‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 17 sur 57 · BONAPARTE · texte numérisé non relu

BONAPARTE

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Ce tableau, ou plutôt cette fantaisie épique^ ne répond pas au titre donné. Bonaparte avait dit à David : Peignez • moi calme sur un. cheval fougueux ; ainsi fut fait.

Ce serait donc une biographie à propos d'un portrait équestre qu'il nous Faudrait donner; mais nous croyons que le simple récit de l'épisode qui n'a été qu'un prétexte pour le peintre, doit grandir encore le héros par le prosaïsme même des détails.

a Tandis que TEHrope croit le premier Consul livré à Paris aux soins du gouvernement, il arrive à Genève et prend le commandement de l'armée; c'est là que, résolu à porter la guerre sur le Pô, entre Milan , Gênes et Turin, il choisit la base de ses opérations sur les revers du Simplon et du Saint -Gotbard. Libre de toute crainte sérieuse du côté du général Kray , contenu par Moreau, Bonaparte veut surprendre les défilés des Alpes, pour attaquer les derrières de MétaSf dont les forces disséminées sur Gênes, sur le Var, doivent garder les débouchés des Alpes et de la Iximbardie occupée, mais non soumise. Sur-te-champ, rival audacieux d'Annibal et de César, il décide le passage de l'armée et le transport de sa formidable artillerie par la crête des montagnes , à plus de douze cents toises au-dessus du niveau de la mer. Le général Marescot, chaîné de la reconnaissance du Saint-Bernard , avait eu beaucoup de peine à le gravir jusqu'à l'hospice où stationnait, depuis deux mois, un petit poste détaché du corps du générai Mainoni. « Peut-on passer? fut la seule question de Bonaparte. — Oui, dit Marescot, cela est possible. — Eh bien! partons. » L'annéepassera,lepremier Consul le veut; mais l'artillerie, comment pourrat-dle passer? Cette difficulté était prévue. Les cartouches et les munitions renfermées dans de petites caisses, les affûts démontés, seront portés à dos de mulets. On a préparé des troncs d'arbres creusés de manière à pouvoir con-

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tenir nos pièces de canon, cent soldats s'attellent à chacune d'elles. Lannes commande l'avant-garde. Le 1 7 mai , trente-cinq mille Français , conduits par Bonaparte, abordent le Saint-Bernard. Moncey marche vers le Saint-Gotbard avec quinze mille hommes , pour descendre à Bellinzona. Béthencourt a sa direction sur le Simplon , tandis que Turreau à la sienne sur le Ifont'Cenis. Cette dernière démonstration doit empêcher Mêlas d'abandonner la rivière de Gênes. Au sein des rochers les plus- escarpés, au travers de glaces ét^nelles, au milieu des neiges qui eflbcent toutes les traces et n'ofïrent plus qu'un immense désert, et par des chemins où le pied de l'homme n'a jamais été empreint, les Français montrent un indicible courage : gravissant péniblement, près de succomber sous le poids de leurs armes , ils s'excitent les uns les autres par des chants guerriers. Survient-il un péril presque insurmontable? Alors ils font battre la charge, et comme un ennemi, le péril disparaît devant eux. L'infanterie, la cavalerie, les bagages, les canons, ont atteint les sommités des Alpes, où nos différents corps reçoivent tour à tour, des religieux de l'hospice , tous les secours de la plus généreuse charité. Sur le versant méridional, la marche offrit plus de difficultés encore, et les soldats, les généraux et Bonaparte lui-même , prirent le parti de se laisser glisser sur une pente de neige presque perpendiculaire. (De Norviits, Histoire de Napoléon.)

La peinture nous a donné un Alexandre premier consul domptant Bucéphale, et l'histoire Bonaparte au passage du mont Saint- Bernard.

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