‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 273 sur 299 · INSCRIPTIONS DE P HI L I P P E V ILL E · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS DE P HI L I P P E V ILL E

N” 104. — Ampeliüs Bros, inscr., pl. LXXXIV.

Dans cette inscription mutilée qui , d’après la grandeur de ses lettres , a dû appartenir à quelque monument considérable , on trouve le nom d’AMPELlVS BROS, delà tribu Quiriiia, qui était Yhamen VerVetaus , et les quatre lettres PRIM, qui précèdent FLPP, indiquent probablement qu’il était le premier de la corporation des flamens perpétuels.

N° 105. — PoüzzoLES (Génie de), inscr., i 1., pl. LXXXV.

Ce fragment assez considérable, en marbre blanc, appartenait à quelque partie du théâtre de Rusicada, où il a été trouvé dans les fouilles de Philippeville.

On y reconnaît tes restes d’un buste placé de côté dans un encadrement circulaire. C’était du genre deces bustes surnommés imagines clypeatæ, et qui, d’un relief très-saillant, ornaient des boucliers votifs, cljpei, dont nous avons un e.\emple au musée royal des antiques, n° 274, et que plusieurs inscriptions citent comme des témoignages honorifiques ou des récompenses (voy. Orelli , n” i5oi , aSooj.On voit qu’on payait quelquefois un droit assez considérable pour être autorisé à suspendre dans les temples de pareils boucliers. Au n” .^701, une inscription de l’an 910 de R., r57 de J. C., décerne cet honneur à une femme : au lieu d’être en relief, le portrait de celle-ci était peint; au n® 2 1 54 , l’image était sur un bouclier d’argent. Nous verrons que les personnages dont il va être question avaient bien des titres à une pareille distinction. La manière dont le bouclier ou le médaillon de notre monument est disposé obliquement, montre qu'il faisait pendant , sur la droite, à un autre médaillon penchant, sans doute, dans le sens opposé, direction assez singulière par son irrégularité , mais rendue peut-être -nécessaire par la forme du monument que ces boucliers décoraient, ou par quelque autre motif qu’il sera peut-être facile de deviner ou de présumer. On peut aussi remarquer que ce génie de Pouzzoles, revêtu du costume romain, porte sur la poitrine, suspendue par une bandelette, un médaillon sur lequel est gravée en relief une figure. A gauche, un dauphin, répété probablement de l’autre côté, encadrait cette composition. L’inscription consacre ce monument au génie de la colonie de PVTEOLI (Pouzzoles) AVGVSTAE : GENIO GOLoniœ, PYTeolanorum, AVGuste. Cette ville de la Campanie devint colonie romaine en 559 de Rome, 196 avant J.-C. On conçoit que les Romains tinssent à avoir des établissemens sur cette belle côte et dans une position si propre à un port et si favorable au commerce. Sous Auguste, une nouvelle colonie fut envoyée à Pouzzoles et une autre sous Néron. Vespasien et ses fils, Titus etDomitien, augmentèrent encore la population de cette ville, si importante par son port et par ses relations avec l’Afrique, pour l’approvisionnement de Rome. Ce fut alors qu’au titre d’Aujusfa de cette colonie, on ajouta celui deFlavia, nom de famille de Vespasien. Notre inscription ne portant pas, comme d’autres, le titre de Flavia joint à celui d'Augasta, doit être placée entre le règne d’Auguste et celui de Vespasien. Une inscription de Naples dans Orelli (n® 1694) nomme dieu trèssaint, sanclissimus Deus, le génie de Pouzzoles ou des ‘Puteolani; et, au n® 3652 , il e.st qualifié de splendidissimiis , et tout montre l’importance qu’on reconnaissait à cette ville.

Le dauphin , symbole de la navigation , et qui passait pour l’ami et le guide des marins , convenait d’autant plus à Pouzzoles, qu’une tradition très-accréditée rapportait qu’un dauphin, épris d’un jeune enfant, le promenait tous les jours sur son dos dans la mer, et le ramenait le soir à l’école. On disait même que l’enfant, devenu jeune homme, ayant

APPENDICE

quitté Pouzzoles, le dauphin, désolé de ne plus voir son compagnon de voyage, vint s’échouer sur le rivage et y mourut : on lui éleva un tombeau. Et d’ailleurs, sans avoir recours à cette légende, le dauphin pouvait bien servir de symbole à une ville dont le port, très-fréquenté, envoyait des flottes dans toute la Méditerranée et alimentait en partie la ville de Rome : l’on peut citer en effet des villes maritimes de la Grande-Grèce, telles que Tarente, dont le dauphin était l’emblème. Pouzzoles devait avoir un grand commerce de grains avec Rusicada,poTt de mer etl’une des premières villes de ces contrées, que leur fertilité en blé faisait surnommer frumeniarim, et les nourrices de Rome et de l’Italie. N’est-il pas très-probable que la marine et les commerçans de Pouzzoles avaient une place réservée au théâtre de Rusicada? Ne pourrait-on pas croire aussi qu’un médaillon, un clypeas, offrant le buste du GENIE de RVSICADA, était en regard de celui de Pouzzoles? D’après l’attitude penchée sur la gauche du haut du corps du génie de cette dernière ville, il est aisé de voir qu’il était représenté par une figure couchée ou sur un lit de table, ou sur un de ces lectlsternes sur lesquels on plaçait, dans des cérémonies, des statues des dieux auxquels on offrait des repas. Les génies des villes personnifiés étaient mis au rang des divinités topiques ou locales. Le génie de Rusicada devait avoir la même position , et de même être orné de bandelettes et de guirlandes comme aux jours de fêtes. Serait-il donc trop hasardé de présumer que ces bustes en médaillons pouvaient rappeler des statues des génies de Pouzzoles et de Rusicada, réunies sur le même lectisterne comme symbole de leur alliance? Entre les médaillons, était un cartel dont il ne reste qu’un angle , et où devait être inscrit le traité d’alliance et de commerce entre Pouzzoles et Rusicada. Ne pourrait-on donc pas croire, sans craindre de tomber dans une grave erreur, que, dans son intégrité, ce bas-relief, placé dans une des parties les plus distinguées du théâtre, peut-être au-dessus d’une des tribunes de côté nommées podia, était comme le symbole et le contrat de l’alliance de Rusicada et de Pouzzoles? Je n’offre tout ceci que comme des hypothèses que ce marbre m’a suggérées; mais peut-être présentent-elles quelque probabilité. [Haut. o^jGoo; larg. i’”,o5o. ]

N“ 106. — Libeiulis et Liberia, m. bl., inscr., 7 1., pl. LXXXV.

Il est question , dans cette inscription , trouvée en 1 844 dans les ruines du théâtre de Philippeville, de chambres voûtées faisant partie d’un théâtre que LIBERALIS, le jeune, IVNIOR, et LIBERIA, la jeune, IVNIOR, à ce que l’on peut présumer par 1 1 qui suit son nom , avaient fait réparer. Ces chambres avaient été éclairées et entourées de balustrades en marbre et on y avait joint, sur le chemin du théâtre, deux dauphins en pierre. Ces cétacés, que nous venons de voir sur un autre monument, convenaient, comme emblème, à une ville maritime et en étaient pour ainsi dire les armes, et ceux de cette inscription-ci, placés près du théâtre, pourraient servir à rendre probable la destination que nous avons assignée au monument précédent. LIBERALIS et LIBERIA avaient aussi pavé de quatorze dalles en marbre le devant des gradins, et orné, ou peut-être fait en marbre les podia, sorte de balcon ou de tribune, des deux côtés de la scène , où se plaçaient les magistrats et des personnages importans. Au commencement et à la lin de chaque ligne , il manque plusieurs mots qui nous en auraient appris davantage sur cette inscription, dont la place avait été accordée par les décurions : Locus Datas Decut'ionum Décréta. Les lettres sont assez belles et penchent un peu de gauche à droite. [ Haut. o'",55o; larg. r’,o5o.]

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