BATAILLE DE TOLBIAC
in grand péril, qui menaçait toute la race des Franks, obligea Clovis à suspendre ses progrès en Gaule, et à prendre la route du Rhin avec ses guerriers.
Les Àlamans, après s’être montrés, dans la seconde moitié du quatrième siècle, les plus dangereux voisins de la Gaule, n’avaient plus joué qu’un rôle assez secondaire depuis l’invasion de 406 : ils avaient occupé obscurément le territoire rauracien (canton de Baie), la rive helvétique du haut Rhin, et probablement quelques cantons de la Première Germanie, sans tenter d’effort sérieux pour pénétrer dans les provinces de l’intérieur. Vers 495, ils se décidèrent enfin à réclamer leur part de cette Gaule tant de fois sillonnée par les pas de leurs ancêtres. Lors du passage des Suèves proprement dits (Markomans et Kwads) en Gaule et en Espagne, une partie de ces émigrants étaient restés, à côté des Alamans, dans la contrée qui reçut d’eux le nom de Suévie ou Souabe ( Schwab ), et les deux peuples avaient fini par s’allier étroitement et se fondre dans une même fédération : au commencement de 496, le ban de guerre fut publié depuis le Mein jusqu’au lac de Constance; les Alamans et les Suèves se portèrent en masse sur la rive gauche du Rhin, dans la Première Germanie, et envahirent le territoire des Ripuaires, qui s’étaient étendus dans la Première Belgique, autour de Trêves, de Metz et de Verdun, pendant que les Saliens s’avancaient vers le centre et l’ouest de la Gaule. Les Ripuaires se replièrent sur Cologne, où Clovis accourut les joindre avec tous les petits rois saliens, et la confédération franke présenta la bataille aux Alamans près de Tolbiacum, à quatre lieues de Cologne (Zulpich, dans le duché de Juliers).
Comme au temps d’Attila, il s’agissait de savoir si le sort de la Gaule resterait à débattre entre les populations diverses qui se partageaient son territoire, ou si elle serait livrée sans fin aux débordements de tous les barbares errants : les conquérants de la Gaule la défendaient contre une nouvelle conquête; c’étaient les descendants des vainqueurs de Varus qui défendaient les provinces romaines contre les fils des compagnons d’Ariowist.
La bataille fut longue, opiniâtre et furieusement disputée entre ces deux