MACDONALD
Né à Sedan, le 17 novembre 17(15, d'une famille réfugiée en France à la suite de Jacques II, roi d'Angleterre, Jacques-Etiemie-Joseph- Alexandre Macdonald entra au service en 1784, dans la légion de Maîllebois; passa comme officier dans le régiment d'infanterie irlandaise de Dillon , devenu 87* ; quitta ce corps pour remplir les fonctions d'aide-de-camp près du général Beumonville , ensuite près de Dumouriez , qui lui accorda une entière confiance. Après la bataille de Jemmapes, il fut nommé lieutenant-colonel au g4' régiment, et franchit, en deux ans, les grades de colonel et de général de brigade. Le a8 novembre' 1 794 , il fut nommé général de division , et passa de l'armée de Sambre-et-Meuse,où il avait mérité l'estime de Jourdan, à l'armée du Nord, tpie commandait le général Pichegru. Il se distingua en Hollande, àThiel, au passage du Wahal , à Linden , sur le Grebbe,à Wœrden; fut chaîné de porter au Directoire exécutif le drapeau de l'armée du Nord (a8 février 1 798). Moins de deux mois après, il fut envoyé à l'armée dltalie. Nommé commandant des troupes à Rome, le 11 juillet, il remplaça, l'année suivante, l'intègre Championnet dans le commandement en chef de l'armée de Naples. Obligé d'évacuer le territoire de la république Parthénopéenne , une blessure grave , reçue à l'attaque de Modène, ne l'empêcha point'de signaler, dans cette retraite, sa constance à la bataille de la Trebia ( 17, 18 et 19 juin 1799)- U commandait à Versailles lors de la journée du 1 8 brumaire , et seconda puissamment le général Bonaparte. Chargé , le 2 1 janvier 1 800 , d'une inspection générale d'infanterie , il fut , peu après , rais à la tête de l'armée de réserve , qui prit la dénomination d'armée des Grisons. I^ récit du passage du Splugen (décembre), paraîtra fabuleux aux générations à venir. Après le traité de Lunéville, Macdonald fut envoyé en Danemark comme ministre plénipotentiaire. Nommé membre de la Légion-dHonneur en 1 8o3 , il fut , sans avoir
passé par les grades intermédiaires , décoré du cordon de grand-officier , le i4 ji^in i8o4y date singulière lorsqu'on la rapproche de celle du jugement de Moreau , antérieure de quatre jours. Ayant pris la défense du général accusé , il tomba dans la disgrâce de Napoléon y qui Téloigna des drapeaux jusqu'en 1 807, époque 4 laquelle Macdonald fut autorisé à passer au service de Naples. Deux ans. après 9 il reçut lé commandement ds l'un des corps principaux du vice-roi dltalie. A Wagram , le général Macdonald dirigea si bien ses trois divisions , que Napoléon l'en récompensa par la dignité de maréchal de l'empire (12 juillet 1 809 ) y le titre de duc de Tarente et le graqd^igle de la Légiond'Honneur. Envoyé en Catalogne ^ le nouveau maréchal fit, dans la péninsule, la pénible campagne de 181 1 , et revint, à la grande armée , en avril 1812 , se mettre à la tête du dixième corps , composé d'une division française et des prussiens d'York. Il battit l'ennemi à Ekau et à Schlock, prit Dunaburg , et, après la défection des Prussiens, se retira sur Kœnigsberg, d'où il conduisit à Dantzig la division Grandjean. Appelé au commandement du onzième corps, en 1 8 1 3 , il se trouva presque toujours en face des troupes prussiennes; perdit , contre Blûcher, la bataille de la Ratzhach, et fut chargé, avec Poniatowski, de Élire l'extrême arrière-garde après les funestes journées de Leipzig. Plus heureux que le brave Polpnais, Macdonald passa l'Elster à la nage, se rendit à Cologne , et dirigea les opérations sur le flanc droit de l'ennemi. Pressé par des forces supérieures , il dut successivement continuer sa retraite sur Châlons, Meaux et Solers , se porta en Champagne lorsque Napoléon reprit l'offensive , participa au mouvement sur Saint-Dizier ( 23 mars 1 8 1 4) , et vint enfin prendre position sur la rivière d'Essonne. Il fut l'un des maréchaux qui portèrent aux souverains alliés l'abdication de l'empereur ; il envoya son adhésion au gouvernement des Bourbons, fut élevé à la pairie, nommé gouverneur de la vingt-unième division militaire , et , en mars 1 8 1 5 , accompagna Louis XYIII jusqu'à Menin. Rentré en France, il refusa tout emploi de Napoléon , fut nommé grand-chancelier de la Légion-d'Honneur, le 2 juillet 181 5, c'est-àrdire avant le retour du roi à Paris ; fut chargé de licencier l'armée de la Loire , et nommé l'un des quatre majors-généraux de la garde royale. Dès les premiers temps de la restauration , il fit , dans la chambre des pairs , la proposition , réalisée beaucoup plus tard, d'accorder une indemnité aux émigrés. Il conserva, quelque temps encore après la révolution de juillet, la place de grand-chancelier de la Légion. Le maréchal duc de Tarente a été décoré du cordon de commandeur dans l'ordre royal et militaire de Saint-Louis , et dans l'ordre de Malte. Il est chevalier de l'ordre du Saint-Esprit.