BATAILLE DES PYRAMIDES
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■ Le ai juillet, au lev«r du soleil, od recoonut Tannée ennemie; Von aperçut à gauche les dômes, les iniD9ret9 du Caire, et dans le lointain, à l'horizon, les Pyramide^. C'est là qne,.par une jnarche habile, le sort de rÉgypte allait être décidé en une seule journée. « Soldais ! du haut de cm > pyramides, quarante siècles vous contemplent! » s'écria Bonaparte. £t les soldats, sans en demander plus, comprirent qu'il fallait. offrir quelque chose de neuf à ces muets spectateurs du passé.
« A l'approche des Français, un corps de: cavalerie sortit d'Embabeh et chargea l'avant-garde; mais il fut replié par un feu deGleen laissant quelques morts. Bonaparte fit aussitôt les apprêts de l'attaque. Il avait reconnu les retranchements d'Embabeh qui n'étaient point de nature à résister à son infanterie. U s'était aperçu que les canons du camp, montés sur des affûts fixes, n'en pouvaient sortir. U ne lui en fallut pas davantage pour arrêter ses dispositions. Ses divisions se formèrent en carré et s'avancèrent, semblables i de vastes tours qu'un art puissant aurait rendues mobiles. Les trois premières, la gauche appuyée au Nil, manœuvrèrent poui* entourer Embabeb (le général en chef marchait avec celle de droite ); les deux autres, Desaix et Beynier, se portèrent parallèlement au fleuve sur le front des Mamelucks, dénotant le projet de défiler devant eux, hors de ta portée du canon, et de leur interdire la retraite de la Haute-Egypte. Cette combinaison surprit d'abord Mourad; mais il vit aussitôt le périt : i) comprit que ces forteresses vivantes allaient peser sur lui , le serrer, le presser conti-e le Nil , et mettre fin à la guerre en le rejetant sur la Syrie. A la tête de ses Mameluclis, il s'élança contre Desaix, résolut d'arrêter à tout prix un mouvement si décisif. Sa détermination soudaine compromit un moment le succès de l'armée. Les rangs de Desaîx , rooi-
pus parle terrain, laissaient des ouvertures; mais la tête des Mamelucks arriva peu nombreuse. On la contint, on gagna quelques minutes qui suffirent pour rectifier le carré, et leur masse échoua contre la fermeté de Tinfanterie. Ces cavaliers si brillants, si intrépides, n'avaient aucune idée des manœuvres européennes. Ils chargèrent en désordre : les uns, entraînés par l'instinct de leurs chevaux, voltigeaient autour des carrés, cherchant k faire brèche; d'autres poussaient jusqu'à la pointe des baïonnettes et se faisaient tuer à bout portant; on en vit, pleins de rage, se brisant contre ces terribles murailles de fer, tourner leurs chevaux agiles, et se présenter de dos pour faire une trouée. Vain dévouement ! Enfin la troupe entière, courant de Desaix à Reynier et de Reynier à Desaix, écrasé par la mitraille et la mousqueterie , s'enfuit en désordre. Quelques-uns se rejetèrent sur le camp; Mourad, jugeant que tout était perdu, conduisit le reste à Gizeh. Desaix le pdursuivit, et ne tarda pas à prendre possession de Gizeh. Cependant Bonaparte jeta le carré où il s'était placé entre le camp et les Mamelucks, en s'appuyani au Nil, et les divisions Bon et Menou donnèrent l'assaut des retranchements, qui furent enlevés en un clin d'œil. La défaite des Mamelucks, le désordre de ceux qui avaient été ramenés dans Embabeh, avaient découragé l'infanterie; elle ne tira pas deux cents coups de canon ; tout s'enfuit : les uns par la route de Gizeh, où Bonaparte leur barra le passage, les autres en traversant le Nil ; un grand nombre périt dans les flots.
ce De son coté, l'armée orientale, en voyant le combat engagé sur la rive droite, s'était mise en prière. I>es plus généreux montèrent sur des bateaux pour prendre part à l'action; mais, à leur arrivée, elle était décidée. Ils rejoignirent Ibrahim, et les Français, tournant les canons du camp contre leur flottille, l'incendièrent. Aussitôt Ibrahim, le pacha, les janissaires évacuèrent la ville par la route de Syrie. Après leur départ, les Arabes, la populace, se livrèrent aux plus graves excès.
ft Toute l'armée occidentale avait disparu , abandonnant canons, bagages et les tentes du camp. Mourad s'échappa dans le Faîoum avec trois mille Mamelucks. Plus de dix mille musulmans avaient péri. Du coté des Français, la perte en tués et blessés ne s'éleva pas à trois cents hommes. »
(Guerres de la réi^olution^
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