‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 344 sur 436 · Junon, m. gr., pl. 421. — Giustinjani, pl · texte numérisé non relu

Junon, m. gr., pl. 421. — Giustinjani, pl

En restaurant cette grande statue on aurait dû le faire de manière à mieux justifier le titre dont on l’a honorée, rien ne le caractérise positivement, et il eût convenu que la têle antique , qui remplaçait celle dont elle était privée , eût porté ou le diadème ou cet insigne de la reine des dieux , recouvert de son long voile. Le geste de la main droite, qui relève un pan du grand manteau double, le diplax, dont elle est enveloppée et qui retombe jusqu’aux pieds, ne se voit pas aux statues où l’on ne peut méconnaître Junon, et il désignerait plutôt la déesse Spes , l’Espérance. 11 est assez singulier que , parmi les statues que l’on donne pour des Junon , on ne retrouve ce geste de la main droite qu’à deux autres statues (787, 7Ù0) qui sont encore delà collection Giustiniani , et dont la dénomination n’est ni mieux motivée ni plus certaine que celle-ci : ce sont de ces restaurations faites comme en fabrique et de la manière la plus arbitraire.

Nous avons vu que la tête était rapportée; elle a le nez, une partie des lèvres, le menton et le cou modernes. La main gauche avec la patère, tout le bras droit à partir du milieu de la manche le sont aussi, de même que le pied gauche. Cette figure a de plus éprouvé deux grandes fractures transversales dans le bas , et il y a quelques lésions aux plis du manteau vers le milieu du corps. [H. 8 pal. 7 onc.]

742 A. — Junon, ierrecuite, pl. 420B. — M. Brit.,P. ire,pl. 4o.

Cette statue, d’une grandeur peu ordinaire parmi les terres cuites, se fait remarquer par sa pose simple et gracieuse, et par la manière élégante dont est ajusté son manteau. La tête est d’une expression douce et remplie de charme. Légèrement inclinée, la déesse semble prêter une oreille attentive et favorable aux prières qu’on lui adresse.

Son diadème, moderne, a été orné d’un rang de perles, ce qui ne se voit pas dans l’antique. Il est à regretter que cette belle terre cuite ait perdu l’avant-bras droit et la

STATUES ANTIQUES

main gauche, qui probablement tenaient ses attributs ordinaires, la baste et la patère; et surtout que, par la peinture dont elle a été maladroitement barbouillée, on lui ait porté un préjudice irréparable. [H. 2 pi. 2 po. 1/2.]

A 742 B. — Junon (Livie en)? m.C.,pl. 4lO D. — Albani, 1NÉD.

En donnant à celle statue une tête qui n’est pas la sienne, et qui a quelque ressemblance avec le portrait connu de l’impératrice Livie, femme d’Auguste; en lui ajustant un voile qu’elle n’avait pas; en y ajoutant une moitié du bras droit, auquel on a fait tenir une patère, et un avant-bras gauche, on a fait de cette statue ce qu’elle est aujourd’hui, Livie en prêtresse, sur le point de sacrifier. Elle n’a rien de remarquable, mais elle offre un belle partie de draperies dans le manteau , qui s’agence bien par-dessus la longue tunique. Outre les restaurations indiquées, il y a quelques retouches au bas de la robe et à une partie du pied gauche; presque tout le cou est moderne. [Haut. 9 pal.]

742 C. — Junon? m. gr., pl. 4io D. — M. Borb. Fin., n° 73.

Cette petite statue, à laquelle on a donné le nom de Junon sans motif bien positif, n’a rien qui rappelle cette déesse. La tête est moderne, et on n’a pas même pris la peine de lui imprimer le caractère fier de Junon, et l’on aurait pu ne pas la priver de son diadème. On n’a fait tenir aucun attribut à la main droite, qui, avec l’avant-bras , le poignet gaucbe et la main, ainsi que le pied droit, sont modernes. Mais cette figure est assez remarquable par l’agencement de ses draperies. La manière dont un pan du grand manteau double, 1 ediplax, repasse sur l’épaule gaucbe et est rejeté en arrière, est d’un effet piquant. [Haut. 3 pal. 6 onc.]

743. — Junon? m. salin, pl. 42 1. — Col. BLüNDELL,àÏNCE,pl. 10.

Cette statue, à laquelle manquaient la tête et tout ce qui l’accompagne, jusqu’à la partie supérieure des épaules et de la poitrine, et les deux mains audessus des poignets, est remarquable par la manière tout à fait particulière dont est ajusté son grand manteau-voile par-dessus sa longue tunique relevée aux hanches et retombant assez bas, en larges plis, sur la ceinture. Peut-être est-ce le seul exemple d’une draperie de ce genre; par sa régularité, elle ne manque pas de dignité. On voit que si les mains étaient abaissées, le manteau envelopperait la personne jusqu’au milieu des jambes. Celte statue, que rien ne caractérisait pour une Junon, est une des meilleures de la collection de feu sir Henri Bluiidell, à Ince, près Liverpool. On lui a fait tenir une grenade, l’un des attributs de Junon, mais que jusqu’à présent l’on n’a vu à aucune de ses statues authentiques. Trouvée à la villa Adrienne, elle fut acquise delà villa d’Est du duc de Modène. [Haut. 5 pi. 6 po. = 1,786.]

a o 744- — Junon, br., pl. 422. — Paris, Bibl. roy., inéd.

Ce joli bronze offre complet le costume delà déesse. Comme reine des dieux, elle est coiffée du diadème, qui laisse en liberté sa belle et ondoyante chevelure.

DE L’EUROPE

Son grand voile rappelle qu’elle présidait au lien et aux mystères du mariage, et sa tunique ne cache rien du beau bras de la déesse dont Homère chante la blancheur. On pourrait faire observer que cette tunique est une espèce d’efe'romaschalos> qui ne laissait qu’un bras à découvert, tandis que l’autre avait une manche large; on l’aperçoit au bras gauche sous le pan du manteau qui recouvre le bras. La patère que présente Junon, et sa tête légèrement inclinée, lui donnent le caractère d’une divinité propice. Ce bronze fait partie de la précieuse collection de la Bibliothèque royale de Paris. [om,i76. =6 po. 6 li.J

a o 745. — Junon? br., pl. 422. — ■ Paris, Bib. roy., inéd.

C’est encore à la Bibliothèque royale de Paris qu’appartient cette figurine qui, dans sa très petite dimension, offre un diadème très-élevé et un ajustement de manteau-voile que ne présentent pas les grandes statues.

Rejeté sur le bras gauche et en arrière, le manteau découvre entièrement la longue tunique à larges manches et le péplus dont est vêtue la déesse, qui , de même que la figurine précédente, a les pieds nus. On voit aux coins du manteau les olives en métal qui servaient à faire tomber et à former les plis. La déesse tenait autrefois à la main gauche son long sceptre et à la droite probablement une patère. [H. om,i 29. = A po. 9 li. ]

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