PONIATOWSKI
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Pouiatowski (le prince Joseph Ciolek), ministre de la guerre du grandduché de Varsovie 9 généralissime des armées polonaises, maréchal de l'empire français, chevalier des ordres de TAigle-Blanc, de la croix militaire de Pologne de première classe, grand -aigle de la Légion -d'Honneur, etc., naquit à Vienne ( Autriche ) le 7 mai 1 766. Il était neveu du dernier roi de Pologne, Stanislas- Auguste Pouiatowski; fils du prince André, lieutenantgénéral au service d'Autriche, et de la princesse Kinsky ; et petit-fils de Stanislas Poniatowski, célèbre compagnon d'armes de Charles XII , roi de Suède. Sa vie en dehors de la France appartient à l'histoire de la Pologne, et le place à côté du grand Rosciuszko. Poniatowski devient nôtre, non sans quelque répugnance, le jour où le grand-duc de Berg, Joachim Murât, fit son entrée à Varsovie. C'était le a8 novembre 1 806. Bientôt Napoléon lève tous les scrupules au nom de la liberté; mais les Polonais veulent avant tout leur existence politique, et s'ils combattent pour la France, c'e$t en leur Do.in et avec leurs couleurs nationales. Poniatowski a contre; lui les précédents honteux de son oncle, et ce n'est quà force de courage et de.dévouement qu'il triomphe des méfiances et marche à la popularité. En vain Napoléon ^ après la bataille de Wagram, 6 juillet iBoq, dispose de Cracovie en faveur des Autrichiens; Poniatowski tient à sa conquête et la garde, au grand scandale des puissances du Nord. Le duché de Varsovie, augmenté de quatre nouveaux départements, avait chance de vie; mais la France l'exploite à son profit, et^ en 181a, s'il a quatre-vingt mille hommes sous les armes, sans compter la légion de la Vistule employée en Espagne , la moitié lui est enlevée pour être jetée dans les cadres de l'armée française; l'autre, appelée le 5' corps de la grande armée, est mise sous les ordres du roi de Westphaliei Jérôme Napoléon, qui en cède
bientôt le commandement à Poniatowski. Le bonheur s'était enfui, restait encore la gloire, et Poniatowski commence son immortalité Son nom est partout: à Smolensk, à la Moskowa, à Tschericove. La Pologne tombe; la France lui reste et le voici, pendant la campagne de i8i3, prenant une part glorieuse à la prise de Gabel, deFriedland et de Richeberg. Chaque jour il voyait diminuer le nombre de ses Polonais. A la journée du i6 octobre, il fit, devant Leipsick, des efforts qui paraissaient être au-dessus de ses forces. Le soir, Napoléon fit annoncer dans tous les rangs que, voulant donner au prince Poniatovrski une dernière marque de sa haute estime, et en même temps rattacher plus étroitement aux destinées de la France, il lui conférait la dignité de maréchal de FEmpire. Le i8 octobre, il se battit encore toute la journée; chargé de protéger la retraite de l'armée française, et n'ayant avec lui que sept cents hommes à pied et soixante lanciers, il contint les colonnes ennemies qui s'avançaient en force. Par une méprise funeste, tous les ponts avaient été coupés par les Français eux-mêmes; alors, ne voyant plus de salut, il s'écria en agitant son sabre: a Compagnons, mourons comme il convient aux soldats de la patrie ; mais vendons chèrement notre vie. » Se jetant alors sur une colonne prussienne qui le repoussait, il en refoula le premier rang. Déjà blessé pendant la journée , il reçut à cette dernière charge un coup de feu à l'épaule gauche. Ses soldats l'entourent et le conjurent de se conserver à la Pologne pour des jours plus heureux. « Non , dit-il , Dieu m'a confié l'honneur des Polonais, cest à lui seul que je veux le remettre, j» U reçut encore une blessure et parvint cependant à passer la Pleisse à la nage, pour protéger la retraite de ses troupes légères. Arrivé, avec une suite peu nombreuse, sur les bords de l'Elster, dont les flots rapides emportaient avec eux les débris de la journée, l'ennemi lui criait encore de se rendre, mais en vain; se trouvant trop faible pour se battre, il se jeta dans le fleuve et disparut, le 19 octobre 181 3. Son corps ne fut retrouvé que cinq jours après : il fut embaumé et porté à Varsovie par ses compagnons d'armes , où tous les honneurs dus à son rang lui furent rendus, par ordre de l'empereur Alexandre. I^ lieu de sa mort, à Leipsick, est consacré par un modeste monument, que Farmée polonaise lui éleva à son retour de cette désastreuse campagne. Plus tard ses dépouilles mortelles trouvèrent place dans le tombeau des rois à Cracovie : il y repose à côté de Sobieski et de Kosciuszko.