‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 33 sur 57 · BATAILLE DE WAGRAM · texte numérisé non relu

BATAILLE DE WAGRAM

® jnDTSSdZflSX ASdDS)

Dans cette grande affaire , l*in)prévii va mettre en relief tout le génie de Napoléon. Un préInde assez heureux d'avant-garde n*avait pas empêché le centre des Autrichiens d'occuper Aderklaa évacué par Bemadotte, et leur droite marchait aux ponts. Ils prenaient ainsi à revers les lignes françaises et mettaient toute Farmée en péril; un coup d'œil suffit à Napoléon pour mesurer le mal et pour y porter remède. Il laissa à Davoust le soin de déborder Rosenbergy de le rejeter sur Wagram; il courut & Masséna, lui donna le commandement de toute la gauche, lui prescrivit de rentrer dans Aderklaa; enfin il prit Eugène, Marmont, Oudinot, les Bavarois et les réserves, pour former le centre, et leur fit faire un changement de front l'aile gauche en arrière, de manière à les ranger de Baumersdorf à Raschdorf.

Ce mouvement, qui s'exécuta sous les ordres d'Eugène, avec une admirable précision , fut protégé par l'attaque d' Aderklaa. Masséna enlève d'emblée le village; puis en s'y maintenant pendant trois heures, il s'oppose au déploiement du centre de l'archiduc. Enfin assailli parle prince en personne, débordé par sa droite, il dut céder la position; mais le vice-roi était en mesure^ et l'on pouvait reculer sans rien compromettre. L'infanterie se forma par bataillons serrés en masse et se replia en obliquant à gauche eh arrière, et en repoussant avec vigueur les charges de la cavalerie ennemie; lorsqu'elle eut repris l'alignement du centre à la hauteur de Raschdorf, elle fit halte.

Il était dix heures : à ce moment, l'archiduc ayant déblayé le débouché de son centre, s'avançait dans la plaine. Napoléon, qui ne voulait ni se porter audevant de lui , ni engager la mêlée, l'attendit de pied ferjne, couvert sur ime demi-lieue de front par 60 pièces d'artillerie de la garde. A l'approche des Autrichiens, toute la batterie vomit un feu terrible et les força de suspendre leur marche. La canonnade s'ouvrit de part et d'autre; elle se termina à Favan tage des Français , l'ennemi fut réduit au silence.

Cependant la gauche du généralissime pénétrait dans Finteryalle que Masséna avait laissé vide entre le Danube et lui. Le maréchal expédiait ses aides-de-camp pour annoncer le progrès de Tennemi, pour demander des ordres, le canon tonnait déjà sur ses derrières; la division Boudet, qu*on avait laissée à la garde des ponts, était refoulée dans Tîle; la retraite était menacée.

Napoléon semblait indifférent à ces nouvelles, il écoutait en silence et portait ses regards non du côté du Danube, mais vers sa droite. Enfin, à midi, il aperçut Davoust, qui depuis le matin cherchait à tourner Rosenberg, dépasser Neusiedel; il vit le corps autrichien plier; il vit qu'il n*avait plus de diversion à craindre de la part de l'armée de Hongrie , et il s'écria vivement : et Courez dire à Masséna qu'il reprenne l'attaque, la bataille est gagnée. »

Masséna tomba impétueusement sur les colonnes qui avaient osé déborder; il leur enleva Essling où elles cherchaient un appui, il rallia Boudet, et culbutant tout sur son passage, il seconda puissamment, en se portant jusqu'à Léopoldau, le mouvement que faisait le centre.

Napoléon s'était assuré que Davoust avait pris l'ascendant et devait passer jusqu'à Wagram, il le fit côtoyer par Oudinot, puis flanquer de l'autre côté par Masséna; il n'hésite plus à former le reste de son centre en colonnes et à le pousser en avant.

Macdonald se mit en première ligne avec 8 bataillons déployés et i3 bataillons en masse sur les ailes. En seconde ligne j le vice-roi suivit avec deux divisions, les cuirassiers et la cavalerie légère de la garde aux ailes; enfin, en troisième ligne. Napoléon, la vieille et la jeune garde et les grenadiers à cheval. Rien ne put arrêter l'élan de cette masse formidable, les lignes de l'ennemi se rompirent devant elle. En la chargeant en flanc, elles lui firent éprouver de cruelles pertes ; mais elle traversa sans s'arrêter toute la plaine , et lorsqu'en saisissant enfin Sussenbraun, Macdonald eut trouvé un point d'appui qui jusque alors lui avait manqué, l'archiduc, dont les ailes avaient déjà perdu Wagram et Léopoldau, renonça au champ de bataille et ne combattit plus que pour assurer sa retraite.

Cette journée , où deux armées de 200,000 combattants se heurtèrent et où le sort de l'Europe fut encore une fois décidé, coûta aux impériaux près de 38, 000 hommes, mais peu de prisonniers; aux Français i5,ooo blessés et 6,5oo tués, parmi lesquels les braves généraux Lasalle et Lacour. Macdonald, Oudinot et Marmont reçurent sur le champ de bataille le bâton de maréchal, Masséna le titre de prince d' Essling.

41^*= 2 =îèlH= l'empêchent de rien savoir de tout ce qu'on me fait souffrir; car Marie-Louise est la vertu même'.* »

Marie-Louise, jetée par te sort des batailles dans les bras de C'^ésar vainqueur, ne resta pas esclave d'un deuil d'apparat, et, ne pouvant que déroger par une alliance politique, éleva secrètement jusqu'à elle im général autrichien. Neiperg est le nom obscur que substitue Marie-Ixtuise au grand nom de Napoléon. Son fils ne lui pardonna cette faiblesse qu'à son lit de mort La révolution de juillet avait éveillé en lui bien des espérances , bien des ambitions qui fermentaient en lui comme la fièvre. Nulle voix ne l'appela, et il ne fit plus que languir. Quand il vit que le mal était sans remède, il fit approcher de son lit le berceau en vermeil que la ville de Paris avait ofiert à l'impératrice le jour de sa naiî^sance. <t Laissez-le prés de moi , dit-il d'une voix douce et calme; ce berceau et mon lit, voilà l'image des deux extrémités de ma vie : il n'y a entre ce lit et ce beau berceau que mes vingt et un ans , mon nom et des douleurs, et même rien que mon nom ! -o II parut vivement souflHr. « Oui, ajouta- t-il avec feu, laissez-le près de moi; mon berceau sera près de ma tombe ! b Le aa juillet 1 83a , on comptait parmi les bonheurs de Louis- Philippe, roi de France, la mort de Napoléon il, roi de Borne, duc de Beichstadt.

Page 1