‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 55 sur 57 · PRISE DU FORT SWEAN D'ULLOA · texte numérisé non relu

PRISE DU FORT SWEAN D'ULLOA

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La France, depuis plusieurs^ années, rédamait du gouvernement mexicain de justes satisfactions pour une fuule de violences exercées à l'égard des Français dans les états de cette république. Le blocus de la Vera-Cruz, la principale ville de commerce du Mexique, fut insuffisant, et le contre-amiral Baudin reçut l'ordre d'aller avec une escadre obtenir une réparation , soit de gré, soit de force.

Cet amiral mit à la voile de Brest le i"sep(embre i838, avec la frégate /a Néréide, sur laquelle il avait arboré son pavillon, et accontpagné de la corvette la Créole montée par M. le prince de Joinvîlle. Il rallia à Cadix la frégate/a Gloire commandée par M. Laine, et la Médée aux ordres de M. Leray, dngla sur le Mexique , et arriva au mouillage de Sacrificios te 37 octobre de la même année. L'amiral, conformément à l'esprit de. ses instructions, négocia pendant tout un mois avec le gouvernement mexicain ; mais, le 27 novembre à midi , n'ayant retiré aucun résultat de ses négociations, il fit embosser près du récif de Callega les trois frégates la Néréide, l'Iphigénie et la Gloire, avec les deux bombardes le f^ulcain et le Cyclope, et il commença l'attaque du forde Saiût-Jean-d'Ulloa. Nous le laissons .parler lui-même dans son rapport au ministre de la marine :

« Quelques minutes, dit-il, avant midi, au moment où j'allais placer la Néréide près du récif de Callega, un canot mexicain vint à bord en parlement ' taire. 11 portait deux officiers chargés par le lieutenant- général Manuel Rincon, commandant le départementdti Véra-Cruz, de me remettre la réponse définitive du gouvernement mexicain aux demandes de la France. Cette réponse ne me laissait aucun espoir d'obtenir par des voies pacifiques l'honorable accommodement que j'avais été chargé de proposer au gouvernement mexi-

cain : il fallait recourir à la force. En conséquence , je fis embosser mes trois frégates beaupré sur poupe , un peu avant deux heures et demie ; je reoToyai le parlementaire mexicain, et, dès qu'il fut à bonne distance, hors de la direction de nos canons , je fis le signal de commencer le feu sur la forteresse.

tf Jamais feu ne fut plus vif et mieux dirigé, et je n'eus dès lors d'autre soin que d'en modérer l'ardeur.

a Vers trois heores et demie, ia corvette la Oro^ parut k ia voile^ conDoornarit 1« récif de Callega vers te nord; elle demandait par signal la permission de rallier les frégates d'attaque et de prendre part au combat.

(c J'accordai cette permission : M. le prince de Joinville vint alors passer entre la frégate la Gloire et le récif de Lavandera, et se maintint dans cette position jusqu'au coucher du soleil, combinant habilement ses bordées de manière à canonner le bastion de Saint-Crispin et la batterie rasante de l'est.

a A quatre heures vingt minutes, la Tour des Signaux, élevée sur le cavalier du J^nstion de Saint-Crispin , sauta en l'air en couvrant de ses débris le cavalier et les ouvrages environnants. Déjà deux autres explosions de magasins à poudre avaient eu lieu, l'une dans le fossé de la demi-lune, 1 autre dans la batterie rasante de l'est.

« Une quatrième explosion eut lieu à quatre heures , et dès lors le feu des Mexicains se raleiiiit considérablement; au coucher du soleil, la forteresse ne tirait plus que d'un petit nombre de ses pièces. A huit heures, nevoalant pas dépenser inutilement nos munitions dans l'obscurité, je fis signal de cesser le feu , et, vers huit heures et demie, un canot parlementaire se dirigea de la forteresse vei*s la ISéi^ide^ portant deux officiers, dont l'un, le colonel Manuel Rodiiguez de Cela, me dit qu'il était envoyé par le maréchal-de-camp don Antonio Gaona, commandant de la forteresse, pour me demander une suspension d'armes pendant laquelle il pourrait se consulter avec le lieutenantgénéral Rincon , sans l'ordre duquel il ne pouvait capituler.

« J'accordai jusqu'au lendemain. La Médée et la Créole s'étaient embossées de bonne heure par le travers de la battf^rie rasante de l'est; mais, i huit heures, M. Doret, mon chef d'état-major, m'apporta la capitulation signée pour la forteresse de Saint-Jean-d*Ulloa, et peu après le général Rincon m'envoya deux officiers chargés de traiter avec moi de la capitulation de la ville. La convention fut donc conclue, à quelques modifications près, dans les termes que j'avais moi-même offerts. »

(Moniteur.)

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