FUNERAILLES DE MARCEAU
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1/arniée de Sambre ^t Meuse battait en retraite : Marceau avait été chargé parle général en chef Jourclan du soin de retenir l'archiduc Charle^f en.escarmouchant avec lui pendaol que les différentes divisions de l'armée passeraient le défdé d'Alteiikircheq. Marceau se plaça à l'arrière-garde et manœuvra avec tant d'habileté que Tennenii n'osa l'entamer. Mais au moment d'entrer lui* même dans le défilé, ayant reçu l'ordre de rester dans la même position etd'v attendre les secours qu'on allait lui envoyer, il s'iivance pour juger les mou.- ■ vements de l'ennemi; c'est alors qu'un chasseur tyrolien embusqué, derrière une haie tire sur lui un coup de carabine dont la balle lui traverse lé csrps. Marceau mourant disait k ceux qu'il voyait .affligés de sa perte : « Mes-amis, a je suis trop regretté; pourquoi me plaindre? je suis bien heureux, puisque « je meurs pour la patrie. » Abandonné à Altenkirchen, il -reçut, avant de mourir des preuves multipliées de l'estime qu'il avait inspirée aux ennemis même de son pays. Dès le lo septembre, un capitaine des hussards de l'empereur, commandant aux avant-postes, était venu s'informer de l'état du blessé, I..es généraux HaddJck et Kray, qu'il avait combattus pendant deux ans, lui donnèrent des marques touchantes de leurs regrets. Les officiers et les hussards de Blankenslein et de Barco envoyèrent une députation pour le visiter ; un dernier hommage manquait k sa gloire, l'archiduc Charles s'empressa de le lui rendre en venant lui-même visiter Marceau à son lit de mort, el en ordonnant à son chirurgien d'unir ses soins à ceux des Français pour le sauver. Vain espoir! Marceau expira le lendemain ai septembre, à 5 heures du matin. Les officiers qui étaient restés, près de lui demandèrent à l'arohiduc que les
dépouilles mortelles du général fussent rendues à ses frères d*arines ; le prince y consentit sur-le-champ, et voulut être informé du jour où ces précieux restes seraient inhumés, afin que l'armée impériale pût se réunir aux Français dans les honneurs funèbres qui lui seraient rendus.
« Le corps de Marceau fut déposé près de Coblentz , dans la redoute de Petersberg, qui prit depuis le nom de fort Marceau ; et le jour de la lugubre cérémonie, Tarmée ennemie prit les armes en même temps que l'armée française. Des salves d'artillerie sur Tune et l'autre rive, annoncèrent à la France qu'elle venait de perdre un de ses plus dévoués défenseurs; et à l'Allemagne ^ un des plus illustres guerriers qu'elle ait eus à combattre. »
{Victoires et Conquêtes.) .
On éleva à ce général une foule de monuments , soit en France soit dans les pays étrangers. A Chartres, sa ville natale, des honneurs insignes lui furent rendus. D'après un arrêté du conseil municipal, une pyramide fut construite sur une place qui prit le nom de Marceau , et on rappela sur quatre plaques de marbre blanc les trophées de ce héros. En i8i5, à l'approche d'une division prussienne, on enleva de la pyramide deux plaques qui auraient pu rappeler aux Prussiens quelques faits d'armes peu flatteurs pour eux, et peu de temps après la colonne disparut. La place et là rue qui portaient le nom de Marceau en reçurent un autre. Ces changements donnèrent lieu à une pétition qui fut l'objet d'une discussion assez vive le 19 mars i8ai. La dame Marceau Sergent demanda le rétablissement de la colonne érigée en l'honneur de son frère. Le général Foy monta à la tribune et peignit avec éloquence Marceau, tombant yi^a/ie dâge et vieux de gloire ^ pleuré par ses soldats et par ses ennemis. Cette pétition, quoique renvoyée au ministère de l'intérieur, n'amena cependant pas le rétablissement du monument.
Qu'importe! la révolution de Juillet et le roiljOuis-Philippe qui réparèrent bien des fautes et de politique et de cœur, choisissaient Bouchot, mort si jeune lui aussi, pour peindre dignement cette grande scène des funérailles de Marceau.