‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 32 sur 57 · LASALLE · texte numérisé non relu

LASALLE

Antoine-Charies-Louis, comte de LâsaUe, général de division, grand-officier de la Légion-dllonneur, chevalier «le la Couro«ne-de-Fer et des ordres de Bavière, naquit à Metz, le lo mai 1775, d'un coannissaire-ordonnateur des guerres. Officier au régiment d'Alsace avant l'âge de onze ans, il abdique à la révolution ce grade de faveur pour remonter plus noblement dans la hiérarchie militaire. Fourrier après une action d'éclat, il s'empara d'une batterie à ta tète de quelques chasseurs du a5' régiment; sous-lieutenant à dix-neuf ans , aidede-camp-du général Kellermann,. capitaine, chef d'escadron tour à tour, il était colonel àRivoli, où, can^surle femeux plateau avec le brave Joubert, il culbuta dans les ravins les formidables colonnes ,-d'Alviniii ; aussi Bonaparte lui dit-il : « Reposez-vous sur ces trophées , vous Favez bien mérité. » A Valvazone, à la tète de seize cavaliers des guides, il repoussa jusqu'au-delà du Xagliainentn un escadron de houlans. Fait prisoimier par Wiirmser, qui lui demandait l'âge de^ Bonaparte : a II a, dit-il vivement, l'âge deScipion quand il vainquit Aunibal.v

Vint la campagne d'Kgypte; le chef de brigade Lasalle fit des prodiges de valeur aux Pyramides, à Salatiyeh , où il descendit de cheval , au milieu d'une charge , pour ramasser son sabre; aux combats de Souagy , de Soheidjah , de Rahtah , de Sahmoud, k Thèbes, à Thème, à Géhémé, où il sauva la vie au général Davoust, dont il commandait l'avant-garde. A Belbeys , un corps de cavalerie et d'intanterie lui suffit pour maintenir la sûreté des communications entre le Caire et Salahyeh. De retour en Europe avec le général Desaix , il eut trois chevaux ttiés sous lui, et brisa sept sabres, dans une obscure escarmouche, en Italie. Sa fortune gi'andit avec celle du premier consul , bientôt empereur. Général à Austerlitz , il commandait une brigade de dragons. Dans la guerre de Prusse, en 1806,

sous les ordres de Murât , it fit mettre bas les armes au prince de Hohenlohe , avec seize mille hommes , six régiments de cavalerie , soixante pièces de canon et quarante-cinq drapeaux ; quelques jours après , il fit capituler Stettin et sa garnison de six mille hommes, à la tête de deux régiments de cavalerie; la place renfermait cent soixante bouches à feu. A la bataille dlleilsberg, il dégagea Murât, entouré par douze dragons russes; envotoppé à son tour, il fut délivré par le grand-duc , qui lui serra ia main , en disant : « Général, nous sonmies quittes.»

Envoyé en Espagne, après le combat de Rœnigsbei^ et la bataille de Friediand, où il s'était distingué à son ordinaire, il fut chargé par le duc d'Istrie de disperser les bandes de Léon et des Asturies; il se porta de Bui^os k Torquemada , où, avec six mille hommes de pied et huit cents chevaux, il refoula vingt-sept mille Espagnols , désarma la ville et la province de Palencia , détruisit à Cabeson un second corps de révoltés et pénétra dans Valladolid. A Medinadel-Kio-Secco , il décida la victoire par des charges brillantes , et gagna la décoration de grand-officier de la l^gion-dllonneur. A la retraite de Vittoria , il fut toujours à l'arrière-garde. Lors de la venue de Napoléon , qui ramena le succès sous nos drapeaux , il battit a Burgos une division ennemie , prit dixsept pièces de canon , et quatre drapeaux à Villaviejo. A la bataille de Medelin (a8 mars 1809), l'armée française était écrasée par l'artillerie espagnole, et la retraite n'était possible que par le pont de la Guadiana ; Lasalte fit chai^r ses dragons sur un carré de six mille hommes, et l'ennemi fiit enfoncé; quinze mille morts et cinq mille prisonniers furent le fi-uit de cette journée , une des plus décisives de la guerre d'Espagne.

Quand la guerre fut déclarée à l'Autriche (1809), Lasalle, rappelé dans le Nord , se trouva à Presbourg , à Altenboui^ , au siège de Baab, à la sanglante bataille d'EssHng. A Wagnim , entraîné par son ardeur au milieu des carrés autrichiens , dans une charge de cavalerie , il fut frappé d'une balle au fixmt , au moment où le bâton de maréchal l'attendait peut-être ( 5 juillet 1809); il n'avait que trente-quatre ans.

^^^P|H^P' '^"^x^^Xt" ^^^^^^^1

r là

^i^^^II^I^^Iq^b^ ^^^^I

\l 'lUf ^ts^^^^^ 1

^^h^sd£/yv~' ^BBIT' --^^H

Page 1