HOCHE
Lazare Hoche naquit le a4 février 1768, au petit village de Montreuil, aux portes de Versailles. Son père, qui remplissait je ne sais quelle fonction de bas étage dans la maison du roi, le fit entrer de bonne heure dans les écuries royales avec le titre bizarre d'aide^urnuméraire. Il en sortit à dix-sept ans pour s'engager dans les gardes françaises, où la révolution de 89 le trouva sergent. Lors de la dissolution de soii corps , Hoche entra , comme son camarade l^febvre , dans les rangs de la garde nationale soldée. De là il passa sons-lieutenant au r^imenl du Bouergue, avec lequel il assista au siège de Tbionville. Là, son intelligence et'son courage le firent distinguer du général Leveneiir, qui le choisit pour son' aide-de-camp. Apfès la défection de Dumouriez, Hoche fut appelé devant le comité de salut public, où il déroula, en présence de Carnet, un plan de -campagne si habilement conçu que V organisateur de la victoire s'écria : a Voilà un homme de génie! » Cette séance décida de la fortune de Hoche. Envoyé à Dunkerque avec le grade d'adjudant-gén,éral , il défendit la place contre toutes les attaques des Anglais, et fut nommé général de brigade, et bientôt de division. Sur la fin de 93, à la suite de la prise de Furnes, Hoche se vit, à vingt-quatre ans, commandant en chef de l'armée de la Moselle. L'année suivante il forçait les ennemis d'évacuer l'Alsace, et débloquait Landau. Sur ces entrefaites, une lutte qu'il entreprit de soutenir avec le redoutable Saint-Just faillit l'arrêter tout à coup dans cette brillante carrière. Relégué dans l'armée obscure des Alpes Maritimes, puis arrêté à Nice, et jeté dans les prisons de Paris, il retrouva enfin sa liberté au 9 thermidor. Mais un dégoût précoce s'était emparé déjà du général persécuté. Au lieu de retourner à l'armée, Hoche s'enveloppa presque fastueusement de son manteau , et s'enterra dans une fière et nilencieuse
retraite, n'affichant plus d'autre préoccupation que celle de l'étude. 1^ besoin d activité reprit à la fin le dessus. Nommé en 179^ pour commander l'armée de Brest et de Cherbourg, il se trouva, au sortir de sa solitude, chargé de la tâche la plus difficile et la plus glorieuse que la république pût offrir alors à ses généraux. Il s'agissait d'en finir avec la chouannerie et la Vendée, et pour cela il fallait plus qu'un tacticien ou qu'un sabreur. Hoche se montra à la hauteur de sa mission. Â part le triste épisode de Quiberon , où il ne figura du reste que pour remporter la victoire , son rôle fut tout pacifique sur cette terre encore fumante d'incendies et de carnage. En moins d'un an et demi , il put annoncer officiellement au Directoire la pacification complète des deux rives de la Loire; et le 16 juillet 1796, un décret des Cinq-Cents proclama que Hoche et son armée avaient bien mérité de la patrie. A ce moment. Hoche pouvait se regarder comme l'homme le plus important de la république. Un plan audacieux qui devait reporter l'insurrection sur le sol même de la Grande-Bretagne, allait mettre le comble à sa fortune. Tout était prêt, et déjà la flotte, rassemblée à Brest, avait mis à la voile; mais la tempête dispersa nos vaisseaux. Hoche, arrivé seul en vue des côtes de l'Irlande, dont il voulait faire une seconde Vendée, fut obligé d'aller regagner la France à travers mille dangers, et, se rejetant sur l'Allemagne, il alla faire, à la tête de l'armée de Sambre- et -Meuse, la fameuse campagne de 1797- Partout vainqueur^il allait s'enfoncer dans le pays, quand l'armistice conclu par Bonaparte avec le prince Charles vint l'arrêter tout à coup au milieu de ses succès. Hocbe prit alors le commandement de l'armée de l'intérieur, campée sous les murs de Paris , et déjà peut-être il méditait un 1 8 brumaire. Le Directoire le prévint à temps et le renvoya à son armée de Sambre-et-Meuse, où la mort l'attendait. Dans les premiers jours de septembre 1797 il tomba tout à coup malade , et quinze jours après il expira dans les plus cruelles douleurs. L'infortuné jeune homme emportait en mourant l'idée que le Directoire se vengeait de ses craintes par le poison, a Suis^je donc revêtu de la robe empoisonnée de Nessus? » s'écriait-il dans ses derniei^s jours. Le pacificateur de la Vendée disparaissait delà scène, juste à temps pour laisser la place libre au vainqueur de l'Italie.
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