‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 263 sur 299 · Deux amazones à cheval et deux héros cuirassés · texte numérisé non relu

Deux amazones à cheval et deux héros cuirassés

pl. 1 1 6 E.

Le premier Grec, à gauche, saisit, par les cheveux, une de ces héroïnes qui se tournent le dos et cherchent à s’échapper dans des directions opposées. Mais, en fuyant, l’Amazone de gauche porte un coup au héros pour dégager sa compagne; celle de droite , que son geste de la main gauche indique être blessée, paraît plonger son épée dans le flanc gauche du guerrier, ou plutôt le repousser de la main, car il n’a pas l’air d’être blessé. Au reste, ces basreliefs sont trop altérés , trop frustes pour que l’on puisse y discerner l’expression de la douleur. Et, d’ailleurs , il est l’are qu’on la trouve même dans de beaux bas-reliefs grecs, ou bien elle est très-calme ; plus sentie, elle eût nui à la beauté, le premier principe, le dogme sacré de la sculpture grecque, auquel tout était sacrifié ou subordonné. Leurs héros sont, en général, pour ainsi dire, impassibles; et l’on dirait que, dans l’ardeur du combat, ils ne s’aperçoivent pas des blessures qu’ils reçoivent et qu’ils ne connaissent pas la douleur. Le guerrier de droite, qui se bat contre une Amazone qui n’existe plus, a, en sens contraire, à peu près le même mouvement que celui de gauche; et sauf les bottines , que n’a pas le premier héros , leur costume est le même ainsi que celui des Amazones. Toutes les têtes manquent, en partie, sauf celle de l’héroïne de droite qui est très-fruste. Ce bas-relief, en mauvais état , a dû être bien, et peut appartenir à la première époque de ces sculptures. Peut-être ici, comme en d’autres parties de ces nombreux bas-reliefs, trouvera-t-on, et je serai de cet avis, que le dessin est beaucoup moins fruste que l’original, et que le dessinateur et le graveur se sontlaissés aller à trop deviner ce que l’on n’aperçoit qu’à peine, et que ces copies seraient plus exactes si elles étalent moins bien; cela est vrai. Mais ce sont de ces légers défauts qu’il n’est guère possible d’éviter tout à fait dans la gravure au trait à laquelle il est très-difficile d’exprimer ce qui est flou ou de forme indécise. On doit lui pardonner ces souvenirs trop vifs de la bonne école, si elle traduit, avec sentiment, le caractère général et le mouvement de compositions en mauvais état et auxquelles elle rend peut-être un peu trop des qualités que devaient avoir les productions originales. [Long. i"',6io.]

N° 12. Amazone à cheval et héros à pied, pl. 117 F.

Dans un de ces bas-reliefs, d’un ton doré en très-mauvais état, on reconnaît, par la direction qu’avait le bras gauche du guerrier, debout, cuirassé, et par l’action du cheval, que le héros saisit à la bride une Amazone, qui, lançant avec vigueur son coursier en avant, attaque le héros et lève le bras pour le frapper ; elle avait une chlamyde sur l’épaule. Le cheval est d’un beau mouvement ; la moitié de sa tête , sa cuisse et sa jambe droites sont perdues, ainsi que la tête, l’épaule et partie du bras gauche de l’Amazone: on retrouve la trace de sa jambe gauche. La tête du guerrier est très-fruste, et il lui manque la moitié inférieure du corps et celle du bras gauche. [Long, r’,020.]

APPENDICE

N° 13. Amazones à cheval, trois à pied et cinq héros, pl. 1 1 7 E.

Les oves qui décorent le haut de ces bas-reliefs sont , en général , bien conservées. Le travail de cette série est très-lourd, et on y a beaucoup employé le trépan; ce qui doit décéler un travail romain. Cette suite se compose de deux grands fragments. On voit que ces bas-reliefs n’ont été, pour ainsi dire, qu’ébaucbés : les bras et les jambes tiennent au fond dans toute leur longueur, par des tenons qui, vus en dessous, devaient produire un singulier effet, projeter beaucoup d’ombre, et ôter leur légèreté et leurs formes aux parties qui terminent la surface de ces espèces de plafonds. Parmi toutes ces jambes d’hommes et de chevaux, il n’y en a qu’une, d’homme, qui soit détachée du fond. Ces bas-reliefs ne sont pas dans un bon principe de sculpture, on leur a donné beaucoup trop de saillie, et à moins d’y jeter un grand papillotage de lumière et d’ombre, on ne pouvait pas détacher du fond tous ces bras, ces jambes qui les encombrent, et qui, portés trop en avant, auraient laissé un trop grand vide entre eux et le fond. Ce n’était pas ainsi que, pour de grandes compositions, où les figures étaient multipliées, procédait la sculpture dans les bons temps ; elle était plus simple et plus économe de ses plans et de scs saillies.

La première figure, à notre gauche, est un jeune héros, entièrement nu, se couvrant de son bouclier rond. 11 offre le caractère d’Hercule jeune ou de Thésée, ces héros qu’ont rendus si célèbres en Grèce leurs exploits contre les Amazones. Levant sa massue, il attend, de pied ferme et la tête fièrement dressée, l’attaque d’une guerrière à cheval et couverte de sa pelte. Ils ont l’air de se défier et de s’attaquer de paroles, comme les héros homériques. Les têtes sont assez bien conservées, de même que celle du cheval et que les détails de la bride. Ces figures eurent sans doute de bons modèles; mais l’exécution en est très-lourde. La moitié de la jambe de l’Amazone et du bras droit du héros, ainsi que les jambes et les cuisses presque en entier, manque.

Viennent ensuite un guerrier et une Amazone presque entiers, elle est dans le costume ordinaire, double tunique courte, à ceinture; ce qu’on voit au côté gauche paraît un carquois plutôt qu’une épée, ses hauts brodequins sont roulés au milieu des jambes. Le jeune béros, entièrement nu, le bouclier au bras, porte un casque à petit cimier , où l’on croit retrouver la trace de gardejoues. Le combat n’a pas l’air très-vif: le Grec saisit par les cheveux l’Amazone sans armes qui, levant le bras droit pour se dégager, le repousse faiblement de la main gauche. A la manière dont les deux ennemis se regardent on croirait qu’il y aura un accord. Ces deux figures, surtout l’héroïne, sont un peu courtes , fexécution en est heurtée, sans finesse, cependant elles ne sont pas mal, et à leur place elles devaient bien faire , il ne leur manque presque rien, et l’on voit par le pied du guerrier que le travail en avait été soigné. L’Amazone qui suit est sur le point d’être démontée par un héros nu, d’une structure herculéenne , qui n’ayant pour tout vêtement que le fourreau et la bandoulière de son épée , la saisit par derrière aux cheveux qui recouvrent son bras : c’est en vain que l’Amazone cherche à se dégager de cette puissante main et qu’elle

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pousse des cris vers le ciel. La tête du héros est bien et tout à fait dans le caractère d’Hercule jeune; d’une bonne conservation, il est beaucoup mieux que l’Amazone, lourde et courte. Le bas de la jambe et le pied gauche n’existent plus. La tête et le bout de devant du cheval ne sont pas sans mérite ; il a perdu la moitié de la jambe gauche. Derrière l’Hercule ou le Thésée, car ce peut être l’un ou l’autre de ces héros, une Amazone à pied et un Grec, nu (i3a), s’attaquent corps à corps et brandissent avec menace, l’une sa bipenne, l’autre son épée; ils sont couverts de leurs boucliers. Ces figures, un peu courtes, surtout le héros, mais dont les têtes ne sont pas sans expression, sont assez bien conservées. L’Amazone à cheval qui vient après s’élance au secours d’une de ses compagnes à pied, et qu’un guerrier saisit par les cheveux en la menaçant de son épée. C’était, il paraît, en général de cette manière que les Grecs combattaient les Amazones ; peut-être était-ce pour les faire prisonnières , plutôt que pour les tuer, qu’on les saisissait par la chevelure, ainsi qu’on le voit dans une foule de bas-reliefs. Cette Amazone ne semble pas se défendre vigoureusement, et, comme d’autres, elle se borne à chercher à dégager ses cheveux de la main du jeune guerrier, qui ne paraît pas très-animé contre sa belle ennemie. Il est vêtu d’une courte tunique, relevée au milieu du corps par une ceinture et sur laquelle passe obliquement la courroie à laquelle est suspendue l’épée. La tête du jeune héros, aux cheveux courts et bouclés, est assez bien , et celle de l’Amazone a l’expression de la tristesse : elle est encore armée de sapelte,le Grec est sans bouclier. L’héroïne, achevai, ne combat pas non plus avec ardeur, et l’on dirait qu’elle s’attend à un arrangement. Ces trois personnages et le cheval ne sont pas d’une mauvaise conservation , il ne manque au coursier qu’un morceau de la jambe droite de devant; la tête est fruste. Celle de l’Amazone à cheval, un peu dégradée, n’est pas sans agrément; ses cheveux, plus longs qu’à l’ordinaire, accompagnent bien le visage. La moitié du bras droit et le pied droit lui manquent. [ Long, des deux fragm., 3“,770.]

N° 14. UnË AMAZONE À CHEVAL, UNE À TERRE, ET DEUX HEROS,

pl. 117 F.

Ce morceau de quatre figures ne se lie pas avec d’autres.

A notre gauche, un guerrier en armure, qui nous tourne le dos, et qui, couvert de son bouclier, regarde sur sa gauche, porte vers ce côté un coup de sa longue lance contre une Arnazone que nous ne voyons pas. Ce héros n’a pas de rapport avec la guerrière achevai s’élançant contre un groupe formé d’abord d’un héros cuirassé, debout, tête nue, armé de son bouclier et de son épée , et dans l’attitude de la défense ; et puis d’une Amazone , un genou en terre , n’ayant d’autre arme que son bouclier, et levant très-haut la main droite, ouverte elles doigts étendus. Il se pourrait qu’elle eût été vaincue et désarmée par son adversaire; son attitude, la pose de sa tête le feraient présumer; et peut-être engaget-elle sa compagne à ne pas s’opposer à l’arrangement qu’elle vient de contracter avec ce guerrier, qui n’est plus son ennemi. Une partie du bras de l’Amazone à cheval manque , on ne voit pas ce qu’elle faisait ; au reste , cette

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figure, très-courte, est fort mauvaise , la moitié delà tête du cheval et les jambes au remontoir ont disparu; les deux autres figures sont beaucoup meilleures; une fracture sépare en deux ce bas-relief. [Long. i'”,3oo.]

N° 15. Amazone X cheval, pl. 117 F.

Morceau isolé d’une seule figure. L’héroïne paraît en fuite, sans armes et le bras droit levé, elle semble implorer le ciel; sa tête, celle du cheval et le cou ainsi que les jambes manquent; malgré l’état fruste de ce bas-relief , on peut y reconnaître que, dans son intégrité, il devait être bien. [Long. o",6oo. ]

N® 16. Amazone à cheval, une à pied, héros à pied, mêmepl.

Ce morceau ne se lie pas à d’autres. Sur la gauche on voit la jambe, le bras gauches et le bouclier d’un Grec en dehors de ce fragment, et qui n’existe plus. Le héros était chargé par un Amazone à cheval qui n’offre rien de particulier ; le pied gauche de la guerrière, l’extrémité de la tête du cheval et sa jambe gauche de devant ont disparu; une grande fracture oblique, de gauche à droite, traverse l’héroïne à cheval. Elle est attaquée en arrière par un guerrier vu de dos, tête nue et armé de son bouclier et de sa cuirasse , et l’épée à la main. Il ne lui manque que la cuisse et la jambe gauches. Une Amazone à pied derrière lui va le frapper; elle n’a plus ni tête, ni jambe gauche; tout ce bas-relief est d’un travail très-grossier. [Long. r'”,3oo. ]

N° 17. Une amazone à cheval, une à pied et deux héros.

Ce morceau, en deux fragmens, ne s’ajuste pas avec d’autres.

Un Grec, d’un âge mûr , entièrement nu , s’élance contre une Amazone à pied , qui lui oppose son bouclier, d’une forme peu ordinaire, presque ovale et à rebords. Ce guerrier veut la frapper ou d’une épée ou d’un épieu qui n’est qu’ébauché, et l’Amazone lui assène un coup d’une forte bipenne, dont un des côtés est terminé par un crochet en serpent ou en tête de cygne. Le guerrier a pei’du la moitié de la cuisse et la jambe gauches, toute la cuisse et la jambe droites, ce n’est presque qu’un torse. L’Amazone, très-fruste, n’a plus ni cuisses ni jambes. Une guerrière à cheval assaille un Grec à pied; ces figures sont en trop mauvais état pour qu’on puisse en parler ; en général , ce bas-relief est trèsdégradé, et on voit qu’il n’a jamais été bien, sauf peut-être la figure de gauche qui a beaucoup de mouvement. [Long. i”,6oo.]

N° 18. Deux amazones à cheval et deux héros, pl. 117 G.

Morceau ne se reliant pas à d’autres.

Sur la gauche, reste d’une croupe de cheval. Un guerrier, nu, vu par le dos, et couvert de son bouclier, paraît jeter une pierre contre l’Amazone dont on ne voit qu’un fragment du cheval ; ce n’est absolument qu’ébauché, rien n’est détaché, les tenons continus forment des cloisons de 4 à 5 pouces de profondeur

BAS-KELIEFS DE MAGNESIE DU MEANDRE.

sur le fond. Sur la droite du guerrier, une Amazone vient le frapper de sa bipenne : montée sur un énorme cheval, auquel manquent trois jambes, elle est petite, rabougrie, sans forme, détestable. En avant, un Grec armé du casque à garde-joues, de la cuirasse et du bouclier, un genou plié, s’élance en avant prêt à recevoir une Amazone à cheval , en fuite , et qui retourne la tête, couverte de son bouclier presque rond, légèrement échancré. Elle a sans doute encore à se défendre d’un ennemi qui la poursuivait et que nous ne voyons plus. Tout ce bas-relief, d’une très-mauvaise exécution, ne la rachète même pas par l’intention , qui est très-médiocre. [Long. 2'",4oo.]

N° 19. Amazone à cheval et deux héros, pl. 117 G.

L’Amazone vient d’être frappée à mort par un héros nu, armé de son bouclier (19 a) ; le cheval de l’héroïne fait une pointe et se dérobe sous elle; ses mains défaillantes ont laissé échapper ses armes; elle tombe à la renverse, le bras droit replié sur la tête, le gauche abandonné; il ne reste rien de la tête de la guerrière, celle du cheval est brisée, tout est très-fruste, mais on voit que le mouvement était bon. Le Grec qui est en avant et auquel manquent la tête, la cuisse et la jambe droites, a le bras levé et semble redoubler ses coups sur une .Amazone abattue à ses pieds et dont il ne reste que la tête, à longue chevelure, renversée en arrière, et la partie du bras droit tenant une courte et large épée; sur le fond, on croit apercevoir quelque trace d’une longue pique. Long. i“,370.

N° 20. Trois amazones à cheval, une a terre, trois héros,

pl. 117 G.

Se dirigeant vers la gauche, une héroïne va frapper de sa bipenne, très-bien conservée, un guerrier qui saisit la bride de son cheval, et dont il ne reste que l’avant-bras gauche; elle retient les rênes de la main gauche. Le bouclier ovale de l’Amazone est à peine échancré ; travail grossier , mais assez bonne conservation. Le pied gauche de l’Amazone, ainsi que les jambes gauches du cheval, manque. Le guerrier à pied, derrière elle (20 a), et qui a perdu en partie le bras droit, que lui a rendu le dessinateur, lui tourne le dos; mais il paraît sur le point de se retourner et de lui porter un coup de revers. Il est vêtu d’une tunique très-courte attachée sur l’épaule gauche, et ouverte sur la cuisse droite. Cette figure est d’un bon mouvement; en avant de lui, une héroïne pousse son cheval contre un Grec qui lui tourne le dos (20 b) et qui est aux prises avec une autre Amazone au moment de lui asséner un coup de sa bipenne , et qui ramène avec vigueur son cheval, d’abord lancé contre un autre guerrier. Le héros nu est en si mauvais état, sans tête ni jambes, ni bras droit, que c’est avec peine qu’on peut distinguer son attitude. La tête et presque toute la jambe droite de l’Amazone n’existent plus , et l’on a de même à regretter la tête et toutes les jambes du cheval, dont l’encolure, conservée, est bien, de même que le haut du corps de l’Amazone. Ce bas-relief était un des meilleurs

de toute celte longue suite; il doit être de la bonne époque de cette frise, et l’on n’y voit pas le travail du trépan. En avant de l’Amazone à cheval , un guerrier à pied saisit de la main gauche, par les cheveux, une guerrière à genoux (28 c) tenant son bouclier, et se défendant encore avec sa bipenne. Ce groupe est beau; et il est fâcheux que, par la disposition de la planche, on en ait séparé la moitié pour la reporter à la bande suivante. L’Amazone est dans le costume ordinaire de ces héroïnes ; le Grec est en tunique courte attachée sur l’épaule gauche et serrée par une ceinture; une courroie suspend au côté droit le fourreau de son épée; le bras est bien conservé ainsi que l’épée; le dessin a de la grandeur et le travail en est bon. [Long, totale du numéro 20, 3'“,34o. ]

N° 21. Trois amazones à cheval, deux à pied, trois héros,

pl. 117 G.

Grand morceau en trois fragmens, huit figures, sans compter, sur la gauche, un bout de devant de cheval en mauvais état, courant vers la droite, et le pied gauche de l’Amazone qui le montait. L’exécution de celte suite se fait remarquer par l’absence du travail au trépan , et elle doit appartenir aux premières époques de ces bas-reliefs.

A notre gauche , une Amazone à pied, coiffée d’un bonnet à fanons, tel que celui que l’on voit ordinairement aux Phrygiens, à Paris, à Adonis et aux personnages des pays orientaux , nommés barbares par les Grecs , porte un costume différent, en quelques points , de celui que nous avons souvent rencontré; et se rapproche de ce que l’on trouve sur de beaux vases peints et dans le bas-relief de Vienne en Autriche. L’héroïne a de longs pantalons serrés à la cheville, ou des anaxyrides sarahara des Perses et des peuples scy thés ; elle n’est pas chaussée de hautes bottines molles , mais de souliers fermés. Cette Amazone est vêtue de deux tuniques, qui recouvrent les seins et dont celle de dessus est à manches qui pouvaient être pendantes, ainsi que les présentent quelques vases peints, des bas-reliefs, entre autres celui de la vengeance de Médée, au Musée royal; le beau combat d’ Amazones, de Vienne; un charmant bas-relief en bronze du cabinet de M. Hawkins, à Londres; Vénus et Anchise, et quelques autres bas-reliefs rares. On portait encore, il y a quelques années, ce costume si original en Pologne et dans des pays de race sarmate. Nos costumes occidentaux, si disgracieux, et la fureur de la mode et de laifaskion, ont perdu et font disparaître tous les jours , dans presque toutes les contrées soumises à leur bizarre empire, tous les costumes nationaux appropriés aux exigences des climats, et souvent si pittoresques. Aussi, les voyages, dans toutes les contrées, perdent-ils beaucoup de leurs agrémens , auxquels contribuait tant la variété piquante des costumes. Cette Amazone marche vers la droite en tirant de l’arc, et dans toute cetle longue série, c’est la seule de ces héroïnes qui se serve de cette arme. On peut reprocher à cette figure d’être courte et un peu lourde, mais elle n’est pas trop mal conservée, et rappellerait un peu quelques statues de Diane. L’héroïne décoche sans doute ses traits contre un Grec, à une certaine distance d’elle, et non contre celui qui

BAS-RELIEFS DE MAGNlésiE DU MEANDRE. 1217

la touche, et qui, entièrement nu, vu de dos, dans une très-belle altitude, le corps rejeté en arrière sur la partie gauche , serrant son bouclier, le bras droit replié au-dessus de sa tête, redouble les coups de son épée sur une Amazone qu’il a déjà blessée, et qui, la tête penchée, le bras droit abandonné, sans forces, sans armes, sa main ayant laissé échapper les rênes, va tomber de cheval. Ce groupe est fort beau. On trouvera peut-être le cheval un peu petit, mais il en est ainsi dans presque tous les bas-reliefs antiques, et c’était en faveur des figures humaines qu’on ne voulait par laisser écraser par la grandeur proportionnelle des chevaux, des éléphans ou d’autres animaux. L’Amazone, casquée, chaussée de grands brodequins qu’on pouvait relever jusqu’aux genoux, offre le costume ordinaire ; elle a pour coiffure un bonnet ou un casque singulièrement relevé sur le devant. Cette figure est fort mauvaise et démesurément petite. Au guerrier manquent la cuisse et la jambe gauches; son dos mérite d’être remarqué. Le cheval a perdu les jambes de derrière et la droite de devant. Au-dessous de ce cheval, un Grec mort est renversé sur le dos, ses cheveux sont ceints d’une bandelette; près de lui est son casque, et son bras gauche est étendu en arrière : sa pose a beaucoup d’abandon.

Un autre guerrier, nu, vu par-devant, saisit en arrière, par les cheveux, une Amazone dont le cheval est abattu ; il va la frapper et la démonter. Cette figure, plus courte, moins développée que le héros précédent, est beaucoup moins bien de mouvement. Une partie de l’avant-bras droit et la jambe gauche, ainsi que la droite, manquent à l’héroïne. De la main gauche, elle s’attache à celle du guerrier pour se dégager, et elle tombe à la renverse ; sa tunique se développe bien sur la croupe et l’encolure du cheval, et la chute de l’héroïne est pleine de décence : c’est ce que l’on peut remarquer parmi tant de chutes et d’attitudes variées. Au milieu de ces chocs et de la chaleur du combat , la pudeur est toujours respectée , et on ne l’a jamais sacrifiée au plaisir d’offrir et de faire valoir les beautés de ces héroïnes , d’une sévère et même farouche vertu. Le cheval de l’Amazone est mourant, la langue hors de la bouche ; sa tête est assez bien conservée. En avant, une guerrière à cheval, casquée, sa chlamyde voltigeant en arrière sur sa courte tunique , avait le bras droit levé , et elle chargeait la tête haute ; il est vrai que cette tête n’existe plus , de même que tout le bas du corps à partir delà ceinture , ainsi que le ventre du cheval, sa jambe droite et sa tête. Au-dessous, renversée sur le dos, une Amazone morte est en partie découverte; bien de pose. On dirait qu’en rendant le dernier soupir elle chei’chede sa main droite à ramener sa tunique sur le devant du corps, — [Long, des trois fragmens 2"‘,82 0.]

N° 22. Deux Grecs et deux amazones, pl. 117 H.

Pierre angulaire de la frise chargée de bas-reliefs extrêmement frustes.

Un guerrier, nu , saisit du bras gauche , à bras le corps , une Amazone à cheval qui fuit; il est difficile d’y reconnaître quelque chose, la plus grande partie n’existant plus. On en peut dire autant du côté droit, en aussi mauvais état. On y distingue une Amazone à cheval chargeant un Grec , nu , armé de son bou-

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clier; presque tout a disparu. On ne voit pas trop de quelle manière les jambes du cheval de l’Amazone de gauche s’ajustaient sur l’angle, ainsi que la tête avec la partie droite du guerrier. [Long, à gauche, o“,6oo, à droite, o'“,90o.]

N“ 23. Deux amazones à cheval, héros nu a pied, pl. 117 H.

Bas-relief fort mauvais, ne se raccordant avec aucun autre , et où l’on a beaucoup abusé du travail au trépan. [Long. 1,400“.]

Un guerrier, nu, debout, son grand bouclier rond élevé au-dessus de sa tête, attend de pied ferme une Amazone qui le charge à cheval , dans le poitrail duquel il enfonce son épée. Le bras droit de l’héroïne, qui était levé, manque, de même que la plus grande partie de sa jambe droite; le costume n’offre rien de particulier. La pose du guerrier serait peut-être un bon motif de statue, ainsi que plusieurs autres figures de ces bas-reliefs , qui offrent des groupes bien composés. L’Amazone qui suit galope tranquillement, sans armes, du même côté, vers la droite : son cheval est beaucoup mieux que l’autre, on ne les dirait pas de la même main , non plus que cette Amazone et le guerrier.

N° 24. Deux amazones à cheval, deux héros à pied, même planche.

Bas-relief sans rapport avec les autres et du petit nombre de ceux où l’on n’a pas employé le trépan.

Un Grec, vu par derrière de trois quarts, entièrement nu, armé de sa seule épée, attaque une Amazone à cheval, qui se défend aussi avec son épée. Sauf la moitié de la main gauche qui manque , ainsi qu’une partie du masque, elle n’est pas en trop mauvais état. Le torse du guerrier est vigoureusement modelé; la tête, le bras droit en entier, la jambe gauche et la moitié de la cuisse n’existent plus. Vient ensuite un jeune guerrier nu, attaquant, l’épée à la main, une Amazone, et saisissant les rênes de son cheval. Elle combat avec une lance. 11 lui manque une partie de la jambe gauche et au cheval les jambes. Le guerrier, qui a perdu la jambe et la moitié de la cuisse droite, est moins mal d’exécution que l’héroïne (24 a). [Long. i,55o“.]

N° 25. Cinq amazones dont deux à pied, une morte, deux héros,

même planche.

Sculpture où l’on s’est beaucoup servi du trépan et qu’on peut placer à la seconde époque de ces bas-reliefs.

Une Amazone à cheval, dans le costume ordinaire à ces héroïnes, attaque un guerrier à pied en tunique courte attachée sur l’épaule gauche , et qui porte en avant son grand bouclier rond. Elle était sans doute accourue au secours d’une de ses compagnes, étendue morte sous le cheval. Le héros est sur le point d’être frappé d’un coup de revers par une Amazone qui s’avance derrière lui. A la première héroïne manquent , en partie , la jambe et le bras droits , au guerrier, la jambe gauche et moitié de la droite; à la seconde Amazone, le

genou et la jambe gauches. Ces deux figures sont bien de mouvement. La guerrière qui vient après, suivant la même direction vers la droite, attaque, comme la précédente et dans la même attitude, un Grec nu, vu par le dos; elle a perdu le bras et le pied droits , et le cheval la moitié de la tête et la jambe droite de derrière. Il manque au guerrier la moitié de la cuisse gauche et la jambe. A l’angle du bas-relief, une Amazone à pied lève le bras droit pour frapper un héros qu’on ne voit plus. Ces figures, surtout celles des guerriers et de la première Amazone à pied, ofirent de bonnes parties. [Long. 2”,i5o.]

N" 26. Trois amazones à cheval , deux héros k pied, pl. 1 1 7 H.

Ces fragmens réunis sont bien et il n’y a pas de trépan.

Une Amazone lance son cheval contre un guerrier à pied, armé de son grand bouclier (26 a) et qui l’attend l’épée à la main ; il ne reste presque rien de cette figure. Dans le bas de ce bas-relief, il manque sur notre gauche un grand morceau triangulaire. De l’Amazone , il n’existe que le corps , la cuisse et la moitié de la jambe droite : quoique frustes, ces figures paraissent avoir été bien. Auprès du guerrier, un autre héros, nu, le genou droit à terre, et appuyant sur le sol sa main droite, sur laquelle il a été renversé, et qui n’a pas lâché son épée, tient en avant son grand bouclier, sur lequel est, en relief peu saillant, une tête de Méduse , ce qui pourrait indiquer un chef. Des pieds de devant, le cheval d’une autre Amazone, accourant au secours de sa compagne, frappe le grand bouclier, et, la pique à la main droite , elle le lance vigoureusement contre ses adversaires, car il paraîtrait qu’elle les combat tous les deux et qu’elle en a déjà blessé un. Elle est coiffée d’un bonnet à longs fanons, et est assez bien conservée, sauf la moitié de la jambe gauche qu’elle n’a plus. Le guerrier à genoux a perdu, avec sa tête, une partie du bras droit, et le cheval la moitié de la cuisse et la jambe gauche. Une autre Amazone , la tête relevée , à cheval , l’épée haute , charge un guerrier qui a disparu avec l’extrémité du bas-relief. L’héroïne n’a plus de tête, et elle est en mauvais état, de même que son coursier. [Long, des deux fragm. , 2°’,55o.]

N° 27. Amazone à cheval, même planche.

Sur le point de porter un coup de sa bipenne, elle tourne le dos à un héros à pied, le bouclier en avant, et, sans doute, combattant une Amazone dont il n’y a plus de traces. Fragment extrêmement fruste et que nous croirions volontiers avoir fait suite à l’extrémité de droite de la longue série des bas-reliefs du numéro 28 de la planche 117 I, où nous regrettons qu’il n’ait pas été placé. [Long. 1 mètre.]

N° 28. Quatre amazones à cheval, quatre héros, pl. 117 I.

L’exécution de ces bas-reliefs n’offre pas le travail du trépan , et l’on peut les considérer comme de la première époque des sculptures de cette frise.

Une Amazone, renversée en arrière, est près de tomber de cheval , un héros ,

APPENDICE

en avant, armé de la cuirasse et du bouclier, vient de la frapper et semble attendre l’effet du coup qu’il a porté. Il a la tête nue et un anneau ou bracelet au baut du bras droit: cela paraît du moins ainsi au premier coup d’œil, mais il se pourrait bien que ce qui produit l’effet d’un anneau ne fût que le bord roulé de la manche courte de la tunique. Une partie de ce héros est assez bien conservée, mais il a perdu les deux pieds et la moitié de la jambe gauche. L’Amazone, en assez bon état, dans le costume ordinaire, a de longs cheveux; elle n’a plus ses armes. La tête de son coursier est jolie et mieux que dans la gravure; il lui manque la cuisse et la jambe droites de derrière. Le guerrier est assailli par une Amazone à cheval, en assez bon état, couverte en partie de sa pelte et chaussée de hauts brodequins. La jambe au remontoir de devant et la moitié inférieure de la tête du cheval ont disparu. Derrière cette Amazone, un héros à pied, en armure, son grand bouclier au bras, tête nue, semble prêt à lancer une pierre contre une guerrière qui lui tourne le dos. Le bras gauche est fracturé au milieu, et le pied gauche manque. Cette Amazone se bat contre un héros à pied armé d’un grand bouclier rond, sur lequel est gravée une couronne de laurier, insigne qui pourrait le faire regarder comme d’un l’ang supérieur. L’Amazone, horrible, contrefaite, monte un cheval d’une grandeur qui contraste ridiculement avec la petitesse de l’héroïne, et, en outre, elle est affreusement mutilée. Au cheval manquent en partie les jambes et au guerrier armé d’une épée, la cuisse et la jambe droites. Paraît ensuite une héroïne du même genre que l’autre et en trèsmauvais état ainsi que son cheval : elle n’a ni bras droit , ni cuisses , ni jambes ; ce n’est qu’un torse très-laid. Le guerrier nu , à pied , qu’elle combat (28 a), est mieux, sa tête n’est pas sans expression, le torse était bien; il n’a plus ni cuisses ni jambes. Vers ce héros s’avance au galop une Amazone (28 b) brandissant sa pique. Tout le baut du corps est en assez bon état, mais la moitié de sa jambe et du pied gauche, de même qu’au cheval la cuisse et les jambes du même côté n’existent plus. Derrière cette héroïne, un Grec entièrementnu, relevant fièrement la tête, le corps rejeté en arrière, soutient, l’épée à la main, l’attaque d’une Amazone. On la reconnaît à un pied de son cheval que l’on aperçoit touchant le haut de la cuisse gauche du guerrier, et qui nous avait d’abord échappé lorsque ces fragmens ont été mis en ordre et dessinés. Il me semble que l’on retrouve la jambe de ce pied de cheval au numéro 27 de la planche 1 17 , et que ce fragment offrant une Amazone en mauvais état chargeant, sa bipenne élevée au-dessus de sa tête, doit être supposé à la suite du numéro 28. L’Amazone est près de frapper le héros; derrière elle, un Grec en tunique, le bouclier au bras, et dont il ne reste presque plus rien, combat sans doute une Amazone qui faisait partie d’un fragment que nous n’avons plus. Au héros nu manquent le bras, le genou et la jambe gauches, presque toute la cuisse et la jambe droites. — [Long, totale des sept fragmens en comptant le numéro 27, ô™. ]

N" 29. Deux amazones à cheval, deux à pied, trois héros,

pl. 117 I.

Un guerrier jeune, nu, dont la tête est assez belle, et n’ayant pour vêtement

BAS-RELIEFS DE MAGNl^SIE DU MEANDRE.

que la courroie et le fourreau de son épée , tient par les cheveux une Amazone , qu’il va renverser de son cheval, et dont la tête, d’après quelques traces, devait avoir de l’expression. Sa jamhe droite n’existe plus. Le cheval de l’héroïne se cabre et fait une pointe; ses jambes droites manquent, la tête est assez bien. Costume à l’ordinaire. L’emploi du trépan indique un travail qui ne tient pas à la première époque de ces bas-reliefs, mais qui cependant est bon. Le guerrier qui suit l’héroïne et lui tourne le dos, nu, armé du bouclier, se rejette en arrière et lève le bras pour porter un coup : il est juste de mouvement, et, quoique en mauvais état, on voit qu’il était bien modelé. Il a perdu la moitié de la cuisse et la jambe droites. Ce qu’on aperçoit de la tête sous le bras droit est très-bien de même que celle de l’Amazone qu’il combat et qui pousse son cheval en avant. Elle était sans doute sans armes, car il n’y en a pas traces sur le fond bien conservé ; se fiant à sa force et à son courage, c’est le bras droit levé et le poing fermé qu’elle attaque son ennemi. La moitié inférieure de la tête du cheval et la jambe gauche manquent, de même que celle de l’Amazone. En arrière ( 29 a) , un Grec en tunique courte découvrant le haut du corps à droite, le bouclier au bras, combat une Amazone à pied comme lui, lui opposant sa pelte, et à laquelle on ne voit pas d’armes à la main. Le bras du guerrier n’existant plus, on ne sait s’il en avait une. Les têtes de ces deux combattans, assez bien, ne sont pas mal conservées: la jambe droite du Grec et la gauche de l’héroïne ont disparu. Entre eux, abattue à terre, une Amazone se défend peut-être encore, mais elle est désarmée. A sa jambe droite allongée, on reconnaît qu’elle avait des anaxyrides ou longs pantalons, plissés et serrés par en bas. Ce bas-relief offre de jolis groupes et de bonnes intentions , et l’exécution ainsi que la conservation en sont meilleures qu’à plusieurs autres de ces sculptures. [Long, des deux fragm., 2““,i8o.]

N° 30. Amazone X pied, hercule et un héros, pl. 117 I.

Ce bas-relief isolé, ou qui ne se rattache pas à d’autres dut être un des mieux de leur bonne époque, sous le rapport de la composition et de l’exécution ; on n’y voit pas l’emploi du trépan. Il olfre de curieux détails, on y distingue très-bien tous ceux de la partie intérieure de la pelta de l’Amazone et la forme de sa hache. On voit aussi comment était fait le grand bouclier rond du guerrier dont nous avons parlé dans un autre endroit. J’avais été d’abord , ainsi que je l’ai dit plus haut, porté à croire que le ton doré de quelques-uns de ces bas-reliefs était dû à un encaustique dont ils auraient été frottés pour être préservés des influences de l’atmosphère, mais on retrouve ce ton sur les surfaces intérieures des fractures , ce qui s’oppose à la supposition de l’encaustique. Ce bas-relief-cl est beaucoup mieux terminé que les autres : on le reconnaît aux doigts bien modelés de la main droite de l’Amazone et à celle d’Hercule. L’héroïne à pied qui, le bras droit replié sur la tête et armée de la hache à crochet, se défend contre un Grec à pied, en tunique courte, est d’un trèsbeau mouvement et de nobles proportions : on voit que sa tunique avait été

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travaillée avec soin. Il est à regretter qu’il ne reste que la masse de la tête à cheveux longs, mais on sent qu’elle devait être bien et l’on peut en juger par ce qui subsiste de celle du guerrier, d’un bon modelé et même finement exécutée. Il a perdu son bras droit, la cuisse, la jambe et une partie du côté droit, et l’Amazone sa jambe gauche, une portion du bras et la moitié des cuisses et des jambes. A l’angle droit du bas-relief. Hercule, la tête, la poitrine et le dos couverts de son ample peau de lion sur son corps à nu , se rejette en arrière pour donner plus de force au coup que va porter sa massue. Le torse du héros est très-bien , la tête est fruste mais on y retrouve un grand sentiment. On peut croire qu’Hercule combat ici, ou la belle et fière Hippolyte, dont il devait rapporter la ceinture à Eurysthée, ou qu’il était l’allié des Athéniens et de Thésée dans une de leurs guerres contre les Amazones. [Long. i“,o8o. ]

N“ 31. Amazone à cheval, guerrier à pied, pl. 117 I.

On pourrait croire que ce bas-relief-ci a fait suite au précédent et que cette Amazone , assez bien conservée , et à laquelle il ne manque qu’une partie du bras droit et le pied gauche , combattait Hercule. L’attitude de l’héroïne , bien que de proportions un peu courtes, a de la noblesse et convient à l’adversaire du héros, elle ramène bien son cheval pour le lancer; sa tête, d’une assez bonne conservation, a de l’expression; celle du cheval est animée, il a perdu la cuisse et les jambes au montoir. Derrière l’héroïne est un guerrier nu, armé du bouclier et auquel on ne reconnaît presque plus rien. [Long. i”,o8o.]

N° 32. Deux amazones et un héros, même planche.

Sur la gauche, une Amazone portant un bonnet à longs fanons, tenant à la main droite élevée une épée ou une lance , ce qu’on ne peut déterminer, la moitié du bras n’existant plus, ayant sa pelte au bras gauche , s’en couvre en partie. Sa double tunique courte laisse le sein droit à découvert ; l’héroïne semble parler avec fierté à un Grec, nu, n’ayant pour arme que son bouclier, et qui tient par les cheveux une Amazone assise à terre , et s’attachant de la main droite à la jambe de l’héroïne, qui se présente pour la protéger ou la venger. Le guerrier paraît vouloir emmener sa captive ; ce groupe est beau. Une autre Amazone à cheval, brandissant sa pique, vole au secours de ses compagnes. La tête du cheval est animée, ses jambes ont disparu ainsi que le pied gauche de l’Amazone, la cuisse et la jambe gauches du guerrier. [Long. i"’,75o.]

N" 33. Deux guerriers à pied, deux amazones, pl. 117 J.

Bas-relief isolé, très-fruste; toutes les oves ont disparu.

Trois figures, dont on ne distingue plus rien. A gauche, des trous, en carré long, indiquent ou une ancienne restauration, ou un morceau de marbre rajusté. Le combat était acharné et le guerrier de gauche luttait corps à corps

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avec le cheval, qui se cabre et paraît livré à lui-même et avoir perdu son Amazone. L’autre héros nu qui suit et nous tourne le dos, est d’un beau mouvement; il combat aussi avec une Amazone dont le cheval fait une pointe. La tête de l’héroïne manque, et elle est en plus mauvais état que le Grec; mais on voit par l’épiderme du marbre au col du cheval et au dos du guerrier, assez bien conservé , que le travail était soigné et terminé , et qu’on n’y avait pas employé le trépan. La jambe droite du Grec et celle de l’Amazone manquent. [Long. i'",20.]

N° 34. Amazone à cheval, une à 'terre, deux héros, pl. 117 H.

A l’angle de gauche, un Grec nu, le bouclier au bras et dont il ne reste presque rien, combat armé d’une longue pique. Derrière lui, à demi étendue à terre et sans doute désarmée, blessée, une Amazone levait la main droite en signe de détresse et pour demander la vie ; elle est probablement tombée sous les coups d’un héros n’ayant pour vêtement qu’une chlainyde légère sur le haut de la poitrine et rejetée en arrière. Il se prépare à se défendre contre une héroïne qui pousse son cheval contre lui. Cette partie de ce basrelief est en très-mauvais état, et il n’y a presque plus ni bras, ni têtes; celle du cheval n’était pas mal. A l’extrémité de droite, un guerrier, sa chlamyde flottant sur l’épaule droite , poursuit l’Amazone et la force à se retourner. Il manque à ce héros, très-fruste du reste, la cuisse, la jambe et la main gauches. [Long. 2“, 120.]

N° 35. Amazone à cheval, guerrier armé à pied, pl. 117 J.

Bas-relief isolé; pas de trépan. L’héroïne est si fruste que l’on n’y distingue presque plus rien; il paraîtrait seulement que, blessée, elle est sur le point de tomber de cheval ; elle l’avait lancé contre le guerrier qui, le bras levé, est occupé d’une autre Amazone qui n’existe plus. Les détails de toute l’armure de ce héros sont bien conservés, et l’on y retrouve tout ce qui la composait : le casque à géniastères ou garde-joues, la cuirasse et sa triple ceinture avec ses épaulières , la tunique courte intérieure dont les petites mancbes sortent de la cuirasse garnie de son petit jupon , et le fourreau de l’épée suspendu à son baudrier. Ce héros est très-bien , d’une belle figure, et son attitude a du calme et de la dignité. Ce qui reste de la tête fait regretter qu’elle soit en partie fruste; et l’on voit, par la jambe gauche portée en avant, que le modelé de cette figure était satisfaisant; la droite manque. [Long. 1”“.]

N® 36. Héros nu. Fragment, pl. 117 J.

Il n’y a rien à dire de ce fragment d’un jeune guerrier nu en mauvais état, et dont cependant la tête est assez bien conservée.

N° 37. Amazone. Fragment.

Il n’y a ici à remarquer que la tunique sans ceinture de celte Amazone , ce qui n’est pas ordinaire dans le costume de ces héroïnes. [Long. o'”,43o”’.]

APPENDICE

]\° 38. Diane leucophryne, marbre blanc, inscr., pl. LXXIV.

Cette inscription trouvée à Magnésie, et mise comme tant. d’autres Sous la protection de la bonne Fortune, faisait mention d’une personne dont le nom ne nous a pas été conservé et qui était prêtresse de Diane Leucophryne. Il est fâcheux que ce dernier nom ait été mutilé et qu’il n’en soit resté que leücophry AETK04>PY. . . . Tel qu’il est, il ne peut servir dans la question de savoir si le surnom de la déesse dont nous nous sommes occupé p. 1 1 96 est leucophryne ainsi que le donnent Xenophon , Strabon , Tacite , Pausanias, Théodoret, Zénon de Minde, saint Clément d’Alexandrie, Arnobe, suivis par leurs savans interprètes et par Juste-Lipse (Tacit.,^nn. iii, 628) , Heyne, C. O. Muller, et d’autres habiles commentateurs des auteurs anciens, ou si ce surnom doit être leoco- PHRYÈNE, comme le pense M. Bœckh d’après une inscription qu’il donne dans son Corpus. La question à laquelle notre inscription n’ap>porte pas un nouveau témoignage est donc encore indécise. Elle n’offre pas d’ailleurs un grand intérêt, et ne peut-on pas, au reste, plus facilement croire à l’erreur d’un graveur d’inscriptions qui aura mal écrit un mot, erreur qui se présente si souvent, qu’à celle de plusieurs copistes , qui , dans les manuscrits de cinq ou six auteurs , auraient en grec et en latin fait tous la même faute et mis Leucophryne pour Leucophry'ene? Ce n’est pas probable; ce qu’il y a peut-être de plus prudent, avant de prendre un parti décisif, c’est de garder à Diane le surnom de Leucopbryne, jusqu’à ce que d’autres inscriptions viennent nous offrir de nouvelles leçons, et faire adopter ou rejeter le surnom de Leucophryène qu’à déjà repoussé Juste-Lipse, et qui n’a pour répondant qu’une seule inscription.

N° 39. Enlacements. N° 42. Oves et filets de perles,

pl. 117 J.

Ces ornemens du temple de Magnésie, d’un bon dessin et d’une exécution ferme faisaient partie de la corniche de l’entablement. [Long. o'°,900, haut. o'“,38o.]

Peut-être que les oves du numéro 42 sont-elles un peu longues et maigres, mais il est vrai qu’elles ont souffert et ont dû être altérées par le temps. [Haut. o'”,200.]

N°® 40 et 41. Têtes de lion, même planche.

Ces grandes têtes , au nombre de cinq , numéro 4 1 , et les enroulemens qui les accompagnent, servaient à l’écoulement des eaux du larmier; elles sont d’un beau caractère et d’une exécution franche , peu terminée , mais d’un bel effet. On peut faire observer que ces têtes offrent des variétés de formes dans leurs masques et dans l’ajustement de la crinière. On voit qu’ elles n’ont pas été faites d’après un seul modèle. Il en est de même des enroulemens et des rinceaux avec lesquels ces têtes se composent; leur dessin est très-différent. L’épaisseur des blocs de ces parties n’est pas non plus de la même force; et .si ces inégalités ne tiennent

BAS-EELIEFS DE MAGNESIE DU MEANDRE.

pas à quelque irrégularité dans la construction , l’on pourrait presque présumer que ces têtes ont formé deux séries distinctes et qu’elles n’ont pas appartenu à un seul et même entablement. Au reste , comme il paraît qu’on avait annexé au temple un autre édifice qui servait d’asile, et qui devait être sur de moindres dimensions que le temple, il se pourrait bien que ces têtes d’un larmier moins grand eussent fait partie de la corniche de l’asile, ou peut-être de celle qui devait terminer l’entablement des portiques qui entouraient l’aire du temple de Diane Leucopbryne. Au reste, ce sont de ces points entièrement de la compétence des architectes et dont la décision leur appartient. [N° 4o, long. o“,9io; n° 4i , haut. o'",470, long. i“,25o.]

Ces têtes terminent bien la corniche dans la restauration très-remarquable que M. Clerget, avec un grand talent, a faite du beau temple de Magnésie. Il serait bien à désirer, dans l’intérêt de l’architecture, de voir publier cet important travail avec tant d’autres belles restaurations de monumens antiques dont les arts sont redevables depuis de si longues années à nos jeunes et habiles architectes de l’école de France à Rome. Il serait bien temps que l’on acquittât cette dette , ou que l’on accordât cette honorable récompense à leurs longs et consciencieux travaux. On devrait aussi cette satisfaction au monde savant, qui l’attend depuis longtemps, et qui verrait avec plaisir les plus beaux monumens de l’antiquité surgir pour ainsi dire à une nouvelle vie et sortir brillans et complets des portefeuilles de l’école des beaux-arts où, depuis près d’un demisiècle, en dépit de toutes les promesses et de tous les désirs, ils sont enfouis sans honneur et sans utilité.

Après ce qui vient d’être exposé sur Magnésie et sur son temple, nous espérions ne plus avoir à en occuper le lecteur, qui trouve peut-être que nous ne l’y avons arrêté que trop longtemps et pour ne lui offrir que peu de chose. Mais il nous semble que nous ne saurions nous dispenser d’y revenir quelques instans et de jeter un dernier coup d’œil sur les bas-reliefs, qui réclament peut-être encore quelque examen souslepointde vue des dififérencesqu’ils présentent etpar leur composition et par leur exécution. Et d’ailleurs, ce quim’yramène, c’est la manière dont s’exprimesur cesujetM.R. Rochette dans le second de ses articles du Journal desSavansde novembre i845. « Il faut reconnaître, dit ce savant, «qu'il y a dans quatre morceaux de cette frise, comparés à tous les autres, qui sont «indubitablement d’une sculpture romaine des bas temps, une manière si différente «et une exécution si supérieure , qu’ils ne peuvent évidemment appartenir ni au même «art, ni au même siècle, et du moment que cette distinction sera admise, il semble que B l’explication la plus naturelle et la plus plausible du contraste que j’ai signalé et qui «a frappé tout le monde, entre le style de la plus grande partie delà frise, telle que «nous l’avons sous nos yeux, et celui de l’architecture du temple, tel que nous le con- « naissons par les dessins de M. Clerget, que cette explication, dis-je, soit celle que j’ai «proposée, et qui consiste à reconnaître deux époques dans l’exécution de cette frise, «l’une qui appartient au siècle d’Alexandre et au temps de la construction du temple, « l’autre qui touche à fa dernière période de l’existence de l’art antique. » Les mots soulignés le sont par moi. 'Voilà bien des choses signalées et proposées par M. R. Rochette, qui sans doute a la modeste prétention d’avoir le premier senti et fait sentir au monde artiste et a tutti guanti ce que sans lui l’on ne serait jamais parvenu à découvrir. Nous ne lui disputerons pas cet immense avantage, quoiqu’il dise que ce contraste qu’il avait signalé avait frappé tout le monde, liberté qu’on s’était donc permise sans avoir attendu

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son signal, ce qui ne laisse pas d’être hardi. Mais à quoi bon, alors, monter sur son char, emboucher la trompette et resignaler ce qui a déjà frappé tout le monde? Au reste, faisant partie de tout le monde, malgré notre connaissance superficielle de l'histoire de lart, à laquelle, avec sa grâce et son urbanité ordinaire et extraordinaire, nous réduit M. R. Rochette dans ses Questions de l’art, p. 5 , nous nous étions émancipé au point de penser que nous pouvions avoir la même opinion que tout le monde, car ce contraste qu’il aurait senti le premier, M. R. Rochette tient toujours beaucoup à la priorité, il y a bien longtemps qu’il avait fixé notre attention sans attendre la proclamation du savant antiquaire. Les dates de nos feuilles, à l’Imprimerie royale, en offriraient la preuve au besoin; mais, ne les ayant pas encore publiées, il est tout simple que M. Raoul-Rochette réclame la priorité, il est dans son droit. Ce contraste d’ailleurs, ces différences dans l’exécution de cette série de bas-reliefs sont si frappans, qu’il n’y a pas d’élève débutant à l’école des beaux-arts, qui n’eût assez de talent et de sentiment de l’art pour les signaler , et c’est absolument comme si l’on prétendait s’arroger la gloire de signaler qu’il fait jour en plein midi. Et ce que c’est cependant que d’avoir, comme M. R. Rochette, la connaissance profonde de l’histoire de l’art! Nous pouvons au reste parfaitement nous consoler de n’en avoir qu’une superfcielle en voyant qu’en plusieurs endroits de ses Questions, ce code des arts contre lequel il n’y a pas d’appel, M. R. Rochette n’accorde que le même lot à mon ami M. Letronne, qui saura bien peut-être agrandir ce petit lot et en tirer bon parti. Quand M. R. Rochette a fait retentir ces grands mots , histoire de l’art, qu’il semble revendiquer pour lui seul et avoir fait sa propriété exclusive par les immenses services qu’il se flatte de lui avoir rendus, il pense avoir tout dit et qu’il faut baisser pavillon devant son artillerie de citations : les Winckelmann, les ’Visconti, les Zoëga, ne sont auprès de lui que des écoliers, et il les renverrait volontiers sur les bancs. L’on dirait qu’il possède, outre la théorie, toute la technique de l’art, qu’il en a pratiqué toutes les branches, et que l’on n’a rien de mieux à faire, pour se soustraire à ses anathèmes, que de se soumettre humblement à ses arrêts. — Mais ce n’est pas tout d’être au courant de l’histoire de l’art : avec de la mémoire on y parvient; ce n’est pas tout d’être un arsenal vivant, animé, de citations et de toutès les armes de l’érudition , plus vaste encore, on pourrait ne pas réussir le moins du monde à inspirer le vrai sentiment des arts et le goût dans ceux dont le dessin fait la base. — Que d’érudits anciens et même modernefs , pliant sous le lourd bagage enlevé aux auteurs anciens, raisonnent sur les arts beaucoup plus qu’ils ne les jugent avec connaissance de cause , et que de fois ils prêteraient à rire au broyeur de couleurs d’Apelle ou au praticien d’un modeste sculpteur?

Comment, avec la meilleure volonté du monde, pourrait-on accorder à M. R. Rochette ce grand sentiment de l’art et cette connaissance profonde des divers styles antiques, à laquelle il a tant de prétentions, lorsqu’on l’entend proclamer, signaler, que quelques-uns de nos bas-reliefs de Magnésie sont d’une beauté qui peut leur mériter d’être mis au rang de ce qui nous est parvenu de plus parfait parmi les bas-reliefs de l’antiquité. — Il faut donc que ce savant, qui nous jette si souvent à la tête et Athènes, et toute la Grèce, et l’Orient, et les collections d’Italie, il faut donc qu’il les ait parcourues les yeux fermés ou dans l'obscurité , pour avancer une pareille proposition. — Il faut que sa prodigieuse mémoire n’ait plus présents ni la frise du Parthénon , ni tant de bas-reliefs des musées de Romç, de Naples, de Londres, du Louvre, qu’il serait trop long d'énumérer, pour qu’il ait pu établir une comparaison et élever jusqu’à eux les meilleurs des bas-reliefs de Magnésie. Mais probablement il ne les aura vus que superficiellement et en passant , sans cela , pourrait-on supposer qu’il ne se fût pas aperçu qu’en général ces bas-reliefs, bien que supérieurs aux autres, offraient des figures courtes, d’un dessin souvent plus que médiocre, et .surtout des chevaux qui, potir la finesse des

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proportions, la légèreté et la vie, sont bien loin de ceux des bas-reliefs du Parthénon , de ceux du sarcophage des Amazones de Vienne en Autriche, et d’autres que l’on pourrait citer.

Si l’on compare nos bas-reliefs avec ceux du Partbénon , ce qui est facile , puisque nous les avons tous au Musée royal , dans notre belle collection de plâtres moulés sur l’antique, on verra que malheureusement ils ne peuvent nullement soutenir le parallèle , sous le rapport de l’élégance des proportions, de la justesse des mouvemens et de la finesse de l’exécution, telle qu’on peut la retrouver ou la supposer en partie dans quelques-uns de nos bas-reliefs mieux conservés que les autres. La différence que présentent entre elles ces sculptures est si frappante, qu’on ne saurait mettre en doute qu’il n’y en ait de beaucoup supérieures aux autres, et qui attestent évidemment quelles sont de mains plus habiles et même d’une époque antérieure, alors que l’art était encore en bonne route et loin de sa décadence ; mais que de distance encore entre ces basreliefs et ceux du Partbénon. Ceux dont les sujets sont, de même que les nôtres, des combats de Grecs et d’ Amazones, et dont, avec plus de raison, on pourrait les rapprocher, seraient peut-être ceux du temple d’Apollon Épicurius (le secoarable) de Bassæ, près de Phigalie, en Arcadie, et qui sont au Musée britannique sous le titre de marbres de Phigalie. Charmans de composition , ils sont loin , pour le travail , de répondre à l’idée qu’en donnent les dessins qui en ont été publiés. On les a flattés, car en général les figures y sont lourdes , courtes de proportions , et l’exécution en est médiocre. D’après la réputation qu’on leur a faite et les gravures que j’en avais vues, j’ai été surpris de ne pas les trouver mieux , et j’ai regretté d’être obligé de rabattre de l’estime que j’en avais conçue, et de voir que, de même que les nôtres, ils ne pourraient se placer sur le même rang que les bas-reliefs du Parthénon, ni rivaliser ceux du sarcophage des Amazones de Vienne et d’autres en assez grand nombre.

M. R. Rochette, pour expliquer la grande différence d’exécution qui se trouve entre nos bas-reliefs, et qu’il a signalée, avec tout le monde il est vrai, croit qu’ils ont été préparés tous en même temps, lorsqu’après la construction du temple l’on en entreprit l’ornementation. Il s’exprime ainsi, page 654duJourn.des Sav., 1845: «Il semble qu’il n’y ait plus « lieu de douter que la sculpture de la frise n’ait reçu un commencement d’exécution à « l’époque même de la construction du temple, et que des circonstances malheureuses, telles « qu’il est permis de les supposer , sans qu’il soit possible de les connaître, ayant empêché « quece temple fût achevé, la plus grande partie de cette frise fut laissée à l’état d’ébauche.... « Il a donc bien pu arriver que la sculpture de la frise , qui exigeait un travail et un «temps considérables, n’ait été d’abord exécutée que dans une petite portion-, et qu'en- « suite les ressources pour terminer ce grand ouvrage ayant manqué au peuple de Ma- «gnésie, cette frise soit restée ce que nous appelons épannelée, jusqu’à l’époque où elle « fut grossièrement exécutée avec les talens d’un siècle de décadence. Une partie «aurait été alors terminée, et l’autre, par quelque raison que l’on ignore et que l’on ne « saurait deviner, aurait été abandonnée à l’état d’ébauche, et ce n’eût été que longtemps «après, à une époque que l’on ne peut fixer, mais qui certainement était éloignée des « beaux temps de l’art , quelle aurait été reprise par des sculpteurs très-secondaires , qui O n’étaient pas en état de bien copier les bons originaux qui leur servaient de modèles.» Toutes ces hypothèses sont assez spécieuses, mais malheureusement on ne peut guère les admettre. On le voit par les proportions des figures , qui certainement devaient être beaucoup mieux dans les sculptures originales , que sans doute les artistes n’avaient pas sous les yeux, soit en plâtre, soit en terre, moulés sur ces sculptures. Mais ce qui ne permet pas de présumer que dans l’origine, lors delà construction du temple, toute cette longue série de bas-reliefs ait été ébauchée, et pour se servir du terme de l’atelier épannelèe tout à la fois, c’est la différence de proportions qu’il est aisé, ce me semble.

APPENDICE

de reconnaître, sans qu’on vous la signale, entre la plus grande partie, la plus médiocrè de ces bas-reliefs , et le dessin de ceux qui leur sont très-supérieurs, et dont l'exécution plus soignée est plus près de son terme. Non-seulement ils n’ont pas été finis , n’ont pas reçu la dernière main , mais ce ne sont même que des ébauches peu avancées , ce que prouve la foule de membres et d’autres parties , à peine dégrossis, qui n’ont pas reçu leurs formes et que soutiennent de massifs tenons dont j’ai parlé ailleurs. En supposant que l’on eût achevé ces bas-reliefs presque bruts, ils ne seraient jamais arrivés à reproduire les mêmes proportions et les mêmes formes que ceux qui offrent plus de talent sous tous les points de vue. Leur ébauche montre que les figures auraient été beaucoup plus courtes et plus lourdes. Il en est un bon nombre qui n’auraient jamais produit que des guerriers, des Amazones, des chevaux contrefaits, des formes les plus grossières, et je pourrais signaler bien des Amazones qui , terminées , n’auraient jamais été que de vrais magots travaillés avec soin. Ainsi, l’on ne saurait admettre, avec M. R. Rochette, que tous ces bas-reliefs eussent été commencés etpréparés en même temps : mais , au contraire , une bonne partie l’a été à une grande distance de l’autre. Quant à celle-ci, a-t-elle été exécutée lors de la construction du temple? Ceci, ce me semble, n’est ni facile ni même je le Croirais, possible à décider , quoiqu’il puisse y avoir quelque probabilité pour se ranger du côté de l’affirmation. Mais peut-être me demandera-t-on si je suis porté à regarder avec M. R. Rochette , la première partie de ces bas-reliefs , celle qui est supérieure aux autres, comme un ouvrage du temps d’Alexandre-le-Grand. Tout ce que je puis répondre, c’est que je désirerais fort qu’on pût me le démontrer. Ce serait un grand honneur pour le Musée royal de posséder de nombreux bas-reliefs de la brillante époque du héros macédonien , l’immortel protecteur des arts , qui fleurirent avec tant d’éclat sous son règne, que tant de grands maîtres, les Scopas, les Apelles, les Praxitèles, les Lysippe, les Pyrgotèle, les Dinocrate et tant d’autres peintres, statuaires, sculpteurs et architectes , célébrèrent par d’innombrables chefs-d’œuvre. Ce serait une vraie gloire pour notre collection royale de se voir si riche en productions de la sculpture d’une époque dont il ne reste pour ainsi dire rien , ou du moins rien que l’on puisse lui atbuer d’une manièreauthentique et hors de toute contestation. Personne, en effet , n’ignore qu’à l’exception de belles médailles et de quelques têtes, et de deux ou trois statues qu’on hésite à croire du temps d’Alexandre, il n’existe rien qui ait le moindre droit de remonter vers ce beau temps. Ce sont de ces météores qui brillent du plus vif éclat et dont il ne reste que le souvenir. Cette absence presque totale des monumens d’un règne qui dut tant en produire, sera toujours la cause d’un profond étonnement et d’une énigme dont on ne peut trouver la solution. L’histoire du conquérant de l’Inde dut être retracée par la sculpture sur les bas-reliefs d’une foule de monumens, et nous n’avons pas un bas-relief qui proclame sa gloire, pas un qui nous mette à même de porter un jugement tant soit peu solide sur les artistes de son époque et sur cette branche de la sculpture, si propre à perpétuer les souvenirs de l’histoire. Et si je dis qu’il ne reste pas un bas-relief, c’est que l’on ne peut guère citer celui d’Alexandre et Diogène , trèsmutilé dans ses parties essentielles, et où, de la figure d’Alexandre, il n’y a de conservé que la main droite. Quelle ruine, quelle pénurie! Cette époque, l’une des plus riches des arts, ne nous apparaît aujourd’hui que la plus dépouillée et la plus pauvre, et au point qu’on n’est point certain d’avoir quelques têtes d’Alexandre faites de son temps, et qu’elles sont soupçonnées de n’être que des copies, de même que la belle statue de la collection du marquis Rondanini. C’est ce qui me portes douter très-fort que l’on puisse croire du temps d’Alexandre les meilleurs de nos bas-reliefs de Magnésie, beaucoup moins bien , certainement , que des têtes de ce héros et que la statue Rondanini , auxquelles, malgré leur mérite, on n’accorde pas sans contestation l’honneur d’appartenir à la sculpture du temps du héros (voyez Wincbelmann et ses savans commentateurs.

BAS-RELIEFS DE MAGNESIE DU MEANDRE. 1220

dans le tome vi, p. 1 1 5 et suiv.; p. 220 et suiv., édit. Allem.). Mais on aurait, au reste, à objecter que ces sculptures pourraient remonter à la construction du temple et vers le temps d’Alexandre , tout en étant au-dessous de l’idée que l’on peut se faire de la sculpture d’alors, d’après de belles médailles, et d’après des têtes et des statues qui, malgré le soupçon de n’être que des copies antiques, n’en sont pas moins des œuvres remarquables. Peut-être aussi cette partie de l’Asie Mineure avait-elle porté la sculpture à moins de perfection que la Grèce. L’école de Magnésie n’a pas laissé une grande réputation , et hors Bathyclès, sculpteur de deux siècles au moins plus ancien que ne peut être le temple, on ne cite aucun artiste de cette ville. Nos sculptures pourraient alors dater de la construction du temple, vers le temps d’Alexandre, sans être du même mérite que des têtes et des statues qui, en ne les supposant que des copies, font encore si bien juger des productions qui leur auraient servi de modèles. Il me semble donc que l’on ne saurait assurer d’une manière positive que nos bas-reliefs remontent au temps d’Alexandre ; et que, d’un autre côté, vu la différence qui peut avoir existé entre les talens des artistes de Magnésie et de ceux de la Grèce, on ne peut non plus affirmer que ces bas-reliefs, j’entends les meilleurs, ne sont pas de cette époque. Pour l’un et l’autre cas, les preuves manqueraient au procès , et, d’ailleurs, ne connaissant pas l’histoire de Magnésie, on ne sait ce qui peut être arrivé au temple dans une contrée souvent agitée par les tremblemens de terre. Par une raison ou par une autre , il peut y avoir eu un assez grand intervalle entre la construction de cet édifice et les travaux de son ornementation; qui sait s’ils ne furent pas exécutés à une époque où la sculpture avait déjà perdu de son éclat? En admettant même quelle eût été à Magnésie poussée à un aussi haut point qu’en Grèce et dans d’autres contrées, ces bas-reliefs nous offrent certainement un évident témoignage des longs intervalles qui durent s’interposer entre les premiers travaux et ceux qui les ont suivis. La plus grande partie de ces sculptures est visiblement d’un temps très-postérieur à celles qui peuvent passer pour les premières, et elles présentent tant de signes de l’affaiblissement de l’art et de sa décadence, que l’on n’oserait assigner une époque à la reprise des derniers travaux de la frise. Mais peut-être ne se hasarderaiton pas trop, en la faisant descendre vers la fin du iii' siècle de notre ère , temps où la sculpture dans sa vieillesse, et se traînant avec peine sur les traces d’anciens modèles qu’elle ne savait plus imiter, et s’aidant des souvenirs confus dans sa mémoire affaiblie, consacrait son ciseau sans vivacité et émoussé à reproduire, de pratique, des bas-reliefs de sarcophages, qui offrent des réminiscences du bon temps, et avec lesquelles ont beaucoup de rapport une grande partie des combats de Magnésie. Cependant, tout en accordant que la partie la plus faible de la frise de Magnésie pourrait bien ne remonter que vers la fin du 111° siècle de notre ère, il ne faudrait pas, je crois, consentir à trop étendre cette limite et à la rabaisser jusqu’au temps de Constantin, et moins encore à celui de son neveu Julien IL Ne paraît-il pas que sous Constantin, à en juger par les déplorables bas-reliefs de son arc de triomphe, où tout ce qui est bien est reconnu pour avoir été emprunté ou arraché de monumens de Trajan et d’Adrien, ne voit-on pas , dis-je, que la sculpture, surtout celle des bas-reliefs, car la statuaire se soutenait mieux, était tombée à un tel état de faiblesse et d’insuffisance, qu’il ne lui aurait pas été possible de se relever assez et de resaisir le peu qu’il lui aurait fallu d’énergie pour reproduire, je ne dis pas de souvenir, mais même d’après des originaux , nos bas-reliefs de Magnésie? car, à travers toute leur incorrection, on y retrouve çà et là que l’art, dégénéré, montre parfois, sous des formes grossières, un certain sentiment. Tout en s’exprimant mal , il n’a pas tout à fait oublié sa langue ; il fait des efforts pour la parler et pour rendre ses idées, ou du moins celles de ses modèles, qu’il a le regret de ne pas comprendre aussi bien qu’il le voudrait. Ce regret montre qu’il y avait encore une étincelle du génie grec, et qu’il n’était pas entièrement éteint; c’était une agonie, mais

APPEPjDICE.

i aSo

l’atonie n’était pas complète, et il restait quelque sentiment de la vie. Rien de tout cela dans les bas-reliefs de l’arc de Constantin ; c’est une agonie précédée de paralysie ; l’art, épuisé, ne se débattait pas contre sa fin, il s’éteignait sans jeter en arrière des regards sur son aneienne gloire, et sans avoir la force d’exhaler un dernier regret. — A l’époque de nos bas-reliefs de Magnésie, l’art n’en était pas tout à fait à ce point de débilité, il y marchait. Il l’aurait dépassé, et nos bas-reliefs du rang inférieur seraient au-dessous de ceux de Constantin (3o6-337), sur lesquels, malgré leur médiocrité, ils l’emportent, si ou les plaçait vers le temps de Julien II, dont le règne, si court (36i - 363) et si agité, ne lui permit pas de réaliser ses projets de relever les temples des dieux. Il en lit rouvrir plusieurs fermés sous les empereurs chrétiens qui le précédèrent immédiatement, mais il n’eut pas le temps de faire terminer ceux auxquels il restait tant à faire, ainsi que probablement c’était le cas, pour le temple de Diane Leucopbryne, à Magnésie. Il est d’ailleurs essentiel de ne pas oublier que, lorsqu’on 355 Julien fut nommé César et associé à l’empire par son père Constance, il n’eut à exercer sa puissance que sur les Iles-Britanniques, l’Espagne, la Germanie, la Gaule, d’où, eu grand capitaine, il repoussa les barbares, et notre Paris, sa chère Lutèce, se souvient encore de ce qu’il fit pour son embellissement et pour la prospérité de ses habilans. Julien n’avait pas alors à s’occuper de l’Orient. Pendant les vingt mois, à peu près, qu’il fut [empereur, il lui eût été diffieüe, et même presque impossible d’effectuer ses projets en faveur des temples et du culte des dieux dans ces contrées. Les Perses, et les autres nations déchaînées contre lui de toute part, ne lui en laissèrent guère le temps. Dans son zèle ardent pour rendre à son ancien éclat le culte des dieux, il lui était plus facile et plus prompt de livrer l’Egypte à sa soldatesque effrénée , et de noyer de massacres Alexandrie rebelle aux idoles qu’il voulait relever, que de rétablir des temples et de faire renaître des seulpteurs pour les orner de leurs œuvres. Si, quarante ans avant Julien, l’on employa pour l’are de Constantin, à Rome, des sculptures enlevées à des monumens de Trtÿan, n’est-ce pas une preuve que la Grèce et l’Italie n’étaient plus alors en état de fournir des sculpteurs , quels qu’ils fussent , au maître du monde? Car, certainement, en érigeant un monument ù la gloire des armées romaines et à la sienne, Constantin désirait sans doute que toutes les parties en fussent de son temps, et il devait avoir à cœur d’en confier l’exécution à des artistes romains ou grecs , et , s’il ne le fit pas , c’est qu’il ne put y réussir, et que , les sculpteurs lui manquant , il fut obligé de dépouiller des monumens de ses prédécesseurs. La beauté de travail de ces emprunts auxquels il se vit forcé , comparée avec l’infériorité des ouvrages de son temps, ne servait qu’à rendre plus palpable, par le contraste, l’état de faiblesse et de nullité auquel, sous Constantin, était réduite la sculpture des bas-reliefs à Rome et en Grèce, et sous Julien elle était tombée encore plus bas. Mais quand, sous les successeurs de Constantin , on eût pu réunir en Grèce et en Asie Mineure assez de sculpteurs pour tenter de terminer la frise de Magnésie, il est bien à croire que ces empereurs, pratiquant alors la religion chrétienne, ne se seraient pas prêtés à rétablir dans tout son éclat un temple si célèbre en Asie , et dont la magnificence aurait contribué à ranimer et à soutenir les idées et les espérances des païens , qu’en faveur du nouveau culte on s’efforçait d’anéantir. Tandis qu’au contraire, si l’on place la reprise des travaux des sculptures de Magnésie vers la fin du iii' siècle de notre ère, on peut admettre qu’alors l’Asie Mineure, et la Grèce, invitée sans doute à y coopérer, avaient encore assez de sculpteurs, surtout du talent de ceux de nos bas-reliefs, poiir qu’ils aient pu les entreprendre et les mettre à l’état où nous les voyons aujourd’hui. Vers cette époque, quelques années ont bien pu suffire à de pareilles ébauches. Avec quelle rapidité de nos jours des édifices entiers ne se couvrent-ils pas, de la cave jusque sur les combles, de sculptures faites de pratique, mais avec une grande facilité d’exécution? Aux temps de la

BAS-RELIEFS DE MAGNESIE DU MEANDRE. laSl

décadence de l’art, et depuis, au moyen âge, on ne sculptait pas, ce n’était plus de la science, on taillait le marbre, la pierre, maison avait encore, et l’on conserva longtemps la tradition des procédés delà main-d’œuvre. On faisait mauvais, mais avec d’autant plus d’aisance qu’on n’était pas arrêté par les scrupules de l’art et les hésitations du talent; l’on passait outre, sans s’en occuper; l’outil allait toujours et l’on produisait. Voyez la plupart de nos monumens du moyen âge et de nos églises gothiques, leur immense population de figures extraordinaires, estropiées, barbares, faites au bout du ciseau, mais souvent avec une prestesse et une facilité qui ne connaissaient pas d’obstacle. — Au temps, bien près de cette décadence, où nous pourrions, d’une manière assez plausible, placer une partie de nos bas-reliefs de Magnésie, nous trouvons des empereurs, tels que les Gordien, Trajan Dèce, Trébonien-Galle, Valérien, Gallien (260- 268), princes païens, zélés pour l’antique religion que l’on voulait détruire, dont plusieurs même persécutèrent les chrétiens , et qui purent et durent aussi tenir à honneur de rétablir et de terminer un temple, l’un des plus beaux de l’Asie Mineure, partie si brillante de leur empire; et, pour peu qu’il y eût encore quelques artistes en ce pays, ils étaient bien en état d’exécuter nos bas-reliefs. Nous n’offrons d’ailleurs tout ceci que comme des hypothèses, mais quelques données peuvent les rendre assez probables. Nous ne saurions en trouver de pareilles pour appuyer l’opinion vers laquelle M. R. Rochette serait assez porté à la fin de son article sur le temple de Magnésie. Soit d’après ses propres idées, soit d’après celles de quelques artistes, il placerait volontiers vers le temps de Julien II la reprise des travaux des sculptures du temple. Mais, d’après l’aperçu que je viens d’offrir, il me semblerait que ni les notions que peuvent fournir ces temps obscurs de l’art, ni les présomptions que l’on tirerait du peu que rapporte l’histoire, ne serviraient à donner la moindre apparence de solidité à cette velléité d’opinion , que M. R. Rochette n’a reçue qu’en passant et sans examen , et que certainement il ne peut avoir l’intention de soutenir sérieusement.

M. R. Rochette, page 653, pense que la teinte jaune qu’ont prise un assez bon nombre de nos bas-reliefs, et dont j’ai dit un mot dans un autre endroit, 0 achève de démontrer « que cette partie de la frise de Magnésie est d’une époque bien plus ancienne , comme <1 elle est d’un travail meilleur que le reste ; le marbre a contracté à sa surface une patine <1 beaucoup plus foncée, ce qui ne peut tenir (toujours selon M. R. Rochette) qu’à une «seule circonstance, c’est que cette sculpture ait été exposée bien plus tôt, conséquem- «ment durant un bien plus long temps à l’action de l’air que la partie de la même frise «qui offre, avec un travail barbare, une patine uniforme, d’une teinte plus claire, signe «indubitable d’une époque plus récente.» Mais je prendrai la liberté de faire observer que cette supposition n’est pas trop admissible et que tout cela n’cst nullement indubitable. Elle ne prouverait en aucune manière ce que veut prouver M. R. Rochette, et ce qui d’ailleurs est si évident , que c’est peine perdue que d’apporter des preuves qu’il y a eu deux époques d’exécution dans cette frise : tout le monde, ou du moins tous ceux qui n’ont même donné que quelques momens à l’examen de ces bas-reliefs , en sont persuadés. Mais que peut-on inférer de la différence de la couleur superficielle de basreliefs ensevelis pendant tant de siècles dans des terrains marécageux , où ils ont dû perdre leur couleur primitive et prendre une autre teinte, selon la nature du sol qui les recouvrait et l’exposition où ils se trouvaient? Il est très-possible, et même très-probable, que le terrain qui, pendant si longtemps, a servi de tombeau à une partie de ces bas-reliefs, favorisait plus qu’un autre la production de ces petits lychens qui se sont attachés à la surface du marbre et lui ont fait prendre cette espèce de patine d’un jaune doré. Si l’on n’admettait pas cette explication très-simple , et qu’on niât l’influence du terrain sur ces marbres, il faudrait supposer que cette partie de la frise s’est ainsi tapissée de ces petits lichens jaunes, car ce n’est pas autre chose, pendant qu’elle était en place, et qu’elle s’est

APPENDICE

ainsi conservée, intacte, enfouie pendant un si long espace de temps dans les marécages, sans en éprouver aucun effet, pour reparaître avec sa teinte jaune au bout de tant de siècles : est-ce admissible? Je ne le crois pas, et il me semble que ces teintes diverses ne prouvent ni pour ni contre le plus ou le moins d’antiquité de ces bas-reliefs. Au reste, je serais cbarmé que l’on pût trouver une explication plus positive de la diversité de ces teintes.

On n’a pas encore ce me semble, attiré l’attention sur la qualité du marbre de nos bas-reliefs. Il n’est pas d’un beau grain et il est plutôt grisâtre que blanc. Mais il faut qu’il contienne beaucoup de fer, car, dans les parties creuses et qui ont conservé longtemps la pluie à laquelle ces marbres ont été exposés dans un terrain du Louvre , il s’est précipité en abondance un sédiment d’un beau rouge, presque sang de bœuf, comme la griotte ou le rouge antique, très-tenace sur le marbre, et qui n’est autre chose que de l’oxyde de fer ou de l’ocre rouge foncée. Ce marbre est très-dur et rude au travail , il a peu de liant et a dû offrir beaucoup de difficulté dans l’exécution, ce qui pourrait bien être un peu cause de sa grossièreté et du peu de soin qu’y ont en général donné des ouvriers peu habiles.

Je ne vois pas trop pourquoi M. R. Rochette, tout en admettant qu’Hermogène d’Alabanda, l’architecte du temple de Magnésie, peut avoir vécu au temps d’Alexandre le Grand, le donne comme ayant fleuri à une haute époque de l’art. — Ce serait une nouvelle manière. de l’envisager, et qui n’est nullement d’accord avec l’idée que l’on se fait de l’art, qui, sous le conquérant macédonien, brillait dans les différentes branches en Grèce de toute son élégance entre les mains d’Apelle, de Praxitèle, de Lysippe, de Pyrgotèle et de l’architecte Dinocrate. Peut-on, d’après ce qu’avance ainsi M. R. Rochette, lui accorder que l’architecture du temple de Magnésie, élevé par Hermogène, et que Strabon nous donne comme un modèle d’élégance et de richesse, devait être, ainsi que les sculptures dont il le fit décorer, d’un caratère grave et sévère? Rien n’autorise une pareille supposition. Rien avant cette époque , qui vit sortir tant de chefsd’œuvre de tout genre des ateliers de la Grèce, s’étaient élevés déjà les plus beaux édifices sacrés et civils de cette contrée favorisée des dieux, et l’on consentirait à regarder comme grave et sévère , et du caractère de la haute antiquité , les chefs-d’œuvre de l’architecture et de la sculpture du siècle de Périclès, le Parthénon , le charmant temple de Pandrose, les Propylées , le temple de Thésée, et tous ceux dont l’école de Phidias et des grands maîtres, ses élèves et ses émules, et celle des architectes Ictinus et Mégaclès, avaient en sculpture, en statuaire, dans la toreutique et en architecture, enrichi Athènes, Olympie et toute la Grèce, d’un peuple de divinités en marbre, en bronze, en ivoire et en or, adorées dans les temples des plus beaux marbres, assez longtemps avant l’époque oû l’on peut faire fleurir Hermogène d’Alabanda? Admettrait-on facilement la gravité et la sévérité d’un temps où Iæ génie de Scopas, d'Apelle, de Praxitèle, débarrassant les déesses et les nymphes des entraves de leur antique et religieux costume , les fit paraître sans voile et dans toute leur céleste beauté aux yeux de l’Olympe et de la Grèce? Ce que l’on rapporte aussi du tombeau de Mausole, probablement élevé du temps d’Hermogène, à Ralicarnasse, en Carie, et voisine d’Alabanda, patrie de cet architecte, n’annonce pas non plus, quoique ce fût un monument funèbre, une austère gravité. C’était alors, en Grèce, le règne de la grâce. Et d’ailleurs, la seule considération qu’Hermogène, en donnant au temple de Diane Leucophryne la magnifique ordonnance pseudo-diptère, y adapta l’ordre ionique, si remarquable par son élégance, suffirait pour en éloigner l’idée de gravité, de sévérité et du caractère austère de la haute époque de l’art. En renonçant au mâle dorique pour l’architecture de la molle Ionie, inspirée par le climat voluptueux de l’Asie, Hermogène s’éloignait de la simplicité sévère de l’antiquité et pour le plan et pour le style de son temple, et

abandonnant, avec Apelle et Praxitèle, les grâces vêtues de l’ancienne Grèce, il sacrifiait à celles qui, sans atours, se montraient avec tous leurs attraits.

Il arrive souvent à M. R. Rochette de reprocher , en architecte consommé, car c’est encore une de ses prétentions, à ’Vitruve sa négligence et son inexactitude, et surtout de peu connaître les temples de la Grèce, que connaît sans aucun doute beaucoup mieux notre savant antiquaire, sa mémoire s’étant enrichie des leçons et des observations des bons architectes avec lesquels il a voyagé en Italie, en Grèce et en Orient, et auxquels, sans contredit, j’aime du moins à le supposer, il se sera montré, depuis leur retour, très-reconnaissant des matériaux et des idées que lui ont fournis en abondance leurs riches portefeuilles et leurs notes pour les ouvrages importans qu’il nous promet. Sa position sociale et son crédit lui auront facilité le plaisir si doux d’être utile à de jeunes artistes qui, malgré tout leur mérite, ont besoin d’être appuyés pour parvenir à se produire. Mais revenons un instant au temple de Magnésie. Comment se fait-il que M. R. Rochette, souvent si sévère pour Vitruve, se montre si coulant lorsqu’il croit y trouver un appui pour son opinion sur la gravité de l’architecture employée par Hermogène ? Il prend tout fait et sans discussion le passage où l'architecte romain (liv. IV, iii , i ) nous dit que le temple de Magnésie avait dû d’abord être dorique, et qu’Hermogène changea en ioniques les colonnes préparées pour être doriques. Ceci ne se conçoit guère et n’est pas expliqué clairement , car l’ionique étant plus élevé ou de proportions plus sveltes, contenant plus de modules que le dorique, si l’on avait conservé aux fûts préparés des colonnes doriques, en leur faisant changer d’ordre, le même diamètre dans le bas, il aurait fallu, pour leur donner la proportion plus svelte de l’ionique, y ajouter un morceau, un tambour. Ou bien, si l’on s’est réglé sur la hauteur des fûts préparés , il aura été indispensable d’en diminuer le ffiamètre pour leur donner les proportions et le galbe ioniques; et, dans ce cas, les colonnes étant devenues plus petites, moins hautes que lorsqu’elles devaient être doriques, le temple aurait beaucoup perdu de son aspect grandiose. D’un autre côté , il aura fallu de toute nécessité changer tous les chapiteaux préparés pour être doriques. Et en effet, on comprend aisément que d’un chapiteau ionique, dont la forme est assez évasée, on puisse en le retravaillant en entier, faire un chapiteau dorique, moins haut et moins large; mais on ne voit pas comment, dans un chapiteau préparé pour être dorique, on pourrait trouver assez de matière pour y tailler les «coussinets , les volutes et toute la disposition élégante du chapiteau ionique. Je croirais volontiers que Vitruve aurait pu nous expliquer un peu plus clairement cette métamorphose , soin qu’aurait dû prendre M. R. Rochette , et nous lui en saurions gré. Quant à moi , qui ne suis pas architecte , j’abandonne cette discussion à de plus habiles.

Il est assez remarquable que Strabon, qui, page Giy, fait l’éloge, il est vrai très-court, du temple de Magnésie, ne dise pas un mot d’Hermogène d’Alabanda, auquel on le devait. Dans un autre passage, page 661, le même auteur dit que les Alabandiens menaient , au milieu des plaisirs et des chanteuses , une vie de désordre et de volupté , et ce serait peut-être encore un motif de présumer qu’Hermogène , dans son architecture, n’était guère porté vers la sévérité.

APPENDICE

BAS-RELIEFS DIVERS

282 D. — Amazone à cheval, combattant, marh., pl. 224 A.

Les oves et le filet de perles, ou les traces assez frustes qui en restent dans ‘ le haut de ce fragment, indiquent qu’il faisait partie de la frise de quelque petit temple, probablement ionique. Quoiqu’il ait souffert, on voit que le travail en était fin et qu’il était traité avec soin. L’Amazone, en tunique courte, lève le bras pour porter un coup de sa bipenne à un Grec , qui , se jetant contre l’avant-main du cheval de l’héroïne , le frappait au poitrail et à la tête avec son grand bouclier rond très-bombé. Cette arme défensive et quelques plis de la cblamyde du héros sont tout ce qu’il en reste. La tête du cheval, sauf le bout du nez, la crinière, coupée ras, l’encolure, l’avant-bras gauche et un peu de la croupe, sont assez bien conservés. A l’Amazone, la tête et le bras droit ont presque entièrement disparu, ainsi que le sein droit, qui était découvert. II reste encore, un peu de la tunique sur l’épaule gauche ; le bas du corps , la cuisse jusqu’au genou et le haut de la jambe sont nus. Trouvé à Athènes par M. Lebas, de l’Académie des inscriptions. [H. o'",5oo; larg. o°’,6oo] (1).

47 A. — Apollon, Muses, Mercure, h-r.,m.gr.dnr,^\. 224 A.

Les neuf chastes sœurs , filles de Jupiter et de Mnémosyne, sont toutes rangées symétriquement sur la même ligne , et l’état fruste du marbre permet à peine de distinguer quelques difféjences dans leurs costumes et dans leurs attributs. Elles sont en tunique longue , et plusieurs l’ont serrée par une large ceinture, telle que celle que l’on ne voit ordinairement qu’à Melpomène et à Uranie. A leur tête, sur leur droite, Apollon tient sa lyre, et à l’autre extrémité Mercure , reconnaissable aux ailes qui surmontent sa tête , termine cette série uniforme de hauteur et d’attitudes. Ces muses ont des coiffures assez élevées , mais on ne saurait trop reconnaître à quoi tient cette forme , à moins que ce ne soit un nœud de cheveux. Ce ne peuvent guère être les plumes qu’elles arrachèrent sans pitié aux syrènes après les avoir vaincues dans une joute musicale. On ne distingue pas mieux les attributs des déesses de l’FIélicon ; la grossièreté du travail et l’état du marbre, usé par le temps, ne permettent pas de s’en faire une idée nette. Il paraîtrait, cependant, que la troisième figure , à partir de notre gauche , est Euterpe, chargée de deux énormes flûtes ; les masques que tiennent les deux muses qui suivent désignent Mel-

(1) Les numéros d’ordre de ce bas-relief et des suivants de cet appendice sont ceux que, d’après leurs sujets, ils auraient dû occuper, si nous les avions eus plus tôt, dans la série de nos bas-reliefs.

BAS-RELÎEFS DIVERS.

pomène et Thalie, la tragédie et la comédie. Qüelques partiés de ces figures sembletit offrir de légères traces de coloriage rouge. Une petile bande, ornée d’un rinceau, termine, dans le haut, le bas-relief, et dans le bas une inscription grecque apprend que cette stèle a été consacrée à Apollon par Timon, fils de Maxime, qui lui adresse sa prière. TIMCüN MA5IM0Y APOAACüNI 6YXHN. Elle a été rapportée de l’Asie Mineure par M. Lebas, de f Académie des inscriptions, auquel nous la devons. [H. larg. o"',670.

i49 a. — Bacchüs eï sa suite, has-reliefj marbre, pl. i6i C.

A notre gauche, une bacchante, à peine voilée d’une tunique légère et transparente, danse, couronnée de fleurs, en agitant ses cymbales; elle prend sans doute plaisir à voir Bacchus exprimer une grappe de raisin dans l’énorme rhyton que lui présente à genoux un vieux petit Pan, à figure des plus grotesques, et qui , tenant à la main son pedum recourbé , boit à même le rhyton. Bacchus, sa débride en écharpe , est couronné de raisins et de pampres , et porte son long thyrsé, sans le fer de lance dont il est souvent armé. A côté du dieu de Naxos, un suivant nu, homme, d’un âge mûr, sans doute un de ses favoris, peut-être un faune, ce qu’on ne peut bien déterminer, la tête étant fruste, porte la main droite à sa têfe, et, appuyant la gauche sur l’épaule de Silène, commence à ressentir les effets de la liqueur bachique. Silène nu, debout, chancelant, chauve et barbu, tient à la main gauche un canthare, vase de prédilection de Bacchus , et à la droite un objet indistinct, ou une grappe, ou une tête de bélier. Cette sculpture, qui n’a jamais été terminée, et qui est très-grossière, provient de Philippeville près de l’ancienne Rasicada, l’une des principales villes de la province de Constantine dans l’Algérie. [Haut. o’",890; larg. i°’,i8o.]

N° 2. — ■ Jeune homme et jeune femme, bas-relief, pl. i6i B.

Ce petit monument consacré à Saturne Auguste, SATVRNO AYgusto SacrUtn nous offre, sous une arcade surbaissée et soutenue par des colonnes torses, striées en spirales, deux jeunes gens à peu près dans le même costume, tunique longue, serrée par une ceinture, et manteau. Au premier coup d’œil ils paraissent du même sexe et l’on croit voir deux jeunes femmes. Cependant, la manière dont est drapée la personne de droite, ses longs cheveux onduleux tombant sur les épaules, quelque chose de plus ferme et de plus décidé dans la pose, me feraient croire que c’est un jeune homme; il tient à la main gauche une grande grappe de raisin. Ce doit être ufi indice que l’uiï et l’autre avaient quelque rapport avec le culte de Bacchus ; c’est tout ce que je puis en dire, car je n’oserais me hasarder à assigner des noms à ces figUres, et, bien qu’il ne soit pas rare de voir Bacchus sous un costume dé femme, je crois qu’il serait trop hardi de penser au fils de Sémélé et à sa divine épousé, Ariane on Libéra , et malgré le peu de mérité de ce bas-reliéf , qui sent leà bas temps, il est à croire que, si l’on avait voulu représenter des personnages mythologiques , on les aurait mieux caractérisés. Je laisse au reste

APPENDICE

tout ceci à décider à la sagacité de quelque antiquaire plus hardi et mieux inspiré. Ce petit monument vient de Constantine , l’ancienne Cirla, la capitale de Jugurtha, dont nous nous occuperons ailleurs. [Haut. o",6io; larg. o'“,34o.]

269 A. — Deux femmes et un vieillard; m., stèle, pl. 224 A.

Une femme, encore jeune, enveloppée dans son manteau, assise sur un siège à pieds légers, élevés et faits au tour, donne la main droite à une amie debout devant elle , et qui , de la main gauche , relève son manteau-voile placé sur le derrière de sa tête. Un vieillard en manteau, le bâton du voyageur à la main , s’appuie sur le dossier du siège de la femme assise et semble dans l’action de parler; sa physionomie exprime la bonté. Les profds des femmes sont d’un style pur, et tout ce joli bas-relief, bien conservé, d’une saillie trèsdouce, rappelle tout à fait ceux des vases de Marathon, et offre de même une scène de famille, probablement un père avec sa femme et sa /die , qui , par leurs regards et la manière dont elles joignent leurs mains droites semblent indiquer leur tendre union. La jeune femme paraît être une fiancée ou une nouvelle mariée. Les deux objets circulaires au-dessus des personnages avaient certainement une signification : ne seraient-ce pas ou des couronnes, ou des gâteaux qui n’ont été qu’ébauchés et qu’on voit souvent parmi les offrandes consacrées aux dieux? car on ne saurait écarter, des bas-reliefs de ce genre, l’idée d’un sentiment religieux uni à celui de la tendresse paternelle et filiale, double caractère de ces monumens funèbres, en même temps hommages aux dieux et à la mémoire de ceux que l’on regrettait. Au bas de cette petite stèle , terminée par un fronton triangulaire orné de trois acrotères en pointe ébauchés, une courte inscription indique que ce monument funèbre, provenant d’Athènes, a été consacré par Euthyclée, fille de Diogène : EY0YKAEA AlOrENOS (pour AIOFENOYZ) ©Yf ATHP. 11 est à croire que le vieillard et la femme assise sont Diogène et sa femme, qu’on ne nomme pas, avec leur fille Euthyclée, qui leur a voué ce petit marbre, donné au Musée royal par M. Lebas, au beau voyage duquel en Grèce et en Orient le monde savant devra bientôt un grand ouvrage archéologique et plus de 4,ooo inscriptions grecques recueillies dans toutes les contrées qu’il a parcourues pendant plusieurs années. [Haut, de la stèle o“,65o; haut, du bas-relief o'”,36o; larg. o'",2 70.]

211 A. — Trois Femmes, bas-relief, marh.pent., pl. 161 B.

Dans ce bas-relief, d’un beau style grec, d’une exécution remarquable et dont ce qui n’a pas été brisé est d’une bonne conservation, sont réunies trois femmes dont le costume élégant et la beauté des formes annoncent la jeunesse. Celle du milieu est assise sur un siège sans dossier, garni de coussins, à supports tournés, élevés, et ses pieds posent sur un marchepied, ce qui indiquerait ou une déesse ou une princesse d’un rang élevé. Vêtue d’une longue tunique à manches courtes, elle est enveloppée à mi-corps de son manteau, qui descend jusqu’au bas des jambes et laisse à découvert ses pieds nus ou qui n’ont pour chaussure qu’une simple semelle, la solea. Cette belle femme.

BAS-RELIEFS DIVERS

dans une altitude grave, porte en avant, sur ses cuisses, ses deux mains et ses bras nus. Sa pose est droite et peut-être même légèrement penchée en arrière, et quoique sa figure n’exisle plus, et qu’il ne reste que la masse de la tête et quelque peu d’une coiffure élégante en tresses, on croirait y reconnaître, du moins est-ce l’effet quelle me produit, de l’hésitation et de la surprise. Derrière cette femme assise en est une autre debout, vêtue de même d’une longue tunique et d’un manteau , et dont la chaussure est fermée. Ce costume, à manches plus longues et plus larges, garnies de trois boutons, me semble indiquer une femme moins jeune que la première, et peut-être d’un rang inférieur. Elle presse entre ses bras la femme assise. Devant celle-ci, une autre, debout, n’ayant pour vêtement qu’une tunique assez juste à la taille et à manches, longues jusqu’au poignet, tient entre les mains une cassette, et semble près de l’ouvrir et n’attendre qu’un signe de la femme à laquelle elle la présente. Au-dessous du siège est un gros oiseau dont on ne saurait trop distinguer l’espèce. Telle est la composi lion de ce beau bas-relief, il peut être intéressant de savoir quel en est le sujet.

Je crois devoir d'abord écarter l’idée que la femme assise soit, malgré son grand aspect , une divinité à laquelle on fait une offrande. Le sujet me paraît plus précis et doit tenir, si je ne me trompe, à l’histoire héroïque. Je croirais donc qu’il nous offre Glaucé ou Créuse, fille de Créon, roi de Corinthe, l’infortunée rivale de la jalouse et implacable Médée, et à laquelle celle-ci, furieuse de la voir l’emporter sur elle et épouser Jason, envoie par une esclave les funestes présens de noces qui doivent causer sa mort. La jeune princesse, qui soupçonne ce dont est capable la vindicative magicienne, hésite à les recevoir, et la femme qui est derrière elle et la presse dans ses bras serait sa mère ou sa nourrice, qui, croyant à la bonne foi de Médée, et ignorant jusqu’où peuvent se porter ses ruses et ses vengeances, farens quidfœmina possit, engage la malheureuse et innocente Créuse à accepter ces funestes dons. Et ne dirait-on pas que sa main gauche, se détachant du genou, va se soulever pour les recevoir? On pourrait bien trouver quelque autre sujet à cette jolie et simple composition, mais il me semble que celui-ci y convient autant que tout autre. Quant à l’oiseau, j'ignore ce qu’il signifie; peut-être estil là comme de mauvais augure. On doit faire remarquer ici, comme une rareté dans les bas-reliefs, des bras, des mains d’une aussi belle forme et aussi bien conservés. Cette précieuse production de la sculpture grecque , depuis longtemps au Musée royal , est encore dans les magasins : nous la devons à M. Cousin, pair de France, qui, lors de son ministère de l’instruction publique en i843 , en a fait présent au Musée royal-^ [Haut. o'”,75o; larg. o^ifioo.]

262 A. — Chasse aüsangl., b.-r. pl. 161 B. — 1ns., pl. XC, n° 1 5o.

Vêtu d’une courte tunique serrée par une ceinture, et d’une chlamyde que la rapidité de sa course fait voltiger au vent, un cavalier, dont la tête n’existe plus, mais qui, d’après ses formes et son ardeur, paraît un jeune homme, le bras droit levé et probablement le javelot à la main, lance son coursier contre un sanglier qui semble blessé , mais qui fait encore ferme. Cet animal est en même temps attaqué par le chien du chasseur, qui paraît hésiter à se jeter sur le furieux animal. Dans le fond , sur la droite , un serpent qui se dresse peut n’être là que comme un emblème de la mort, indiquant un monument funèbre.

APPENDICE

Il est moins facile de préciser le sujet de ce bas-relief que d’en faire la description. Par son motif et par son exécution < il offre les plus grands rapports avec un autre petit monument du Musée royal, n° 698, dont nous avons parlé assez au long, 262, p. 688, pl, 147; inscr., pl. XC. Le héros de celui qui nous occupe pour le moment a le même costume et la même attitude qUe le cavalier à notre gauche de l’autre bas-relief, où l’on voit aussi un serpent qui s’enroule autour d’un arbre et qui sans doute présente le même emblème funèbre. Cependant, notre nouveau bas-relief est plus complet et l’ony tfouve en entier un sanglier, dont on n’aperçoit que la tête au numéro 698 du Musée royal. Ici celui du 262 A, rapporté par M. de Saint-Sauveur, consul général à Salonique, nous vient de cette ville comme le numéro 698. Les deux inscriptions se terminent de même, sauf que la fmdu dernier numéro est complète : MNIAC XAPIN , à la mémoire, tandis que le 262 A finit par M N El AC sans son complément XAPIN, qui paraît avoir été sous-entendü , faute de place, à la secondé ligne. Il existe aussi quelques différences dans la forme des lettres , dont plusieurs dans l’une et l’autre inscription sont conjuguées, mais il y en a davantage dans la seconde :rO et les Z, T et E ligne i’‘; NK, NNE, ligne 2°, sont réunis dans un seul monogramme. Ici les A sont à chevron A, les O, les Î2 ou Cü, sont en O et en N ce qui peut bien tenir à une bizarrerie du qüadrataire qui a taillé les lettres. Le dernier Z est carré C. Les caractères de l’autre inscription sont beaucoup mieux formés et l’inscription est correcte, tandis que la seconde offre des fautes de concordance entre les cas. Elle nous apprend qu’Amynandros a consacré ce souvenir à son propre fils Macédon. Ce dernier nom est à l’accusatif et propre fils au datif Tw eiS/w Téxvu ManeSéva. Ces deux bas-reliefs ne diffèrent pas pour le style et sont aussi mauvais l’un que l’autre; provenant de la même ville, ils pourraient bien avoir été faits pour la même famille. [Haut. larg. o'°,4io.]

278 A. ^ Homme et Femme, bas-relief, pl. i6i B.

A demi couché sur un lit de repas, et vêtu de l’ample synthèse, un bomme^ appuyé sur le coude gauche, avance la main droite vers une femme et semble lui parler. Enveloppée dans sa palla, ses longs cheveux tombant sur sés épaules, elle est assise sur un large siège garni d’une draperie, ainsi que la petite table basse à quatre pieds qui , le long du lit, supporte un vase à boire et des fruits. Ce bas-relief est très-fruste, surtout aux têtes. [Haut. o'“,38o; larg. o’",4oo.]

Depuis que l’archéologie exerce la sagacité de sa critique Sur les ttlonutUens antiques et sur tout ce que l’antiquité figurée nous offre de détails sur les mœurs, les usages et pour ainsi dire sur toute la vie des anciens, on était habitué à ranger dans une classe particulière de bas-reliefs ceux que, jusqu’à présent, les plus habiles antiquaires, les Winckelmann , les Visconti ont nommés banquets ou repas funèbres. Ces dénominations n’étaient peut-être pas de la dernière exactitude, mais, cependant , elles rendaient bien et d’une manière concise ce que présentent ces petits monumens, des repas; et comme on ne les retrouve que parmi les ornemens des sépultures, on semblait autorisé, et par leurs sujets et par leur destination, à y voir des repas funéraires, ou qui faisaient

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partie d’une manière ou d’une autre des honneurs que dans les familles on rendait à la mémoire des morts. On veut à présent changer cette dénomination, que l’on trouve erronée; reste à savoir si celle qu’on y substituera rendra mieux et plus clairement l’intention des anciens en consacrant ces sujets funéraires, ou qui le sont devenus par les places qu’ils occupent et par les souvenirs qu’ils conservaient des personnes dont cm regrettait la perte. Ces has-reliefs sont répandus dans toutes les collections , et nous en avons dans la salle des caryatides un assez grand nombre (16), que j’ai exposés avec quelques détails dans le texte des planches i55, 167, 169 et 161 , et auxquels il faut ajouter celui qui fait l’objet de cet article.

Ces bas-reliefs, pour la plupart romains et d’une exécution au-dessous du médiocre, sont en général accompagnés d’une inscription ordinairement très-courte, consacrée à la mémoire du défunt par quelqu’un de ses parens ou de ses affranchis , souvent encore c’est le défunt lui-même qui parle dans l’inscription. On sait que ces petites scènes de famille se composent, pour la plupart, de trois ou quatre personnes, et, en ne prenant pour exemples que nos dix-sept bas-reliefs du Musée , l’on y trouve jusqu’à cinq personnes (n° 6o3), six (n® 6o3) et même sept(n° 677). On voit assez habituellement un homme, sans doute le chef de famille, à demi couché, ou accoudé sur un lit de repas, et souvent tenant un vase ou une coupe, comme s’il était sur le point de boire ou de faire une libation. Les femmes, presque toujours voilées, sont assises sur le bord du lit, ou à côté sur un siège élevé , ainsi que c’était l’usage dans les repas chez les Romains. A côté du lit, une petite table à trois pieds supporte quelques fruits et des vases. Parfois, comme personnages accessoires, un jeune homme ou une jeune fille, ou l’un et l’autre, de très-petite proportion, sont aux pieds ou à la tête du lit, et tiennent ou une coupe ou un vase à verser le vin, et remplissent l’emploi d’e'chanson , pocillator. Quelquefois aussi 1 on compte jusqu’à quatre de ces jeunes serviteurs. Ce sont certainement bien là des scènes de famille; elle y est tantôt plus tantôt moins nombreuse; là se trouvent réunis les maîtres de la maison et leurs serviteurs, ]iijamiglm des Italiens; et l’on pourrait y joindre, pour compléter la scène, le chien, cet ami fidèle dans la mauvaise comme dans la bonne fortune et compagnon de l’homme jusqu’à sa dernière demeure: ces bas-reliefs offrent cet animal, mais il y est rare, et ceux du Musée royal n’en montrent qu’un.

Ces réunions repre'sentent-elles simplement celles qui se renouvelaient chaque jour dans les familles et les reproduisait-on sur ces modestes monumens funèbres, pour rappeler l’accord qui avait régné dans ces ménages entre celui qui en était le chef et ceux qui dépendaient de lui? Ou bien peut-on y voir des espèces de repas religieux eii honneur des morts, et qu’on a voulu rapprocher des lectistemia , repas offert avec des cérémonies aux statues des dieux exposées sur des autels ou des lits de parade? Ces repas seraient-ils aussi des commémorations de ceux qui, sous le non> de pertdeipnia chez les Grecs, et de silicemia, d'exequium chez les Romains, réunissaient la famille et ses amis à la fin des funérailles pour compléter les honneurs qu’on rendait aux morts, et adoucir les regrets de leur perte par les éloges que l’on faisait de leurs mérites ou de leurs bienfaits. Ces diverses opinions ont eu tour à tour leurs partisans. Pour les appuyer, ils ont, et les uns et les autres, appelé à leur aide toutes les richesses de l’érudition; ce qui ne veut pas dire que la question soit enfin tout à fait décidée. M. Lebas, de l’Académie des inscriptions, et son collègue, mon ami M. Letronne, ne s’accordent pas sur ce sujet, peut-être plus curieux encore par la manière dont chacun de ces savans antiquaires soutient son opinion, que par l’importance du sujet en lui-même. Et, tout en discutant et marchant vers leur but [Rev. arch., v. III, M. Letronne, p. 1-12 , p. 214-221 , p. 345-363; M. Lebas, p. 84-99), ils réveillent sur leur route une foule de souvenirs de l’antiquité remplis d’intérêt , et qui ont uH rapport plus ou moins direct avec le sujet qu’ils s’efforcent d’éclaircir, et, quel qu’en soit le résultat définitif, ces discussions ne peuvent

APPENDICE

en avoir qu’un très-bon pour l’archéologie ; ils y porteront de nouvelles lumières. Il en est un peu de l’archéologie comme de l’alchimie : en poursuivant le grand œuvre, on n’a pas encore, que je sache, trouvé la pierre philosophale, mais en chemin les alchimistes ont fait d’importantes découvertes et n’ont pas eu a regretter leur temps, leur érudition et leur charbon. Il me semble qu’on ne saurait se refuser à reconnaître dans ces scènes de famille adaptées aux monumens funèbres, une sorte de sentiment religieux et une manière de rappeler et d’honorer en famille le souvenir des morts : c’est bien une sorte de culte d’affection rendu à leur mémoire. Le chef de la famille préside toujours à ces scènes, et leur donne, à peu d’exceptions près, un caractère de gravité que n’avaient probablement pas les repas ordinaires. D’après le peu de mets, quelques fruits, quelques gâteaux placés sur la petite table, auprès du lit, ne pourrait-on pas admettre que ces personnes, graves et sérieuses, sans aucun mouvement, que l’on ne voit jamais prendre leur repas, sont moins occupées de ce soin que d’offrir aux dieux, peut-être aux dieux mânes, qui se contentaient de peu de chose, des libations et des prières? N’y auraitil pas là quelque analogie avec l’acte funéraire des Grecs, qui dans leurs inscriptions nomment si fréquemment héros et héroïne (iÇnipwi^e') , celui ou, celle auxquels ils rendaient les derniers devoirs, et auxquels ils consacraient les plus modestes monumens funèbres. Je suis loin de changer ces scènes si simples et si naïves en des scènes d’apothéose, en faveur des personnes que l’on regrettait, ou même de les rapprocher des lectisternes à l’honneur des dieux , je n’y verrai même pas les silicernia et les perideipnia que les parens partageaient avec le défunt, quoique, selon quelques auteurs, ces repas simulés fussent entièrement à l’honneur des dieux mânes, et que l’on ne touchât à rien de ce qui leur y était offert; ce qui ressemble un peu à ce qui se passe dans nos bas-reliefs, qui certainement, quelque nom qu’on leur donne, ont un aspect grave et religieux. Sur seize, on en voit onze, où quinze femmes (2, aun° 643; 4, au n° 677) assises, immobiles, dans la même attitude, ramenant vers le menton ,leur main droite pour contenir ou abaisser l’ample pallaqui leur sert de voile, ce qui ne donne guère l’idée de repas ou du moins de repas où l’on prenne quelque nourriture. Il me semblerait donc que ces scènes de la vie intérieure ne présentent que les apprêts ou l’appareil de petits repas. On y a réuni la famille, en tout ou en partie, telle qu’elle était lorsque celui ou celle que l’on avait perdu en était un des membres. On a pu y placer comme vivant celui qui n’existait plus , mais que le souvenir et les regrets rendaient pour ainsi dire encore présent, et qui semblait s’associer aux prières et aux offrandes adressées aux dieux pour la prospérité de la famille par ceux qu’il avait quittés. Mais, au reste, les discussions de nos savans académiciens nous en apprendront probablement davantage, et décideront peut-être le titre plus convenable que celui de banquets funèbres à appliquer à ces petites scènes. De toutes manières, elles doivent, sous plus d’un rapport, être d’un grand intérêt pour l’archéologie, et, en attendant qu’il en ressorte une opinion qui ait le droit d’être regardée comme définitive et bien établie, nous devons nous contenter de conclure que ; adhuc sub judice lis est.

86 A. — Homme, has-relief sépulcral, pl. i6i B

La tête de cettejfigure étant entièrement fruste, on ne saurait presque dire si elle était âgée ou jeune. Son costume, assez singulier, est plutôt grecque romain : ce n’est pas la toge , du moins telle qu’on la portait ordinairement, c’est un grand vêtement ressemblant à un ample manteau , et qui , serré sur les hanches et ensuite relevé , retombe en nombreux plis par-dessus la ceinture sur le milieu du corps. C’est tout ce que l’on peut dire de ce bas-relief, en fort mauvais état, brisé en deux morceaux , et où la figure, qui ne manque pas d un

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certain caractère et dont la pose et les proportions sont justes, est dans une niche flanquée de deux colonnes corinthiennes, ce qui indique que cette sépulture avait été traitée avec soin et qu’elle devait appartenir à quelque personnage distingué d’une colonie ou d’un municipe romain. Ce bas-relief vient de Mons dans la province de Constantine. [Haut. i”’,o6o; larg. o"‘,53o.]

2 02 B. — Jeune cavalier faisant une offrande, h.-r,, pl. 161 B.

A côté de son cheval, un jeune homme debout, vêtu d’une courte tunique serrée par une ceinture, sa chlamyde sur l’épaule gauche, chaussé de bottines légères, va déposer une offrande sur un autel cylindrique orné d’une guirlande. Auprès est un enfant , peut-être un Camille , jeune servant des sacrifices , et dans le fond, à travers le mauvais état du bas-relief, on croit reconnaître une figure enlacée d’un grand serpent. Le serpent est un emblème funèbre et peut-être le jeune cavalier rend-il un dernier hommage à son jeune enfant ou à un frère ravi par une mort prématurée, dont serait l’emblème le serpent qui rappelait la fin funeste d’Archémore ou Opheltés, que la mort enleva pendant l’expédition des Argonautes. Cet événement lamentable convenait à des monumens funèbres, et à pu être rappelé comme symbole, sur un tombeau, sans que pour cela on soit autorisé à voir un héros dans le personnage principal. Une arcade soutenue par deux pilastres encadre cette composition, assez jolie , mais d’une exécution peu soignée. Ce bas-relief vient de Grèce, et fut envoyé, par M. Minoïdes Minas, àM.Villemain, pair de France, alors ministre de l’instruction publique, qui l’adressa au Musée royal, le 17 août i843. [Haut. o“,6oo; larg. o'”,56o.]

36 A. Jupiter et des suppliants, bas-relief, m., pl. 224 A.

Le maître de l’Olympe est assis sur un trône assez élevé , que recouvre en partie son manteau, et ses pieds reposent sur un marchepied, hypopodium , assez élégant : la forme des supports du siège indique qu’ils sont faits au tour. Le dieu, à demi drapé, la tête ceinte d’une bandelette, a la main gauche levée, comme pour parler, car il n’y a pas de trace du sceplre qu’il aurait pu tenir. Cependant, l’emmanchement du poignet et de l’avant-bras n’est pas dans la direction que la main devrait avoir s’il y avait eu un sceptre. Et, bien qu’il fût assez ordinaire de peindre des accessoires sur les fonds des bas-reliefs au lieu de les sculpter; je ne puis croire que c’eût été ici le cas d’employer cette méthode plus expéditive. Le sceplre peint sur ce bras en relief et repassant sur le fond aurait produit un trop mauvais effet, et la bonne opinion que j’ai du goût des anciens sculpteurs ne me permet pas d’admettre l’inconvenance d’un pareil expédient, qui ne pouvait être en faveur que delà paresse et du peu de soin de l’exécution. A la main droite de Jupiter, paraît avoir été une patère, signe de sa bienveillance et de sa générosité. Devant lui, une grande femme debout, les regards tournés vers le maître des dieux , son voile rejeté en arrière, parée de boucles d’oreilles, est vêtue d’une tunique fine et transparente laissant nu le bras droit, et que recouvre à mi-corps son manteau. A côté d’elle.

appendice.

un jeune homme a la partie supérieure de la poitrine couverte de sa grande chlamyde, qu’y retient une large agrafe ronde, et qui retombe en arrière; sa main droite est élevée et la gauche abaissée. Il semble donner la main à la femme qui tient à la main un vase à libation, une œnochoe; il tourne la tête vers Jupiter, et l’on croirait y distinguer des traces d’une couronne légère ou d’une bandelette. Près d’eux, un petit vieillard, vêtu du manteau des philosophes et levant la main droite, semble invoquer Jupiter. La taille des deux personnages qui sont avec ce dieu, beaucoup plus élevée que celle du vieillard, doit les faire prendre pour des divinités, peut-être, à ce que je croyais, Junon et Mercure , dont ce personnage avancé en âge implorerait la protection. Mais ce bas-relief provenant de Gortyne dans l’île de Crète, d’où l’avait rapporté à Smyrne le savant numismate M. Borrell, qui le céda à M. Lebas, on pourrait être autorisé à y voir Cadmus, Europe, sa sœur, et peut-être leur père Agénor, ou bien Cadmus et sa femme Harmonie, fille de Mars, auxquels on rendit des honneurs divins; et l’on sait par Pausanias [Lac. XV, 6) , que Cadmus avait un temple ou héroon à Sparte, et par Plutarque [Pélop., 19), qu’Harmonie était adorée à Thèbes comme une déesse. [Haut, et larg., o™,35o.]

Mais au lieu de Cadmus, M. Lebas (Cor. arch. i845, t. XVII, p. 234) croit retrouver le héros Atymnius ou Atymnus,qui n’était connu qu’en Crète, où, selon Solin, c. xvii, corrigé par Saumaise [Exerc. Plin., p. 172), il aurait reçu les honneurs divins avec Europe, dont il aurait été frère, suivant une ancienne tradition qui lui donnait pour père, ainsi qu’à Europe, Phœnix, que d’un autre côté Appollodore (III, 1), dit être fils d’Europe. Ce mythogaphe ajoute même un peu plus loin qu’Atymnus était fils de Jupiter et deCassiépée, et chéri de Sarpédon, l’un des fils que Jupiter avait eus d’Europe. On sait au reste qu’après avoir enlevé cette belle princesse , que la tradition la plus suivie dit fille d’Agénor, il la transporta à Gortyne en Crète, où il s’unit à elle sous un platane d’une éternelle verdure (Pline, 1. XII.). Ce fut sans doute en honneur de cette union que Gortyne, qui se nommait aussi Hellotisi célébrait tous les ans des heUoties où l’on offrait à Europe une immense guirlande de myrte. Nous apprenons par Hesychius ( voyez ÉXXojTïïs ) quelle avait vingt coudées de tour, et par Athénée (p. 678) que l’on prétendait que les os d’Europe y étaient enfermés. Il y avait à Corinthe , en honneur de Minerve, des lielloties du même genre. 11 n’est question du culte rendu par Gortyne au frère d’Europe que dans Solin. Pline, dont il n’est que l’abréviateur de peu de crédit, n’en dit pas un mot, mais il est vrai aussi que Solin ne parle que de Cadmus comme frère d’Europe , et que c’est seulement d’après la correction de Saumaise qu’on y trouve Atymnus, qui n’a pas d’autre appui, et peut-être pourrait-on encore douter que le culte d’Atymnus, si peu connu, eût été réuni à celui d’Europe, sa sœur très-douteuse, et eût remplacé les honneurs qu’une si haute célébrité devait assurer à Cadmus.

Dans son intéressant article, M. Lebas compare à notre curieux monument , quelques autres bas-reliefs où il croit retrouver le même sujet d’Europe et d’Atymnus. L’un appartient au Musée britannique (Part. IX, pl. 87, n° 1 et peut-être n° 3, pl. 35). M. Hawkings avait cru y reconnaître Jupiter et Junon, et peut-être avait-il raison . M. Lebas pense que ce marbre doit venir de Gortyne, et qu’il ne peut représenter que le sujet d’Atymnus.

II le retrouve encore dans un bas-relief du musée Worsley acquis à Athènes en 1788, mais qui peut provenir de Gortyne et offrir le même .sujet que le nôtre , qui devrait alors remplacer l’explication deVisconti, qui y voyait «Jupiter sauveur adoré dans le «Parihénon même, et Minerve Hygie, dont le culte sur l’acropole d’Athènes est attesté

BAS-RELIEFS DIVERS

« par plus d’un texte et d’un niounment. n Mais il reste à savoir si ce bas-relief est positivement d’Athènes, où si, apporté de Crète, il n’a pas pu être vendu à Richard Worsley comme d’Athènes, par quelque trafiqueur d’antiquités qui a cru en relever le prix en lui faisant changer de patrie. Ainsi la question peut rester encore en suspens entre l’explication très-simple de Visconti, et celle de M. Lebas, plus érudite et plus curieuse. Quant au bas-relief du musée Pie-Clémeutin (t. V, p. 162, in-8°, pl. 27), où M. Lebas trouve encore Atymnus assis , avec l’aspect de Jupiter, et qui aurait auprès de lui sa sœur Europe debout , écartant de la main gauche son voile , et tenant à la main droite un vase , il m’est impossible d’y voir un autre sujet que celui que donne Visconti : Adrien , jeune , assis, recevant les honneurs divins d’une déesse, peut-être de Minerve pacifique, de la déesse d’Athènes envers laquelle, ainsi qu’envers son Partbénon, Adrien, en les relevant et leur rendant tous leurs honneurs , avait si bien mérité ceux de l’apothéose. Il me semblerait aussi que la tête du jeune dieu assis, qui paraît être la sienne, car Visconti ne dit pas le contraire, a quelque chose d’individuel, surtout dans la coiffure plate, et qui sent le portrait, qui disposerait à croire , que l’on n’a pas cherché .à y mettre de l’idéal et que l'on a voulu, tout en offrant dans ce petit bas-relief l’empereur divinisé, s’en tenir à une sorte de ressemblance, ainsi qu’on le voit à d’autres têtes d’empereurs apothéosés, tels qu’Auguste, Tibère, Néron, Nerva et d’autres que l’on pourrait citer. N’est-il pas probable que , si l’on avait eu l’intention de représenter ou Cadmus ou Atymnus , on aurait donné à la tête un caractère plus héroïque, plus idéal, et que si ce bas-relief eût été exécuté à Gortyne , dans les beaux temps de la sculpture grecque , la tête du héros n’eût pas été coiffée à la romaine. (Voyez sur Atymnus quelques mots dans Hœte, Creta, I, p. io5.)

26 B. — Sacrifice à Jupiter, b.-rel.;frag., mar., pl. i6i C.

A notre gauche, le dieu, debout, vêtu à la romaine, de la tunique et de la toge, lient à la main droite ou une aplustre de navire, ou plutôt une palme, accessoires qui se confondent aisément dans des sculptures aussi grossières que celle-ci. Sur sa main gauche, tendue en avant, Jupiter porte une Victoire ailée , ainsi qu’on le voyait au Jupiter Olympien de Phidias, et à d’autres statues de ce dieu, de même qu’à celle de la Minerve du Parlhénon. Sur la droite, un victimaire dans son costume ordinaire, la tunique courte, nommée limus, serrée d’une large ceinture, lève la hache pour tuer un taureau dont on n’aperçoit que le cou, la croupe et les jambes de derrière. Dans le fond, du même côté, un jeune ministre des autels, dont il ne reste que la trace de la tête et des mains, joue de la double flûte. La partie supérieure de cette dalle, encadrée d’une large moulure, est terminée par un riche ornement de demicercles et de feuillages. Ce monument provient de Philippeville , près de l’ancienne Rusicada. [Haut. o'”,53o; larg. o”',8oo].

2o3 a. — Persée et Andromède, b.-r., m.,frag., pl. i6i C.

La fille de Céphée, dont toute la partie supérieure jusqu’au-dessous de la ceinture manque, est assise sur un rocher au bord de la mer. Derrière elle, sur la gauche , on retrouve encore sa main droite , sur laquelle elle s’appuie. A ses pieds sont à terre la tête de Méduse et l’épée de Persée, qui n’en a plus besoin , le monstre qui allait faire d’Andromède sa proie' étant vaincu et pétrifié

APPENDICE

1 ikk

par la vue de la lête de la Gorgone. Persée, chaussé des talonnières ailées de Mercure, e&t debout, sa chlamyde rejetée en arrière; il aide Andromède à descendre du rocher où, victime dévouée à la mort, elle était attachée. La tête du héros manque, ainsi que la plus grande partie de son bras, de la cuisse et de la jambe gauches. Ce bas-relief, en très-mauvais état, a toujours été d’une sculpture très-grossière. Il vient de l’Algérie mais on en ignore la provenance positive. [Haut. o“‘,8io; larg. o”‘,85o.]

N° 6. — Sacrifice à Saturne, cippe funèr., has-relief, pl. 1 6i B..

Ce bas-relief, grossier et à deux compartimens, est assez curieux par le sujet qu’il présente. La scène se passe sous une arcade à plein cintre, soutenue par deux colonnes torses, tortiles, à stries fines en spirale serrée, très-courtes et terminées par de lourds chapiteaux dont il reste quelques feuillages, et surmontées par des masques de vieillards. Dans l’intérieur et au fond de l’arcade, est une demi-figure de vieillard, la tête couverte d’un voile, et qui ne peut être que Saturne, que nous avons déjà vu ainsi représenté. Sur le devant, un homme âgé, en tunique longue et en manteau, se prépare à lui offrir un sacrifice et dépose, sur un petit autel carré, ou une offrande ou peut-être un de ces gâteaux salés, mola salsa, qui faisaient partie des sacrifices. De l’autre côté de f autel, un ministre des sacrifices tient entre ses bras un petit animal, victime qui va être immolée, et que l’étal du bas-relief ne permet pas de reconnaître; il paraît, au reste, qu’il n’y avait pas de victime destinée particulièrement à Saturne. On peut faire remarquer que ces deux prêtres ont la tête découverte, ainsi que l’exigeait le cérémonial dans les sacrifices à Saturne, auquel, comme divinité infernale, on sacrifiait, la tête nue, tandis qu’on la couvrait pour les divinités célestes. Dans le bas est un jeune ministre des sacrifices nu et qui porte sur la tête un coffre, sans doute contenant les instrumens de sacrifice. On ne distingue pas bien l’espèce de la victime, peut-être est-ce un bélier ou un mouton. Les lettres de l’inscription sont d’une très-mauvaise forme. Elle apprend que celte stèle a été consacrée par Q. Otaciliüs Félix, prêtre, sacerdos, et sa femme Celsna pour Celsina; peut-être l’I est-il conjugué avec l’N, ou bien la forme de ce nom pourrait indiquer une famille étrusque. Les trois lettres de la 4' ligne peuvent appartenir à COl^jux, sa femme, ou à CON secraverunt, ont consacré. La dernière leçon me paraît préférable, d’autant plus que les DD SS en tête de la 2' ligne, doivent probablement se lire Dûs Sanctissimis , aux dieux très-saints, pour DUS MANIBVS, aux dieux mânes. Sur l’autel du bas-relief principal, les lettres V. S. L. A. Votarn Sohit hibenti Anima, montrent que ce petit monument funéraire a été consacré pour accomplir un vœu. Il a été trouvé dans la province de Constantine, à Djimilah, l’ancienne Cuiculum. [Haut.0^,600 ; larg. o“48o.]

260 A. — Thésée, vieillard et jeune homme; m. g., pl. 224 A.

Un jeune homme, que sa coiffure ovoïde, à petits bords, pourrait faire prendre pour un des Dioscures ou pour un Cabire, est debout à l’extrémité de la composition. Il est nu ou n’a pour vêtement qu’une petite chlamyde qui.

BAS-BELIEFS DIVERS.

serrée sous son bras gauche abaissé, repasse entre ses genoux d’une manière mal motivée, et qui n’est pas d’un bon effet de lignes. Sa jambe gauche est pliée en arrière , et il porte la main droite à la partie postérieure de sa coiffure. Il semble prêter toute son attention à un vieillard beaucoup plus petit que lui, vêtu de là tunique longue, sans manches, et du manteau, et qui, la main droite levée , paraît lui adresser la parole et l’invoquer pour quelque faveur qu’il espère , ou le remercier de celle qu’il a reçue. La tête du vieillard , légèrement barbue, à cheveux courts, d’un profd assez prononcé, donne l’idée d’un portrait. Derrière lui, un jeune homme, d’une proportion inférieure à la sienne, couvert de son manteau , d’où , comme le personnage âgé , il dégage sa main droite , paraît aussi parler. On croirait retrouver une légère trace de la bandelette dont sa tête aurait été ceinte. Du bras gauche enveloppé dans son même manteau , il s’appuie sur un cippe ou sur un autel, consacré sans doute au héros et destiné à y déposer des offrandes. Ces deux personnages ont l’air de consulter ou de remercier le jeune dieu, devant lequel est un objet assez long, bombé, uni et relevé sur le sol. On ne peut douter que ce ne soit le protecteur d’Athènes , Thésée , auquel ses bienfaits avaient mérité des temples et dont le nom 0HZEYZ est écrit auprès de sa tête. Ce monument lui aurait été consacré, ainsi que le porte l’inscription, par Sôsippe , fils de Navarchide : ZQZinnOZ ! NAYAPXIAO ANEOHKEN. 11 paraît que son fils s’est réuni à lui et qu’ils adressent ensemble à Thésée, le protecteur de l’Aüique, leurs invocations ou leurs actions de grâces. Ce joli bas-relief, de peu de saillie, est assez bien conservé , et Ton voit que l’exécution en était soignée. On la trouve ainsi aux mains, surtout à celles de Thésée, dont le profil est d’un galbe très-pur ; et il est à regreter que le bout du nez ait été altéré. Par l’attitude du héros, penché en avant, ce qui le fait paraître hors d’aplomb, on croirait qu’il devait s’appuyer sur un long sceptre ou peut-être sur la massue de fer qu’il enleva au géant Périphète et qui lui servit à dompter le taureau qui désolait Marathon. Cependant , le fond du bas-relief n’en porte aucune trace, et Ton a eu tort de le reproduire dans le dessin de TEpheméride archéologique de M, Pittakis , à Athènes , et dans celui de la Gazette archéologique de Berlin , qui n’en est qu’une copie. Au reste, cette attitude, quoiqu’un peu outrée, se rapporte à celle que Ton donnait aux divinités , qui , la tête légèrement penchée en avant, semblaient écouter d’une oreille propice leurs adorateurs, et jeter sur eux des regards favorables , ce qu’exprimait le titre de prospicientes et de respicientes que leur donnaient les Romains. Je ne vois pas trop ce que peut indiquer la pierre en saillie que Ton voit aux jiieds de Thésée. M. Lebas pense qu’elle pourrait rappeler la citadelle, l’acropole d’Athènes, élevée sur des rochers, et que Thésée semble prendre sous sa protection. Mais peut-être trouvera-t-on cette hypothèse un peu hasardée. Je serais porté à regarder cette pierre comme un souvenir de celle sous laquelle le jeune Thésée avait retrouvé 1 épée et les armes de son père Égée, qu’Éthra sa mère y avait cachées; et Ton sait par Pausanias ( Cor., c. xxxii , y ), qu’on la voyait sur le chemin d’Hermione à Trœzène, sur les bords de la source du petit fleuve Hylycus, et près du temple érigé à Vénus nymphe, par Thésée. Ce souvenir de la force du héros

APPENDICE

dans sa jeunesse devait lui plaire, et la pierre qui la rappelait trouvait une place convenable devant son simulacre. Quant au geste de la main droite de Thésée, il est bien indécis, la portant à son casque, car c’en est bien un très-simple, mais que l’on reconnaît à son bord pour être en métal, et non un bonnet ovoïde, comme celui des dioscures; il laisse incertain s’il le met sur sa tête ou s’il l’enlève, et nous ne saurions en offrir une explication satisfaisante; car je ne saurais croire que Thésée, écoutant favorablement les vœuxdeSosippe partant peut-être pour une expédition guerrière, est sur le point de lui offrir son propre casque pour le protéger et le rendre invincible. Pour que cette hypothèse fût admissible , ne faudrait-il pas que Thésée fût ici représenté comme apparaissant réellement à Sosippe en chair et en os, et que celui-ci eût consacré sur ce monument le souvenir de cette insigne faveur du héros ? Cela ne serait pas impossible; mais est-ce bien probable? Je le désirerais, le sujet et le basrelief acquerraient un grand intérêt, mais on aurait sans doute de la peine à l’admettre. On croira peut-être plus volontiers qu’ici Thésée, quoiqu’il ne pose pas sur une plinthe, est représenté en statue, qu’on lui a donné l’atlitude d’une divinité propice, et que, par son geste, on a voulu indiquer qu’il était toujours disposé à couvrir de ses propres armes les citoyens Athéniens dont il avait établi les droits et qui en avaient toujours à sa puissante ptoteclion. Ce bas-relief, trouvé à Athènes en i8ûo, et qui a appartenu à M. Skene , a été apporté par M. Lebas. (Voyez son article delaCorr. arcb. i845, t. XVII, p. 243.) Il en a d’abord été question dans les Ephém. d’Athènes, par M. Pittakis, n° byo ; dans la Gaz. arcb. de Berlin, par M. Gerhard, pl. 82 , fig. 2 , et dans le Bullet. delaCorr. arcb. i845, p. 3, 4- — [Haut, et larg. o’",570.]

2i3 A. — Travaux d’Hercule, mar. has-relief, pl. 224 A.

On retrouve dans ce bas-relief, d’une très-grossière exécution, dont les figures sont très-courtes et très-lourdes, une partie de quelque frise. On y voit Hercule accomplissant deux des entreprises que lui avait imposées Eurystbée. A notre gauche, nu, sans armes, ayant jeté sa massue, le fils de Jupiter lutte corps à corps avec le lion de Némée , il le serre à la gorge , etle terrible animal , qui s’accroche à lui de ses griffes, ne lui fera pas lâcher prise, et est sur le point d’être étouffé. A droite. Hercule, la dépouille du lion croisée sur la poitrine, saisit par les cheveux et vient d’abattre à ses pieds, d’un coup de massue, l’hydre qui désolait les bords du lac de Lerne. Terminée ici en queue tortueuse de serpent, elle a le corps et la tête d’une belle femme, dontfabondante et onduleuse chevelure retombe sur le sein. Il paraîtrait qu’on a surmonté sa tête d’ailes ainsi qu’on en voit quelquefois au Gorgoniam, tête de la Gorgone Méduse. On sait; au reste, que l’on représentait ordinairement l’hydre de Lerne comme à moitié femme, et que des traditions racontaient que c’était une femme de mauvaise vie, très-dangereuse par ses attraits, son esprit et sa perfidie, et qui ruinait ses adorateurs. On peut voir, sur ces travaux d’Hercule, ici p. 55oetsuiv. Ce bas-relief, intéressant par son sujet, est un souvenir précieux de son A. R. M*' le duc d’Orléans, qui l’envoya d’Afrique au Musée royal en i84o. [Haut. o"‘,8oo; larg. i”*.]

CIR.TA KALAMAI CVICVLVM HIPPO RES SALDAE RVSICADA ISITIFISCOL MONS

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