‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 268 sur 299 · INSCRIPTIONS DE SALDÆ , AUJOURD’HUI BOUGIE · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS DE SALDÆ , AUJOURD’HUI BOUGIE

L’ancienne Saldæ, la Boudjeiah des arabes et que nous nommons Bougie, fondée par les Carthaginois, à l’entrée ouest d’une belle baie, entre le cap élevé de Carbon ou de Bougie, à l’O. et à l’E. le promontoire Metagonion de Strabon (1. XVII) , aujourd’hui le Seblia-Rous où les sept caps , et le nom italien peu poli de Bougiarone, qu’il porte aussi, ne l’annonce pas comme très-sûr et d’un accès facile. Aussi, jadis tous les habitans de cette côte inhospitalière étaient-ils d’affreux pirates qui, se retirant dans les creux des rochers, dépouillaient et massacraient les malheureux naufragés. Cette baie ou ce grand golfe est le Sinus Numidicus de Pline. Le cap sur lequel était Saldæ est très-avancé dans la mer. Une forte muraille de pierres de taille, flanquée de tours d’une bonne construction , ceignait la ville, dont une partie en ruines existait encore lors du voyage de Shaw (I, p. 3) , et de celui de Peyssonnel (I, p. i46) , et elle montait le long des flancs et jusque sur le sommet de la colline aux pieds de laquelle la ville est située , et les ruines de l’ancienne cité en annonçaient une

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plus considérable que celle d’à-présent. Saldæ avait une rade assez sûre et un bon port nommé par Strabon (1. XVII) Sarda,ce qui ressemble bien au nom de la ville. Un grand aqueduc, partant des montagnes assez éloignées vers l’E., amenait en abondance de très-bonne eau à Saldæ; c’était aussi à l’E., près de la ville, que débouchait à la mer la rivière de Saldæ formée par plusieurs ruisseaux, nommée Nasava par Ptolémée et aujourd’hui la Boadjeali, et qui, partie de l’Atlas et du désert, se réunit à une autre rivière pour venir passer près de la ville. La chaîne de montagnes qui, du fond du golfe de Bougie, s’avancent jusqu’au désert, séparait autrefois la Mauritanie Siiifensis de la Cæsariensis (Strab., 1. XVn, p. 83i ) , ou les états de Juba, de ceux que les Romains avaient rangés sous leur empire et où ils avaient établi des colonies , c’est le Mans Ferratus des Romains , le Jurjura des modernes. Là se trouve ce terrible défilé des Portes de fer, le Bec-Ban des Arabes, encombré d’arbres brisés et de roches, resserré entre des masses continues de rocs à pic, de 5 à 6oo pieds de hauteur, impraticable aux plus entreprenans et aux plus hardis voyageurs, où quelques hommes devraient arrêter une armée (Shaw, I, p. i38), et qui , cependant, comme si ce passage, par un pouvoir magique, se fût élargi et que les rochers se fussent abaissés, a été franchi, malgré la résistance des Arabes, par nos braves troupes guidées par leur valeureux chef, le duc d’Orléans. — Saldæ ou Bougie et ses environs ont fourni un grand nombre de médailles et d’inscriptions. Au XVI* siècle, du temps de Léon l’Africain , cette ville contenait plus de 8,000 familles riches. Les montagnes qui l’avoisinent, très-peuplées, fourmillaient de bétail et de troupeaux de chèvres, et élles abondaient aussi en grains et en fruits.

N" 42. Saldæ, pierre calcaire, inscr., i lig. , pl. LXXVI.

Ce reste d’inscription en caractères de très-mauvaise forme, et dont les deux lignes supérieures sont entièrement effacées , nous donne en entier le véritable nom de la colonie romaine de Saldæ : COLONIA IVLIA AVGVSTA SALDANTIVM. On volt qu’elle fut rétablie par Jules César et par Auguste, et quelle reçut d’eux une nouvelle colonie. [Haut. o'“,4oo; larg. o^.yyo.]

N“ 43. Orchivia Tertia, albât. orient., inscr., 4 lig-, pl- LXXVI.

La jeune femme morte à trente ans, ORCHIVIA TERTIA, et qui reposait sous cette pierre funéraire , était fille de LVCIVS ORCHIVIVS. Les lettres , bien formées, de cette inscription indiquent une bonne époque. [Haut. o“,620; larg. o“,74o.]

N‘’44.M.PoMPONmsMAXiMUS,st.,/). cale., inscr., 7 lig., pl. LXXVI.

Ce MARCVS POMPONIVS , fils de Marcus , était probablement père du Pomponius Crispinus qui suit; il fut aussi deux fois duumvir et pontife quin-

quennal, et mourut à trente-deux ans. — Les lettres de ces inscriptions placent ces stèles funéraires au second siècle de notre ère. Il y a ici des lettres conjuguées : à la 2' ligne M et MF. [Haut. o“,74o; larg. o'“,34o. ]

N° 45. Q. PoMPONiüS Crispinus, stèle, p. ins., 5 lig., pl. LXXVI.

Cette stèle était consacrée à la mémoire de QVINTVS POMPONIVS CRIS- PINVS, lils de MARCUS POMPONIUS , delà tribu romaine ColJina rustica, et qui avait été duumvir prœfectus juri Jicunclo, préfet pour rendre la justice, et duumvir quinquennal. On voit, par plusieurs inscriptions dans Orelli (3822, 3826), qu’il y avait une différence entre le duumvir prœfectus juri dicundo et le duumvir quinquennal, ou pour cinq ans, et que ces fonctions de juge pouvaient être exercées par le même magistrat, qui, comme ici, potivait aussi être tribun militaire. Deux des inscriptions d’OreUi qui fournissent ces exemples , les numéros 3824 et 3825, sont tirées de Pompéi et ont été données par l’abbé Romanelli, Viagcjio, etc. Notre Pomponius, inhumé sous cette stèle, vécut quarante-cinq ans. On trouve ici des lettres conjuguées : à la 1" ligneNl, àla 2' MF, et IN , à la 3' IR et à la 4' VM. [Haut. o'“,55o; larg. o'”,45o.]

N" 46. Fündilius, frag. de sarcoph., insc., 3 lig., pl. LXXVI.

Gravée dans un cartel en forme de bouclier posé sur une petite base, cette inscription consacrait la mémoire de QVINTVS FVNDILIVS SATVRMNVS, qui probablement avait servi. — Il ne reste que la moitié de son sarcophage.

Hadrien, inscr. Voy. n° 27, pl. LXXIV.

Neptune Auguste, inscr. Voy. n° 19, pl. LXXII.

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