‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 23 sur 57 · LANNES · texte numérisé non relu

LANNES

Lannes (Jean), duc de Montebello, né à Lectoure, département du Gers, le 1 1 avril 1 769, répondit l'un des premiers à l'appel de lai réquisition en 1 792. Il était alors en apprentissage chez un teinturier. Il partit pour les Pyrénées- Orientales en qualité de sergent-major de Tun des bataillons qui se formèrent dans le midi de la France. Colonel (chef de brigade) en 1795 /le traité de Bâle y qui rétablit la paix entre la France et TEspagne , le renvoya dans ses foyers. Mais à la fin de 1 796 il part comme simple volontaire pour l'armée d'Italie, et c'est au combat de Millesimo et sur le champ de bataille qu'il est de nouveau nommé colonel. Â la bataille de Bassano, aii passage du Pô, ^ la bataille de Lodi, an siège de Pavie, et à celui de Mantoue , partout enfin il se signala par des traits d'audace et de vaillance qui fixèrent tous les regards et excitèrent l'admiration de l'armée. A la bataille d'Arcole il combattit , malgré des blessures non encore fermées, et voulut payer par de nouveaux exploits le grade de général de brigade qu'il avait conquis au siège de Mantoue, en enlevant à la baïonnette l'un des faubourgs occupés par l'ennemi. Commandant de l'avant-garde , lorsque Bonaparte marcha sur Rome, il emporta de première attaque les retranchements d'Incoln à l'abri desquels l'armée papale s'était flattée de prolonger sa résistance , et Rome fut soumise. Négociateur improvisé, Lannes activa le traité de Campo-Formio et alla prendre rang parmi les héros du grand poème épique de l'expédition d'Egypte. Désormais la fortune de Bonaparte est la sienne, et il est un des principaux acteurs du

i8 brumaire. L'Italie s'ouvre de nouveau à ses exploits, et à la bataille de Marengo il soutint pendant sept heures les efforts de l'armée autrichienne et le feu terrible de quatre-vingts pièces de canon. Le sabre d'honneur qu'il reçoit des consuls sort du fourreau à Lisbonne, et le soldat ambassadeur est ramené à sa vie réelle, 19 mai 1804, par la dignité de maréchal de France et de grand-cordon de la Légiond'Honneur. En 1 8o5, dans la guerre d'Autriche, il reprend son commandement et son poste favori d'avant-garde; de combat en combat il arrive, toujours victorieux, à Vienne, et sort de cette place pour combattre les Russes venus au secours des Autrichiens. Sous le soleil d'Austerlitz(2 décembre i8o5) il commande l'aile gauche de l'armée et fut pour beaucoup dans le succès de cette grande journée; ses deux aides-de-camp furent tués à ses côtés. Après l'armistice du 7 il occupe la Moravie avec ses divisions. A la bataille dléna il commande le centre de l'armée. Il fit la campagne suivante contre les Russes, les battit à Pulstuk, et, blessé dans ce combat, se vit force de venir prendre quelques jours de repos à Varsovie. Dès qu'il put remonter à cheval, l'Empereur le chargea de soutenir les opérations du siège de Dantzik avec cette fameuse division Oudinot, si célèbre dans nos fastes militaires. Au combat de Friedberg il commande de nouveau le centre de l'armée. C'est à la fin de cette campagne qu'il fut nommé colonelgénéral des Suisses. En 1808, il alla en Espagne, battit à Tudela les généraux Castanos et Palafox, et dirigea les opérations du second siège de Sarragosse. Des ruines de cette ville, Launes, à la voix de l'Empereur, revint sur les rives du Danube pour combattre les Autrichiens. Il gagna le ao avril 1 809 la bataille d'Abensberg, prit une part considérable à celle d'Ekmûhl le aa, et le jour suivant au combat de Ratisbonne qui entraîna la reddition de cette place. Il prit ensuite le commandement de l'avant-garde qui devait marcher sur Vienne, bombarda et fit capituler cette ville le la mai. Le ai suivant eut lieu cette bataille d'Essling, où durant deux jours la victoire disputée avec acharnement fut sur le point d'échapper aux Français, parce que les ponts sur le Danube, qui établissaient la communication de Tile où est situé le village avec la rive opposée, ayant été rompus, les munitions de guerre vinrent à manquer. C'est à la fin de cette longue et désastreux journée que Lannes fut atteint d'un boulet de canon qui lui emporta la jambe droite et lui fracassa la gauche au-dessus de«la cheville. Transporté à Tile de Lobau sur les fusils de douze grenadiers , il y subit une opération à la suite de laquelle il mourut à Vienne, le 3i mai suivant, a Je l'avais pris pygmée et je l'ai laissé géant, » a dit de lui Napoléon. ( Biographie contemporaine, )

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