CHARLES X
Le i6 septembre i8a4( Louis XYIII était mort;goD frère Charieft-Philippe, comte d'Artois, lui succède. En&n oo allait voir k l'œavre ce champioe dn passé. Son premier acte, l'abotitioii de ta césure, surprit étrangement l'espèce anomale de royalistes plus rojf&listes que Le rm , qui as&iégeait les marcbes du tr^e et soufflait tout haut les plus étrfmges conseils. A l'ouvHiure de la session, le aa septembre, Charles X annonce la solennité de son sacre, et le 39 mai iSaS, il renouvelle au pied des autels le serment de maintenir et de faire observer les lois de l'État et les lois octroyées par le roi son frère. L'indemnité, cette expiation tardive qui devait être le baiser de paix du passé et du présent, n'est qu'une victoire d'argent qui rend les partis plus îrréconciliables. La loi contre les sacrilèges décèle la participation du clei^é aux affaires, et l'École normale supprimée donne à la presse ses plus hardis défenseurs. En iSaÔvintlaloisur la police de la presse, présentée par M. dePeyronnet, qu'une maladroite apologie du Moniteur fit appeler la loide justice et damour. La réprobation fut universelle ; une opposition formidable se déclara contre te système impolitique des répressions; la gauche de la chambre élective l'attaqua avec fureur, l'Académie protesta ; la loi n'eut pas même , à la chambre des pairs, les honneurs de la discussion , et dans la fameuse revue du 39 avril, des cris nombreux s'élevèrent : A bas les ministres! Charles X se crut insulté, et la garde nationale fut licenciée. Puis il songea à dissoudre la chambre , dont l'ardent royalisme se refroidissait. M. de Villèle avait été trompé par les rapports des fonctionnaires sur l'opinion publique. Des élections nouvelles amenèrent à la chambre une majorité constitutionnelle, qui nécessita le ministèreMartignac,
formé par M. de Chabrol , et valut aux partis un répit de quelques mois. Puis un voyagé que 6t le roi dans les départements de l'Est , où la population l'accueillit avec amour, lui fit croire qu'on avait égaré la nation , et qu'elle reconnaissait son erreur. Un jour parut dans le Moniteur une ordonnance qui appelait au ministère, en remplacement de M. de Martignac et autres, MM. de Polignac, de La Bourdonnaye, de Bourmont, les hommes les plus impopulaires de France. A cette nouvelle , l'attitude des chambres devint menaçante , et la presse tout entière publia des articles virulents. Bientôt M. de La Bourdonnaye céda la place à M. de Guernon-Ranville , MM. de Chabrol et Courvoisier à MM. de Peyronnet et de Chantelauze ; M. de Montbel eut les finances, M. d'Haussez la marine, et le baron Capelle le commerce; la lutte était engagée. La chambre ne fléchit pas, et fut dissoute; mais tes mêmes hommes fiirent presque partout réélus. Alors le ministère se décida à frapper un grand coup , et le a6 juillet 1 83o parurent les fameuses ordonnances , qui provoquèrent le premier jour une immense rumeur, le second une résistance , générale. En trois jours, tout était terminé, malgré les efforts du duc de Baguse, dont le nom rappelait encore un malheureux souvenir; la branche aînée de Bourbon repartait pour l'exil ; et , pour expliquer cette espèce d'ordre dans le désordre, on se prit à dire : // rCy a rien de changé! il n'y a qu'un Français de moins! Oui, un Français , et un roi ; car, malgré ses fautes , jamais roi ne porta plus loin le sentiment de la dignité nationale et royale ; Navarin , Alger, en font foi; et te malheur n'arracha point une plainte, un reproche à ce noble vieillard, que Goritz, petite ville du Frioul, vit mourir le 6 novembre i836.
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