Blachernes un mur qui renferma dans la ville ce palais, dont on donna le nom à un des quartiers de Constantinople. En 814, Léon V Bardas , ou l’Arménien (emp. 11 juill. 813-24 déc. 828) les fortifia et les munit d’un second mur et d’un large fossé du côté de la campagne , pour les protéger contre les barbares et afin qu’elles servissent de seconde citadelle, du côté de la terre, à Constantinople. Ce fut Manuel Comnène (emp. avr. 1143-24 septembre 1180) qui porta ce palais à la magnificence dont il brilla aux yeux des croisés : il y prodigua l’or et les marbres les plus précieux. II y avait fait représenter, en mosaïques d’or et de pierres fines, les principaux événemens de son règne. Son trône en or, enrichi de pierreries, était surmonté d’une grande couronne d’or de la largeur du trône, suspendue par de fortes chaînes du même métal. Isaac Lange (emp. 12 sep. 1185, détrôné 8 avr. 1195, rétabli 12 juil. 1203, mort fin de janv. 1204) fit élever aux Blachernes une haute et superbe tour, qui servait en même temps à la défense et à l’agrément. Ce beau palais, pillé et en grande partie détruit en 1204 par l’armée des croisés, ne fut réparé que longtemps après, en 1274, par Michel Paléologue (emp. déc. 1260- 11 déc. 1282). On y remarquait, pour leur somptuosité, la salle du trône

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