‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 30 sur 57 · SUCHET · texte numérisé non relu

SUCHET

Loais-Gabriel Suchet, né à Lyon, le 2 mars 1770, était, en 179^, chef de bataillon à la 18* demi -brigade. Il se signala dans la campagne de 1795, en Piémont, et fut blessé denx fois l'année suivante. Une action d'éclat lui valut le grade de chef de brigade, et, en cette qualité, il fut chargé, avec le colonel Ruby , de porter au directoire vingt-cinq drapeaux pris sur les Suisses ( 1 8 mars 1 798 ). Quelques jours après , il reçut le brevet de général de brigade , passa ensuite à l'armée de Mayence , fut bientôt nommé général de division et chef d'état-raajor de l'armée dltalie ; commanda la gauche de cette armée sous Masséna ; échoua dans l'attaque des retranchements du Monte San-Giacomo, et répara cet échec par cette habile retraite que couronna dignement la belle défense du pont du Var ( 1 800 ). Le général Suchet , par une utile diversion , contribua aux dispositions qui devaient assurer le passage des Alpes, et amener, après la victoire de Marengo, la seconde conquête de lltalie. Blessé à Eylau , il était , quelques jours après , à la tète de sa division ; en août suivant , il fut investi du commandement en chef du cinquième corps ; fut envoyé en Espagne ; prit part au siège de Sarragosse, et commanda le troisième corps, devenu armée d'Aragon. L'année précédente, l'empereur l'avait nommé comte. Depuis longtemps il avait les yeux fixés sur le général Suchet qui, placé à la téted'une bible armée, sut contenir toute une province, et justifier le choix impérial en se conciliant la bienveillance et le respect des peuples, l'amour et la confiance du soldat. A Maria et àBelchite, il lui suffit de six mille Français pour détruire ou disperser, en quelques jours, l'armée deBlacke, forte de vingt mille hommes. Il prit Lerida, qui avait résisté au

grand Condé , la ville et le fort de Mequinenza , Tortose , le fort Saint-Philippe de Balaguer.Tarragone, dont le siège dura deux mois. Cette dernière place ne fut emportée qu'au sixième assaut, le a8 juin 1811. L'empereur témoigna omnbien il était satisfit du général en chef, en l'élevant au grade de maréchal de l'empire (8 juillet). Revêtu de cette haute dignité, le comte Suchet s'en montra digne , en prenant le Mont-Serra^ ; en gagnant la bataille de Sagonte , où il fut blessé , et à la suite de laquelle la garnison du fort accepta la capitulation qui lui fiit proposée par te maréchal. Quelques mois après, Valence ouvrit ses portes au moment où elle allait être livrée au pillage , au carnage aux flammes, en6n à toutes les horreurs qui suivent un assaut (10 janvier 1812). Napoléon , pour récompenser les services du chef et des soldats de l'armée d'Aragon, nomma l'un duc d'Albufera, et accorda aux autres deux cents millions de dotation (34 janvier). Plus tard, il conféra au maréchal Suchet le titre de colonel^énéral de sa garde Vers la fin de mars 1814, le duc d'Albufera fut chargé de protéger la rentrée de Ferdinand Vil dans ses états. Il reçut le roi d'Espagne à Perpignan ; mais il ne consentit à laisser ce prince continuer son voyage qu'autant que son frère don Carlos resterait comme otage en France, condition qui fut acceptée par le monarque. Le i4 avril, le duc d'Albufera fit sa soumission au gouvernement de Louis XVm, qui lui donna un siège k la chambre des Pairs. En i8i5, Suchet commanda l'armée des Alpes. Il est mort le 3 janvier i8a6, au château de Saint-Joseph, près de Marseille. Le maréchal ducd'Albufera était grand<roix de la Légion-d'Honneur, commandeur de Saint-Louis et de l'ordre de Saint-Henri de Saxe, chevalier.de l'ordre du Saint-Esprit et de la Couronne de Fer.

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