Aurélia Cæcina. N" 619, pl. xliïi, 8 lig., marbre
II est probable que le premier mot de cette inscription fruste était AFA AMA , statue, mot dont il existe IA AM., et je penserais qu’AuRELiA Cæcina, peut-
être grecque affranchie de fa famille romaine consulaire Cæcina, avait consacre' une statue à la mémoire de son mari Eutychianüs. Cependant M. Bœckh pense que le nom de Cæcina ne doit pas être joint à celui d’AüRELiA, et que ce nom appartient à son mari, qui se serait appelé' Cæcina Evtychianvs. [Haut. 0“,415 = 1 pi. 3 po. 4 li. — Larg. 0"^,207 = Il P«-]
Cette inscription devait être place'e sur le socle, et d’après son peu de largeur, qui n’est que de 11 pouces, ce n’aurait e'te' qu’une statue de petite proportion. II est, au reste, à regretter que dans un muse'e on scie en dalles les marbres qui portent des inscriptions. Cet usage est sujet à bien des inconve'niens. II serait beaucoup plus avantageux pour la science de l’antiquité' , et plus classique , de conserver les monumens de ce genre tels que le temps nous les a transmis, et de ne pas alte'rer ce qu’il a respecte'. Un socle ou une base avec leurs inscriptions, offerts tels qu’ils ont e'te' faits, et conservant souvent les traces des statues qu’ils supportaient, pre'senteraient plus d’inte'rét, e'clairciraient mieux les recherches, et mettraient plus de varie'te', de piquant et même de pittoresque dans une collection d’antiquite's, que des dalles charge'es d’inscriptions, dont on ne reconnaît plus la première destination, maigre' le goût avec lequel on les dispose , lorsqu’elles sont scie'es et encastre'es dans les murs.
Cette inscription a sans doute appartenu aux temps de la domination romaine en Grèce, et ne remonte peut-être pas au delà des règnes de la famille de Marc-Aurèle. On peut y faire remarquer la forme de l’jQ, qui n’est qu’un M renverse' 1a1 , ce qui, ce nous semble, tient moins à la forme des lettres usitées à cette époque qu’,au peu d’adresse de l’ouvrier, qui trouvait plus facile de creuser sur le marbre des lignes droites que des contours arrondis ; et il se pourrait que souvent la même cause produisît l’irrégularité des lettres qui, dans des inscriptions mal gravées, offrent des formes peu ordinaires ou bizarres. — Col. Chois. , n® 228. — Osann , Syll., p. 373, n» 43.
M. Aurelius Dionysius (295). N" 645, pl. xlvii, 5 lig., marbre. 437. Aurelius Épaphrodite. N° 653 , pl, xlviii , 1 5 lig. , marbre.
Dans cette inscription, tle l’aveu du ve'ne'rable are'opage, Aüreuus Epa- PHRODiTE, fils d’AscLÉPiADE et Aürelia Magna, du bourg de Pitthos, de la tribu CÉcropide, honorent (d’une statue ou d’un autre monument) leur fille Aurélia Magna, nomme'e aussi Hermione. Ce monument, autrefois à Eleusis, a d’abord e'te' publie' par Richard Worsley; il a ensuite e'te' donne' par Villoison, Mém. Acad, des inscr., t. XLVII, p. 337. Visconti, Mon. gab., p. 138, se sert de cette inscription comme citation; mais il n’en a pris qu’une partie. Elle provient de la collection Choiseul, Cat., n® 207; on la trouve dans M. Bœckli, C. ins., t. I, n° 445; et il en est question au long au n°393. [Haut. l"',164 = 3pi. 7 po. — Larg. 0'",297 = 11 po.]
M. Bœckh, C. ins., t. I, n“ 393, discute avec son érudition habituelle une expression, lig. 5 de notre inscription, que d’autres, trouvées de même à Eleusis, présentent aussi, et qui était consacrée aux initiés des deux sexes admis dès leur tendre jeunesse à l’initiation, et auxquels on décernait des statues, ce qui n’avait pas lieu pour les autres initiés. Cette expression est ji*.vvi^nvcLi oi<(i iffrioLÇ] cette inscription et celles qui offrent la même formule étant d’Eleusis, il ne peut pas y être question de Vesta {Hestia), ni d’une Vestale; elle signifie être initié près du foyer. Harpocration, et, d’après lui. Suidas, v. a<p ((niotç, rendent compte de ces mots qu’on employait sans
INSCRIPTIONS
le verbe qui indique l’initiation aux mystères. Il paraîtrait, d’après M. Boeckh, C. ins., t. I , p. 446 , que pour cette sorte d’initiation privilégie'e les ce're'monies avaient lieu près de l’autel, et peut-être même sur les marches, tandis que pour les autres elles ne se pratiquaient qu’à une certaine distance. Nous apprenons par les auteurs que ceux qui e'taient initie's de cette manière devaient être citoyens d’Athènes. Ils e'taient choisis par la re'publique parmi les familles les plus distingue'es, telles que celles des Eumolpides, des Lycomides, des Phytalides, des Ce'ryx, particulièrement consacre'es au culte d’Eleusis. 11 paraît que certaines ce're'monies d’expi.ation e'taient ce'ldbre'es par les jeunes initie's, et qu’ils étaient conside're's comme les chefs des autres mystagogues. Les noms romains de notre inscription nous montrent qu’elle n’est pas des anciens temps de la Grèce, et qu’on peut probablement la placer sous les premiers empereurs, vers le temps des Antonins.