NEY
-iHiH
Hî*#^
Ney (Michel), prince de la MOskowa, duc d'Etchingen, maréchal de France, qtii hérita de Lannes le surnom de Brave des Braves , naquit à Sarre-Louis , le 10 janvier i '^69. Destiné au notariat, il s'ennuya par anticipation de la vie civile, et s'engagea dans les 'hussards(i3 février 1787). En 1790, il était officier; adjudant-général, en 1796. Il se distingua aux combats de Diedorf et <le Montabaur, s'empara de Wurlzbourg , .où il fit a,ooo prisonniers , força le passage de la Reydnitz, et fut promu augrade de général de brigade. En l'an v, sous te généra] Hoche, il fut fait prisonnier à Grissen, puis échangé. En l'an vi, sous Bernadotte , il fît capituler Manheim à ta tète de i5o honjmes, reçut deux blessures à Altikow et Fraentald , gagna lesxombats de Kelbron et de Lauffen , et attaqua la ligne du Rhin , au moment où Masséna triomphait à Zurich. Après la chute du Directoire , le premier Consid' l'emmena en Italie ; il fit des prodiges de valeur à Marengo.
De retour â Paris, peu de temps après il partit poul- la Suisse en qualité de ministre plénipotentiaire. C'était encore la guerre, puisqu'il fallut occuper Zurich et licencier de vive force les troupes du général Brackmann; en i8o3, sa mission était terni inée.
En i'8o4, nommé maréchal de l'empire, il se trouva au camp de Boulogne, et huit jours après en Autriche, à la tête du 6^ corps; il était à Elchingeit où il gagna son duché, à Ulm contre les Autrichiens, à léna contre la Prusse, à Friediand contre la Russie. Lors de l'invasion d'Espagne, il contribua à battre Wellington à Madrid , le général Wilson à Bancs. Envoyé en Portugal, it y mena la guerre avec vigueur, jusqu'au jour où il se prit de jalousie avec Masséna, qui, ne pouvant le faire plier, le destitua après plusieurs échecs causés par leur funeste mésintelligence.
Vint la fameuse guerre de Russie ; Ney, commandant du 3* corps, fit des chaînes brillantes à Liady , Smolensk , Valontina, et décida la célèbre victoire de la Mo&kowa. Napoléon te créa prince sur le champ de bataille. La désastreuse retraite eut lieu. Ney s'y couvrit de gloire; séparé de l'armée à K.rasnoe
( 1 8 novembre ) avec sa division , il la rejoignit à Orcha après avoir échappé aux Russes comme par miracle , et passa la Bérésina.
En I SiSy il força le dé61é de Posserna, soutint à Lutzen le choc de 120,000 hommes et commanda l'aile gauche à Bautzen. En (8149 dans cette campagne toute d'inspiration où les généraux, presque livrés à eux-mêmes, agissaient sans contrôle , Ney déploya une incroyable activité ; à Brienne , à Mézières, à Champ-Aubert , à Montmirail , à Château-Thierry; il se battait encore lorsqu'il apprit la capitulation de Paris. Désigné avec le duc de Tarente et le duc de Vicence pour négocier au nom de la régence, il fut le premier qui annonça à Napoléon sa déchéance , et se tourna dès-lors vers la famille des Bourbons.
Commandant des dragons, des chasseurs et des chevau-légers-lanciers de France, chevalier de Saint-Louis, pair, gouverneur de la 6"** division militaire, il se rallia franchement à la cause de Louis XVIII. Lors du débarquement de l'ile d'Elbe, comme pour mettre une barrière infranchissable entre l'Empereur et lui , il se prit à maudire le dieu déchu ; mais le dieu marchait toujours. Les troupes criaient déjà viVe V Empereur l l'épreuve était trop forte. Ney sanctionna l'enthousiasme des soldats par la fatale proclamation qui devait être une des pièces les plus accablantes de son procès.
Après Waterloo, où il ne put se faire tuer, Ney, de retour à Paris, convaincu que la cause de FEmpereur était désespérée, voulut partir pour les États-Unis, puis pour la Suisse. Il fut arrêté au château de Bessonis, près d'Aurillac, au moment où parut l'ordonnance du a4 juillet. Déposé à la Conciergerie, il fut traduit devant un conseil de guerre. Le maréchal Moncey se récusa; le conseil se déclara incompétent à la majorité de cinq voix contre deux. Le duc de Richelieu , président du conseil des ministres, le traduisit alors devant la chambre des Pairs, et l'affaire se jugea rapidement. L'article xii de la convention de Paris du 3 juillet fut inutilement invoqué. La royauté fut implacable , et, le 7 décembre 181 5, à neuf heures vingt minutes du matin, le maréchal Ney tomba percé de six balles au bout de l'allée solitaire de l'Observatoire.