‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 4 sur 436 · LI · texte numérisé non relu

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les plus remarquables , ou de celles qui , par certaines particularités , méritaient detre citées , on voit que , sous Vespasien et Titus , Rome regorgeait de productions de la sculpture en marbre et en bronze : sa richesse était telle qu elle n’avait pas besoin de compléter la ruine de la Grèce pour décorer les monumens quelle avait à rétablir ou pour doter de belles statues ceux quelle voudrait éïever. Loin detre livrés au pillage , les monumens de la Grèce étaient respectés et n’avaient plus rien à craindre, et ces contrées, ainsi que les autres provinces de l’empire, pouvaient jouir tranquillement de ce qui ne leur avait pas été enlevé. Bientôt parurent pour îa ville des Césars des jours plus heureux, briïlans pour les arts, sous des princes qui en avaient ïe goût et qui , sachant les apprécier, les comptaient pour beaucoup dans la gloire dont ils voulaient illustrer leurs règnes. Ils s’efforcèrent de leur rendre tout leur lustre, et la sculpture alors reconquit tous ses honneurs. On n’a qu’à nommer Trajan, Adrien, Antonin-Pie, Marc-Aurèïe, et tous les premiers Antonins

ou neuf suivant une inscription trouve'e près de Saint-Pierre. Les boutiques nombreuses alimentèrent le feu , qui gagna de toutes parts, sans qu’aucune enceinte de grands murs pût l’arrêter. Maître une fois des petites rues rien n’était capable de s’y opposer. H dévora une quantité considérable d’îles de maisons, celles des anciens chefs de fa république, ornées des dépouilles des ennemis, les temples des dieux voués par les rois, et ceux qui furent érigés fors des guerres contre les Gaulois , et des guerres puniques , et enfin tout ce qui existait de beau et de mémorable de l’antiquité. Tacite {Ann. xi, 1) dit qu’if serait difficile de compter fe nombre de maisons, de temples, qui furent détruits; if cite îe tempfe de fa Lune , élevé par Servius-Tuîîius, cefui d’Hercuîe, XÆdes de Jupiter- Stator , érigée par Romufus; le palais de Nunia, fe tempfe de Vesta, qui renfermait les pénates de Rome. On voit dans Dion que fe Palatin et fe théâtre de Taurus furent brûlés. Néron , en costume théâtral , contemplait cet affreux spectacle du haut de fa tour de Mécène, et chantait des vers d’un poëme sur fa ruine de Troie. Saint Jérôme, dans fa

chronique d’Eusèbe, vu, 2, dit même que Néron mit fe feu à Rome pour se faire une idée de f’incendie de Troie.

II est à croire qu’Auguste n’avait embelli et changé en marbre, selon son expression, qu’une petite partie de fa ville, puisque, sur quatorze régions dont elfe se composait, Néron en brûla dix pour les embellir ! II paraît qu’ elfes étaient encore à peu près telles qu’on les avait refaites après l’incendie de Rome par fes Gaulois, et Ion voit par Tite-Live (L. LV, v,) que l’Etat fournit alors à tout le monde le terrain et les matériaux, et chacun construisit à sa guise, sans ordre ni régularité: Ion s’engagea à élever tous fes bâtimens en une année. Cette précipitation ne permit de s’occuper ni de fa régulalité des rues, ni de fa beauté des édifices. II est d’ailleurs probable qu’a cette époque les Romains étaient trop peu avancés dans les arts pour attacher un grand prix a ce qui ne paraissait qu’un luxe vain et futile à ces fiers et rudes républicains, et if est à présumer, d’après le silence de l’histoire, que si, malgré la pauvreté de fa république et des particuliers, on eût voulu éfever de beaux bâtimens, on n’aurait trouvé à Rome ni archi-

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pour rappeler à î’imagination les chefs-d’œuvre les plus célèbres de la sculpture romaine ou de celle que les artistes grecs avaient naturalisée à Rome. EHe en possédait encore assez pour pouvoir offrir des modèles aux écoles que, de toutes parts, établissaient et animaient parleur libéralité Trajan, et surtout Adrien.

Sous ces empereurs les écoles de la Grèce , relevées, encouragées , reprirent une nouvelle vie et produisirent une foule d’artistes et de beaux ouvrages que n’eussent pas dédaignés les anciens maîtres des temps briïlans de la Grèce. Depuis quelques années le nombre en avait dû considérablement s’accroître; c’était tout à l’avantage de la Grèce : elle y trouvait la source d’un riche commerce entre elle et la maî tresse du monde, qui changeait son or contre les chefs-d’œuvre du génie des Grecs. Si Rome leur demandait en quantité des statues pour embellir ses monumens, ce n’était que de gré à gré; les temples et les écoles n’avaient plus à craindre des spoliations. Un grand nombre d’édifices sacrés abattus ou dégradés à Athènes et dans le

tectes ni sculpteurs en e'tatde les construire et de les orner. L’incendie de Rome par les Gaulois ne lui rendit pas le service dont ordinairement les villes sont redevables à ces désastres, celui de les faire sortir plus belles de leurs cendres. EHe redevint à peu près la même que la ville de Romulus et de ses successeurs. Peut-être même fut-elle moins bien , parce que sous ces rois de grandes et belles constructions avaient e'té élevées par des architectes e'trusques , et même par des artistes grecs amene's par De'marate, père de Tarquin l’Ancien. Ces bâtimens, d’une grande solidité', re'sistèrent mieux aux ravages de l’incendie des Gaulois que ceux qui notaient que de terre , de bois et de chaume : plusieurs restèrent sur pied sans être trop endommage's , et purent être re'pare's ; d’autres, et en grand nombre, abattus, ne se relevèrent pas. Les finances de la république , e'puise'es par ses agitations continuelles et par ses guerres avec tous ses voisins, depuis l’expulsion des rois , ne lui en laissaient pas les moyens. Ce ne fut que très-longtemps après que l’on put songer à re'parer en partie les de'sastres de Rome : on s’en occupa vers la fin de la re'publique.

Auguste consacra une partie de son règne à cette noble et belle entreprise. Ne'ron , pour la re'aliser , eut recours à des moyens plus expe'ditifs , mais qui font fre'mir l’humanité'.

Lors de la lutte sanglante et acharne'e entre Vitellius et Vespasien, le Capitole fut incendie'. Vitellius (Sue't. c. xv) y mit le feu comme sa dernière ressource contre les partisans de Vespasien. Le temple de Jupiter, qui contenait ceux de Junon et d’Apollon, fut hrûïe'. Tacite (Hist. III, lxxi ) dit que Sabinus, quis’ye'tait retire', voyant que le feu gagnait les portiques , et que les portes consume'es allaient livrer passage aux soldats de Vitellius , y ra’ssem bla de tous côtés les statues , honneurs rendus aux ancêtres, pour barrer le passage , comme avec un mur. II est impossible , qu’arrache'es ainsi de leur base pour servir de de'fense, elles n’aient pas été' complètement détruites. On mit le feu aux maisons qui bordaient la montée du Capitole; il gagna les portiques presque appuyés aux édifices, et le temple de Jupiter, dont la charpente s’effondra de tous côtés, fut détruit ainsi que la plus grande partie du Capitole.

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reste de ia Grèce, furent rétablis, et, loin de ïes dépouiller de ïeurs statues, on ïes en orna avec générosité. Des temples même de l’Egypte, dont ïes divinités étaient pour la plupart étrangères à Rome , furent réparés ou terminés sous ces règnes qui rendaient partout hommage aux arts, et qui, associant leur gloire à celle des armes romaines, immortalisaient et faisaient pardonner dans toutes ïes contrées le triomphe de ïeurs aigles par de beaux et utiles monumens et par les statues qu’on consacrait aux grands hommes.

On connaît la passion d’Adrien pour tout ce que les arts présentaient de grand et de beau. Si on pouvait ï’oubïier, ïes nombreuses inscriptions de ses monuments le rediraient assez, et il n’y a pas d’empereur auquel on pût mieux adresser le te s axa loquentur de Virgile. L’on sait que son nom était proclamé par tant de monumens à Rome, en Italie, dans les Gaules, en Égypte, et jusqu’aux bords du Danube, que ïes mauvais plaisants ïe surnommaient herba parie tari a , la pariétaire , qui s’attache aux murailles. Mais certes, si ce nom s’y est attaché, iï y vit avec éclat, autant par les pompeuses et éloquentes ruines de ses édifices qui parlent plus haut que les inscriptions, que par ce que nous rapporte ï’histoire.

Les voyages d’Adrien étaient signalés par ses bienfaits : aussi partout ïes populations érigeaient-elles des monumens , des statues à sa gïoire. Alors, comme de tout temps en Grèce, la reconnaissance, cette reïigion du cœur, et qui a aussi son culte, contribuait à imprimer une nouvelle impulsion aux arts. Les temples, ïes statues, ïes autels consacrés à Adrien et à la belle impératrice Sabine , élevés au rang des dieux, donnèrent une nouveïïe vie à l’architecture, à la sculpture, qui leur payèrent par des chefs-d’œuvre ï’ amour qu’ils portaient aux arts , et la protection qu’iïs se faisaient un honneur de leur accorder. La gratitude pour ïes bienfaits que l’on avait reçus de leur bienveillance, l'espoir d’en obtenir de nouveaux, eurent autant de pouvoir que l’or de ces augustes princes , pour peupler de statues ïes monumens qu’iïs érigeaient, et ï’on sait par les inscriptions qu’on leur en consacrait de toutes parts. Athènes, presque en entier rebâtie et embellie, oublia ses désastres, et, célébrant Adrien comme un autre fondateur, ï’honora des mêmes hommages que Thésée, Cimon et Péricïès. L’exempïe donné par cet empereur pour ïe bien de la Grèce fut fécond ; ce fut , si ï’on pouvait s’exprimer ainsi , une heureuse contagion , et il suscita pïus d’un opulent imitateur. Aussi voit-on, vers cette

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époque , le riche et bienfaisant rhéteur Hérode-Atticus employer, comme l’avaient fait Agrippa et Poiïion sous Auguste, son immense fortune à embellir Athènes, Marathon eties îles de la Grèce, de stades, de théâtres, et des plus pompeux monumens, où étaient prodigués le marbre blanc et les plus belles matières; de tous côtés il multipliait à grands frais les productions de la sculpture. Tous ces édifices d’Athènes et de Rome, la villa d’Adrien, son mausolée, durent employer les taïens d’un grand nombre de statuaires et de sculpteurs ; car il est bien à croire que, dans le but de favoriser et d’exciter les écoles qu’il avait relevées, il ïes fit beaucoup travailler, et qu’il ne se contenta pas, pour orner ses édifices, des statues qu’il avait recueillies dans ses voyages, ou qu’il avait trouvées à Rome. Et cependant il est triste d' être obligé de faire remarquer que , parmi les beaux ouvrages que le temps nous a conservés du règne d’Adrien, et d’autres qu’on peut assigner à cette brillante époque ou à celles qui la précédèrent ou la suivirent immédiatement, il n’y en ait pas un seul qui nous ait transmis ïe nom de leur auteur. Ce n’est qu’à peine si l’histoire cite en passant quelques-uns des artistes qui se sont illustrés sous le règne d’Adrien. On sait au reste que ce prince fit faire en Grèce et en Égypte beaucoup de copies de monumens et de statues pour les reproduire à Rome et dans sa magnifique viïla. C’étaient des imitations, et quelque bien exécutées quelles fussent, peut-être trouvait-on quelles ne méritaient pas que ï’on consignât les noms des artistes auxquels on les devait. Mais on aurait pu trouver leurs noms au pied des statues originales d’Adrien, de Sabine, des princes de leur famille et d’Antinous, et ii n’y en a pas. Je ferai du reste observer que ï’on n’en voit pas, que je sache, sur aucune statue d’empereur ou d’impératrice , et il est bien à croire qu’à Rome il n’était pas plus permis qu’en Grèce aux sculpteurs et aux autres artistes d’inscrire leurs noms sur des monumens ou des statues de princes élevés au rang des dieux , et que leur consacrait la reconnaissance ou la flatterie des états, des viïïes ou des particuliers : on ne voulait pas ïes associer à un hommage dont on avait fait ïes frais, et pour l'expression duquel iïs avaient été rétribués (l).

(1) Une ville eût regarde' avec raison faire briller son nom auprès du sien. Aussi comme une insulte, lorsqu’elle devait un ne vit-on jamais çhez les Egyptiens, les monument à sa propre gloire, que l’artiste Grecs et les Romains, des architectes, des qu’elle avait payé fût venu audacieusement sculpteurs, des inge'nieurs inscrire, je ne

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Adrien n’eut pas de peine à attirer à Rome , par ses iargesses et son bon goût , ce qui restait d’artistes distingués en Grèce ; y améliorant ie goût , ils formèrent des écoles qui se soutinrent assez longtemps. Cependant si les productions de cette grande époque ne sont pas , pour ia pureté du dessin , fort au-dessous de celles des beaux temps de la sculpture en Grèce, elles n’offrent pas ia même chaleur et elles montrent moins de verve ; le génie des Grecs s’était refroidi à Rome. Adrien , d’ailleurs , recueillait bien avec soin et un choix éclairé les statues anciennes des dieux de la Grèce; mais malheureusement les statuaires qu’il protégeait étaient encore plus occupés à répandre les siennes et celles de sa famille qu’à s’abandonner à leurs inspirations en créant des statues idéales. Sous ce prince , de même que sous ses prédécesseurs, on élevait des temples, des statues aux empereurs et à leur famiHe admis au rang des dieux. Ces travaux multipliés sans cesse de tous côtés exercèrent sans doute beaucoup les artistes, mais on ne peut douter que ce ne fût beaucoup plus en faveur de l’adresse de leur main que du développement de leur esprit. Ils durent certes bénir une époque où des princes , en leur procurant tant de travail , ajoutaient à leur bien-être. Mais ils ne voyaient pas qu’iis eussent pu tailler ainsi des montagnes de marbre et toutes ies carrières de Paros et du Pentelès sans grand

dirai pas en fastueuses lettres d’or, ou en grandes lettres onciales, mais même bien modestement dans un coin , leurs noms , sur des monumens, des arcs de triomphe, des colonnes, des obélisqties? Et Phidias lui-même eût-il jamais osé graver son nom sur la base de son Jupiter Olympien , l’une des merveilles de la sculpture , ou sur ces admirables figures du Parthénon? Ictinus se serait-il permis de faire connaître par une inscription qu’il était l’architecte de ce magnifique temple , et Chersiphron que c’était lui qui avait élevé les énormes pierres du fronton du temple de Diane à Ephèse?Ces grands artistes, et ies villes qui se glorifiaient de leur avoir donné ie jour, n’auraient-ii pas craint aussi d’attacher une sorte de ridicule aux monumens , en transmettant à la postérité i’appareil des machines et des instrumens dont iis s’étaient servis pour ies construire. Ce

serait certainement fort intéressant pour nous; mais on pensait probablement alors que tous ces détails, devenus si faciles et d’une exécution si familière, ne méritaient pas plus qu’on en transmît ia mémoire sur ies monumens que ceiie des procédés des divers ouvriers qui y avaient travaillé, et quêtant d’autres, tout aussi habiles, eussent pu remplacer. La ville de Paris n’aurait pas souffert jadis , et avec raison , que l’on eût fait paraître ies noms du grand architecte Blondel et des Anguier, fort habiles sculpteurs, à côté de celui de Louis XIV, à la gloire duquel on élevait i’arc de triomphe de la porte Saint-Denis. Quelque mérite que l’on reconnût à l'habile charpentier Cliquin, qui réussit , avec la plus grande adresse, à placer les deux énormes pierres du fronton de la colonnade du Louvre, effrayantes par leur longueur, leur largeur et leur peu d’épaisseur, qui se serait jamais imaginé de

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