‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 6 sur 57 · BATAILLE DE FLEURUS · texte numérisé non relu

BATAILLE DE FLEURUS

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Les deux armées du prince de Cobourg et du prince d'Orange ,. réunies au nombre d'environ quatre-vingt mille hommes ^ dès le lendemain de la prise de Charleroi, présentèrent la bataille à l'armée française. JoUrdan- attendit l'ennemi dans des positions qu'il avait prises sous les murs de la viUe, et ses lignes ordonnées pour l'attaque d'une place présentaient extérieureinent un front demi-circulaire. *•

Le prince de Cobourg forma ses troupe^ en cinq corps , divisés en neuf colonnes qui furent disposées sur un demi-cercle intérieur, de manière à embrasser toute l'étendue de la ligne de l'armée française; toutes devaient attaquer en même temps. Le premier corps à droite , sous les ordres du prince d'Orange et du général Latour, formait trois colonnes. Le second corps était commandé par le général Quasdanowich. Le troisième corps placé au centre , dirigé par le prince de Raunit^ j devait lier ses opérations avec le quatrième . corps soûs les ordres de l'archiduc Charles, et marcher sur Fleurus. Enfin le corps de gauche , sous Beàulieu , divisé en trois coloiln^ , devait agir sur Charleroi. L'action s'engagea le a6 , à là pointe du. jour. Conformément aux ordres du prince de Cobourg, les lignes françaises furent attaquées sur tous les points. Le général Kléber dut résister au prince d'Orange et au général Latour : les chefs de brigade Duhesme et Bemadotte servaient sous ses ordres. Le général Morlot fut chargé de tenir tête au général Quasdanowich. Le général Marceau, qui était opposé à l'extrême gauche de l'armée ennemie, fut d'abot*d -contraint de se retirer devant le corps du général Beaulieu. 11 se retrancha dans la position de Ijsûnbusart^ où il fut secouru par le général Lefebvre; mais^ attaqué par des forces supérieures, il dut quitter sa position. C'est alors .que le généralJourdan envoya la division Hatry au secours du général Lefebvre. La positicm de Lambusart était perdue; il fallait la reprendre.

Trois fois les troupes revinrent à la charge. « La dernière attaque fut la ce plus meurtrière; Tartillerie tirait si vivement de part et d'autre , qu'on ne <c distinguait plus les coups. Les obus enflammèrent les blés et les baraques c( du camp. Le général Lefebvre mit à profit cette circonstance pour dérober (c un mouvement à Beaulieu. Il prescrivit à la seconde ligne de se former à sa « droite en colonne d'attaque et de marcher sur Lambusart. Pareil ordre fut «•donné aux corps qui formèrent le crochet dont on a fait mention. Ces der- « niers abordèrent le village par sa droite , tandis que les autres l'attaquaient (c de front. Un tel effort devait avoir des résultats d'autant plus certains ^ que ce le surplus de la division Hatry s'avançait de Ransart pour prendre part à '( ce combat. Cependant les Impériaux , quoique surpris par cette double ce attaque 9 firent une honorable résistance et n'abandonnèrent le poste ce qu'après l'avoir jonché de cadavres. » ( Histoire des guerres de la Révolution^ par Jominiy t. V, p. 1 5o.)

Au centre Championnet o[^osa la plus vive résistance aux attaques réitérées du prince de Kaunitz.

(C Déjà la grande redoute était désarmée , et la division en pleine retraite (C sous la protection de la brigade Legrand qui tenait encore le cimetière , c( lorsque le général en chef arrêta ce mouvement rétrograde qui pouvait " avoir des conséquences si funestes. Les tirailleurs autrichiens s'étaient déjà <c emparés des haies et des jardftis qui environnent Heppignies. Leur corps de A bataille j s'avançant sur deux lignes avec plus d'aplomb que de vigueur , les ff en laissa chasser. Bientôt même le feu de la grande redoute et de l'artillerie fc légère porta la mort et le désordre dans ses rangs. Jourdan ordonna alors tf une charge de cavalerie ; la première ligne autrichienne ne peut résister : ce elle est enfoncée ; l'infanterie n'a que le temps de se former en carrés , et . c( plus de cinquante pièces de canon restent abandonnées; mais cette coa lonne, résultat du hasard , se trouvant un peu en désordre et n'étant point. cr appuyée par une réserve , le prince de Lambesc l'assaillit à son tour avec les <( carabiniers et les cuirassiers impériaux , et parvient à reprendre son artilcc lerie. Cette charge, qui eut lieu vers sept heures, fut le dernier effort des coa- « lises. » ( Histoire des guerres de la Révolution , par Jomini , t. V, p. 1 45 et suiv. )

£n effet , ils arrivèrent au moment que Charleroi était aux mains de l'armée française, et cette nouvelle décida le prince de Cobourg à donner Tordre de la retraite. L'ennemi ne perdit pas moins de dix mille hommes ; on lui fit trois mille prisonniers. La seconde conquête de la Belgique fut le résultat de la bataille de Fleurus.

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