‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 346 sur 436 · Junon en Cérès ?m., pl. 42 3. — Dresde, Mus. roy · texte numérisé non relu

Junon en Cérès ?m., pl. 42 3. — Dresde, Mus. roy

Il est triste, lorsqu’à grand’peine on compose un recueil aussi considérable que celui-ci, d’être sans cesse arrêté faute de savoir avec certitude ce qui appar-

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tient en propre aux statues, et ce qu’ elles doivent à des restaurations plus ou moins adroites. — Leplat, pl. 125 ; Lipsius, p. 202.

Aucune garantie ne vient à l’appui de la dénomination donnée à cette jolie déesse. On a souvent représenté Junon et Cérès dans toute la fraîcheur et la pureté de la jeunesse, que rien n’altérait chez les immortelles. Le diadème est l’insigne constant de leur divinité, et il leur est même commun avec la plupart des déesses. L’on ne voit rien ici qui puisse faire prendre un parti décisif; et il faudrait que cette statue eût quelque attribut propre à Junon, pour que l’on pût y reconnaître cette déesse, y ayant ajouté les épis de Cérès. Mais, telle que nous la voyons, ce peut être une Cérès tout aussi bien qu’une Junon en Cérès. Je croirais même d’après l'élégance, la légèreté de sa tunique, qui suit avec charme les contours de cette taille svelte, que cette figure a bien pu être une Vénus drapée , et nous avons au Musée royal , n0> 420 et 427, deux Vénus qui, par leur attitude et leur costume, ont un grand rapport avec cette statue, où l’on a voulu voir une Junon ou une Junon en Cérès. Qui sait d’ailleurs les altérations qu’ont pu causer des restaurations à l’état primitif de la statue, surtout si, avant son départ d’Italie, elle a passé par les trompeuses mains de quelque adroit restaurateur, j’ai presque dit faussaire, tel que Cavaceppi? Mais peu importe, et, quel que soit le nom que l’on voudra donner à cette élégante déesse, elle n’en offrira pas moins une charmante statue, où l’ajustement plein de goût et la souplesse des draperies, qui n’enlèvent rien à la grâce des formes, le disputent à la beauté de la poitrine et des bras, quelles laissent à découvert. Nous ne saurions indiquer les restaurations de cette figure, qui probablement en a subi plus d’une ; on sait seulement par Lipsius que la tête n’est pas celle de la statue, et il paraît que le bras droit et les épis sont modernes. [Haut. 3 aun.]

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