‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 45 sur 57 · BATAILLE DE WATERLOO · texte numérisé non relu

BATAILLE DE WATERLOO

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Il y allait du sort de la France, ou plutôt de Napoléon, vainqueur aux journées de Fteurus et de l'igny. La trahison était passée inaperçue, ce ne fut que plus tard qu'elle eut sa récompense et son châtiment. L'empereur avait en vue d'écraser d'abord les Anglais près du bourg de Mont-Saiat-ïeaa , ensuite de prendre les Prussiens entre deux feux , et victorieux alors de proposer la paix, et d'en dicter lui-même les conditions avant l'arrivée de l'armée russe. Une grande victoire, suivant lui, rien de moins que la 'destniction de l'armée anglaise, pouvait seule rétablir l'ascendant de son génie, les prestiges de sa gloire, et justifier la témérité de son entreprise. Alors, réuni aux Autrichiens, que le succès ramenait non sans peine au sentiment de la famille, il allait k la rencontre d'Alexandre, le battait, et, de retour à Paris, y faisait couronner l'impératrice et son fils.

La bataille se donna le i8 juin. « Le temps était couvert; il avait plu toute la nuit; à la pointe du jour il pleuvait encore. L'empereur, en déjeûnant, dit: Sur cent chances, nous en avons quatre-vingts pour nous. Le temps ne s'éclaircit que vers huit heures. L'empereur reconnut toute la ligne ennemie. Pourquoi n'attaqua- t-il pas? Les terres étaient, dit-on, détrempées; il fallut attendre que le soleil les eut un peu séchées, et prendre aussi le temps de nettoyer les armes. *

Wellii^ton était rai^é avec quatre-vingt mille hommes sur une colline longue de deux mille cinq cents toises qui coupe obliquement de gauche à droite la cliaussée de Bruxelles à cinq cents toises en avant de Mont-Saint- Jean, et à une petite lieue de la ferme du Caillou. Son front était couvert par un ravin dont la pente aboutit au cours de la Lasné. Sa droite appuyait au château d'Hougomont, le centre k la ferme de la Haye-Sainte, qu'on avait cré-

nelce, la gauche au groupe de bâtiments que composent les fermes de Papelotte, de la Haye et le hameau de Smohain.

L'empereur forma ses colonnes d'attaque pour les déployer en trois lignes : 1* à gauche Reille (2^ corps), appuyant par sa cavalerie à la chaussée de Nivelles et de Tautre côté à la ferme de la Belle-Alliance; au centre Ney, faisant face à la ferme de la Haye-Sainte, avec soixante-deux pièces soutenues par deux divisions du i^' corps; à droite, Drouet avec ses deux autres divisions et sa cavalerie, s'étendant jusqu'à la hauteur de la ferme de la Haye.

a° En seconde ligne, à gauche, les cuirassiers de Kellermann entre les deux chaussées; au centre le 6*^ corps, savoir: l'infanterie en colonne serrée par divisions, à gauche; la cavalerie eu colonne serrée par escadrons, à droite de la chaussée deCharleroi; à droite, derrière Drouet les cuirassiers de Milhaud.

3^ £n réserve au centre, à cheval sur la chaussée, les vingt-quatre batailtons d'infanterie de la vieille, moyenne et jeune garde; ayant à droite la cavalerie légère et à gauche la grosse cavalerie de la garde.

Les préliminaires de la bataille promettaient la victoire. Déjà l'alarme s'était répandue jusqu'à Bruxelles, et Wellington au désespoir invoquait la

nuit ou les Prussiens Les Prussiens ne se firent point attendre. Us avaient

échappé à la surveillance /^ojj/^^e de Groucby. Blucher les commandait. Ils étaient frais pour entrer en lice et trente-deux pièces de canon marchaient avec eux.

Alors la scène changea. C'est ici que le peintre a dû la prendre. Tout le 1^^ corps fit un mouvement rétrograde; huit bataillons de la garde commandés par Cambronne, les seuls qui fussent intacts, se formèrent en réserve; mais, accablés par le nombre, ils refusèrent de se rendre et tombèrent en disant : La garde meurt et ne se rend pas. Mot héroïque comme on en fait tant après coup et que l'histoire ramasse, conservant la forme au profit de la pensée.

« L'empereur se porta à la gauche de Planchenoit, sur une deuxième posi- « tion où était en réserve un régiment de la garde avec deux batteries. 11 y fit « de vains efforts pour arrêter les fuyards. La nuit, la confusion rendaient a tout ralliement impossible. Il fit tirer quelques coups de canons sur la cavacc lerie anglaise qui s'approchait rapidement; ce furent les derniers. Entouré « d'ennemis, il fit former en carré le régiment de la garde, et commanda le feu. a II allait entrer dans le carré pour mourir avec ses grenadiers, jihî sireï lui a dit le maréchal Soult, les ennemis sont déjà c^sez heureux. En même temps a îL détourna le cheval de l'empereur. Napoléon prit la route de Charleroi a après avoir envoyé l'ordre à Grouchy de se retirer sur I^aon. » (Thibaude\d).

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