Cérès assise, m., pl. 433. — Guattani , 1787, pl
Assise , avec la dignité qui convient à la bienfaitrice du genre humain , sur un trône dont les montans sont formés par des pilastres et auquel est fixé le marchepied, siippedaneum, la déesse, d’une grave beauté, a la tête ornée de la stlengide ou peut-être du diadème, et en partie couverte de son grand manteauvoile , qui retombe sur ses épaules. Sa longue tunique , descendant jusque sur les pieds, ne livre aux regards que l’avant-bras droit et la main gaucbe. Un double péplus enveloppe la poitrine, et les manches, larges, sont ornées de boutons. Tout, dans ce costume, offre une élégante sévérité.
Si les attributs que lient la déesse, les épis, les pavots et la torche, ainsi que la tête, étaient antiques, cette statue serait une des plus complètes parmi celles de la déesse d’Eleusis ; mais il est bien à craindre , d’après le peu de mots de Guattani, qu’elle n’ait subi plus d’une restauration et quelle ne nous soit pas parvenue dans l’état d’intégrité où nous la voyons ici. Si ces accessoires n’ont été donnés qu’arbitrairement à cette figure, il se pourrait qu’ autrefois ç’eût été une Junon; ce que porteraient à présumer et son diadème et son trône, plus orné qu’on ne voit ordinairement ces sièges, qui n’ont pas, comme celui-ci, un épais coussin d’où pend une draperie, luxe qui convient encore mieux à la reine des dieux qu’à Cérès, toujours en course ou à la recherche de sa fille, ou pour répandre les bienfaits de l’agriculture. Les yeux de cette figure ont la pupille en creux, ce qui la placerait vers l’époque des Antonins. — Guattani 11e nous fait pas connaître la grandeur de cette statue , qui , de son temps , en 1787, était à Rome , au palais Rondanini : il dit seulement quelle était de grandeur naturelle. On apprend par Winckelman , dans son Histoire de l’Art , citée par Guattani , que cette statue fut découverte
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dans une vigne, qu’on la jeta dans un fossé où elle fut recouverte de quelques charretées de décombres , d’où probablement elle ne fut retirée que par le prince Rondanini. Une copie moderne de cette belle figure fut envoyée à Saint-Pétersbourg.
786 A. — Gérés assise, m., pl. 434. — Colî. Mattéi, pl. 2 5.
La déesse, assise sur un trône dont le marchepied n’est qu’une plinthe trèsbasse, tient à la main gauche une corne d’abondance remplie de fruits, symbole des biens dont elle pare la terre. Son costume n’offre rien de particulier, le péplus par-dessus la tunique à manches larges et le grand manteau qui l’enveloppe en partie. La disposition des jambes, sur le même plan et suivant deux lignes verticales, n’est pas d’un bon effet. On ne saurait indiquer ni les restaurations, ni la grandeur de celte statue, sur lesquelles ne nous apprend rien le texte de la Collection Mattéi. Selon Amaduzzi, l’un des auteurs qui l’ont décrite, elle passa au Vatican sous Clément XIV. — (Voyez ici, sur la collection Mattéi, Introd. , p. cccx et suiv. )
786 B. — Cérès assise, m., pl. 434- — Coll. Mattéi, pl. 26.
Si l’on était certain que tout ce que présente celle jolie statue est antique, et quelle ne doit pas, comme c’est probable, la restauration et les épis qu’elle tient à la main gauche et ceux qui couronnent sa tête , on ne pourrait hésiter à y voir une Cérès. Mais ignorant ce qu’elle était, et quels attributs la distinguaient lorsque la terre nous la rendit, il est permis d’avoir plus que des doutes sur sa véritable dénomination. Le siège, espèce de trône garni de son marchepied, indique bien une personne d’un ordre élevé, une déesse ou une impératrice , mais il ne nous dit rien de plus, etle costume, cette épaule droite dégagée de la manche avec une sorle de coquetterie , tout l’ensemble de la figure, son attitude ne me semblent pas d’un caractère assez grave pour une Cérès, et ce pourrait bien avoir été une muse.
Au reste, je ne me suis aperçu que cette description était un double emploi , que lorsque cette statue était gravée et publiée. Cette figure est la même que celle de Berlin , que j’ai donnée 772, pl. 429 , et dont la tête a été changée, ainsi que le bras gauche, que j’avais présumés être modernes. — La description duMusée de Berlin, de M. Éd. Gerhard, n° 2 1 , nous apprend quelle y subit de nouvelles restaurations : le cou et la couronne sont modernes , ainsi que l’avant-bras et la main gauche avec les épis. — On voit , par cet exemple et par bien d’autres, combien peuvent induire en erreur des restaurations souvent arbitraires, et qui changent tout l’aspect des statues lorsqu’elles passent d’une collection à l’autre, et c’est ce qui m’engage à conserver une partie de cet article-ci , que j’aurais pu supprimer en entier, quoique l’aspect de ces deux figures, qui au fond n’en sont qu’une, soit très- différent, et que l’on ait pu et même dû dans les deux collections auxquelles elle a appartenu, la dessiner comme deux statues.
786 G. — Cérès assise, m. Car., pi, 438. — Pembroke.
La déesse, la tête en partie couverte en arrière de son manteau-voile qui, dégageant le haut et les côtés de sa chevelure ondulée , retombe sur ses épaules
STATUES ANTIQUES
et vient s’unir au péplus, tient à la main gauche la corne d’abondance, principal emblème des biens qu’elle prodigue à la terre , et de la droite ses pavots. Ils sont il est vrai modernes, ainsi que l’avant-bras droit; le gauche l’est bien aussi, mais la plus grande partie de la corne , la moitié supérieure, est antique. On pourrait reprocher à la partie inférieure de cette figure d’être trop serrée dans ses draperies, ce qui n’est pas d’un heureux effet. [Haut. 2 pi, 4 po. 1/2.]
La corue d’abondance n'est pas un des attributs que l’on donne à Cérès, quoiqu’elle lui convienne à merveille, et l’on peut avoir des doutes sur les statues qu’on dit être des Cérès et auxquelles on la voit; elles peuvent offrir quelque autre divinité, telle que l’Abondance, dont cette corne était l’attribut particulier, et qui a tant de rapport avec la déesse des moissons , qu’on est fort exposé à les prendre l’une pour l’autre , sans grand inconvénient. Quoi qu’il en soit du nom de celte statue; elle fait partie de la collection de lord Pembroke, à Wilton-House, dans le Wiltshire.
786D. — Cérès (Appol. rest. en),m. ^rr. , pl. 438 B. — C.Coke.
La pose pleine de dignité de cette belle femme debout, et l’ample manteau qui recouvre en partie sa longue tunique, conviennent en grande partie au caractère de Cérès. Cependant, la tête ayant été rapportée et retouchée, ce pourrait être une autre divinité; et le bras droit, ainsi que la main qui tient les épis, étant moderne, ce n’est qu’à la restauration qu’elle doit cet attribut. Il en est de même de la main gauche au sortir de la draperie qui couvre le bras, et de la corne d’abondance; mais ces restaurations ont été bien faites, et ne nuisent pas à celte jolie statue, qui se distingue par le bon style et l’exécution de ses draperies. Le nez est moderne. [Haut. 4 pi- 4 po.]
Je ne sais comment il se fait que, par inadvertance, cette statue, sur la planche et dans la table des statues, a été intitulée Cérès (Apollon restauré en) ; car je ne la trouve pas ainsi désignée dans les notes que j’ai prises au beau château d’Holkham, chez M. Th. Coke, aujourd’hui comte de Leicester. La tête, rapportée, n’a pas le caractère d’Apollon; et d’ailleurs, elle l’aurait, que l’on ne pourrait guère s’exprimer ainsi. Si c’était une statue d’Apollon qu’on eût voulu restaurer en Cérès, ce n’eût pu être qu’une figure d’Apollon Musagète, que l’on représente en costume de femme; mais alors il ne porte pas celui-ci, et nous verrons, ainsi que nous l'avons déjà vu dans des bas-reliefs, que l’Apollon Musagète est vêtu de la grande robe, droite, théâtrale, nommée orthostade, à large ceinture, et qu’il porte un grand manteau flottant en arrière.
786 E. — Cérès assise, m. pentéi, pl. 438 B. — Pembroke.
Celte grande statue, roide et gauche, d’un aspect assez commun, a été fracturée parle milieu du corps; les bras, au-dessous du biceps, sont modernes et très-mauvais; sous le rapport des attributs, ils ne peuvent avoir aucune valeur. Le siège sur lequel est assise la déesse est garni de coussins et orné de palmettes dans le haut des montans. Quant aux draperies, la sculpture en est très-médiocre, ainsi que la disposition. On a gravé à Rome, sur la plinthe, le nom de l’impératrice Livie , avec laquelle la tête que l’on a rajustée à la statue n'a aucune ressemblance. [Haut. 5 pi. 4po.]
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786 F. — Cérès assise, pi. 438 E. — Spec.of dil, Iï,pl. 58.
Dans un costume très-ample, le grand péplus et le manteau qui l’enveloppe en partie, et dont un pan est retenu sur l’épaule gauche, la déesse de l’agriculture est assise sur un bloc de pierre qui lui sert de trône et qui pourrait rappeler la pierre açjelastos ou du deuil, sur laquelle, en proie au chagrin de la perte de sa fille , elle prit quelque repos, lorsque, dans ses recherches , à la poursuite de son ravisseur Plulon , elle s’arrêta chez Céléus et. Métanire , à Eleusis. On voit à sa main droite des fruits et dans la gauche un petit vase. Ne pourrait-ce pas être celui qui contenait le cycéon, boisson fortifiante et cordiaque, que ses hôtes lui firent prendre pour calmer ses douleurs et safatigue? Ne pouri’ait-on même pas voir dans ce petit vase celui qui aurait contenu le suc de pavot auquel, si l’on en croit Ovide ( Fast . IV, 53 1) , Jupiter avait conseillé à Cérès d’avoir recours, pour retrouver le sommeil et adoucir son chagrin de la perte de sa fille? El cet attribut n’aurait-il pas quelque rapport avec les mystères que la déesse institua à Eleusis, et parmi les cérémonies desquels, en mémoire de ses courses aventureuses , les initiés buvaient la liqueur mystérieuse du cycéon? La tête de cette figure, ornée de la stlengide , est âgée et paraîtrait un portrait: ce pourrait être celui de quelque impératrice. Sur les genoux, de la déesse, est un petit quadrupède qui semble un faon de biche; cependant, cet animal ne lui était pas consacré, et c’est le porc qu’on lui sacrifiait et qu’on voit souvent, surtout dans de petites terres cuites et des bas-reliefs accompagner ses images. La présence de cet animal, dont on ne connaît pas l’attribution, et l’absence des épis, des pavots, de la torche, pourrait donc jeter quelque doute sur le nom de Cérès, donné à ce bi'onze, quoiqu’il soit probable qu’il représente cette déesse d’une manière qui n’est pas ordinaire. [Haut. 1 pi. ]
786 G. — Cérès assise? m. pentel., pl. 438 G. — Vatic. In.
Cette femme, d’un aspect plein de dignité, assise sur un siège à dossier droit et à montants sur le devant en forme de pilastres , ne se distingue par aucun attribut et n’a pas plus que toute autre le droit de s’arroger le nom de Cérès , que rien ne l’autorise à prendre.
Il n’est même pas certain que cette statue soit une déesse , et l’absence de marchepied, qui ordinairement constitue le trône des divinités et des impératrices, est propre à jeter des doutes sur son état. Du reste, cette figure, sans titre positif, est bien de pose et simplement drapée. La tête, antique, rapportée, n’est pas celle de la statue; le nez est restauré, ainsi que le cou ; presque tout le bras droit , avec la main, la main gauche et le poignet sont modernes, et il y a bieu encore quelques retouches et des fractures peu importantes dans diverses parties. [Haut. 5 pal. 8 onc.]
a 787. — Cérès marchant, m. Carr., pl. 433. — Borgh. in.
Certainement c’est par suite d’une erreur , qu’en réparant cette grande statue, à laquelle ne restaient ni la tête , ni les bras, on a pu lui donner les at-
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tributs de la déesse des moissons, les épis et le sceptre ou la torche, et en faire une Gérés , sans doute en course , à la recherche de sa fdle enlevée. Mais ce costume n’appartient pas à la déesse d’Eleusis; c’est celui que les Grecs, et d’après eux les Romains, attribuèrent à leur Isis, bien différente de celle des Egyptiens, et que l’on reconnaissait aux longues franges de son manteau et au nœud qu’il formait sur le sein , et que l’on nommait calasiris. On pourrait prétendre que, Gérés et Isis étant regardées comme la même divinité avec des noms divers, on aura pu représenter Cérès de la même manière qu’Isis. 11 n’y aurait ■ peut-être rien à répondre si les bras, ayant été conservés , la statue eût, avec le costume d’Isis, porté les attributs de Cérès; mais il n’en est rien, les bras et les accessoires étant modernes. L’on sait d’ailleurs que, malgré son identité avec Isis, Cérès ne fut jamais représentée de celte manière. Mais pourquoi, en supprimant les additions arbitraires, ne verrait-on pas ici la déesse égypto grecque Isis se hâtant à la recherche des restes de son mari Osiris, si méchamment mis à mort par Typhon? Rien, cerne semble, ne s’opposerait à ce que cette supposition devînt une réalité. Ce pourrait être aussi , mais cette hypothèse me plairait peut-être moins, une prêtresse d’Isis, portant dans une cérémonie les objets sacrés du culte de sa déesse, et rappelant, par sa marche rapide , les longs voyages d’Isis pour retrouver son cher Osiris. — Quoi qu’il en soit du nom que l’on adaptera cà cette ligure, elle ne manque pas de mouvement, mais il y a de la roideur, et l’ensemble en est lourd. Le manteau et le reste des draperies, bien ajustés, sont d’un bon travail. La tête est moderne , ainsi que les pieds. — Cette statue fait partie de la nouvelle galerie de la villa Borghèse. [Haut. 8 pal. 1 onc. 1/2.]
a 788. Cérès, M. Pentèl., pl. 43 7 . — Munich, Glypt.
D’après la notice n° 79 du musée royal de Munich, par feu Schorn, il n’est pas certain que celte tête antique, rapportée, et dont le cou est en partie moderne soit celle de celte belle figure de travail romain, et qui pourrait bien être un portrait.
Si c’cst la tête de la statue , rien ne dit qu’elle ait toujours été Cérès. Le diadème ou la stéphané lui conviendrait moins qu’à Junon; le bras droit, au sortir de la draperie, étant dû à la restauration, il ne saurait servir, non plus que les épis, à y faire reconnaître positivement une Cérès. Mais si ce que l’on retrouve au-dessus du poignet gauche restauré, ainsi que la main, et qui paraît le bout d’un sceptre surmonté d’un fleuron, est antique , ce pourrait bien être le reste d’un sceptre que la restauration a complété. On dira peut-être aussi que c’est le bout d’une torche. Au reste, il peut y avoir des doutes entre Junon et Cérès pour cette statue, dont la pose est noble et les draperies bien ajustées, et qui, en outre, a le mérite, dans toute la partie antique, d’être d’une bonne conservation ; les pieds sont à ce qu’il paraît les siens. Cette figure provient de la collection Barberini. [Haut. 7 pî,.-2 po.]
a 789. — Cep.ès, m. Pcltos, pl. 437. — Munich, Glyptothéque.
Il paraît que celte cette belle statue en marbre de Paros, remarquable parla noble simplicité de son costume est une de celles en petit nombre, qui nous
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offrent de la manière la plus certaine une figure de Cérès. Car, à l’exception du pouce et de l’index, tout son beau bras gauche est antique, ainsi que les épis qu’elle tient à la main.
H est bien à regretter que cette statue n’ait pas conservé ses autres attributs, car la tête et l’avant-bras droit sont modernes, ainsi que les pieds et la partie inférieure gauche de la longue tunique dorique à manches courtes. On doit faire remarquer la belle disposition du manteau double, ou de l’ample péplus qui, fixé sur l’épaule droite par une agrafe , et ouvert en entier de ce côté , forme de riches chutes de plis et enveloppe presque en entier le corps, sans rien faire perdre de la richesse de ses proportions. Cette statue fut acquise à Rome de l’habile peintre Camuccini. — Schorn, Glyptothek. n° 86. [Haut. 6 pi. 7 po. ]
a 790. — Cérès (Diane en), marbre de Paros, pl. 449- Munich, .Glyptothèque , n° 1 1 4.
Telle est la dénomination sous laquelle est connue à la Glyptothèque , n° 1 1 4, musée royal de Munich , cette statue , qui ne doit ce titre de Cérès qu’à une restauration; la tête, la moitié de l’avant-bras droit, le gauche en entier et la corne d’abondance sont en effet tout à fait modernes. [Haut. 5 pi. 4po. ]/ 5.]
Il est étonnant que, puisque on a cru, d’une manière positive, reconnaître une Diane dans ce qui restait d’antique de cette jolie statue, et qui en est la partie la plus considérable, lui rendant ce qui lui manquait, on ne l’ait pas restituée en Diane? il me semble que c’eût été plus convenable. Le costume de cette statue est plutôt celui qu’on voit quelquefois à la sœur d’Apollon que celui de la déesse des moissons. On a voulu rappeler celle-ci par la corne d’abondance, mais nous avons vu ailleurs que cet attribut ne lui est pas toujours spécialement affecté. Toutefois, quoique la bandelette qui passe obliquement de l’épaule droite au côté gauche, et qui servait à suspendre le carquois, se rencontre chez des figures de Diane, elle ne lui est pas entièrement propre, et on la retrouve à des nymphes de sa suite. Quel que soit le nom qu’on veuille donner à cette statue et celui quelle porte aujourd’hui, elle n’en est pas moins charmante de simplicité; et à en juger par la grâce de sa pose et la beauté de son exécution , l’on peut la croire , avec Schorn ( Glypt . n° n4), une bonne production grecque. Le grand péplus ou le diploïclion, la grande cyclas des Grecques, le ricinium des Romaines, dont la bandelette en écharpe brise les plis d’une façon piquante et qui, ouvert sur le côté droit, recouvre en partie la longue tunique ou le clùlon Spartiate à manches courtes, accuse sans indécence les formes élégantes de cette belle déesse. Celte statue faisait autrefois partie de la collection Braschi à Rome. Elle a été restaurée par feu le célèbre Thorwaldsen.
a 79 1 . — Cérès, marbre, pl.438. Munich, Glyptothèque, n°2 4o.
Voici encore une de ces figures d’une grande jeunesse et du costume ie plus léger, qu’il n’est guère possible d’admettre parmi les Cérès, quoiqu’elle tienne de sa main droite, ramenée avec grâce sur la poitrine, un bouquet d’épis. Elle ne doit même ce bouquet qu’à la restauration; sa têle, bien qu’antique , n’est pas non plus la sienne. Par-dessus sa longue tunique, qui laisse, à la Spartiate, ses beaux bras nus, un péplus, ou cliploïdion, suit la partie anté-
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rieure de sa taille svelte et élégante, et par derrière il tombe jusqu’aux pieds comme un ample manteau dont, en le ramenant en avant, cette jeune beauté pourrait s’envelopper en entier. [Haut. 2 pi. 4 po. 1/2.]
a 791 A. — Cérès, marbre de Carrare , pl. 4io F. Madrid, Musée royal, inédite.
On donne comme modernes la tête de cette statue, le haut de la corne d’abondance et les fruits, et l’on ne peut guère douter que la main droite et les épis qu’elle tient ne soient modernes aussi. Restent donc pour caractériser la statue , outre le fragment de corne d’abondance, la pose et le vêtement, qui se trouvent à peu près les mêmes à plusieurs de nos Abondances. Voir les n°5 833, 828, 836, 838. Toutefois, nous laissons à cette figure le nom qu’elle porte à Madrid. [ Haut. 3 pi. 10p.]
a 792. — Ceres, marbre, pl. 437.Munich,Glyptothèque,n° 298.
Toute la partie drapée de celte statue est en marbre noir, et les parties nues en marbre blanc. Il lui manquait la tête et le haut de la poitrine, le bras droit en entier et une portion du côté, et les pieds. Mais l’épaule gauche et le haut du bras étant antiques et en marbre blanc, on ne pouvait hésiter sur celui qui convenait pour en faire la restauration, qui avait été confiée à M. Tenerani, habile statuaire de Rome et aujourd’hui associé étranger de l’Institut de France, académie des beaux-arts. [Haut. 5 pi. 4po.]
Le vent semble agiter la tunique d’étoffe légère et transparente, et le manteau qui enveloppe en partie la déesse. On a cru y voir Cérès à la poursuite de Proserpine, etc. C’est d’après cette idée que la restauration en a été conçue et qu’on a mis une torche à la main de la déesse, tout en négligeant de lui rendre ses autres attributs. On peut toutefois faire observer que cette figure pose et ne marche pas, et que ce n’est pas alors son mouvement qui peut se communiquer à ses draperies. Et ne voit-on pas d’ailleurs d’autres figures, surtout des Vénus, vêtues d’étoffes légères, lesquelles sont à peu près dans la même pose, et dont les vêlements sont de même agités? En outre, ce costume si élégant, cette ceinture lâche sur les hanches, et qui paraît prête à se détacher, cette tunique qui, glissant sur l’épaule, est sur le point de dégager entièrement le bras, tout le costume enfin et le galbe de l’ensemble paraissent plus volupteux qu’il ne convient à Cérès, à la mère universelle. Ces diverses considérations me font penser que jadis, dans son intégrité, cette statue pouvait offrir une Vénus drapée, beaucoup plutôt qu’une Cérès. [Haut. 5 pi. 4 po. ]
792 A. — Cérès, marbre grec ; pl. 435. Rome, coll. Pamphili.
Lorsqu’on découvrit ce marbre, quiprésentemaintenant à la villa Pamphili une élégante statue décorée du nom de Cérès, ce n’était qu’un torse de femme debout, aux formes jeunes, sans avant-bras droit, et qui s’étendait du haut de la poitrine, au milieu des cuisses. Ce torse était remarquable par la finesse et la bonne disposition de ses draperies. En lui donnant, avec un bras droit entier,
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des épis et des pavots , on en a fait la déesse de l’agriculture. La tête n’est pas la sienne, mais est antique; le cou, le nez, l’avant-bras et la main gauches sauf les doigts , sont modernes ; en sorte que la partie antique occupe à peu près les deux tiers de la figure. [ Haut. 8 pal. 3 on. ]
792 B. — Cérès, marbre greç , pl. 435. Rome, coll. Pamphili.
Sont modernes à cette statue la tête, le bras droit et la main gauche avec les épis. Le péplus serré à la taille, retombant en arrière en laissant les bras à découvert, et le manteau, ajusté avec goût, accompagnent bien les formes élégantes de cette figure. [Haut. 7 pal. 3 on.]
792 C. —Cérès, marbre grec, pl. 436. Rome, coll. Pamphili.
Lorsqu’on fit une Cérés de cette grande statue , très-mutilée , on fut sans doute guidé par ce qui restait du voile qu’elle avait eu sur la tête et qui n’existait plus; ce voile convenait pourtant aussi à d’autres divinités, et ce n’était pas un indice assez particulier pour faire reconnaître une Cérès. Outre la tête, les bras, le droit au-dessous du biceps, l’avanl-bras gauche et la plus grande partie du bas de la figure sont modernes. Par ce qui s’est conservé des draperies, on voit que celles-ci étaient bien ajustées, et il paraît que l’exécution en était bonne. [Haut. 9 pal. 6 on.]
792 D. — Cérès, marbre grec, ^\. 436. Rome, coll. Mattéi, pl. 27.
Rien n'indiquant les restaurations qu’a dû subir cette statue, on a le droit d’être en garde contre le nom quelle a reçu, et qui lui a été donné peut-être aussi arbitrairement que les pavots qu’on a mis à la main gauche, élevée. Les bras antiques qui se sont conservés dans celle position sont assez rares pour qu’il soit permis de soupçonner ce bras-ci de ne pas l’être, et la tête, si elle est antique, ce dont on peut également douter, ne caractérise pas plus Cérès que toute autre grande déesse. Les mains antiques sont peu communes, et, d’après ce que tient la gauche, où l’on ne peut reconnaître ni une torche, ni un sceptre, il est à croire quelle est due à une restauration. Plusieurs parties des draperies sont bien jetées; mais çà et là n’accusent-elles pas le nu, et ne sont-elles pas plus serrées qu’il ne conviendrait à une Cérès , déesse toujours en mouvement?
792E. — Cérès ,marbre grec , pl. 436. Rome, coll. Mattéi, pl. 28.
Si la tête de cette figure, très-roide de pose, et très-médiocrement drapée, est antique, il est très-probable, d’après le nœud de cheveux qui surmonte sa coiffure, que ce n’a jamais été une Cérès, et quelle n’a dû ce nom qu’aux attributs qu’on lui fit tenir en restaurant les bras. Au reste, cette
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statue, quel que soit le nom qu’on lui donne, n’a rien de remarquable, et ne mérite pas de nous retenir plus longtemps.
792 F. — Cérès, marbre grec, pl. 436. Rome, coll. Mattéi, pl. 29.
La disposition de cette statue-ci est plus agréable que celle de la précédente; l’attitude offre plus de souplesse et la pose plus de dignité; le péplus s’ajuste bien avec la longue tunique dorique sans manches.
A en juger par la tête et les bras, si toutefois ils sont antiques, ce qui n’est pas certain , cette jeune figure ne semble pas avoir jamais été une Cérès , ou alors sa tête aura été privée des ornemens qui la font reconnaître. Il n’est pas cependant impossible, que la tête soit antique, mais rapportée, et elle aurait alors appartenu à une figure autre qu’une Cérès. Ce qui me ferait hésiter sur le nom à donner ou à conserver à cette statue, c’est ce bracelet, spinthcr, passé au bras gauche, lequel est entièrement nu. Cet ornement est de la plus granderareté dans les figures de Cérès, et je n’en trouve un autre exemple qu’à une statue de la collection de sir Smith Barry, à Marbury-Hall, dans le Yorkshire, statue qui est dans la même pose, la main droite sur la hanche, et dans le même costume que la statue Mattéi. Le spintber y est antique; du moins , après examen, m’a-t-il paru tel. Une partie du bras est restaurée (voy. 774 C,pl. 438 A), mais la main et le bouquet de têtes de pavot et d’épis qu’elle tient, qui sont bien antiques et lui appartenant, mettent hors de doute que cette statue nesoitune Cérès. Il peut en être de même de la statue Mattéi; alors ce serait une Cérès à laquelle, de même qu’à celle de sir Smith Barry, on aurait donné, pour achever de la transformer en cette déesse, une tête qui lui convient peut-être moins qu’une autre. Il est à désirer que cela soit ainsi, cette gracieuse statue serait alors une de plus à ajouter au petit nombre de celles que des attributs authentiques autorisent à baptiser du nom de Cérès. La manière dont sont traités les plis de la tunique sur la jambe gauche me porterait à regarder comme moderne cette partie inférieure de la statue.
792 G. — Cérès, marbre de Carrare, pl. 435. Rome, coll.
Mattéi , pl. 3 1 .
Vêtue d’une longue tunique dorique qui recouvre en partie ses pieds, et d’un péplus serré très-bas et sans grâce à la hauteur des hanches , et qui , par derrière, tombe jusqu’au bas des jambes et est ouvert sur la gauche, cette statue colossale n’offre de remarquable que son beau bras gauche nu. La main n’a souffert que peu de restauration , mais elle ne tenait pas d’attributs ; ceux que l’on a mis à la main droite, moderne ainsi que la tête et le cou, sont tout à fait arbitraires , et rien ne prouve positivement que cette statue fût une Cérès plutôt qu’une autre grande déesse. [Haut. i3 pal. 6 on.]
792 H. — Cérès, marbre, pl. 435. Roissard, part. 6, pl. 60.
On voudrait pouvoir regarder comme tout à fait antique cette jolie statue, dont la pose est si gracieuse, dont le costume est d’une élégante simplicité, et que nous donne Boissard sans nous faire connaître ni sa provenance ni sa grandeur, ni ce qu’elle doit à la restauration , et ce qui lui reste en propre.
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Il est bien à présumer que cette statue ne nous est pas parvenue telle qu’elle se présente ici, et qu’elle a reçu plus d’une addition de quelque babile sculpteur du xvi' siècle, et dont ne nous a pas parlé Boissard. On ne saurait guère douter qu’elle ne doive à un artiste moderne et cette grande ruche et cet énorme bouquet de pavots , de grenades et d’épis , ainsi que la main qui les tient et peut-être même une bonne partie du bras, car cette manche, capricieusement ajustée, ne me semble pas trop dans le goût et la forme antiques. II en est de même du manteau, que relève la main gauche, et dont on ne comprend pas l’agencement sur la gauche ; cette main me paraît même d’une grâce trop mignarde pour être antique. Il semblerait presque que la statue de Boissard n’était qu’un joli torse d’une figure très-jeune , agréablement drapée, et à laquelle restaient sur les épaules quelques parties du manteau-voile. On y aura ajusté une tête, peut-être en partie moderne, et on en aura fait une Cérès tout à fait dans le goût des déesses du xvic siècle. Mais c’est trop nous arrêter à une figure qu’on ne connaît que par la planche de Boissard, et dont on ignore complètement le sort.
792 I. — Cérès, marbre, pl. 438 E. Montfaucon, t. I, part. 1,
pl. 43 , n° 1 .
Celte statue doit soulever les mêmes doutes que la précédente. Montfaucon ni Boissard ne nous en disent rien; on ne sait ni d’où elle vient, ni sa grandeur , ni l’état où elle était lorsqu’elle a été trouvée.
Il est bien à croire que ses bras, et les accessoires dont elle a les deux mains embarrassées , sont modernes. La têle n’indique pas une Cérès, si tant est que ce fût celle de la statue , et qu’elle n’ait pas été rapportée. Au reste , celte figure est bien drapée : le manteau, ajusté avec goût, laisse deviner de belles proportions, et, sur la gauche, il offre une riche chute de plis.
792 J. — Cérès, marbre, pl. 43 8 E. Montfaucon , t. I,part. 1,
pl. 43, n° 5.
Ce qu’on vient de lire conviendrait assez bien à cette statue-ci, qui semble sortir du même atelier de restauration que la précédente. Il paraîtrait qu’en restituant les deux avant-bras, on a chargé les mains d’accessoires à peu près pareils , et dont la moitié aurait suffi pour caractériser une Cérès. Il est bien à croire que la tète, singulièrement ajustée , est moderne. Si la partie gauche du manteau, à larges ouvertures pour les bras, est antique, on doit y remarquer les grandes franges qui en forment la bordure, fimlriœ; mais je suis porté à admettre que la plus grande partie de cette statue est moderne, ou que du moins elle a été fortement restaurée. Quant à ce qu’elle est devenue depuis Montfaucon, nous l’ignorons, aussi bien que la destinée de celle qui précède.
* 793. — Flore, marbre de Paros , pl. 3oo. Musée du
Louvre, n° 2 38.
La tête de celte statue, n’est pas la sienne , mais elle est antique; le nez et les bras sont modernes. Les fleurs que l’on voit à la statue sont donc étrangères à l’œuvre antique. [Haut. im48o =r 4 pi. 6 po. 8 li. ]
STATUES ANTIQUES
* 794. — Flore, marbre, pl. 299. Musée du Louvre, n°868.
On adonné le caractère de cette déesse à cette statue, dont la tête, antique, est rapportée, et à laquelle on a ajusté des bras de plâtre. Cependant, la physionomie de celle figure, qui exprime l’étonnement, ne saurait convenir à une Flore.
Figure très-médiocre, mais un artiste pourrait tirer un bon parti de l’ajustement des draperies. [Haut. im,73o = 5 pi. h po.]
* 7 9 5 . — Flore , pl. 2 2 9 . Musée du Louvre , en magasin , inédite.
Cette figurine de Flore, qui paraît avoir subi quelques restaurations, ne manque pas de grâce; la draperie est heureusement ajustée. [Haut. om,22i = 8 po. 2 li. ]
795 A. — Flore, marbre de Luni, pl. 439. Rome, musée du Capitole. Bottari, t. III, pl. 43.
Ce chef-d’œuvre a été trouvé à Antium selon les uns, ou selon d’autres à la villa Tiburtine d’Hadrien. La tête lui appartient, mais a étécassée.Le bouquet, une partie des quatre premiers doigts de la main droite, et la main gauche , sont modernes. Les draperies, quoique finement travaillées et à plis fort saillans , sont demeurées intactes.
La déesse est représentée debout, le pied droit un peu avancé; elle porte des sandales; ses cheveux, peignés avec soin, sont ceints d’une couronne de roses. Par-dessus la tunique dont est vêtue cette Flore, est une seconde tunique qui n’est point retenue par une ceinture. La couronne de roses que porte cette divinité lui a fait imposer le nom de Flore; mais cette couronne ne constitue pas un attribut exclusivement propre à cette déesse : on la donne encore aux Muses, aux Grâces, aux Heures. De plus, le bouquet, n’étant pas antique, ne prouve rien à cet égard. L’ignorance où l’on est de figures certaines de Flore laisse toujours beaucoup d’incertitude dans l’attribution de statues à cette divinité.
On ne peut donc rien affirmer à son égard, et Visconti, frappé des raisons qui provoquent notre doute, se refuse (vol. I, p. 47) à y voir une Flore, et préfère y reconnaître une Polymnie, et il cite à l’appui la Muse de ce nom peinte à Herculanum. Mais ce rapprochement n’est pas concluant; car, dans cette peinture, la Muse porte le doigt à la bouche et a un costume tout à fait différent de notre statue.
Notre collaborateur M. Fossati, remarquant qu’on donnait à Flore le surnom de Mater et de Genitrix, qui implique un âge qui a cessé d’être l’adolescence, trouve que la physionomie de notre statue indique une trop jeune fille pour qu’elle puisse présenter les traits de Flore. Il serait tenté d’y voir Proserpine retrouvée par Cérès. Son costume serait celui d’une jeune mariée; elle exposerait à sa mère son refus de retourner sur la terre. Comme elle n’a plus autour de la taille sa ceinture de vierge , et que sa toilette est quelque peu en désordre, on pourrait voir de nouveaux indices en faveur de cette attribution. Nous laissons le lecteur libre appréciateur de cette conjecture. [Haut. 8 pi.]
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796 B. — Flore, marbre grec, pl. 43g. Rome, coii. Giustiniani, pl. 5o.
Sont modernes dans cette statue le masque presque tout le bras droit , l’avant-bras et la main gauches, la jambe droite vers le bas, l’extrémité du pied gauche, les doigts du pied droit, moins l’orteil, la couronne de fleurs.
Les cheveux de cette statue sont disposés suivant la mode du temps d’Elagabale.
La tunique est recouverte en partie du péplus diplax, ajusté sur l’épaule gauche, et qui se relève en écharpe sur le dos.
Les nombreuses restaurations empêchent qu’on puissent déterminer, même approximativement, la divinité ou la femme que cette statue représente. Peut-être était-ce une de ces nombreuses statues qui offraientun portrait de femme sous la figure d’une déesse. [Haut. 8 pal. 10 on.]
7g5C. — Flore colossale, marbre, pl. 43 9. Florence (Galeriede),
Gori, pl. 62.
Cette statue est due à un ciseau habile. Gory y reconnaît une copie de la statue de Praxitèle dont parle Pline (liv. xxxvi, c. 5) , et dont il fait une Flore, statue qui se voyait dans les jardins de Servilius. L’attitude de notre statue ne peut guère reproduire celle de la Flore romaine. (Voir le portrait qu’Ovide nous trace de celle-ci au vie livre de ses Fastes.)
79 5 D. — Flore, marbre grecchetto , pl. 438 B. Naples, musée Borbonico , n° 200.
Trouvée en i54o avec l’Hercule Farnèse dans les thermes de Caracalla, par le pape Paul III, celte admirable statue colossale, après avoir embelli la collection Farnèse, a fait pendant longtemps avec l’Hercule du même nom l’ornement d’une salle du palais de Naples. Elle reçut le nom de Flore d’un bouquet de fleurs, qu’en la restaurant on lui fit tenir à la main gauche , et elle se distingue actuellement parmi les statues les plus belles et les plus remarquables du magnifique musée Bourbon.
Son nom cependantîui est contesté. Winckelmann (H. A. t. II) crut d’abord y voir une des Heures ou des Saisons, et depuis elle lui parut être une des muses, Erato ou Terpsichore; mais la transparence de son costume, qui la voile à peine, s’opposerait, ce nous semble, à ce qu’on le donnât à l’une des chastes sœurs. La manière dont cette statue relève de la main droite le pan de sa robe, et qui est propre à la déesse Spes, la divinité des Césars, geste qu’on lui voit sur lesmédailles, a fait penser à Visconti que c’est cette déesse dont nous avons ici l’image. Cette figure se place au premier rang, par la souplesse et la richesse de sa taille, par le beau mouvement et la grande disposition de ses draperies, qui, en recouvrant tout ce beau corps, ne dérobent rien et laissent dans tout leur charme la finesse et l’élasticité des chairs.
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La tête, les bras, les mains et les pieds, de même qu’une partie des jambes, sont modernes. Ainsi cette statue était dans un triste état de mutilation lorsqu’elle fut en partie restaurée, et avec talent, par le célèbre Guillaume Délia Porta. Depuis, elle le fut encore par d’babiles sculpteurs, Albacini et Taglioni. — Voy. Mus. Borbonico , n° 200, pl. 26, et Finatj, Ilregal , mus. Borb. n° 208. [Haut. i3 pal.]
a 795 E. — Flore, marbre de Paros , pl. 438 F. Naples, musée Borbonico, n° 2, inédite.
Cette figure colossale provient de l’ancienne collection Farnèse.
Les fleurs que la restauration a fait porter clans un pan de l’ample manteau, et celles qu’elle a mises à la main droite, abaissée, de cette grande figure, de bonne sculpture romaine, mais dont l’ensemble est un peu lourd, la font aisément reconnaître pour la déesse Flore, la compagne de Cérès et de Proserpine. Elle se présente noblement vêtue de la tunique longue, que recouvre en partie le péplus , et le bras droit, que laisse nu le manteau qui tombe jusqu’à terre et qui enveloppe le bras gauche , tempère la sévérité du costume de la déesse des fleurs, que l’on voit souvent plus légèrement vêtue. L’ajustement du manteau, relevé sur l’épaule droite, offre une belle chute de plis. La belle tête, de ciseau grec, qu’on lui a donnée, appartenait à une autre statue, que d’après un reste de marbre sur le sommet de la tête, et qui peut indiquer une corbeille, l’on croit avoir été une Canéphore. — Finati, II régal, mas. etc. n° 2. [Haut. 12 pal. 6 on.]
a 795 F. — Flore, marbre de Luni, pl. 438 F. Rome, coll. Pamphili ( 1 ) , inédite.
Cette jolie statue doit aussi le nom qu’elle porte aujourd’hui à la restitution des parties qui lui manquaient. Sont modernes, en effet, la tête avec le cou, les deux avant-bras et la partie inférieure de la figure. De longues mèches de cheveux descendant sur l’épaule gauche indiquaient le genre de sa coiffure. Son ample manteau enveloppe le buste en écharpe. Ce qui reste de cette statue fait regretter ce qu’elle a perdu. Elle est dans les jardins de la villa Albani, où elle fait l’ornement du milieu d’une grande fontaine. On ne peut pas en approcher pour la mesurer, mais elle paraît avoir 8 pal. rom. de hauteur (2).
a 796. — Flore, marbre grechetto, pl. 439- Rome, musée du Vatican, Braccio Nuovo , médite.
Sa tête est antique, mais n’est pas la sienne. C’est le portrait de quelque
[1) Sur notre planche, nous l’avons attribué à tort à la villa Albani.
(2) Cette statue a donné lieu à un double emploi sur la table méthodique, p. cdxxxix, où l’on trouve deux Flore de la villa Pamphili portant les numéros 795 F et 795 G.
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belle Romaine. Sont modernes les avant-bras, la main gauche avec la couronne de fleurs, l’extrémité du pied gauche, et beaucoup de plis.
Cette statue paraît appartenir à la sculpture du 1er ou du nc siècle de notre ère.
La déesse est debout, tout le côté gauche en repos; elle est chaussée de souliers fins, habillée d’une tunique à demi-manches boutonnées, le manteau va de l’épaule au bras droit, les bras abaissés et en avant. L’auteur de la restauration a placé une couronne dans la main gauche.
L’absence de la tête et des attributs antiques rend bien difficile d’assigner un nom à cette statue. Toutefois, ce qui est réellement antique s’accorde assez bien avec la manière dont elle a été restaurée. Il règne dans le corps de celte femme un visible abandon. La hanche droite est fort en saillie, signe évident de mollesse; le sein droit, dégagé du manteau, semble rappeler la fille de Vénus ( Lucret . V, v. 737), découvrant d’ordinaire un des seins : le manteau ainsi ajusté est précisément la toge, l’habillement viril que les lois de Rome obligeaient les courtisanes de porter; or Flore avait été meretrix, suivant la théologie latine. (Voyez les Fastes d’Ovide.) Cette toge semblerait donc parfaitement la caractériser ici. Il est vrai que la Fortune était aussi représentée avec la toge, Fortuna togata; aussi demeurerons-nous très-réservé sur notre hypothèse. [Haut. 8 pal. 10 on.]
797. — Flore, marbre, pl. 44o. Muséede Dresde, Leplat, pl. 24-
Avant d’être au musée de Dresde elle faisait partie de la collection du palais Chigi.
Vêtue d’une simple tunique à manches courtes, qui laissaient presque en entier les bras à découvert, cette prétendue Flore, car rien de moins établi que la notoriété de ce nom, tient de la main gauche, élevée, une couronne de fleurs , et de la droite, par un mouvement très-forcé vers la gauche, elle relève trèshaut sa robe et met à découvert presque toute sa cuisse et sa jambe gauches. A l’exception du torse, rien de tout cela ne paraît antique. L’on sait d’ailleurs qu’elle a été presque entièrement restaurée par le Bernin, qui, d’un assez joli torse, a fait une mauvaise statue, nullement dans le sentiment de l’antique. — Voy. Lipsius, p. x84- [Haut. 3 au. 1/2=7 pi-]
a 798. — Flore, marbre de Carrare, pl. 44o. Rome, magasins du Vatican, inédite.
Cette statue appartenait autrefois à la maison Capronica; elle passa ensuite par héritage chez le marquis Capronica; puis elle fut vendue au musée du Vatican. Elle n’a d’antique que la moitié delà partie supérieure; la tête est antique, mais elle ne lui appartient pas. L’avant-bras gauche est moderne.
L’ajustement des draperies, bien qu’extraordinaire, est fort pittoresque. La manière dont les plis sont rendus semblait indiquer que l’artiste a voulu exprimer que la personne que ce manteau recouvre était eu proie à une émotion violente , à une douleur ou à une souffrance extrême. Avant qu’on en eût fait une Flore, c’était peut-être quelqu’une de ces divinités dont la fable dépeint la jalousie, les souffrances ou les malheurs. [Haut. 8 pal. 3 on. 1/2.]
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