‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 19 sur 57 · NAPOLÉON EMPEREUR · texte numérisé non relu

NAPOLÉON EMPEREUR

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« Au lieu de tuer le premier Consul en 1600, les machinations anglaises l'ont fait consul k vie; au lieu de le tuer en i8o4 , elles le font empereur. L'Autriche, la Prusse, ont provoqué le premier Consul à. fonder un système d'hérédité. Elles attendaient un roi, c'est un empereur qui se montre à dies. Toutes deux reconnaissent sur-le-cbamp le souverain héréditaire ; mais pour te titre impérial , l'Autriche met une condition; elle réclame la parité pourles maisons souveraines- La -maison Bonaparte refuse l'égalité à la maison d'Autriche; les Bourbons ne t'accordaient pas. Le chef de la maison d'Âiitriehe qui, comme empereur d'Allemagne , n'est qu'empereur électif, veut , de son côté , devenir empereur héréditaire. On se met d'accord. Les deux empereurs se reconnaissent réciproquement, et Napoléon promet de prêter son appui pour faciliter la reconnaissance de l'empereur héréditaire d'Autriche.

« Louis XVni proteste contre l'usurpation de son trône ; sa protestation est envoyée à toutes les cours ; presque toutes la laissent sans réponse. L'empereur des Français exige davantage. II trouve mauvais qu'on ait reçu une pièce dirigée contre la légitimité iiu gouvernement impérial que l'on vient de reconnaître avec l'hérédité dans sa famille. La protestation d'outre-mer l'inquiète si peu qu'il l'a fait imprimer dans le Moniteur.

» Si les cours de Berlin et de Vienne ont salué empereur le chef du gouvernement français , si le roi d'Espagne et les autres princes de la maison de Bourbon ont été les plus empressés à lui offrir leurs félicitations, une voix hostile a troublé ces acclamations de l'Europe, celle de la Russie; entre elle et la France, ce n'est pas encore la guerre, ce n'est plus la paix.

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« La reconnaissance de la dignité impériale dans la personne de Napoléon par tontes les puissances , moins la Russie et l'Angleterre , ne lui -suffit pas. Il faut qu'une consécration religieuse rende le nouveau trône respectable aux yeux du pape et des étrangers. Quel prêtre est digne de ce ministère si ce n'est le chef de l'Église ? Napoléon sera sacré par le saint Père ; mais il se couronnera lui-même. Loin de s'abaisser devant la cour de Rome dans le moment où il lui demande une si grande faveur, d'une part il supprime les jésuites, de l'autre il proclame l'intégrité du territoire de la république italienne; ôtant ainsi an Saint-Siège tout espoir de voir récompenser sa complaisance spirituelle par une augmentation temporelle de puissance.

H Éblouie par sa gloire au dehors , par l'importance de ses travaux au dedans, la France se livre sans réserve à un pouvoir qu'elle ne limite plus et qui ne sait plus se limiter lui-même. Tout lui est dévoué par enthousiasme, par intérêt ou nécessité. Les entraves constitutionnelles dont le maintien ont été un bienfait pour lui-même ont cédé à son esprit dominateur; ses volontés n'ont plus d'obstacles à craindre.

« Déjà sa dynastie tient une grande place dans les annuaires européens. Trois de ses frères sont rois ; ses beaux-frères, grands-ducs ou princes. Des mariages ont joint sa famille aux maisons de Bavière, de Bade et de Wurtemberg. Si une autre alliance plus éclatante encore n'a lieu que plus tard , dès Tilsitt elle est possible. « ( Bichon , Histoire de France. )

11 y a loin de là au lieutenant du siège de Toulon , au petit caporal , mais le manteau impérial déchiré à Waterloo, c'est l'histoire d'apparat; la redingote grise, c'est l'histoire populaire.

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