‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 20 sur 57 · DE L'EMPEREUR NAPOLÉON · texte numérisé non relu

DE L'EMPEREUR NAPOLÉON

« La France touchait à un grand événement, préparé, prévu, craint ou désiré depuis trois ans, la 6n de k république, la création de l'Empire, un nouveau déuoument de la révolution. Naptoléon n'avait point d'opposition sérieuse à redouter. Les républicains restés Bdèles n'exhalaient que des regrets stériles. Le plus grand nombre des royalistes, que n'intéressait guère la cause des Bourbons, n'aspiraient qu'au rétablissement d'une monarchie. La nation, travaillée dans ce sens par le gouvernement consulaire, était assez indifférente, et ne voyait qu'un simple changement de forme dans cette grande .métamorphose. Une poignée de royalistes , agents des Bourbons , armés et poussés par l'Angleterre, attendaient en prison la peine de leur audacieuse entreprise. Les partisans de Moreati, les uns jaloux de la liberté, la plupart envieux de l'élévation du Premier Consul , pouvaient seuls lui donner -quelque inquiétude. Il n'était pas homme à reculer devant un semblable obstacle; c'est au contraire dans le moment où l'on a conspiré contre sa vie , et où on tourne contre lui l'intérêt qu'inspire encore un des accusés , qu'il va fonder un trône héréditaire et s'y asseoir. >■ ( Thibaudeau ).

La cérémonie du sacre eut lieu le a décembre i Ho4. Napoléon avait convoqué dans la capitale des députations de toutes les autorités administratives et judiciaires, de toutes les gardes nationales de l'Empire , de tous les corps militaires , les présidents des arrondissements de chaque préfecture , les maires des principales villes, etc. Indépendamment de ce surcroît de population, Paris vit accourir dans ses murs une multitude de curieux, empressés d'assister à une solennité dont la renommée exagérait encore la .splendeur ; les étrangers

eux-mêmes vinrent pour admirer le complément de lafortune la plus extraordinaire du siècle. Cest à travers un concours immense de spectateurs de tout âge, au milieu du cortège le plus imposant, que le pape, Napoléon et Joséphine, son bongéniey se rendirent à l'église métropolitaine de Notre-Dame, où devait se célébrer la double cérémonie du sacre et du couronnement. Pie VII officia pontificalement et avec toute la pompe de l'Église Romaine. Le nouvel empereur avait Élit présent à la cathédrale de vases sacrés en vermeil et enrichis de diamants, d'ornements magnifiques, et généralement de tous les objets nécessaires au service divin. Napoléon et Joséphine furent oints de l'huile sainte sur le front et sur les deux mains. En attendant que les prières du sacre fussent achevées , l'Empereur et Tlmpératrice allèrent s'asseoir sur leur trône , d'où ils s'avancèrent une seconde fois vers l'autel pour la cérémonie du couronnement. Immédiatement après que le Pape eut béni les deux couronnes , Napoléon saisit brusquement celle qui lui était destinée , et se la plaça lui-même sur la tête ; il prit ensuite l'autre couronne et la posa sur le front de l'Impératrice qui était restée à genoux au pied de l'autel.

Quand l'office divin fut achevé , l'Empereur assis , la couronne sur la tête, et la main sur le livre de l'évangile, que tenait le grand-maître des cérémonies M. de Ségur, prononça devant les trois présidents du sénat, du corps-Iégi^atif et du tribunat , te serment dont la formule se rattache « l'acte constitutionnel de l'Empire. Après quoi , te chef des hérauts d'armes s'écria d'une voix forte et élevée : « Le très glorieux et très auguste Empereur Napoléon , Empereur des Français, est couronné et intronisé ; vive l'Empereur ! » Les voûtes delà basilique de Notre-Dame retentirent au même instant des cris répétés de : Vive l'Empereur! vive l'Impératrice! Les deux époux sortirent ensuite de l'Église au bruit des mêmes acclamations , dans le même ordre et avec le même cérémonial qu'ils y étaient entrés. {F'ictoires et conquêtes.)

mm.

ÊM

jp^^n

iSfflP

^JBfm \

Page 1