Jupiter tonnant, m., pl. 4oo. — Cap., t. III, pl
Cette belle statue, de grande proportion, est depuis longtemps au Capitole, et on la trouve au n° 80 du recueil de de Cavaleriis, qui la publia vers i58o. Ce n’est qu’à la restauration qu’elle doit son litre de tonnant, car le bras droit presqu-e en entier lui manquait, mais la direction des muscles de l’épaule indiquait d’une manière certaine celle que l’on devait donner au bras. On la retrouvait aussi dans des statues analogues à celle-ci, entr’autres au Jupiter Giusliniani tout à fait semblable à celui du Capitole, sauf les pieds, chaussés de sandales, tandis que celui-ci les a nus, ce qui est assez ordinaire aux figures de ce dieu. Cependant Homère donne toujours une riche chaussure au maître de l’Olympe; ce qui semble plus convenable à sa dignité, et c’est ce qu’adopta Phidias pour son Jupiter Olympien. C’est ainsi qu’en public apparaissaient les rois; aussi l’histoire fait-elle remarquer qu’Adrien, pour plaire à ses soldats et pour montrer sa vigueur et ses habitudes militaires, marchait touîours pieds nus à la tête de ses troupes, qui cependant étaient fort bien chaussées. Notre Jupiter a rejeté sur son épaule gauche un pan de son double manteau, qui, laissant à découvert le haut du corps, enveloppe le reste jusqu’aux pieds. Le geste de la main droite, abaissée, indique que le dieu donne un ordre, quoique son attitude et son expression calme n’aient rien de bien impératif ni de menaçant. Il est vrai que c’est dans le système de gravité de la sculpture antique : le roi des dieux et du monde devait .être calme dans l’exercice de sa toute-puissance. Cette statue-ci n’offre pas un grand caractère, et la tête n’a pas celte beauté qui distingue d’autres Jupiter, mais elle est remarquable par sa conservation et la bonté de son exécution. [Haut. io pal.]
(I) Mus. Cap. , t. III , pl. 3.
DE L’EUROPE