DE L'ARMÉE FRANÇAISE EN AFRIQUE
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a Le dey d'Alger, dans sa colère au sujet d'une réclamation pécuniaire à laquelle on n'avait pas fait droit assez promptement» s'était emporté jufiqu'i insulter la France dans la personne de son consul, en frappant cet agent d'un coup de chasse-mouches. Ce iut là le prétexte ; il en fallait un , et la gloire même devait être de complicité dans le projet que le roi Chartes X avait conçu sous l'inspiration malheureuse de ses idées rétrogrades. Ta France arma , en i83o, contre Alger, et bientôt une eipédition formidable, montée par trente-cinq mille hommes de troupes, et abondamment pourvue de tout ce qui est nécessaire à des attaques par terre et par mer, mit à la voile du port de Toulon, sous le commandement de l'amiral Duperré. Le comte de Bourmont, ministre de la guerre, prît le commandement de réxpédition. L'escadre française entra le i3 juin dans la rade de Sidi-Ferruch, k vingt kilomètres d'Alger. Hussein , dey d'Alger, se tenait prêt à défendre sa capirule, mais ne fit rien pour empêcher le débarquement des troupes françaises, qui commença, le lendemain, à Torre- Chica. I^ 19, l'armée emporta à la baïonnette le camp de Slaouéli. ï^ a4, on se battit à Sidi-Kalef, et cinq jours après, lorsque toute l'artillerie eut été débarquée, les Français enlevèrent les batteries érigées sur les hauteurs de Sidi- Benati. De là on se porta sur Alger. Des redoutes furent bientôt établies pour
battre le fort l'Empereur. Dès lors rien ne pouvait soustraire Alger au sort qui l'attendait. Les habitants, au désespoir, envoyèrent , le 3 juillet , un parlementaire à M. de Bourmont; mais il leur fut répondu que si la ville ne se rendait pas , on allait la réduire en cendres. Cependant les travaux continuaient avec la plus grande activité ; ils furent terminés dans la nuit du 3 au 4) et, dès trois heures et demie du matin, nos batteries, démasquées simultanément, commencèrent à bombarder le fort.
a La nuit était belle, Tair agité seulement par une légère brise. Tout à coup la détonation de quelques fusées à la congrève donnent le signal de Tattaque. Toutes nos batteries éclatent à la fois sur le fort, qui répond par le feu des siennes. Des nuages de fumée s'élèvent au-dessus de la forteresse et fenvironnent de toutes parts, mais à chaque instant des masses de feu viennent en percer l'obscurité. De tous les points du cercle formé par notre artillerie, partent des éclairs et des détonations dont la force égale celle de la foudre. Des lignes de feu paraboliques marquent le passage de nos bombes, et vont toutes converger vers le même point. Mais le soleil se lève; alors la scène change, et bientôt on ne peut plus distinguer que la fumée qui s'élève et se condense.
« A dix heures, une épouvantable explosion se fait entendre, et, en jetant les yeux du côté du fort, on voit un nuage immense de fumée et de poussière poussé lentement vers le sud. C'était le fort l'Empereur, que les Turcs ne pouvaient défendre, et qu'ils avaient eux-mêmes fait sauter. j> (Extrait du Moniteur.)
Hussein-Dey, n'attendant plus rien de la résistance , conclut une capitulation par laquelle il consentait à livrer aux Français, dans la même matinée, la citadelle de la Casauba, les autres forts et le port d'Alger, et à se retirer, avec son trésor particulier, dans la résidence qu'il choisirait. Il stipula que les propriétés des habitants et des soldats turcs seraient respectées, ainsi que la liberté de tous les individus et l'exercice du culte musulman. Peu d'heures après, les Français étaient maîtres de la ville, et comptaient un maréchal de plus, dont le nom, placé entre deux grands souvenirs, ne fit point oublier Waterloo par la prise d'Alger.
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