‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 12 sur 57 · BATAILLE DU MONT-THABOR · texte numérisé non relu

BATAILLE DU MONT-THABOR

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Pendant que l'armée faisait le siège de Saint- Jean-d' Acre, les agents de Djezzar soulevaient toutes les populations environnantes.

Le général KJéber, qui avait été envoyé du camp pour soutenir le détachement sous les ordres du général Juoot, annonça que l'ennemi , au nombre de plus de dix-huit à vingt mille hommes , descendait de toutes les hauteurs pour déboucher dans la plaine. Les troupes du général Junot et les siennes étaient rentrées duns les positions de Safarié et de Nazareth.

Bonaparte juge qu'il faut une bataille générale et décisive pour éloigner une multitude qui, avec l'avantage du nombre, viendrait le harceler jusque dans son camp. Il laisse devant Saint-Jean-d'Acre les divisions Régnier et Lannes; il part le a6 germinal ( i5 avril 1799) avec le reste de la cavalerie, la division Bon et huit pièces d'artillerie. Le ay, au point du jour, il marche surFouli; à neuf heures du matin il arrive sur les dernières hauteurs, d'où il découvre Fouli et le Mont-Tbabor. Il aperçoit, à environ trois lieues de distance , la division Kléber, qui était aux prises avec l'ennemi ; les forces de celui-ci paraissaient èlre de vingt-cinq mille hommes de cavalerie, au milieu desquels se battaient deux mille Français.

Le général Kléber avait formé deux carrés d'infanterie, et avait fait orçtiper quelques ruines où il avait placé son ambulance. L'ennemi occupait le village de.Fouli avec l'infanterie naplouzaine et deux petites pièces de canon portées à dos de chameau. Toute la cavalerie, au nombre de vingt-cinq mille hommes, environnait la petite armée de Kléber; plusieurs fois elle l'avait chargée avec impétuosité, mais toujours sans succès; toujours elle avait été vigoureusement

repoussée par la mousqueterie et la mitraille de la division , qui combattait avec autant de valeur que de sang-froid.

Bonaparte, arrivé à une demi -lieue de distance du général Kiéber, fait aussitôt marcher le général Rampon à la tête de la 3a' , pour soutenir et dégager la division Kléber , en prenant l'ennemi en flanc et à dos.

Au moment où les différentes colonnes prennent leur direction, Bonaparte fait tirer un coup de canon de douze. Le général Kléber , averti par ce signal de l'approche de Bonaparte, quitte la défensive; il attaque et enlève à la baïonnette le village de Fouli , passe au fil de Tépée tout ce qu'il rencontre et continue sa marche au pas de charge sur la cavalerie , qui est aussi chargée par la colonne du général Rampon : celle du général Vial la coupe vers les montagnes de Naplouze, et les guides à pied fusillent les Arabes qui se sauvent vers Jenin.

Le désordre est dans tous les rangs de la cavalerie de l'ennemi ; il ne sait plus k quel parti s'arrêter ; il se voit coupé de son camp , séparé de ses magasins, entouré de tous côtés. Enfin il cherche un refuge derrière le Mont- Thabor ; il gagne pendant la nuit, et dans le plus grand désordre, le pont de £1-Mekanié, et un grand nombre se noient dans le Jourdain en essayant de le passer à gué.

Le résultat de la bataille d'Esdrelon, ou du Mont-Thabor, est la défsiite de vingt-cinq mille hommes de cavalerie et de dix mille d'infanterie par quatre mille Français , la prise de tous les magasins de l'ennemi, de son camp, et sa fuite en désordre vers Damas. Ses propres rapports font monter sa perte à plus de cinq mille hommes.

{Relation de F expédition d Egypte , par Berthier. )

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