BATAILLE DE HANAU
Le gros de l'année austro-bavaroise , sous les ordres du général deWrède, occupait Hanau. Napoléon part de Schluchtem et culbute une brigade autrichienne qui inquiétait son passage. Certain qu'une bataille devait encore ouvrir à son armée les portes de la vieille France , il fît diriger sur Coblentz tous les bagages, sous la protection de la cavalerie des généraux Milhaud et Lefebvre- Desuouettes. En efîet, le 3o, quarante-cinq mille hommes l'attendaient sur la Rintzig, en avant de Hanau, couverts par une artillerie formidable. Au déboucbé de la forêt qui sépare les deux armées, Napoléon, faute d'artillerie , est obligé de suspendre l'attaque et de se borner à la fusillade de ses liraitteurs. À trois heures, le général Drouot parait avec cinquante pièces de la garde , et fait taire le feu de l'ennemi. Mais une charge générale de la cavalerie austro-bavaroise, profitant du moment où le général Nansouty étend la sienne sur la droite, entoure de si près l'artillerie française, que les canonnîers doivent défendre leurs pièces à l'arme blanche. Alors la cavalerie de la garde et les cuirassiers dégagèrent l'artillerie, et, culbutant par une charge à fond l'infanterie ainsi que la cavalerie des ennemis, dispersèrent entièrement leur gauche. Cependant le général de Wrède, pour ^voriser sa retraite , engagea sa droite dans une attaque vigoureuse, qui, bientôt arrêtée par une autre partie de la garde , n'eut pas plusdesuccèsque la première; et l'armée austrobavaroise, repoussée en désordre au-delà de la Rintzig, ne put se rallier que la nuit sous le canon de Hanau , après avoir eu six à sept mille hommes tués , blessés et prisonniers. Ainsi se termina cette bataille que la trahison avait préparée à Ried et à Braunau.
he lendemain , le maréchal Marmont entra dans Hanau : il poursuivit l'en-
n«mi, tomba sur sod aile droite, l'enfonça, et l'accula sur le Mein. Cette entreprise réussit comme Napoléon l'avait ordonné. Le maréchal Mortier , resté le 3o à Gelnhausen , put faire sa jonction avec le gros de l'armée. Marnront se reploya au-delà de la Kintzig. Le quatrième corps , commandé par le général Bertrand , demeura devant Hanau et occupa le débouché de Lamboi. Le général de Wrède revint sur te maréchal Marmont, et voulut reprendre Hanau ; mais, après avoir forcé la porte de Nuremberg, une blessure le mit hors de combat , et il ne put empêcher ses colonnes d'être rejetées de l'autre côté de la ville L'attaque qu'il avait dirigée sur le pont de Lamboi , défendu par le général Guilleminot, n'eut pas non plus une heureuse issue; malgré l'infériorité de ses troupes et cdle de son artillerie qui n'était que de douze pièces contre trente , ce général garda sa position. Débarrassé de toute inquiétude, le quatrième corps évacua Hanau pour prendre la route de Francfort. La division bavaroise, qui se trouvait dans cette ville , l'abandonna devant Napoléon. Le 3i octobre, toute l'armée y arriva successivement; et, le a novembre, Mayence reçut pour la dernière fois dans ses murs l'empereur Napoléon et son armée. ( Db Norvihs , Histoire de Napoléon. )
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