‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 8 sur 436 · LX1X · texte numérisé non relu

LX1X

Sigée , où campaient Achille et ses Myrmidons , et le promontoire de Rhète, où Ajax avait ses tentes (l). Cette situation sur le bord de la mer était belle et poétique , mais elle était loin de valoir celle de Byzance. Les travaux cependant furent commencés , et longtemps après Constantin on y retrouvait des restes de tours et des traces de murailles. Mais il paraît que, s’apercevant bientôt de la faute où il s’était laissé entraîner peut-être par sa prédilection pour son pays natal , les travaux furent abandonnés , et il tourna ses vues vers Byzance. Renonçant à fonder entièrement une ville, il se bornait à agrandir et à embellir celle qui existait déjà ; et il en devint le second fondateur comme Romulus le fut de Rome, qui existait bien longtemps avant lui et qu’il ne fit que renouveler et étendre. Il en fut de même de la ville de Constantin , que l’on honorait des titres de nouvelle Rome et de fille aînée et bien aimée de la maîtresse du monde ; et, comme Rome, elle avait aussi ses sept collines.

Si l’on en croit d’anciens auteurs , ce fut à une inspiration ou à une apparition divine que Constantin eut pendant son sommeil , en 324, au pied des murs de Byzance, que cette ville dut son agrandissement et de voir son antique nom changé en celui de Constantinople. L’empereur obéit aux ordres de l’ange qui lui était apparu en songe ; la lance à la main , comme les anciens fondateurs de villes, à la tête de ses ingénieurs, il fit tracer le sillon qui fixait l’enceinte de la nouvelle ville : on trouvait qu’il lui donnait une extension extraordinaire, mais il répondit qu’il irait tant que marcherait devant lui son divin guide , invisible à tout autre que lui. On n’est pas d’accord sur l’espace que parcourut Constantin ; selon quelques écrivains il aurait été de 9,500 toises; mais d’après les calculs et les mesures de Danville , à l’exactitude duquel on peut s’en rapporter, on les réduirait à 7,800 toises. L’enceinte de la nouvelle ville renfermait, outre l’ancienne Byzance, cinq collines que l’on voit s’étager les unes au-dessus des autres en approchant de Cons-

tresse du monde, lorsqu’elle serait menacée de les partager avec une nouvelle rivale et un autre siège de l’empire?

Rome d’ailleurs avait déjà bien perdu de la force et de la splendeur dont l’avaient fait briller les armes et les arts. Ses artistes, et il en restait bien peu, ne savaient alors guère mieux manier leurs

instrumens que ses soldats leurs armes; et l’on ne peut en douter lorsqu’on voit l’armée de Maxence, forte de 17,000 fantassins et de 18,000 cavaliers battue par celle de Constantin , qui ne comptait que 4,000 hommes.

(1) Gibbon, t. III, p. 300, trad. de l’édit, de M. Guizot.

INTRODUCTION

tantinople. Constantin poussa avec vigueur tous ces travaux, tant ceux qui devaient contribuer à la force de la ville que ceux pour son embellissement et sa commodité. II fit élever de nombreux portiques et les eaux y furent amenées en abondance par plusieurs grands aqueducs. Tous ces immenses travaux, exécutés avec une inconcevable célérité en quelques années , ne coûtèrent , à ce qu’il paraît , qu environ soixante-trois millions de notre temps , somme peu considérable lorsqu’on voit à combien revient à présent un chemin de fer de quelques lieues. Ce qui semble assez singulier, c’est que Constantin, voyant qu’illui manquait de bons architectes, ordonna, en 334, par une loi adressée au préfet de ï’Itaïie (l), que de tous côtés l’on formât des écoles ; comme si des écoles pouvaient s’improviser et fournir à l’instant où l’on en a besoin, des sujets capables, surtout lorsque les élémens pour les créer et les faire fleurir, les maîtres , manquent : et ce n’étaient pas des lois qui pouvaient rallumer le feu sacré des arts qui était presque éteint. II peut paraître étonnant que ce ne fût qu’en 334 que Constantin s’avisât de cette loi lorsqu’il avait fondé sa ville en 324, et que, voyant terminé ce qu’il voulait faire, il en fit la dédicace la même année que sa loi. Nous verrons plus tard que pour orner Constantinople on dépouilla l’Asie , la Grèce et l’Italie.

Devant parler avec quelque détail des divers quartiers de Constantinople lorsque je présenterai les statues qui l’embellissaient, je me contenterai d’indiquer ici comme les plus remarquables le forum, l’hippodrome, le palais de Constantin, presque aussi beau que celui des empereurs à Rome , et dans une admirable position sur la Propontide , entre l’hippodrome et Sainte-Sophie , qu’avait élevée Constantin , et que nous verrons portée à un haut point de magnificence par Justinien. L’Augusteum formait une vaste place devant le palais (2).

Pour que sa ville, qu’il traitait en fille chérie, prît promptement de grands accroissements , Constantin accorda d’importans privilèges , des exemptions de taxes , des gratifications , des distributions

(1) Cod. Théodos. I. XIII, tit. iv, loi 1. cinq greniers publics, deux théâtres, huit

(2) D’après les auteurs qui avaient écrit bains publics, cent cinquante-deux bains sur la ville de Constantin, elle fut divisée particuliers, quatorze églises, quatorze en quatorze quartiers, dont quatre pour palais, quatre mille trois cent vingt-huit les faubourgs. II y avait élevé un Capitole, maisons. Cent ans après sa fondation, où était une école; un grand cirque, huit Constantinople avait trois cent vingt-deux aqueducs, quatre grandes cours de justice rues, Rome en comptait quatre cent vingtpour le sénat, cinquante-deux portiques, quatre.

INTRODUCTION

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