‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 39 sur 57 · GOUVION-SAINT-CYR · texte numérisé non relu

GOUVION-SAINT-CYR

Louis , marquis de Gouvion-Saint-Cyr, pair et maréchal de France , né à Toul le 1 3 avril 1764 «demanda d'abord aux beaux-arts la gloire et la fortune. Il avait déjà fait le pèlerinage de Kome lorsqu'il entra au service, comme volontaire; son avancement fut rapide. En 1 793, il était adjudant-général à l'année de la Moselle, et se distingua au combat de Kayserslautern. L'année suivante, il passa général de brigade à l'armée dltalie, balaya les vallées de la Maurienne des. troupes sardes , se trouva au combat de la Ramasse, et obtint le grade de général de division ( 16 juin 1794 )> EngS, il assista au siège de Mayence; en 98, il servit sous Masséna ; en 99, il fut destitué. Bientôt remis en activité, il commandait l'aile droite à cette sanglante bataille de Novi , où périt le brave Joubert ; puis , il battit l'ennemi à Pasturana , à Abosco, à Coni ; il empêcha avec Cbampionnet l'investissement de Gènes, et 6t une admirable retraite, qui lui valut du premier consul un sabre d'honneur et le brevet de premier lieutenant de l'armée. En 1800, commandant provisoire de l'armée de Moreau, il s'empara de Friboui^, et battit les Autrichiens à Smelingen, en attendant que Moreau les écrasât à la savante bataille de Hohenlinden. Déjà conseiller-d'état et attaché à la section de la guerre, il fut nommé, en 180 1 , général en chef de l'armée de Portugal , titre qu'il échangea , après le traité de fiadajoz, contre celui d'ambassadeur extraordinaire en Espagne. En 1804, il fut nommé colonel-géoéral des cuirassiers ; en i8o5, grand-o£6cier de laLégion-dlIonneur, et commandant en chef de l'armée qui devait couvrir le royaume de Naples et protéger les côtes de l'Adriatique. II n'eut qu'un seul combat à livrer, celui de Castet-Franco, où le prince de Rohan, général des Autrichiens, perdit six mille hommes et mille chevaux. En 1806, pour punir la violation de la neutralité, de la part du gouvernement napolitain, il occupa, sous les ordres de Masséna, la Pouille depuis le mont Gargano jusqu'au golfe de Tarente. Infatigable coureur di^

guerres , en 1 807 il fit la campagne de Prusse et de Pologne , et fut nommé gouverneur de Warsovie ; après la paix de Tilsitt , il fut envoyé en Espagne, prit Roses et Barcelone j battit la division espagnole de Castro , et n attacha son nom qu'à des succès. Rappelé dans le Nord, en iSia, il fut promu au commandement du 6® corps, ayant sous ses ordres les généraux bavarois Deroi et de Wrède. Le duc de Reggio.ayant été blessé, il réunit le i o® corps au sien, et battit à Polotsk le général russe Wittgenstein (17 août). I-ie 27 du même mois. Napoléon le nomma maréchal de l'empire. Dans la funeste retraite de Moscou , nouveau combat à Polotsk , nouvelle défaite de Wittgenstein; mais le maréchal blessé dut abandonner l'armée, qu'il ne rejoignit qu'en 181 3. Alors il reparut en Saxe, se signala à la bataille de Dresde , détruisit le corps russe de Tolstoy , et fut chargé de la défense de la place , avec son 6^ corps. Cerné de toutes parts , après la bataille de Leipsick, il essaya de s'ouvrir un passage, mais inutilement; on lui offrit une capitulation honorable, qui lui permettait le retour en France avec ses troupes et une partie de son artillerie ; il accepta ; elle fut violée , et lui retenu prisonnier avec seize mille hommes. La restauration ouvrit le chemin de France au maréchal forcément inactif pendant la glorieuse campagne de i8i4- Louis XVin l'accueillit avec distinction et le nomma commandeur de l'ordre de Saint-Ix>uis. Au retour de l'île d'Elbe, Gouvion-Saint-Cyr accompagna à Lyon le comte d*Artois, et forma à Orléans un noyau d'armée ; mais la défection paralysa tous ses efforts , et il alla vivre dans la retraite. An retour de Gand, il fîit nommé ministre de la guerre, et donna sa démission, pour ne pas apposer sa signature au traité de novembre 181 5. Tour à tour membre du conseil royal , gouverneur de la 5* division militaire , grand'croix de Tordre de Saint-Louis, comte, marquis, il rentra au ministère, d'abord à celui de la marine ( 181 7 ), puis à celui de la guerre ( la septembre t8i8), où il fut remplacé (19 novembre i8i9)par le marquis de La Tour-Maubourg. Ce fut pendant son administration, et d'après ses plans, que fut rendue la loi si utile du recrutement, modifiée par celle du 9 juin. 18249 et que remplaça définitivement celle du 21 mars i83a. Ce fut encore lui qui introduisit dans les régiments des cours d'enseignement mutuel. Il se retira du ministère, parce qu'on résolut de changer la loi Decazes sur les élections , trop favorable au parti démocratique. Gouvion- Saint-Cyr, rentré dans la vie privée, écrivit des Mémoires sur sa vie ^ qui jettent un grand jour sur l'histoire de l'époque, et s'en alla mourir aux îles dllyères, où l'avait appelé le soin de sa santé ( 17 mars i83o).

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