Cléopâtre, première femme de Ptolémée Physcon
pl. 1021.
Ces traits sont ceux de la première épouse de Ptolémée Evergète II, représentée sur les sculptures des temples de Philæ et d’Edfou.
Le nom de cette reine, sœur de son époux, se lit sur un édifice en ruines, près du temple de Khons à Rarnak (Rosellini Mon. stor. t. II, p. 372); elle est qualifiée de Sœur et épouse du roi , princesse modératrice du monde , Cléopâtre.
2898. — Cléopâtre Coccé, deuxième épouse de Physcon,
pl. 1022.
Ce portrait est associé à celui de la reine précédente dans les décorations des mêmes temples. Il nous était déjà connu par une belle médaille de bronze. ( Voyez le n° 3107.)
2899. — Ptolémée VIII Soter II PhilométorII, pl. 1022.
Le portrait de ce Ptolémée se voit à Edfou et sur le propylon du temple de Qous, l’ancienne Apollinopolis parva.
Le nom, qui a été retourné sur la planche, offre quelques variantes, ainsique Rosellini l’a fait observer. (Mon. storici, t. lî,p. 5i5 )
2900. — Ptolémée IX (Alexandre 1er), pl. 1022.
L’image et le nom de ce monarque se voient sur le propylon de Qous ( Apollinopolis parva ) , et sur la grande enceinte d’Edfou.
2901. — Bérénice, femme de Ptolémée Alexandre, pl. 1022.
La figure de cette princesse est plusieurs fois représentée sur la grande enceinte d’Edfou. (Rosellini, Mon. storici, t. II, p. 5 1 6.) Elle était fille de Soterll, auquel elle succéda. Pausanias l’appelle Bérénice, et Porphyre Cléopâtre. Le premier de ces noms est confirmé par les inscriptions hiéroglyphiques du grand temple d’Edfou. (Voy. Ch. Lenormant, Musée des antic/. éqyp. pl. iv, n° 3.)
Dans le cartouche de gauche, qui donne le nom de cette princesse, le signe I a été improprement mis à la place de S.
L’autre cartouche porte le nom et le surnom de Ptolémée Alexandre, l’époux de cette princesse.
2902. — Cléopâtre, fille de Ptolémée Dionysos, pl. 1022.
Ce portrait de la célèbre Cléopâtre a été dessiné d’après les bas-reliefs qui décorent l’extérieur du temple de Denderah , et où la dernière héritière du trône d’Egypte est représentée offrant, en compagnie de César, des offrandes à la déesse Iiathor. (Rosellini, Mon. stor. t. II, p. 4o6.)
La légende hiéroglyphique est retournée sur la planche; le cartouche de droite doit être porté à gauche et tourné dans le sens opposé.
Ces deux cartouches n’expriment pas, comme on pourrait le croire d’après la planche, les nom, prénoms et surnoms de la fille de Ptolémée Dionysos. Le cartouche qui est à droite sur notre planche représente le nom de Cléopâtre ; l’autre est celui de Ptolémée Césarion. Au-dessous des deux cartouches, on a écrit les épithètes de Dieu Philopator', Dieu Philométor, Déesse Philopator .
2908. — Ptolémée Césarion, pl. 1022.
Le portrait de ce prince, fils bâtard de César et de Cléopâtre, se voit avec celui de sa mère au temple de Denderah. Il est qualifié de Fils du Soleil, toujours vivant, aimé de Phtah et d’Isis, Dieu Philopator et Philométor. (Rosellini, Mon. storici, t. II, p. ùoy.) Voyez sa légende, n° 2902 , cà gauche.
Les traits de ce prince offrent quelque ressemblance avec ceux de son père.
PERSONNAGES GRECS CELEBRES
PERSONNAGES GRECS CÉLÈBRES
2904, 2 go4 A, B,C. — Homère, kermès , mark. pl. 1 023 et 1 o85.
Les figures qui offrent les traits sous lesquels les anciens représentaient Homère n’ont d’intérêt que parce que, en nous faisant connaître la physionomie qu’ils attribuaient à fauteur supposé de l’Iliade, elles aident à distinguer, dans les monumens, les personnages qui le représentent.
Pline lui-même (xxxy, § 2) constatait déjà le caractère apocryphe des portraits d’Homère. Et, en effet, la nature des traits de ce poëte est aussi problématique que son existence. La légende est tellement mêlée à son histoire, qu’il est impossible de discerner ce qu’il y a de réel et ce qui peut être rapporté avec vraisemblance à la vie de fauteur de l’Iliade, ou du moins du fond de ce poëme , retouché et remanié dans la suite. Il en est des traits d’Homère comme de ceux d’autres personnages dans la vie desquels la légende a une grande part : Moïse, Numa, Orphée, et qui sont entourés cl’une auréole de merveilleux.
Les figures 2904 et 2go4C nous offrent le grand poëte tel que le représente un hermès en marbre pentélique du musée du Louvre, et qui provient du musée du Capitole. Employée autrefois en guise de pierre, dans les murs du jardin Caetani, près de Sainte-Marie Majeure, cette tête, la plus belle que l’on connaisse d’Homère, fut brisée par les maçons, jetée dans les gravois, et achetée par hasard par l’antiquaire Ficoroni. La preuve quecebuste appartient à Homère est tirée de l’inscription et des épigrammes grecques écrites sur la gaine d’un hermès qui, avec une tête pareille à celle-ci, était conservé dans la collection Farnèse.
Le mouvement de la tête, jetée en arrière sur les épaules, dit Visconti, et le froncement de la peau autour des yeux, paraissent indiquer la cécité. Le cordon ou strophiam qui lui ceint la tête est un ornement donné par les artistes grecs aux têtes des dieux et des héros.
La figure 2ûo4 A se voit sur les médailles de file d’ios, avec la légende
OMHPQX.
La figure 2904 B est un double hermès en marbre, déterré à Borne sur le mont Célius, et placé dans le musée du Vatican. 11 représenté Homère et Archiioque, dont le culte et les noms étaient souvent associés.
Le poëte de Paros , si célèbre par la virulence de ses vers, avait souvent changé de pays comme le chantre de l’Iliade. Tandis que celui-ci avait inventé l’épopée , celui-là passait, pour le père de la poésie lyrique, de la satire, de l’apologue et de l’élégie.
2904!)- — Achille, kermès , marbre pentêlique, pl. 1070.
La tête de cet hermès, quoique elle ait souffert, est d’un beau style et d’une bonne exécution, et a des rapports avec celle de la statue n° 2073, bien que l’expression ne soit pas la même.
Le casque est orné de griffons, et sur la partie du devant, la stèphané , il y a deux loups, emblème qui rappelle l’épithète de loup fauve donnée par Lycopbron à Achille. On doit à la restauration le nez, le menton, le cou, une partie des oreilles, le cimier, le devant de la visière. [Haut. ora,586.]
2904 E. — Paris, buste en marbre pentêlique , pl. 1097.
Ce buste, de marbre pentêlique, qui provient de la villa Albani, représente l’amant d’Hélène coiffé d’un bonnet phrygien à fanons relevés, et l’art des Grecs a su faire de ce bonnet de laine une coiffure charmante. Il règne un peu de mélancolie dans l’expression de la bouche et des yeux; ses beaux cheveux sont arrangés en boucles, calamistrati , presque à la manière des femmes, frivole recherche que son frère Hector lui reproche dans l’Iliade. La tête est rapportée, et le nez est moderne.
[Haut. om,55q.]
2905, 2905 A, B.- — Lycurgue, pl. 102 3.
La tête du législateur de Lacédémone est donnée d’après la statue du Vatican dans laquelle Visconti a cru reconnaître Lycurgue à l’inégalité des yeux, indice delà perte d’un œil (voy. n° 2098 B), et d’après une tête en marbre de la collection Farnèse, qui offre la même irrégularité dans les yeux. La chevelure est dans le costume lacédémonien.
La figure 2906 A nous offre les traits de Lycurgue tels qu’ils sont représentés sur les médailles de Sparte. La tête est ceinte d’un cordon, en signe d’apothéose. Le revers de la médaille représente un caducée, symbole de la félicité publique , enté sur une massue, emblème de la force et du courage.
* 2905 G (i). — “Pittacus, kermès, marbre, pl. 1028 et 1098.
D’après une médaille donnée plus bas, où se voient les têtes de Pittacus et de son rival Alcée (voy. n° 2905 A), Visconti a cru retrouver dans cet hermès le législateur de Lesbos. Il faut cependant qü’il n’en ait pas été toujours convaincu, puisqu’il n’a pas compris cette tête dans son Iconographie grecque, à l’article de Pittacus. On doit à la restauration le nez et des retouches aux oreilles et à la lèvre supérieure; la barbe a souffert.
(1) C’est par erreur que sur nos planches vantes les nos 290a, 2go5 À et 2905 B; on a donné à cette figure et aux deux su h elles doivent porter les nos 2905 C, D, et E.
PERSONNAGES GRECS CELEBRES. 45
Ce buste est reproduit sur une plus grande échelle à la planche 1098 sous le n° 2905 B. [Haut. on\53i.]
* 2905 D. — Pittacus, législateur, médaille, pi. 1023.
C’est la médaille de Lesbos dont il est parlé sous le n° précédent.
Pittacus, fils d’Hyrrlias de Mytilène, dans l’île de Lesbos, législateur et grand capitaine, mérita, par les services qu’il rendit à sa patrie, par la pureté de ses mœurs et sa grandeur d’âme, les honneurs qu’elle lui décerna et les statues qui lui furent élevées.
* 2905 E. — Esope, fabuliste, kermès, pi. 102 3.
Celle figure d’un hermès qui se trouvait à Rome, à la villa Albani, a été regardée par Visconti comme représentant l’illustre fabuliste. En effet, la conformation défectueuse et racornie de son buste convient bien à ce qu’on nous dit de la difformité de ce sage. La tête aussi est légèrement pointue, ainsi qu’il convient à un bossu, et telle que nous la décrit l’auteur de la vie d’Esope. La figure offre une expression spirituelle qui convient bien à notre personnage, et qui le distingue des nains et des bouffons représentés d’ordinaire par les anciens avec un air stupide.
Un portrait d’Esope sculpté par Lysippe et qui existait autrefois à Athènes, et celui qu’avait modelé Aristoclème, jouissaient d’une grande célébrité. Cet hermès est vraisemblablement la copie d’une de ces figures.
2906, 2906 A, — Bias et Thalès, philos, kermès, pl. 102 4-
Le portrait de Bias n° 2906 est donné d’après un hermès qui fut découvert en 1780, près de Tivoli, dans la maison de campagne de Cassius. Deux inscriptions que cet hermès portait ne permettaient pas de se méprendre, car on lit le nom Bias de Priène, BIAX HPIHNEVül, et au-dessous est gravée la maxime favorite de ce sage: Oî nAEIZDO! ANOPOünOI KAKOI (la plupart des hommes sont médians).
Sous le n° 2906 A est un double hermès représentant Bias et Thalès. Visconti l’a publié une première fois dans le Musée Pie-Clémentin, vol. VI, pl. 24- La comparaison d’une des deux figures avec la précédente fait reconnaître Bias; quant à la seconde, l’illustre antiquaire croit qu’il faut y voir Thalès, qui a dû naturellement être associé, comme un des premiers sept sages, au philosophe de Priène.
2907. — Solon, législateur, buste, pl. 102/b
Le huste figuré sous le n° 2907 est conservé dans la galerie de Florence. L’inscription que porte ce buste nous apprend qu’il est celui du législateur d’Athènes ; on y lit : O ZOAüJN NOMO0ETHS.
La physionomie annonce ie calme et la force chaîne. Cette figure est vraisemblablement, ainsi que le fait remarquer Visconti, copiée d’après la statue en bronze que les Athéniens avaient érigée â Solon dans le Pœcile (Pausan. Att. p. 16).
2908. — Sapho, poète, pl. 1024*
Cette tête de Sapho est prise à une médaille de Mytilène du cabinet de Vienne. Pollion nous apprend que les habitans de Mytilène avaient fait graver sur leurs monnaies l’image de cette femme célèbre. On ne peut donc douter que l’on n’ait ici sous les yeux la figure de Sapho. D’ailleurs, la coiffure, sorte de mitre, que porte cette tête, et la lyre qui est au revers, conviennent parfaitement à celle qui fut appelée la dixième muse.
2909, 2909 Â, B. — Allée, buste et méd , pl. 1024, 1070.
Ce poète de Mytilène, inventeur de la poésie lyrique et célèbre par ses poèmes variés et pleins de feu, était le rival de Pittacus dans les troubles de sa patrie ; il s’opposa aux lois que ce législateur voulait établir à Lesbos. Chassé de celte île, en 592, et y étant revenu, il fut pris par Pittacus, qui lui pardonna.
Cette tête, suivant Visconti, ressemble fort à celle d’Alcée, gravée sur la médaille de Mytilène qui le représente avec Pittacus. (Voyez 290b A.) Cependant il ne l’a pas reproduite dans son Iconographie grecque , ce qui ferait croire qu’il ne la regardait pas comme très-authentique.
Le nez est moderne : les cheveux et la barbe sont d’un bon travail, mais un peu égal de masse; ils ont souffert. Ce buste provient de la villa Borghèse.
[Haut. om,6i2.]
2910. — Périandre, législateur, kermès , pl. 1024.
C’est un hermès découvert à Tivoli, avec celui de Bias donné plus haut, n° 2906. L’inscription gravée sur la gaine nous apprend qu’elle présente les traits de Périandre. On y lit : nEPIANAPOX KVVEAOV KOPINOIOZ, Périandre, fils de Cypsélus, Corinthien.
Le nom est suivi d’une des maximes favorites de ce sage : MEAETH HAN (l’étude en tout).
2911,2911 A. — Thémistocle, buste , marbre , pl. 1024.
Le n° 2911 offre le portrait de Thémistocle d’après un buste en marbre du musée du Vatican. On y reconnaît l’illustre guerrier athénien à la ressemblance qu’il offre avec le 2911 A, emprunté à un camée antique cité par Visconti. Un autre camée appartenant au cabinet de France, à la Bibliothèque nationale, offre la même figure ; mais le casque du guerrier est entouré d’une
couronne d’olivier, décoration refusée à Miltiade par sa patrie, mais accordée par les Lacédémoniens à Thémistocle. (Plut. Vit. Themist. p. n3.)
2912. — Miltiade, kermès , marbre , pl. 1024 et ioq4.
Ce beau portrait, en mauvais état, est celui de cet habile et vertueux général ainsi que Visconti l’a établi dans l’Iconographie grecque, pl. 1 3, par la comparaison de cette figure avec celle que Fulvius Ursinus a publiée, et qui porte sur la base : MIATIAAHZ KIMüJNOZ A0HN AIOZ.
Le taureau furieux de Marathon, sculpté sur la partie postérieure du casque, fait allusion au lieu où ce capitaine athénien remporta sur les Perses une victoire à jamais mémorable (4 90 avant J. C.). On sait que les habitans de cette bourgade de l’Attique avaient pris cet animal pour symbole de leur contrée, et avaient consacré son image en bronze dans la citadelle d’Athènes.
On doit à la restauration : le nez, le menton, la barbe, et le cimier; les cheveux et la barbe étaient traités dans le style des têtes de Bacchus.
[Haut. om,568 — 1 pi. q po.]
Les Grecs possédaient plusieurs portraits de Miltiade, Panænus, frère de Phidias, avait peint ce héros dans le tableau qui représentait la bataille de Marathon et qui ornait le Pœcile; Miltialde avait une statue dans le Prytanée d’Athènes; enfin, Phidias avait exécuté en marbre une statue du même capitaine, qui fut placée dans le temple d’Apollon à Delphes.
2913. — Périclès, homme d’état, général, pl. 1024.
La figure du grand homme qui gouverna Athènes avec tant de sagesse a été donnée par Visconti d’après un hermès découvert près de Tivoli, dans les ruines de la maison de plaisance de Cassius : cet hermès est placé au Vatican et porte l’inscription : flEPIKAHZ EANGIfiriOV A0HNAIOZ.
La forme oblongue et trop élevée du crâne de Périclès est cachée par le casque , ménagement que les artistes du temps n’avaient garde d’oublier pour dissimuler ce défaut de conformation dans la personne de leur protecteur. C’est ce que nous apprend Plutarque [Vit. Pericl. p. i53). La profondeur de la pensée, la finesse du jugement, la fermeté calme du caractère sont des qualités qu’on croit découvrir sur le front, dans les yeux et sur les lèvres de ce portrait.
La Grèce antique avait de nombreuses représentations de Périclès. Au temps de Pausanias, on voyait une statue de ce héros dans la citadelle d’Athènes. Pline fait mention d’un portrait de ce grand homme peint par Aristolaüs. Phidias avait ciselé la figure de Périclès sur le bouclier de Minerve sous les traits d’un héros athénien combattant contre les Amazones. (Visconti, Icon. gr. t. I. p. i4o.)
2914* — Aspasie, femme de Périclès, buste kermès , pl. 1024.
La figure de cette célèbre courtisane milésienne, à laquelle Périclès avait voué un si grand attachement, a été donnée dans l’Iconographie de Visconti
d’après un buste hermès d’un seul bloc, genre de buste qu il est fort rare de rencontrer avec : des figures de femme.
rf» O
Le voile qui couvre la tête d’Aspasie la représente sous le costume d’une matrone grecque. L’arrangement des cheveux, frisés sur le front en boucles parallèles et verticales , se retrouve dans les portraits de quelques reines grecques de l’Egypte.
2916, 2916 A et B» — Alcibiade, buste et pierre gravée ,
pi. 1024 et 1070.
La figure n° 2916 est un hermès du Louvre, dont l’inscription à demi effacée porte les premières lettres du nom d’Alcibiade. On ne retrouve point dans les traits de ce buste la beauté si célèbre du capitaine athénien. Visconti soupçonne que ce portrait est une copie de celui que l’empereur Adrien avait placé à Mélisse en Phrygie sur le tombeau de cet Athénien. (Athen. t. XIII, p. 674.) Ce buste porte le n° 2915 B sur la planche 1070. [Haut. om,320.]
La figure n° 2915 A est donnée d’après une estampe publiée par J. Faber, qui l’avait prise sur une pierre gravée du cabinet Fulvius Ursinus. Cet antiquaire était persuadé qu elle représentait Alcibiade, cfaprès une autre pierre antique. (Voy. Iconographie grecque 3 1. 1, p. 246.)
2916. — Sophocle , poëte tragique, buste, marbre , pl. 102 5.
Cette figure est donnée par Visconti d’après un buste découvert à Rome en 1778, conservé dans le musée du Vatican, et au bas duquel on lit le nom du poëte tragique grec.
La statue de Sophocle, accompagnée de celles d’Euripide, de Ménandre et de plusieurs autres poêles, se voyait, au temps de Pausanias, dans le portique du théâtre à Athènes.
2916*, 29 16 A. — Euripide, poëte tragique , marbre grec,
pl. 102 5 et 1081.
Le premier numéro donne la figure du poëte grec d’après le magnifique buste hermès qu’a possédé le musée du Louvre, et qui est aujourd’hui au musée de Mantoue; le nez est tout antique; il ne manque à ce buste que quelques mèches de cheveux.
Le n° 2916 A, est un buste en bronze du Louvre attribué au même poëte.
Il y a au musée de Naples un buste du même tragique , portant son nom en caractères grecs sur la poitrine; enfin, des camées représentent aussi ses traits.
2917, 2917 A. — Hérodote, liistor. méd. bust. pl. 1025.
La figure de l’illustre père de l’histoire grecque, donnée n° 2917, est em-
PERSONNAGES GRECS CELEBRES. liCj
pruntée au revers d’une monnaie de la ville d’Halicarnasse frappée sous Antonin Pie, et qui porte pour légende AAIKAPNAZZEIGON, HPOAOTOZ.
Sous le n° 2917 A est un double hermès d’Hérodote et Thucydide, de P ancienne collection Farnèse, lequel porte sous la poitrine de chaque ligure respective les noms des deux immortels historiens, HPOAOTOZ, ©OYKYAL AHZ.
2918, 29 18 A. — Thucydide, bustes , marbre , pl. 1026, iio3.
Le n° 2918 présente la figure de Thucycfide vue de face, d’après l’hermès donné sous le n° 2917 A. On 11e remarque point ici l’élévation de la partie supérieure du crâne, dont les anciens font mention. (Marceîl. Vit. Thucyd.)
Le n° 2918 A est un buste du Louvre en marbre pentélique. Une certaine ressemblance de la tête de cet hermès avec la précédente et l’air pensif qui la caractérise la font regarder comme un autre portrait de l’historien athénien , mais qui certainement, d’après son travail et son style, n’est pas du bon temps de la sculpture grecque. [Haut. om,5oo. ]
2919. — Socrate, buste, marbre, pl. 102 5.
Les représentations figurées de ce grand et vertueux philosophe se rencontrent fréquemment parmi les hermès ou bustes et sur les pierres gravées.
La ügure donnée sous ce numéro est empruntée à un des bustes du musée du Louvre.
2919 A. — Socrate , tête, bronze, pl. 1101.
Quelque bronze célèbre a été probablement l’original de ce buste et de quelques autres semblables. [Haut. om,4oo.]
2919 B. — Socrate , buste, marbre pentélique, pl. 1 101.
Nous pouvons, dit Visconti sur cette tête, la regarder comme l’image la plus fidèle et la plus authentique de Socrate. Son âme tout entière y est exprimée; la finesse de l’esprit et l’imperturbabilité du caractère s’annoncent par ses yeux et par la sérénité de son front; on aperçoit dans le mouvement de ses lèvres cette ironie délicate qui assaisonnait sa conversation. [Haut. om,5oo. ]
2919 C. — * Socrate, buste, marbre pentélique , pl. 3 101.
Le sage d’Athènes, aussi célèbre par ses vertus que par sa fin tragique, se retrouve encore dans cet hermès. La tête est rapportée. [Haut. om,53o. ]
2920, 2920Â. — Hippocrate, méd. et buste, pL 1025 et io85a
La figure du célèbre médecin de Cos, est donnée sous le n° 2920 A,
d’après une médaille qui existait autrefois dans la collection de FulviusUrsinus, où Théodore Galle l’avait dessinée; elle a été reproduite dans l’ouvrage de J. Faber, d’après lequel Visconli l’a fait dessiner. L’inscription qui accompagne cette tête apprend qu’elle représente Hippocrate, inTTOKPATHZ.
La ligure n° 2920 est copiée d’après un hermès du Louvre, que, par sa ressemblance avec la figure précédente, on a reconnu pour celui de l’illustre médecin. [Haut. om,36o.]
Les deux figures n’offrent point la coiffure que l’on donne ordinairement à Hippocrate, et qui est une espèce de bonnet ou plutôt une draperie roulée autour de la tête à la manière d’un turban, genre de coiffure attribué à Esculape.
2 9 2 o *. — Zenon cTElée, philosophe, buste, m. gr. pl. 10 25»
La figure de ce philosophe est donnée d’après un buste de la collection Farnèse et que J. Faber a publié.
Le nom grec ZHNQN, qu’on y voit inscrit, nous montre que c'est l’image d’un Zénon. Visconti conjecture que ce Zénon est celui d’Eîée. (Voy. Iconographie grecg. t. I, p. 161.)
2921. — Lysias, orateur, buste, marbre, pl. 102 5.
Cette ligure provient d’un buste de la collection Farnèse qui a été publié par Fulvius Ursinus, et a été reproduit ensuite dans la plupart des recueils iconographiques.
Ce portrait nous donne la physionomie de Lysias tel qu’il était dans sa vieillesse; un autre hermès le représentait un peu moins vieux et n’ayant pas la tête chauve. Un passage d’Aristide le sophiste paraît indiquer qu il existait plusieurs portraits de Lysias ; c’étaient probablement des images athlétiques faites lorsqu’il s’exerçait à la palestre, à l’exemple des jeunes gens des premières familles d’Athènes.
2922. — Platon, philosophe académicien, buste , pl. 102 5.
Dans ce buste, qui appartient à la galerie de Florence, la tête du philosophe est ceinte du strophium, marque de la divinité. Il fut trouvé, dit-on, près d’Athènes, et acquis à grand prix dans le xve siècle par Laurent de Médicis.
Le beau développement du front annonce les hautes facultés de cet illustre penseur.
2928. — - Antisthène, philosophe cynique, buste , pl. 1 025.
Dans ce buste découvert à la villa Adriana à Tivoli, Visconti a cru reconnaître les traits d’Antisthène à raison de sa ressemblance avec un autre buste sur lequel est gravé le nom grec d’Antislhène , et qui a été découvert aussi à Tivoli, dans la maison de campagne de Cassius.
PERSONNAGES GRECS CELEBRES. 5l
La chevelure négligée et la longue barbe de cetle tête annoncent bien un philosophe cynique.
292/t. — Isocrate, orateur, buste , marbre , pl. 102 5.
Ce portrait de l’illustre orateur athénien a été donné par Visconti d’après un petit buste antique découvert à la villa Adriana. L’inscription 6ICOKPATHC qu’on lit au-dessous, le fait connaître avec certitude. Il est vrai, fait observer Visconti, que le style de la sculpture et l’orthographe du nom prouvent que ce monument n’est pas antérieur à l’ère chrétienne; mais il n’en est pour cela ni moins certain , ni moins authentique. Les portraits d’Isocrate étaient alors assez connus. Timothée, qui avait employé ce grand écrivain comme son secrétaire pour les affaires publiques , lui avait érigé de son vivant une statue, ouvrage de Léocharès, qu’il consacra dans le temple d’Eleusis. Apharès, qu’Isocrate dans sa vieillesse avait adopté, érigea en son honneur, après sa mort, une autre statue, placée dans le temple de Jupiter Olympien à Athènes : on l’y voyait encore du temps de Pausanias. Enfin, il existait dans cette même ville deux autres représentations d’Isocrate : Tune était une statue équestre, et le représentait à l’àge où il fréquentait les exercices du gymnase; la seconde était peinte, et se trouvait au Pompéion.
2926. — Laïs, femme célèbre, médaille , pl. 1025.
La tête de cette célèbre courtisane sicilienne, qui faisait les délices de Corinthe, est donnée d’après une médaille de cette dernière ville. La médaille porte, en effet, au revers de la tête, le groupe d’une lionne déchirant un bélier, sujet qui décorait son tombeau, placé à Corinthe près du temple de Vénus Mélanitide (1).
2926. — Ecjclide de Mégare, phil. math. méd. pl. 1026.
Visconti a donné la figure que nous produisons ici d’après une médaille publiée par Belloni, et qui porte le nom de la ville de Mégare, MET APEQN. Le philosophe qui avait illustré cette ville est représenté la tête couverte d’une espèce de voile, rica, dont se servaient les hommes et les femmes pour se garantir des ardeurs du soleil. Aulu-Gelle nous apprend qu’Euclide en avait fait usage dans ses travestissemens , lorsqu’au mépris de la loi il se transportait presque tous les jours de Mégare à Athènes pour entendre Socrate (2).
2926*. — Diogène, philosophe cynique, buste, pl. 1026.
Dans l’Iconographie grecque, la figure de Diogène est reproduite d’après la statue de la villa Albani. (Voy. n° 21 1 1.) La barbe longue et touffue donnée à Diogène rappelle, ditVisconti, l’expression de Sidoine Apollinaire à propos des
(2) Aid. Gell. Noct.Attic. VI, p. 10.
(1) Pausanias, Corinth. ch. u.
ligures de ce philosophe, Diogenes barba cornante (i), elle profil exprime bien la causticité d’esprit qui le caractérisait. Nous reproduisons le buste de cette statue d’après lui.
2936 A. — Diogène, hennés, marbre grec, pi. 1026 et 1079.
Ce buste hermès provient de Fontainebleau. On y a vu certaine ressemblance avec le portrait de Diogène. La tête est rapportée; elle est d’un beau caractère, mais le travail a été fatiguée par le temps, le nez a souffert.
[Haut. o"\58i .]
2927, 2927 A, B. — Aristote, philos, buste et pierre gravée,
pi. 1026.
La ligure donnée sous le n° 2927 est prise de la statue assise du palais Spada, statue que Visconti attribue à Aristote. (Vov. t. V, n° 2139.} Elle est reproduite sous deux aspects (2).
La physionomie rappelle d’ailleurs celle qu’on observe dans les gravures de Théodore Galle.
La figure 2927 A offre le dessin d’une empreinte moulée sur une améthyste qui se voyait, au xvie siècle, dans le cabinet de Lélius Pasqualini. Visconti a signalé sur cette pierre gravée, comme dans la statue du palais Spada, la disposition du bras sortant de dessous le manteau, qui était l’attitude ordinaire des statues de ce philosophe.
On a aussi considéré cette améthyste comme représentant Antisthène,
La figure 2927 B offre le dessin d’une empreinte moulée sur une superbe cornaline. Le bras qui soutient la tête, et qui, dans l’empreinte, devient le gauche, est le droit clans la cornaline originale.
Ce sujet est souvent répété sur les pierres antiques.
L’antiquité possédait un grand nombre d’images d’Aristote. Philippe lui avait consacré une statue à Delphes, à la suite de celles de la famille royale de Macédoine. Aristote lui-même paraît avoir fait exécuter son portrait par le sculpteur Gvllion. Pausanias parle d’une troisième statue placée à Olympie, et qui passait pour avoir été érigée du vivant de ce grand philosophe (3). Une image d’Aristote ornait à Rome la maison d’Atticus, et ses portraits, suivant le témoignage de Juvénal, étaient nombreux dans cette ville (4).
2928. — Théophraste, phil. naturaliste, hermès, pi. 1026.
C’est le seul portrait authentique qui nous soit parvenu de ce péripatélicien. Au xvie siècle, on le voyait à Rome dans le palais du marquis
(1) Sidon. Apollin. 1. X, ép. 9. deux aspects, de face à la planche 843,
(2) Dans notre texte sur cette statue, et de profd à la planche 848 A. t.V,P.ô7, nous avons omis de dire qu elle (3) Pausan. Ehac. 1. VI, c. iv. est donnée au Ve volume des planches sous (4) Juvénal, Satjr. II, v. 6.
PERSONNAGES GRECS CELEBRE S
Massimi, d’où il est passé dans la vdla Albani. Quoique la tête soit détachée de la gaine qui porte l’inscriplion , on peut assurer, dit Visconti, parles rapports entre les deux, parties de la cassure et par l’identité du marbre, que cette tête antique a toujours appartenu au même herniés.
L’inscription se lit : GEQOPAZToZ MEAANTA EPEZSOZ.
2929. — Léodamas, orateur, buste , marbre, pl. 1026.
Cette figure est donnée d’après un hennés que Fuivius Ursinus avait trouvé dans les jardins du cardinal Cesi , et qui portait un nom dont les dernières lettres sentes pouvaient se lire et formaient les deux syllabes . .AAMAZ. Comme la place des lettres effacées indiquait qu’il y avait eu trois lettres, Fuivius Ursinus conjecturait que cette figure représentait Léodamas. Visconti a adopté sa conjecture, et donné cette figure comme celle du célèbre rival de Démosthènes et d’Eschine.
2930. — Eschine, orateur, buste, marbre, pl. 1026.
C’est un liermès découvert dans les fouilles de la villa de Cassius , et qui porte le nom ÂIZXSNHZ écrit au-dessous de la poitrine.
On y reconnaît, dit Visconti, un homme d’une constitution robuste et d’une santé vigoureuse, qualités que les biographes d’Eschine ont mentionnées, et qui l’avaient porté, dans sa jeunesse, à embrasser l’état militaire et même à se faire athlète.
Un faux portrait d’Eschine était reçu, avant Visconti, dans l’iconographie. Un hermès portant sur la gaine le nom de cet orateur avait été publié par Fuivius Ursinus ; mais la tête, sans barbe, et par conséquent contraire au costume athénien, était rapportée.
2930*, 2930 A. — Démosthènes, bustes, pl. 1026, 1078.
Sous le n° 2q3o est un buste du musée du Louvre provenant de la villa Albani, et donné dans l’Iconographie grecque par Visconti. C’est un des plus beaux de l’orateur athénien. Visconti fait remarquer que, dans cette figure, la lèvre supérieure, un peu en avant, semble indiquer le défaut de langue qui nuisait au débit des harangues de Démosthène.
C’est ce buste qui est reproduit en petit sur la planche 1026, avec les médailles. Il est en marbre pentélique. [Haut. om,44o.]
Le second buste, aussi du Louvre, est un hermès en marbre de Paros. Le travail en est sec et d’une moins bonne exécution que le buste précédent, et même que la statue de ce musée donnée sous le n° 2099 A (1). [Haut. om,449-]
Ce buste a des restaurations au nez, à l’oreille gauche et à la bouche.
(1) Selon l’usage suivi pour les statues de la statue n° 2099 A a été reproduit sur iconiques du musée du Louvre, le buste une plus grande proportion , pl. 1079.
On connaît encore de Démosthènes un buste en bronze trouvé à Pompéi , qui porte le nom de cet orateur sur la poitrine.
2981, 2981 A, B. — Epicure, buste , marbre, pi. 1026, 1081.
Ce sont trois hermès du musée du Louvre et en marbre pentélique.
Le premier est un double hermès offrant, avec la tête d’Epicure, celle de son ami Métrodorecle Lampsaque. Un double hermès semblable, trouvé à Rome en 1743, et qui porte les noms des deux philosophes, ne laisse aucun doute sur les deux portraits. Ce buste important, donné de grande proportion dans la série des bustes, pl. 1081 , l est aussi de petite proportion dans la série des médailles, pl 1026. Les deux figures y sont produites d’abord d’ensemble et de profil, et ensuite de face et séparément. [Haut. om,620.j
Sous le n° 2981 A est un buste presque à mi-corps, provenant de la villa Borgbèse, et dont le travail n’est pas très- terminé. Il a une draperie sur l’épaule gauche. Il y a quelques restaurations au derrière delà tête à gauche, et même des retouches à la joue droite. [Haut. om,64o.]
Le n° 2981 B est un buste hermès provenant aussi de la villa Borghèse. C’est un beau portrait, bien conservé, du philosophe de Gargette. Le travail est plus soigné que celui des deux autres; il est largement traite et avec beaucoup de souplesse dans les chairs, les cheveux et la barbe. [Haut. om, 629. ]
Les succès de la secte épicurienne à Rome furent sans doute une des causes des nombreux portraits qui nous restent de ce philosophe.
2981 C. - — MÉtrodore , buste, marbre, pl. 1081 (1). 2982. — Ménandre, poète comique , buste, pl. 1027.
La figure du célèbre poëte comique a été donnée par Visconti d’après la belle statue de ce poëte qui est au musée du Vatican. ( Voy. notre tome V, n° 2118.)
2908. — Zenon de Chypre, phil. stoïcien, buste, pl. 1027.
C’est un hermès du Vatican, que Visconti a reconnu pour celui du philosophe de Citium à la courbure du cou qui était un défaut naturel de ce personnage. Le front sillonné de rides , frons contracta (2), le sourcil triste, l’air dur, sont encore des particularités que les anciens n’ont point omis de remarquer, et on les retrouve dans cette figure. Les portraits de Zénon étaient d’ailleurs très-connus dans l’antiquité; des statues de bronze furent élevées en son honneur dans Athènes et dans sa ville natale.
(1) Voyez le n° 2g3i.
(2) Sidoine Apollin. loco cit.
PERSONNAGES GRECS CELEBRES
2934. — Hermarque, phil. épicurien, buste, br. pl. 1027.
La figure du successeur d’Epicure; auquel cet illustre philosophe recommandait en mourant les enfants de Métrodore, est donnée d’après un bronze d’Herculanum. L’inscription EPMAPXoZ, gravée sur le socle en caractères grecs cursifs, a servi à rectifier le nom de ce philosophe, qui est appelé Hermaclius dans Diogène deLaërte et dans Cicéron (1). L’orthographe du bronze, plus correcte et plus conforme à l’étymologie , a encore été confirmée par un manuscrit en papyrus trouvé à Herculanum, et qui contient un ouvrage de Philodème sur la rhétorique; ce philosophe y est cité sous le nom d’Hermarque, comme il est écrit sur le bronze. Elle a aussi été confirmée par l’inscription d’un autre hermès trouvé, en 1780, dans la maison de campagne de Cassius, à Tivoli.
2935. — Moschion, poëte comique, buste, pl. 1027.
C’est le buste donné par Visconti d’après la statue du musée Borbonico qui se trouve dans notre tomeV, n° 2122 A.
Moschion est couronné de lierre et de deux bandelettes ou lemnisques, circonstance qui indique sa qualité de poëte.
Le nom grec MOZXIQN est inscrit sur la plinthe.
2936. - — Posidippe, poëte comique, buste, pl. 1027.
C’est le buste donné dans Visconti d’après la statue du musée Pie-Clémentin qui se trouve dans notre tome V, n° 2120.
Le nom HOZEI AHIIIOZ est inscrit sur la plinthe.
2937, 2937 A. — Chrysippe, buste et médaille, pi. 1027,
La figure 2987 donne sous deux faces la figure de Chrysippe d’après un hermès en marbre , le seul que l’on connaisse de ce philosophe.
La figure 2987 A est empruntée aux médailles de la ville de Soles en Cilicie, ville qui avait vu naître Chrysippe. L’attitude qui lui est donnée ici, le poing fermé et près du menton, passait pour l’emblème de la dialectique (2).
La disposition des draperies est la même que celle de l’hermès ci-dessus. L’air concentré et réfléchi annonce une méditation profonde.
La célébrité de ce philosophe, la principale colonne de l’école stoïcienne, était telle que Juvénal nous apprend que, de son temps, il y avait peu de maisons où l’on ne trouvât l’image de ce grand homme, sinon en marbre, du moins en plâtre (3). Une statue en bronze lui fut décernée par les Athéniens.
(1) Cicér. Orator, § 32. Laërte, Chrysippe, Vil, 189. — (3) Juvénal,
(2) Chrysippe était regardé par les an- Sat. IL ciens comme le dieu de la logique. Diogène
2938, — Aratüs, astronome et poëte, médaille , pi, 1027.
Cette tôle est tirée d’une médaille très-rare, frappée à Pompéiopolis, ville de Cilicie, la même que Soles, patrie de ce poète. Quoique sans inscription, elle peut, dit Visconti, être regardée comme un portrait bien certain d’Aratus. Il est évident que les têtes gravées sur la médaille doivent appartenir à deux personnages illustres ; et Galien ne nous laisse pas en doute sur leur noms , car il dit expressément que cette ville de Cilicie serait restée inconnue sans la réputation d’Aratus et de Chrysippe. On n’est pas embarrassé non plus pour reconnaître le personnage que chacune des deux têtes représente. Celle d’Aratus regarde tant soit peu vers le ciel, par une allusion à ses poèmes astronomiques, et Sidoine Apollinaire assure qu’on donnait même encore de son temps ce mouvement aux portraits d’Aratus (1). (Visconti, Iconogr. grecque, t. I. p. 94.)
2989. - — Âmnibal, buste , bronze, pi. 1027.
Ce buste en bronze, d’un travail exquis, est sorti d’une des fouilles d’Herculanum. Les mêmes fouilles ont produit une tête de bronze de Scipion l’Africain, ouvrage qui est également d’un travail recherché, et qui a la même dimension (2).
Le buste où Visconti a vu le portrait d’Annibal lui a paru offrir certaine ressemblance avec les portraits de ce personnage sur les pierres gravées. On ne peut douter, dit cet auteur, que ce ne soit le portrait d’un Africain. J’y retrouve les mêmes caractères qu’aux têtes des deux Juba, et on remarque dans les yeux une inégalité de dimension au moyen de laquelle les artistes anciens exprimaient la perte de l’usage d’un œil.
2989 A. — Annibal, cornaline , pi. 1027.
Ce portrait est donné d’après une cornaline, qui, lorsque Visconti l’a publiée, faisait partie du cabinet de l’impératrice Joséphine.
29/50. — Carnéade, philosophe platonicien, buste, pi. 1027.
La figure de l’illustre philosophe de Cyrène est donnée d’après le beau buste de la collection farnésienne : le nom KAPNEAAHZ, gravé sur le bord de la tunique, ne permet pas le moindre doute. La physionomie, pleine d’esprit et de vivacité, présente, dit Visconti, les marques de cet âge avancé qui a fait placer Carnéade parmi les hommes de lettres favorisés d’une longue vie.
Un passage de Cicéron prouve que l’on connaissait de son temps l’image authentique du philosophe qui était venu en ambassade à Home réclamer la diminution d’une forte amende imposée aux Athéniens. « Quoique, partout en ces lieux, dit le grand orateur romain, il y ait beaucoup d’objets qui rappellent
(1) Sidoine Apoîlin. loco cil. — (2) Ce second buste est donné infra , n° 8201 .
PERSONNAGES GRECS CELEBRES. 5
les souvenirs des grands hommes qui les ont habités, j’ai été touché en voyant cet auditoire où Carnéade enseignait; il me semble le voir encore, car j’ai son image présente à l’esprit; il me semble même que sa chaire, demeurée pour ainsi dire veuve de ce grand homme, regrette sans cesse de ne plus l’entendre» (1).
29/11, 2941 A. — Asclepiade, philos, méd. pl 1027, 1028.
Sous le n° 2 (]4 1 est un buste découvert à Rome, au commencement du dernier siècle, dans un tombeau peu éloigné de la voie Appienne, en dedans de l’enceinte élevée par Aurélien.
La plinthe porte l’inscription ACKAHT7I AAHC.
Différents personnages ont porté ce nom ; mais le plus célèbre est incontestablement le médecin de Pruse vanté par Cicéron et consulté par Mithridate. La barbe courte, qu’a cette figure, est bien celle qu’on portait du temps du grand Pompée.
Sous le n° 2941 A est un joli camée provenant de la collection Durand , et appartenant aujourd’hui à M. Chaudet.
2942. — PosiDONtus, philosophe stoïcien , buste, pl. 1028.
Cette figure du célèbre philosophe stoïcien est donnée d’après un beau buste de la collection farnésienne, que Fulvius Ursinus a fait connaître le premier, et qui porle inscrit sur la tunique le nom ÎIOZIAQNIOC (2).
2943. — Modius Asiaticus, médecin, buste , m. pl. 1028.
Ce médecin doit surtout sa célébrité dans les temps modernes au beau buste d’après lequel nous donnons sa figure. Ce monument trouvé à Smyrne, et maintenant placé dans le cabinet de la Bibliothèque nationale, est accompagné de deux inscriptions, l’une en vers, gravée sur la poitrine, l’autre en prose écrite sur le piédouche, qui est du même bloc que le buste; celle-ci porte: M. MQAIOC AC1AT1KOC 1ATPOC MEOQAIKOC.
Les deux premiers noms montrent qu’ Asiaticus avait obtenu les droits de citoyen romain, et adopté, suivant l’usage, un nom et un prénom romains. Son véritable nom était Asiaticus ; aussi lui donne-t-on seulement ce dernier nom dans l’autre inscription.
L’épithète Methodicus montre que ce médecin appartenait à l’école des méthodiques, inventée à Rome, sous Auguste, par Thémison de Laoclicée, et qui fondait la médicamentation sur la classification des maladies en maladies de resserrement et de relâchement, école illustrée par Thessalus et Soranus.
(1) Cicér. Definib. V, 2. pl. 027, est aussi considérée comme ico-
(2) La statue du musée du Louvre, nique, et nous en reproduisons le buste donnée tome V sous le numéro 2119, tome VI, pl. 1199.
2 9 44- — Xênophon de Cos, médecin, médaille , pl. 1028.
La figure du médecin d’Agrippine, auquel on doit reprocher en partie la mort de Claude, est donnée d’après une médaille du cabinet de France, portant au revers la figure d’Hygie à travers de laquelle on lit l’inscription EENO<t>QN. Cette médaille, ainsi que nous l’apprend la légende, a été frappée à Cos, et c’était sans doute un monument de la reconnaissance des habitans cette île pour leur célèbre compatriote. (Visconti, Iconogr. grecque, t. I, p. 282.)
2945. — Apollonius de Tyane, philos, pyth. méd. pl. 1028.
L’image du célèbre théosophe et thaumaturge est donnée d’après une monnaie contorniate. Apollonius porte une couronne et une tunique par dessus laquelle est jeté le pallium. La légende A PO L LO NI VS TV ANE VS ne laisse aucune incertitude sur le personnàge représenté.
2946. — Epaphrodite, grammairien , buste , rnarb. pl. 1028.
Ce buste est donné dans l’Iconographie grecque d’après une petite statue assise, en marbre, qu’on voit dans le palais Altiéri, à Rome. Elle porte sur le socle l’inscription latine suivante :
N. METTIVS EPAPHRODITVS GRAMMATICVS GRAECVS.
M. METTIVS GERMANVS L. FEC.
Le grammairien Epaphrodite de Chéronée llorissait vers fan 5o de notre ère. Il a laissé des écrits sur Homère et sur Pindare.
2947- — Elius Aristide, orateur, buste , pl. 1028.
Ce buste est donné dans llconographie grecque d’après une statue assise , trouvée à Rome sous le pontificat de Pie IV, vers le milieu duxvi® siècle, et qui fut placée dans la bibliothèque du Vatican.
L’inscription APIZTIAHZ ZMYPNEOZ est gravée en deux lignes aubas du siège et du côté gauche de la statue.
Le sophiste Aristide de Smyrne llorissait sous Marc-Aurèle. Il fit de grands voyagçs en Egypte, et rendit près de l’empereur de grands services à Smyrne. On lui éleva une statue. C’était un orateur habile et éloquent; il reste de lui cinquante-trois harangues.
2947 *. Tiiéophane, historien, médaille , pl. 1028.
Ce portrait se trouve, avec îalégende 06O<t>ANHC 060C, sur une médaille de Mitvlène, au revers de laquelle est une tête de femme voilée.
Tiiéophane de Mitylène était contemporain de Pompée, et écrivit l’histoire de la guerre de ce général en Asie.
PERSONNAGES GRECS CÉLÉBRÉS
2948. — ThÈon de Smyrne, phil. platon. buste , pl. 1028.
Ce buste est au musée du Capitole. Il porte l'inscription suivante, gravée sur le piédestal , qui est de forme cubique :
0EQNA TTÀATONIKON <DI AOCOOON-O IEPEYC 0EQN TON nATEPA. Théon de Smyrne, philosophe platonicien, florissaitau 11e siècle de notre ère. Il a écrit un traité d’astronomie et un abrégé des sciences mathématiques. Ce buste a été publié par Spon, qui nous apprend qu’il avait été acheté à Smyrne.
2949. — Sextüs Empiricus, phil. pyrrh. médaille, pl. 1028.
Ce portrait se trouve, avec la légende C6ECTON HPQA, sur une médaille de Mitylène, portant le buste de femme donné sous le numéro suivant.
Visconti l’attribue à Sextus Empirions, originaire de Mitylène, et dont il reste quelques ouvrages.
2949 *. — Nicomachis, médaille , pl. 1028.
Ce portrait est au revers de la tête de Sextus sur la précédente médaille. Il est accompagné de la légende <t>AA N6IKOMAXIC. Visconti pense que Nicomachis était la femme de Sextus.
2960. — Eucharis, buste , pl. 1028.
Ce buste porte sur le socle l’inscription grecque EYXAPIC Al Kl N
Ce doit être celui d’une jeune actrice qui florissait à Rome dans le premier siècle de notre ère; elle était grecque d’origine, et jouait à Rome dans les pièces grecques.
2950 A. — - Julia Procla , médaille , pl. 1028.
Ce portrait se trouve, avec la légende IOY. TTPOKAAN HPQIAA, sur une médaille de Lesbos ayant au revers Sapho assise et jouant de la lyre. Dececôté, se voit aussi le nom du stratège ou préteur Apollonius.
Julia Procla a une coiffure rappelant celle de Faustine la mère.
2960 B. — Nausicaa, médaille, bronze, pl. 1028.
Ce portrait se trouve, avec la légende NA YCIKA A N HPQIAA, sur une autre médaille de Lesbos, ayant au revers le même type que la précédente et le nom du stratège ou préteur Hiératas.
La coiffure de Nausicaa rappelle celle de Faustine la jeune.