‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 365 sur 436 · Cérès, mar ., pl. 429. — Berlin, Mus. royal · texte numérisé non relu

Cérès, mar ., pl. 429. — Berlin, Mus. royal

Il est difficile de voir une pose plus gracieuse que celle de cette jolie Cérès , qui, delà collection Mattéi, à Rome, a passé, parles soins de M. d’Erdmannsdorf, au Musée royal de Berlin, qui a dù se féliciter de cetle acquisition, et où elle mérite autant que toute autre d’attirer l’attention.

Nous croyons ne pas devoir différer de prévenir qu’il y a ici un double emploi qu’il n’était guère possible d’éviter. La Cérès (786 A, pl. 434) de la villaMattei est précisément la même que celle du Musée de Berlin ; et ce qui a causé la méprise, c’est que l’on en a changé les restaurations. Autrefois, à Rome, la déesse levait le bras droit; à Berlin, on le lui a fait baisser et porter en avant. La tête a été légèrement inclinée; autrefois elle était relevée, et semblait diriger ses regards vers les épis qu’elle tenait à la main. Il me semble que cette statue a beaucoup gagné aux cbangemens qu’on y a faits à Berlin, et qu’en devenant, pour ainsi dire, une nouvelle figure, elle a dû facilement m’induire en erreur. Ce serait peut-être en hasarder une autre que d’affirmer positivement que c’est bien une Cérès, et qu’il n’y a pas à en douter. Mais remarquez que, pour y faire reconnaître le caractère de cette déesse, il n’y a que les épis, et que malheureusement ils sont modernes, ainsi que tout l’avant-bras. Dans son excellente description des sculptures antiques du Musée de Berlin, n° 21, M. Gerhard semble regarder la tête comme celle de la statue, à laquelle il n’y aurait d’autre restauration que le cou et la couronne. En comparant les deux dessins de la même statue, ici et planche 434, il me semble cependant que, même en admettant le changement de couronne, où des fleurs ont remplacé des épis, on ne pourrait faire prendre à cette tête la direction gracieuse que l’on voit à celle de Berlin. Il faudrait, au reste, avoir sous les yeux la statue elle -même pour en juger avec plus de connaissance de cause, et savoir si elle doit conserver le nom de Cérès, ou prendre celui de telle autre jeune déesse. Mais, quel que soit celui quelle portera, ce sera toujours une charmante statue. Avec quelle grâce cette ample tunique, retenue sur l’épaule par quatre boutons, s’en dégage et va découvrir les charmes que la déesse avait dérobés à la vue. Quelles belles masses de plis forme en se développant ce manteau,

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ramassé sur le milieu du corps : il enveloppe tout et laisse tout deviner des élégantes proportions de la déesse, dont on n’aperçoit qu’en partie les jolis pieds. Enfin, sous tous les aspects, cette statue se présente comme une des plus agréables de celles que nous ait transmises l’antiquité. Il faut faire attention au siège sans dossier à coussin garni de franges, élevé sur des supports tournés et garni de son marchepied, suppedaneum , partie distinctive des trônes, et qui met liors de doute que cette statue fût celle d’une déesse ou d’une impératrice en déesse. [Haut. 3 pi.]

a 773. — Gérés Dadoeque, rn.gr., pl. £29. — Nap., M.Borb.,in.

D’après ce queM. Finali ( Il rcgal. mus. Borb., n° 86) rapporte de cette belle statue, cle sculpture grecque et jadis de la collection Farnèse à Rome , il paraît que ses attributs sont antiques et certainement alors c’est une de celles où l’on retrouve le mieux ou de la manière la plus certaine le caractère de la déesse des moissons. La torche, allumée, qu’elle tient à la main droite et qui lui a fait donner son surnom de Daclouque, porte-torche, rappelle ses courses à la recherche de sa chère Proserpine, de même que le bouquet d’épis à la main gauche, qu’elle est la déesse des moissons. La tête est remarquable par l’ajustement de sa coiffure, et les tresses, par leur disposition, produisent un peu l’effet d’épis de blé.

Dans une noble simplicité, la déesse a pour vêtement la longue tunique talaire relevée au-dessous des seins par une seule ceinture, et dont les larges ouvertures, servant de manches, sont ornées de boutons ; repassant sur le bras gauche et ne découvrant que la main, le manteau retombe en belles masses de plis. Il y a de légères restaurations au pied gauche et aux extrémités des mains. [Haut. 8 pal.]

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